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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 09:10

 « Petit éloge de l’excès » par Caryl Ferey (Folio, 2 euros) 

L’auteur est Breton et a vécu longtemps en Océanie, il a écrit des thrillers que je vais m’empresser de dénicher. Ce petit bouquin est excessif, plein de rage, d’émotion, de dérision, de  provoc’, de drôlerie, bref un coup de frais salutaire au milieu de la littérature eau tiède qui endort les neurones. Quelques échantillons : 

« Libre à nous de ne pas acheter leurs saloperies, de ne pas lire, écouter, regarder leurs saloperies, de ne pas travailler dans leurs entreprises à l’idéologie fascisante, libre à nous d’aimer qui en a envie comme on en a envie- en Vie- et de ne tenir aucun compte de leurs désastres, des atavismes familiaux, leurs business plan pour une résilience à tous les étages. Ne pas vivre reclus en prédisant l’apocalypse…. mais faire tonner le volcan qui grogne en nous, entourés de notre vraie famille , celle du cœur et non du sang… En un mot, si on ne veut pas crever avec des saucisses Herta plein la gueule, il va falloir être sacrément rock and roll. » 

Un autre : J’ai grandi dans les années 80 et j’encule Casimir. Savez-vous ce que c’est que d’avoir grandi dans un monde en faux où l’on vous disait en face qu’écraser la gueule de l’autre était la super classe ? Que se remplir les poches était la seule liberté ? Cette agressivité crasse, cette pauvreté intellectuelle et morale est née dans les années 80. … Le début de l’ère du supermarché… (Thatcher et Reagan) expliquant au monde qu’il fallait dorénavant suivre le nouveau modèle libéral… pas un capitalisme à la papa où l’on nourrissait encore un peu la famille , non un nouveau, on vous a dit, celui où les autres peuvent toujours aller ramasser les miettes s’il en reste… Des serial killers, ces gens là qui n’ont jamais vu les cadavres de leurs victimes. Hitler non plus n’a jamais visité Auschwitz. » 

Il y a aussi un texte hilarant sur sa grand-mère, un hommage à Jacques Brel et à Raoul  Vaneigem, l’histoire d’une passion née d’un seul regard puis perdue, un éloge de l’amitié… Pour deux euros, parole, c’est plus revigorant qu’un café ou même une vodka cul sec.

 

 

 

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4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 15:00

D’abord réticente, je me suis décidée à lire « Sexus politicus » (éd. Albin Michel) à force de voir dans les yeux de N. S  une excitation proprement sexuelle lors de ses meetings. Cet homme doit sécréter de l’adrénaline et de la testostérone par litres. « Je vais les niquer, je vais les niquer !!! Comme disait Kissinger, cité par les auteurs « Le pouvoir est l’aphrodisiaque absolu ». Pour les hommes qui l’exercent et pour les femmes qui y succombent…

Cela étant, s’agit-il de libido ? Dans les anecdotes rapportées par les auteurs, peu de vrai désir ni d’émotions, mais plutôt l’excitation- la même que celle des meetings sans doute- de la conquête, de la puissance, de la réputation que l’on se taille à paraître séducteur. Comme pour les rois d’autrefois la vie amoureuse débridée est un privilège du pouvoir, tandis qu’on inculque au bon peuple vertu et pudeur. Combien de politiciens parlent en « Père la morale » et s’octroient des libertés qu’ils ne toléreraient pas de leurs concitoyens. Nous vivons en « Monarchie républicaine » disait le professeur de droit Maurice Duverger. 

La nouveauté, ces dernières années, est le mélange trouble entre vie publique et vie privée. Les épouses et les enfants utilisés à des fins médiatiques, les postes officiels dévolus aux femmes et aux favorites, les fonds publics finançant l’appartement ou les voyages des maîtresses, la mise en scène de la vie amoureuse au gré des intérêts du politicien et au mépris de la vérité. Ainsi, lors du départ de Cecilia, Nicolas Sarkozy s’est-il rapidement mis en ménage avec une journaliste qu’il a présentée à ses frères et à sa mère, allant même voir les parents de la belle, annonçant à des collaborateurs qu’il était amoureux et allait refaire sa vie. C’était plausible, possible, et non critiquable. Mais pourquoi Diable se présenter dans son livre en époux irréprochable attendant le retour de Pomponette ? Pourquoi Diable faire photographier à Venise ses retrouvailles avec sa femme, peu de temps après avoir fait secrètement le même voyage avec l’infortunée journaliste,  jetée d’un simple coup de fil … 

Finalement, Sexus politicus n’a rien de grivois : il rappelle juste qu’une des raisons essentielles de la soif de pouvoir se situe en dessous de la ceinture. Envie très masculine : peu ou pas de lignes sur les liaisons amoureuses des femmes politiques. Ce serait peut-être la différence essentielle entre une Présidente et un Président : ne pas être obsédée par le désir d’en avoir une plus grande et plus dure que les autres.

 

 

 

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27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 23:01

Librairie, ce samedi après-midi. Des milliers de titres, des millions de pages. De quoi dissuader d’écrire. Comment imaginer qu’au milieu de tant de livres, quelqu’un puisse trouver les miens ? Il faut avoir le goût d’écrire chevillé au cœur pour continuer. Surtout quand on sait que la moyenne de vente d’un roman tourne autour de 2000 exemplaires. Je choisis à l’instinct quelques livres: « ce roman a connu un vif succès…. Ce roman traduit dans 40 pays… ce roman adapté à l’écran… » A croire que j’ai un doigt magique pour dégotter les succès de librairie… ou que les éditeurs mentent. 

Pourquoi écrire ? Parce que. C’est la meilleure raison. Parce que c’est aussi irrésistible que le désir, et plus jouissif à long terme. ( J

Rayon poche chez Gibert. Atmosphère intime, les gens chuchotent, aucune musique commerciale, aucune annonce de promo, on se balade tranquille entre les rayons. Beaucoup d’adolescents de toutes les couleurs, accroupis face aux bouquins, les caressent d’un doigt délicat. Certains ont sorti un volume et le parcourent debout, voire assis sur la moquette. Plaisir de voir leurs yeux s’éclairer sur une phrase, leurs lèvres articuler à voix basse… Oui, ils aiment lire. Ca les fait même sourire quand le texte leur parle, un petit sourire de connivence comme s’ils étaient heureux de voir écrits les mots qu’ils auraient envie de dire. Certains cherchent la petite étiquette jaune des livres d’occasion qui leur permettra, pour 1 à 4 euros de s’offrir deux heures d’évasion. Qu’est-ce qu’on a aujourd’hui pour 2 euros ? Un café dans un bistrot parisien, un quart de place de cinéma vite consommé. Tandis que le livre… je les regarde passer discrètement leurs doigts sur leurs lèvres pour mieux tourner les pages, caresser le papier. On entre en relation avec un livre. 

Il y a quelques années, j’ai reçu des lettres de détenus qui lisaient mes livres. Des mots sensuels à défaut de corps palpables. Deux heures de calme, de rêve. La bibliothèque est un des seuls lieux paisibles dans une prison.  La seule évasion sans risque. 

Repartie de chez Gibert avec les livres prévus, plus un poche à deux euros qui m’a fait jubiler dans le RER. Je ne connaissais pas l’auteur. Il m’a donné envie de découvrir ses autres romans. De les faire lire à des amis . Demain dimanche, immersion douce. Lecture, musique, et « trucs de fille »… 

 

 

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7 janvier 2007 7 07 /01 /janvier /2007 15:52

Je fais partie du jury d’un concours de nouvelles érotiques. Certaines me plaisent, d’autres non. Parfois pour des raisons évidentes : manque de style, fautes de français, abus de clichés… D’autres fois juste à l’instinct : le texte me trouble ou pas. C’est très difficile de savoir pourquoi, et surtout très subjectif. Les textes du concours étant top secret jusqu’aux résultats, j’ai choisi pour illustrer lla question deux extraits de textes publiés sur le site Revebebe, et deux extraits tirés de livres.

Revebebe : « Ces préliminaires n'ont guère duré, ni pour eux, ni pour nous. Presque côte à côte, Bernard et moi nous sommes mis à besogner nos compagnes dans des positions similaires et synchronisées, tantôt en missionnaire, tantôt en levrette, avant qu'elles ne nous chevauchent en parfaite harmonie. Mais ils étaient beaucoup plus endurants que nous et nous avions joui, ma femme et moi pendant que Bernard et Michèle poursuivaient leurs ébats sous nos yeux dans un concert de grognements, de gémissements et de propos crus. » 

« Ouvre les genoux : je te couvre. Donne moi tes lèvres et ta langue. Crispe tes dix doigts sur mes fesses. Roule tes seins contre mes seins. M’y voici, nos vulves s’appliquent et se froissent et se heurtent. Etreins-moi comme je t’étreins ! Elles clapotent, entends tu ? Mnasidika, nos jouissances se mêlent ! (Pierre Louys, chansons secrètes de Bylitis) 

Revebebe : « J'étais en train de lécher mon épouse avec appétit, quand elle m'avoua soudain qu'elle s'était fait caresser par deux collègues, au cours d'une petite fête organisée à sa boîte. La matinée avait pourtant bien commencé. J'étais venu la rejoindre discrètement dans la cuisine tandis qu'elle préparait le repas. Je m'étais discrètement agenouillé derrière elle et, baissant d'un seul coup sa jupe, j'avais entrepris d'embrasser son gros fessier….  J'ai léché un long moment la raie des fesses de mon épouse, je sais qu'elle adore ça, insistant longuement sur sa pastille que j'ai percée du bout de ma langue. Puis je l'ai faite se retourner pour dévorer avec ferveur son abricot poilu.  

 

« Nous ne disions pas un mot. Je caressais sa verge, je caressais ses couilles qui roulaient et gonflaient entre mes doigts, si absorbée par le trouble qui me gagnait que j’ai à peine réalisé que ses doigts à son tour me fouillaient. Il allait juste où il faut,  promenait son index de bas en haut, contournait le sommet, en frôlait la pointe et redescendait, avec une lenteur amplifiée par notre commun silence.  Il a juste murmuré : « Tu es très mouillée.  – J’ai très envie. »  Il a décollé ses fesses du drap, s’est serré plus étroitement contre mon ventre et m’a enlacée. Je sentais contre ma vulve battre sa verge au rythme de son cœur. C’était insupportable de volupté. » (« Les latitudes amoureuses », Françoise Simpère) 

Les ressentis sont différents, n’est-ce pas, selon les textes ? J’aimerais bien avoir quelques avis et commentaires là-dessus. Sur cette alchimie si particulière qui fait qu’un texte parle ou non à nos sens.

illustration due à l'Amante poivrée qui reviendra bientôt j'espère

 

 

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27 décembre 2006 3 27 /12 /décembre /2006 09:35

Vous vous souvenez du projet de dépistage précoce des troubles du comportement en vue de prévenir la délinquance ? 

L’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale)  vient de faire son mea culpa en disant que l’étude corrélant la turbulence des gamins de 3 ans avec la délinquance future avait été exploitée politiquement et que c’était pas bien. Il a fallu pour cela plus de 200 000 signatures sur une pétition. Ouf ! 

Il reste cependant (cf le Canard Enchaîné de la semaine dernière) 

Le fichier AD N des délinquants sexuels et criminels, évidemment justifié.  

 

Mais aussi… le fichier des personnes admises en hôpital psychiatrique,  discutable, car toutes ne sont pas dangereuses, loin de là, ni malades mentales à vie, loin de là, alors que ce fichage peut les empoisonner toute leur existence. 

Il y a le fichier des clandestins en instance d’expulsion et de leurs enfants, auquel s’ajoute le fichier… de leurs amis, ceux qui vont  dire au revoir à un expulsé ou en hébergent un. Quant au STIC (système de traitement des infractions constatées) il fiche les délinquants, ce qui est logique… mais aussi les victimes! Absurde et bien gênant pour leur avenir professionnel si un employeur avant d’embaucher demande un extrait de STIC vierge. 

Dernière idée en date : utiliser le numéro de sécurité sociale  pour centraliser tous les dossiers relatifs à la santé d’une personne, ce qui en rendra la consultation plus aisée… mais la confidentialité fort compromise. Raison invoquée : simplifier la gestion, réduire les fraudes, améliorer la transparence. Une pétition lancée par la Ligue des Droits de l’homme circule contre ce projet. 

Simone Veil, grande dame de la politique, déportée avec toute sa famille pendant la guerre 39/45, répondait un jour à la question : 

« Comment le fascisme peut-il s’installer dans un pays démocratique ? »   

 

« Cela vient progressivement, avait-elle répondu en substance. On commence par recenser certaines populations (à l’époque les juifs) pour des questions administratives, des octrois de logement, savoir s’il y a beaucoup de médecins parmi elles, etc. Puis on  les inscrit dans diffétrents fichiers. Personne n'y trouve à redire, puisqu’on vous jure que c’est pour améliorer la gestion, dans un souci de transparence, ou de sécurité. Et puis un jour on demande aux populations visées de porter une étoile jaune, et un autre jour on les déporte pour les éliminer. Le fascisme n’arrive que parce qu’on accepte ses premières manifestations sans réagir. C’est pourquoi il faut réagir tout de suite. » 

Dans le même ordre d’idée, un jour où je demandais à un ex combattant de la guerre d’Algérie si c’était difficile de tuer quelqu’un, il m’a répondu : « La première fois que j’ai tué, j’ai vomi toute la nuit, le deuxième jour j’étais indifférent et ensuite ça m’a amusé. C’est pour cela, Françoise, qu’il ne faut jamais commencer. »

 

 

 

 

 

 

 

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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 19:53

« Reproduisez une carte du monde en pointant les régimes autoritaires et corrompus et vous aurez celle de l’implantation planétaire de la grande distribution »

De qui cette forte phrase ? De Ezzedine El Mestiri- qui a connu de l’intérieur la grande distribution- dans le Nouveau Consommateur.

 Excellent cru que ce numéro 17, daté novembre/décembre avec entre autres:  -un dossier sur le commerce équitable qui existe en France depuis plus de 30 ans, représente aujourd’hui 0,1% des échanges mondiaux, soit peanuts… mais 25% du café de Bolivie, ce qui commence à signifier quelque chose.

 

-des idées pour fêter Noël  dans le plaisir et les délices, avec des produits éthiques et polluant le moins possible, des idées de cadeaux et des adresses qu’on ne trouve guère ailleurs. 

-La question posée par Bernard De Boischevalier, fondateur de Solidarmonde : « Quel niveau de compromis peut-on accepter dans un monde non idéal ? »  

- et mon humeur en page 81 :« L’étrange planète de la France d’en haut » avec une autre question fondamentale : « Le pouvoir, jouissance ô combien solitaire rendrait-il vraiment sourd ? » 

 

« Pourquoi ne pas déverser des déchets toxiques dans les pays du Sud, puisque de toute façons ces gens ne vivront pas assez pour développer un cancer> ? »  Cette intéressante remarque est de Lawrence Summers, il y a une dizaine d’années quand il était vice-président de la Banque Mondiale. (cité dans « Sciences-Frontières, autre excellent magazine)  et elle a fait école : produits toxiques déversés à Abidjan (10 morts, 69 hospitalisations), fûts radio-actifs en Somalie, 5600 litres de chlore abandonnés dans un village du Cameroun « On nous parle de mondialisation, de village global, mais… la fosse septique de ce village, c’est bien l’Afrique, s’inquiète Haïdar El Ali, plongeur et militant écologiste sénégalais, toujours dans le NC 17.

Heureusement chez nous, l’écologie a le vent en poupe : le budget du Ministère de l’Ecologie pour 2007 atteint 915 millions d’euros (+ 2,2%). A comparer avec les 5 milliards d’€ dévolus à l’agriculture (qui consomme 73% des ressources en eau douce)… et aux 47,7 milliards d’€ du budget de la Défense 

Allez, haut les cœurs et souvenez-vous qu’au bout du compte, c’est VOUS qui décidez pour qui vous allez voter et ce que vous achetez ou non. Comme disait Coluche : « Quand on pense qu’il suffirait de ne pas acheter pour que ça ne se vende pas. »

 

 

 

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28 octobre 2006 6 28 /10 /octobre /2006 00:54

Dans son style ô combien modéré et nuancé, Amnesty International  (rapport 2006) épingle la France pour ses atteintes aux droits des personnes: racisme, brutalités policières, projet de loi contre le terrorisme porteur de graves atteintes aux droits de la défense. OK, ça existe dans beaucoup d'autres pays du monde, mais la France n'est-elle pas la patrie des Droits de l'Homme? Par ailleurs, depuis que W. Bush a lancé sa croisade contre le terrorisme, avons-nous vu diminuer les attentats et les morts ou au contraire augmenter les foyers de tension?

"Le gouvernement a décrété l’état d’urgence en novembre, après que de graves troubles eurent éclaté dans de nombreuses villes du pays. Le ministre de l’Intérieur a également annoncé l’expulsion immédiate de certains étrangers impliqués dans les émeutes. De nouvelles dispositions législatives et réglementaires ont restreint le droit de demander l’asile et celui de voir sa requête examinée au fond. Un rapport d’Amnesty International a démontré que les mauvais traitements et les homicides racistes imputables à la police depuis dix ans n’étaient pas des cas isolés et que les auteurs présumés de tels actes n’étaient pas toujours amenés à rendre compte de leur actes devant la justice. Le racisme des policiers et d’autres agents de l’État visait les personnes de confession musulmane ou issues d’une minorité ethnique. Un projet de loi relatif à la lutte contre le terrorisme prévoyait d’autoriser des périodes plus longues de détention au secret, supprimant ainsi des garanties contre le recours à la torture et les mauvais traitements et renforçant l’impunité de fait des agents de la force publique. De nouvelles dispositions réglementaires ont imposé la réduction du délai de dépôt d’une demande d’asile et l’obligation de rédiger le dossier en français."

(extrait du rapport D'Amnesty International, chapitre France, le reste est consultable en ligne sur leur site.)

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24 octobre 2006 2 24 /10 /octobre /2006 09:14

" On a un rapport complexe à l'enfance aujourd'hui. On a peur qu'il arrive quelque chose. Avant, en vacances, on prenait nos vélos, on allait piquer des pommes dans les vergers du voisin. Aujourd'hui, si on faisait cela, les parents seraient convoqués pour répondre de la déviance de leurs enfants. Dès qu'il y a une petite bizarrerie, il y a une intervention du juge, du psychologue. Nous sommes dans une société étrange, à la fois protectrice et policière..."

( Jacques Doillon, réalisateur in SENSO 21, novembre 2005)

Curieuse société, qui a peur pour ses enfants, peur de ses jeunes, peur de vieillir...

Elle est pourtant pas mal,la vie, n'est-ce pas petit cousin?

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22 octobre 2006 7 22 /10 /octobre /2006 15:09

Les medias sont au starting bloc, dans l'attente des émeutes en banlieues qui célébreront l'anniversaire des émeutes de novembre 2005. Ils en sont si persuadés qu'un producteur audiovisuel me racontait il y a six mois que plusieurs docs sur les "cités" étaient en tournage pour être prêts à diffuser en novembre. Rien de tel pour inciter les caïds de banlieues à en rajouter: plus il y a d'incidents, plus on vient les filmer, quel pied!

"On va dans les banlieues comme on va au zoo. On gonfle les incidents, on crée une surenchère infernale. C'est à qui se fera le plus remarquer pour passer au journal. Et tout ça renforce leur machisme primaire, leur sentiment d'appartenir à un clan. .. Dans les années 60, quand un policier était blessé, ça ne faisait pas l'ouverture des journaux. La guerre au Proche-Orient, les crises économiques, les délocalisations, ce n'est pas plus important?"

Ces sages paroles citées dans "Marianne" (excellent numéro cette semaine, plein d'infos peu ou pas données ailleurs) viennent de Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy dans le "neuf-trois... et UDF. Ca m'énerve un peu, vu que ma tasse de thé naturelle serait plutôt à gauche, mais force m'est de constater que ce type là, et François Bayrou (également UDF) sont aujourd'hui plus combatifs, plus humains et plus concrets que les politiciens PS et bien sûr UMP. Quand je dis cela, on me répond "vote utile, dès le premier tour, ne disperse pas les voix." J'entends bien la logique, on me l'a déjà dit en avril 2002 "t'aurais dû voter utile".

Mais est-ce un vote utile que d'élire celui qui déçoit ensuite pendant cinq ans? Ne serait-ce pas plus utile d'élire quelqu'un pour ses idées et non contre ses adversaires? D'ailleurs, le président est-il vraiment utile? Depuis plusieurs mois, hormis au plan international où il n'est pas si mauvais, notre président en fin de course a entamé la sieste... et ça n'empêche pas le pays de marcher, beaucoup mieux que ne le serinent les journalistes du déclin.

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17 octobre 2006 2 17 /10 /octobre /2006 11:52

"Une année marquée par le tournant ultra sécuritaire et le mouvement étudiant. Deux phénomènes face auxquels l'incompréhension et l'indifférence du discours dominant, à gauche comme à droite rappellent soudain que la fin du débat n'est pas la fin de l'histoire... C'est le retour des gros bras place Beauvau, le discours du Ministre de l'Intérieur sur "la France dépotoir ou "l'urgence de régler le problème de l'immigration"... La répression inflexible et le feu vert donné aux policiers se traduisent par des contrôles arbitraires, l'omniprésence policière, la multiplication des expulsions, mais aussi des bavures, quelques jeunes abattus par la police "par erreur", les premiers "bûchers" de l'immobilier où périssent pas dizaines des immigrés dans l'incendie criminel de leur immeuble. C'est aussi la réforme du Code de la nationalité..."

On se croirait en 2006, n'est-il pas? Eh non, c'est de l'année 1986 qu'il s'agit, ainsi décrite par François Cusset dans " La Décennie", le grand cauchemar des années 80 (éditions la Découverte). Sarkozy s'appelait alors Pasqua (et Pandraud, son homologue à la sécurité),  les étudiants manifestaient non pas contre le CPE mais contre la réforme Devaquet, le président s'appelait François Miterrand, avec pour Premier Ministre un certain... Jacques Chirac.

"La Décennie" est un livre assez touffu mais passionnant qui retrace année par année ce qui s'est passé entre 1979 et 1990, comment on est passé de l'aspiration d'un monde plus libre et généreux au néolibéralisme cynique, à la loi du marché présentée comme une loi biologique contre laquelle il serait vain de s'insurger. En lisant "la Décennie" on est d'abord surpris de tout ce qu'on a vécu alors, des couleuvres avalées, des bêtises qui ont été dites parfois par des gens réputés intelligents, du reniement par certains de leurs convictions. Puis on est soulagé d'avoir survécu à tout cela et on se dit qu'on peut donc non pas survivre, mais vivre mieux malgré tout ce qu'on nous assène aujourd'hui de nihilisme. Enfin l'analyse, après les faits, des concepts de l'époque "fric et toc" est tout à fait utile pour ne pas être dupe des prochains concepts que vendront les medias.

Bref, ces 350 pages pas toujours faciles à lire sont bien utiles pour ne pas refaire les mêmes erreurs. Elles donnent aussi un sérieux coup de vieux à tous ceux et celles qui ont vécu ces événements ailleurs qu'au berceau. Un sérieux coup de vieux aussi à la classe politique, culturelle et médiatique qui, pour l'essentiel, rassemble les mêmes qu'il y a 25 ans! On comprend que les trentenaires aient envie de pousser les quinquas (et sexa) hors du nid...

A part cela, je suis plongée dans l'écriture d'un prochain recueil de nouvelles érotiques, avec l'envie qu'il ne ressemble pas au premier, évidemment. Peut-on se renouveler dans un genre aussi précis? Il me semble que oui, en tout cas ce que j'ai déjà écrit est très différent des histoires précédentes. On en reparlera. Pour m'inspirer, j'ai mis dans mon album de photos deux hommes qui me plaisent vraiment beaucoup...

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