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"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.

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DES CERISES ET DES HOMMES

Une amie- mais en était-ce vraiment une ?- m’ayant asséné un jour : « Les hommes profitent de toi, tu es une bonne poire », je me demandais si j’étais bonne poire, pauvre pomme ou, plus vraisemblablement « cerise sur le gâteau » de leur existence. Je m’en ouvris à un homme : pas n’importe lequel, puisqu’il m’a inspiré le personnage de Matteo[1] dans « Ce qui trouble Lola ». Et cet homme, d’une phrase tendre et simple, m’a pour l’éternité rassurée. Ce texte de 1995 qu’il n’a jamais lu s'en souvient.

Je suis la cerise sur le gâteau, la confidente des jours de peine, la complice des jours heureux. J’ai la peau lisse du fruit d’été que l’on croque sans compter, je suis le noyau que l’on jette et l’arbre qui en pousse, branches refuges vingt ans après, écorce qui jamais ne craquelle. Je suis la cerise sur le gâteau, la femme des jeux et des plaisirs, l’amante folle, l’amie, la mère. Mes mains ont la douceur de ma chair faite pour vos caresses, mes mains ont la douceur des caresses qui apaisent vos chagrins.

Je suis la cerise sur le gâteau, la femme d’une seule saison, la femme de tous les printemps. Le temps des cerises est si court qu’on s’en voudrait qu’il tourne court, qu’on le dévore à toutes dents et qu’on l’oublie au grand beau temps. J’ai la saveur du fruit volé qu’on dissimule sous sa chemise. A la place de votre cœur, je laisse une tache écarlate qu’une autre femme effacera : je n’ai pas l’âme lavandière.

L’homme aux yeux si bleus a souri, a pris mon visage dans ses mains et d’un doigt posé sur mes lèvres, il a fait taire ma chanson : « Ecoute-moi, a-t-il dit. Sais-tu ce qu’est une Forêt Noire ? C’est un gâteau au chocolat sur lequel il y a des cerises. Si tu enlèves les cerises, il n’y a plus de Forêt noire, plus de dessert, plus de fête. Rien qu’un gâteau au chocolat, bien ordinaire. Bien ordinaire. »



[1] A propos de Matteo, j’avais choisi ce prénom après avoir vu le film de Marco Tullio Giordana « Nos meilleures années » (Prix « Un certain regard » au festival de Cannes 2003) dans lequel le personnage de Matteo ( Alessio Boni) a un regard et une intensité bouleversants. Ce film de 6 heures va être diffusé sur FR3 en quatre épisodes d’une heure trente à partir du 20 août 2008. Malheureusement à 23h35, quelle hérésie de reléguer si tardivement ce chef d’œuvre. A regarder- je l’ai vu 4 fois !- et à enregistrer,  c’est beau, c’est poignant, c’est apaisant, c’est TROP !

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F
à Sam: la cerise est mon fruit préféré... peut-être parce que la saison en est très courte et qu'on a envie de la croquer avec passion, comme la vie.à Fiso: vous aurez les yeux rouges, mais c'est bon aussi de se faire une bonne "chialée" tranquille chez soi! Surtout face à d'aussi beaux et bons acteurs.
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F
Rien à ajouter à votrz analyse, Françoise. Les femmes qui envisagent les rapports hommes-femmes comme un duel dominant-dominé me désolent et celles qui "vendent leur cul" (excusez-moi, mais on en est vraiment pas loin parfois ...) me mettent carrément en colère. Ah si, une dernière chose ... à quoi je vais ressembler moi, au réveil, après avoir chialé comme un veau devant "Nos meilleurs années" ?? Hein ?;)
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S
A 20 ans, j'avais la même vision de la cerise exception faite du gâteau. (J'ai comme qui dirait un petit problème avec les expressions toutes faites.) Reste que la ceuillette des cerises est l'une des cueillettes les plus passionantes, un exercice d'équilibriste dès lors que le cerisier se trouve être l'un des arbres les plus fragiles, mais aussi les plus agréable à grimper et s'enrouler autour de ses branches.Pour le reste, ce qui m'ennuie dans l'expression "la cerise sur le gâteau", c'est qu'il n'y en a qu'une alors que la cerise se ceuille comme des baisers, de ces baisers où il est impossible de tout prendre de l'autre, ou reste le noyau dure de l'autre - sa temporalité - ainsi que l'éphémérité des instants de douceurs partager avec et qui laissent une place au devenir, un devenir à cultiver, le cerisier ne pousse pas n'importe comment. Sinon, pour le reste, je n'ai jamais compris comment une société qui voue littéralement un culte à l'amour le salisse autant dès qu'il ne s'agit plus d'un couple clos sur lui-même et je comprend d'autant moins ce culte à la lumière des prétentions d'ouverture de cette même société. Une amie ?!? Une amie ? Certainement, mais il ne faut pas se leurrer : ce n'est pas avec des personnes que nous ne fréquentons pas qu'il faut s'attendre à devoir dépasser les préjugés de la société dont nous héritons et, d'expérience, la manière dont se cultive l'amitié ne me semble guère s'y prêter : trop peu de place à la remise en question au point que dès la première remise en question, c'est l'amitié même qui se retrouve remise en question comme si l'amitié ne tolérait pas la remise en question. Quelque part, tel est le registre des liens affectif à notre époque, rassurer et surtout, ne pas remettre en question les valeurs qui vont avec ses liens de sorte que les liens affectifs consistent à affecter une constante sympathie à tout et n'importe quoi. Non, mais même lorsque j'ouvre grand la porte au remises en questions de ma personne, je n'ai jamais senti souffler que le vent de la fuite...
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F
à miller et longues jambes: oui, Mattéo et "Nos meilleures années" globalement sont bouleversants. Et l'écho en reste longtemps en nous.à Liane à 2: tout à fait, nous ne sommes pas des marchandises mais des adultes responsables de leur choix!
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L
"Profit, profiter"... C'est comme s'offusquer ce qu'on donne à ceux qui ne le "mériteraient" pas ?! En quoi ce que l'on fait, ou pas, dépendrait de la "valeur" attribuée à l'autre ? Ne peut-on pas s'estimer assez pour être sa propre aune...
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