"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.

DE L’HUILE DE MOTEUR DANS LA MAYO ! Le titre du Canard Enchaîné (encore en kiosque jusqu’à mardi) m’a sauté aux yeux, vu que je traînais les séquelles d’une intoxication alimentaire … Donc, raconte le Canard, 40 000 tonnes d’huile de tournesol coupée au lubrifiant pour moteur ont été distribuées en Europe. Utilisée par les industriels de l’agro-alimentaire, cette huile frelatée s’est retrouvée dans moult plats cuisinés, mayonnaises et autres vinaigrettes. Au passage, les Unkrainiens auraient fait un bénéfice d’environ 504 000 dollars : eh oui, même en période de baril de pétrole prohibitif, l’huile de moteur aux hydrocarbures coûte toujours infiniment moins cher que l’huile alimentaire… Les produits frelatés ont été retirés discrètement des rayonnages, mais pas tous, car « en l’absence de toxicité aigue », la DGCCRF (Répression des fraudes) n’a pas jugé bon de rappeler les produits contenant moins de 10% d’huile frelatée, vu qu’un homme de 60kg peut supporter d’avaler 1,2 grammes d’huile de moteur par jour. Miam ! C’est d’ailleurs le même raisonnement chez les tenants des OGM : c’est pas poison, donc c’est pas dangereux ! Et voila comment on laisse les industriels nous faire avaler de l’huile de moteur, alors que soi dit en passant, la DGCCRF a pour mission de réprimer toute fraude, sans fixer de barre « acceptable » d’escroquerie !
Par contre, quand il s’agit de culpabiliser le consommateur, ça y va… On nous harcèle de recommandations pour ne pas manger de beurre cuit (lequel ne présente aucune toxicité aigue), ne pas dépasser deux verres de vin par jour (alors qu’un demi-litre n’a jamais provoqué la moindre toxicité aigue sur un adulte), et ne pas fumer (alors que la cigarette n’a aucune toxicité aigue et qu’il faut en général fumer plusieurs années avant de voir se développer un cancer)
Bref, de la même façon qu’un chômeur est aujourd’hui décrit comme un flemmard assisté et non comme la conséquence d’une économie devenue financière et non plus productive (qui utilise donc moins de bras et les plus mal payés possible, car l’actionnaire exige son dividende à deux chiffres), le cancéreux est aujourd’hui présenté comme quasi « responsable » de sa maladie. On lui demande : « Fumez-vous ? Buvez vous de l’alcool ? Faites vous assez de sport ? Vous alimentez-vous correctement ? » mais rien ou presque sur son environnement, les solvants ou autres cancérigènes manipulés au travail, en bricolant ou en jardinant, les pollutions aux hydrocarbures, les toxiques des colorations pour cheveux et des médicaments, le stress (qui ne crée pas de cancers mais en favorise l’explosion en réduisant les défenses immunitaires, lesquelles n’arrivent plus à détruire les cellules anormales que tout être humain fabrique de temps à autre), bref : l’ENVIRONNEMENT.
En une trentaine d’années, les cancers du cerveau ont plus que doublé, et les cancers chez les sujets jeunes (moins de 50 ans) ne cessent d’augmenter. Les mauvaises statistiques- 280 000 nouveaux cas par an, chiffre en constante progression- ne sont donc pas dues au seul vieillissement de la population. Il y a autre chose, et cette autre chose, les politiques de santé refusent de la voir, car cela met en cause des intérêts économiques gigantesques : il a fallu attendre plus de 50 ans entre la constatation que l’amiante était cancérigène et son interdiction. Pas par ignorance, mais parce que les industriels de l’amiante formaient un lobby puissant, infiltré jusque dans le comité « amiante » de l’Académie des Sciences, chargé de dire si le produit était ou non dangereux. Aujourd’hui, le lobby le plus riche et le plus actif est celui de l’industrie chimique (y compris pesticides et engrais), et comme me le disait le député européen Paul Lannoye : « derrière chaque député européen il y a deux lobbyistes qui lui tiennent le stylo ».
Bien sûr, les traitements anticancéreux ont fait des progrès, mais quiconque a subi une chimiothérapie ou une radiothérapie sait que sa vie sera à jamais différente. Comme dit le Dr Geneviève Barbier, auteur de « la société cancérigène » : « On s’est focalisé en France sur les traitements, pas sur la prévention. Or ce que je souhaite à mes enfants, ce n’est pas de recevoir des traitements anticancéreux modernes, c’est de vivre sans cancer. »
Dans mon prochain billet, je vous parlerai de … la frite à four ! En attendant, lisez les étiquettes des produits alimentaires, c’est édifiant !