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"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.

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L'ARRIERE-SAISON SERA BELLE

J’avais 27 ans, un rédac chef m’avait demandé un papier sur « l’amour après 60 ans ». Autant dire que je n’en avais aucune idée. ! J’allai donc interroger une psy d’environ 40 ans, très belle, qui m’asséna : « L’amour et les sentiments existent à tout âge, en revanche passé la soixantaine, le sexe est sublimé. » Sublimé ? « Oui, dans la musique, la littérature, l’art… La libido devient plus spirituelle que sexuelle, forcément. » « Forcément, admis-je, en me disant que ça allait être coton de sortir huit feuillets avec cette seule info.

C’est alors que mon rédac chef me suggéra d’enquêter auprès des lecteurs/trices ayant envoyé une petite annonce à la rubrique « rencontres » du magazine. Je consultai ladite rubrique et découvrit la sublimation : « Cherche compagnon pour aller au concert et voyager ». « Cherche compagne pour visiter expos et savourer ensemble les beautés de la vie. » Je les imaginais chacun dans leur fauteuil, éventuellement main dans la main, écoutant religieusement quelque cantatrice dont le soprano pouvait encore procurer un frisson spirituel, ou rêvant aux paradis perdus devant un nu de Picasso. Je pris donc rendez-vous avec deux femmes de 66 et 74 ans et dénichai un couple de 82 et 85 ans, grands-parents d’un copain, sans me douter que j’allais m’aventurer dans des terres plus que chaudes : torrides.
La première dame, rousse bouclée  vêtue d’un pantalon chamarré et d’un chemisier en soie sauvage, m’expliqua qu’elle donnait toujours rendez-vous à ses correspondants dans le bar en bas de chez elle : « On boit un thé, on discute, et je vérifie s’ils sont bien élevés car à mon âge on n’a que faire de grossiers personnages. S’ils me plaisent, je leur propose un second rendez-vous chez moi. »  J’étais chez elle, justement, assise sur le rebord de son canapé rouge que la dame me désigna d’un doigt malicieux : « Je fais mettre mon visiteur exactement où vous êtes, et s’il me plaît vraiment, au lieu de m’asseoir en face de lui, je m’assois à côté et clic-clac !
-         Clic-clac ?
-         Oui, clic-clac. Ce canapé est un clic-clac, je n’ai qu’à tirer sur cette manette et il se transforme en lit. » Elle éclata de rire : « Si mes enfants m’entendaient !!! Mais voyez-vous, j’ai déjà eu le malheur d’être veuve à 64 ans, je ne vais pas y ajouter la solitude ! »

La dame de 74 ans avait été courtisée par téléphone : « Un monsieur très convenable, un ancien militaire. Nous avons échangé quelques mots et brusquement il m’a dit « je mesure 22cm ». J’ai d’abord cru que c’était un nain, puis j’ai compris de quoi il s’agissait ! Tout de même, mademoiselle, vous ne croyez pas que les hommes sont bizarres de se présenter ainsi ? » Elle eut un clin d’œil coquin : « Je n’ai rien contre, remarquez, mais je demande à voir d’abord le reste. »

Les grands-parents du copain m’invitèrent à l’apéritif. On aurait dit des amoureux de Peynet. Ils se caressaient la main et se cessaient d’échanger des regards enamourés en me racontant leur vie commune entamée 63 ans plus tôt. Je concluais : « Après tant d’années, vous devez ressentir une immense tendresse l’un pour l’autre.  – Certes oui, dit la dame. Mais il y a aussi le plaisir. Nous aimons beaucoup faire l’amour. »  Le mari intervint : « Je reconnais que je ne suis pas aussi performant qu’à vingt ans, mais disons que je remplace la vigueur par le savoir-faire. Et tu ne t’en plains pas, n’est-ce pas, ma chérie. –Oh que non, sourit la dame, l’œil brillant. Sans doute que si quelqu’un nous regardait, il ne trouverait pas ça très beau, mais je peux vous garantir que c’est bon ! »

Je suis partie toute guillerette à l’idée des années de délices que je pourrai encore vivre, pas vraiment sublimés, mais sublimes, forcément sublimes…

 

 

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S
Personnellement, je n'ai jamais eu aucun doute sur les possibilités d'un belle arrière-saison, comme vous le sous-entendez cela ne pose aucun problème à l'imagination si elle ne suit pas le cours des bourses. Reste que si je n'ai jamais eu aucun doutes sur de telles possibilités, je peux le plus souvent m'empêcher de douter d'une mentalité à la hauteur à une époque qui parle davantage de sexualité que de sensualité comme si le plaisir s'arrêtait à la chaire et le plaisir de la chaire au sexe. Curieusement, je ne doute aucunement des personnes, mais du registre expressif de l'érotisme qui semble de plus en plus se confondre avec l'industrie pharmaceutique qui me semble loin d'être la meilleure garantie des beaux jours de l'arrière-saison. Lorsque je me projette dans cinquante ans, je me demande si j'arriverai à tenir encore cinq ans dans une mentalité d'avantage prête à jouer de son corps que de son esprit. De fait, je ne peux m'empêcher de penser que les esprits sont aujourd'hui plus pudiques que les corps, que les fesses se déculotent beaucoup plus vite que le fond de la pensée. Enfin, là où je ne m'alarme pas, c'est que je pense faire figure de cas isolé au propre comme au figuré parmi quelques autres cas isolés.
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P
Merci pour ce billet plein d'espoir pour lorsqu'on sera vieux ! Et bravo à toutes les 2 pour ce magnifique voyage ! Françoise, remplis ta musette de toutes ces choses nouvelles de là-bas. J'ai hâte de lire tes impressions et tes questions sur la vie à l'autre bout du monde.@ très bientôt et bon courage pour les kilomètres retour...PIA
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F
Oui, Denis, vaut mieux les longs d"autre chose aue les cours et courts de la ou des bourses. Pour continuer dans cette veine, saviez-vous que les kangourous ont des couilles suspendues a une sorte de fil musculaire- je vous en mettrai une photo sous peu, et qu"il pourrait dire comme Jacques Chirac ' ca m"en touche une sans faire bouger l"autre'? Par ailleurs, ce grand gasillard flegmatique qui aurait du mal a tenir debout sur ses seules immenses pattes de derriere, desequilibree par une forte masse musculaire trouve son equilibre... avec sa queue. Eh oui, a l"autre bout du monde, je n"oubie pas ma mission d"exploratrice... A part cela, tout va bien, meme si l"immensite est parfois plus qu"impressionnante... effrayante. D"ici, l"Europe semble minuscule, alors aue l"Asie est omnipresente. A tout bientot, on entame la descente du retour demain par bus: 2000 km en trois etapes.
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S
Bien sympathique tout ça . Merci Françoise ,ça change des cours de la bourse ! Denis
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A
Si l'argent n'a pas d'odeurL'âge ne manque pas d'ardeur !Bon séjour.
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