"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
C’est encore un peu l’été et ça donne l’impression que tout va bien, que tout est calme. On respire mieux quand les politiciens sont en vacances et calment leur furie « réformatrice » : 63 lois votées à la dernière session, inefficaces tant qu’elles n’ont pas leurs décrets d’application, inutiles quand elles font double emploi avec ce qui existait déjà, parfois incohérentes si on les met les unes à côté des autres : l’hyperactivité ne permet pas le recul nécessaire à la sérénité que devrait avoir tout responsable politique. Avant la rentrée qui nous remettra face aux dures réalités, quelques paradoxes glanés de ci de là.
Paradoxe de voir des parents demander une webcam dans la crèche municipale afin qu’ils puissent vérifier ce qu’y fait leur enfant (confié à du personnel compétent), et dans le même temps d’autres laisser leur enfant seul dans un jardin public, ou seuls dans une voiture en plein soleil.
Paradoxe de réclamer la revalorisation du métier d’enseignant et le respect par les élèves de leur professeur, et de condamner à 500 € d’amende le prof qui a giflé l’élève l’ayant traité de « connard ». Paradoxe de n’avoir pas estimé que le père dudit enfant, en mettant son uniforme de gendarme pour aller se plaindre au proviseur, n’a pas commis d’usage abusif d’autorité et de « port illégal d’uniforme en dehors de l’exercice de sa profession. »
Paradoxe de multiplier les dossiers judiciaires, ce qui coûte très cher (enquête ouverte pour la mort naturelle d’une femme de 98 ans racontée dans le Canard Enchaîné, enquête sur la mort d’un cochon d’Inde (la bête aurait-elle été maltraitée ???) racontée par une amie juge) et dans le même temps de supprimer des tribunaux pour réduire le budget de la Justice.
Paradoxe d’obliger les conducteurs à s’équiper d’un gilet jaune et d’un triangle de signalisation sans vérifier que ledit triangle ne s’envole pas au premier coup de vent. Paradoxe de limiter la vitesse maximale à 130km/h et de continuer à construire des voitures qui vont à plus de 200.
Paradoxe d’exiger des voitures toujours plus sûres et de tolérer la commercialisation ( 4x4, et d’autres) de véhicules impossibles à ouvrir de l’intérieur si le contact n’est pas mis ou est endommagé, transformant ces bagnoles en cercueil pour les passagers en cas d’immersion, d’incendie, de froid polaire ou de chaleur torride si le conducteur est parti avec la clé de contact.
Paradoxe de commencer une guerre en plein Jeux Olympiques, manifestation planétaire destinée, souhaitait Pierre de Coubertin, à favoriser la fraternité entre les humains. Paradoxe de transformer chaque médaille obtenue en symbole de la puissance du pays, loin de toute idée de fraternité.
Paradoxe d'entendre des occidentaux prendre fait et cause pour, ou contre, l'Ossetie du sud dont ils se fichaient royalement il y a huit jours, et en ignoraient souvent l'existence.
Paradoxe d’augmenter le prix de la baguette il y a quelques semaines en raison de la hausse du prix des céréales, et d’annoncer aujourd’hui qu’il n’est pas question d’en baisser le prix alors que le blé se fait abondant et moins cher, au motif que le prix de la baguette, c’est plus du carburant que de la farine.
Paradoxe d’obliger les chômeurs à accepter un travail jusqu’à une heure de transport de chez eux alors que l’économie comme l’écologie exigent qu’on économise le carburant et qu’on réduise les distances travail/emploi.
Paradoxe de vouloir se libérer du stress du téléphone en vacances, et de paniquer parce qu’il n’y a aucun cybercafé dans le bled où on séjourne. « J’vais voir Mémelle » dit avec une mine réjouie n’annonce pas une aventure coquine avec la tenancière du bistro, mais la découverte d’un relais Internet soulageante comme celle d’une pissotière publique en cas d’urgence.