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"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.

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PLAISIR DES DIEUX (politique fiction)

François, mort de rire, donna un coup de coude dans le ventre de Dionysos qui gémit : « Aïe, mon foie ». François s’excusa : « Désolé, mais je rigole tellement à regarder les socialistes. Ces jeunes ne savent pas que la politique se joue trois coups à l’avance, comme le poker » -Surtout le poker menteur, remarqua Dionysos. – Ca va sans dire, un politique pas menteur n’est pas un politique. Les gens ont besoin de mensonges qui les rassurent et les font rêver, et te trouvent toutes sortes d’excuses quand tu ne tiens pas ce que tu as promis : la crise, la mondialisation, l’épreuve des faits… Ah, l’épreuve des faits, c’était l’expression de Jospin « à l’épreuve des faits nous ne pouvons pas faire ceci ou cela »… Sacré  Jospin ! Il n’a rien compris à la politique. En 2002, il avait un boulevard vers le pouvoir et au lieu de cela il est allé faire du vélo à l’ile de Ré.

–Un boulevard vers le pouvoir ? Il venait de perdre l’élection », s’étonne Dionysos. « Justement, c’est pendant les traversées du désert qu’on se prépare. Regarde, moi. La FGDS (Fédération de la gauche démocratique et sociale, pour les jeunots qu’ont pas connus)  était exsangue. Suis-je allé faire du vélo sur les quais ? Que nenni, d’abord il n’y avait pas encore de Vélib’. J’ai patiemment monté l’union de la gauche, seul moyen de gagner un jour. Quand je suis devenu président, le PC me gênait, plus besoin de lui. Il tenait les banlieues dites rouges ? Je me suis arrangé pour que le FN prenne sa place grâce à une politique qui permettait à ce bon Jean-Marie de se poser en seul défenseur des humbles et des petits (blancs, ça va de soi). Exit le PC, à moi le PS, devenu le premier parti de gauche, une puissante machine à gagner. Je l’ai fait pour Jospin, un brave type, susceptible comme une rosière, mais consciencieux et tout dévoué à ma personne. Le problème, c’est qu’il n’a rien compris au coup de 2002 : Chirac jusqu’en 2007 permettait à Jospin de  peaufiner sa carrure de président qu’il n’avait pas tout à fait en 2002, il faut l’avouer. Mieux valait laisser gagner Jacques, qui se coltinerait les difficultés économiques du moment, et arriver comme sauveur en 2007. Le FN, le Pen ? Disparus aujourd’hui ! Cela aussi, je l’avais prévu : je l’ai fait gonfler comme une baudruche… qui éclate ensuite. Hélas, j’avais sous-estimé le côté mauvais joueur de Lionel, qui est allé bouder cinq ans au lieu de bosser, laissant le PS l’oublier et se déchirer entre éléphants et jeunes loups (enfin, jeunes : quarantenaires tout de même). Les voici qui recommencent la même erreur aujourd’hui : la guerre entre eux, et l’échec assuré en 2012.

-Que conseillerais-tu à Ségolène, que tu as formée ?

-La même tactique que moi, à l’envers. Quitter le PS et s’allier au Modem comme je me suis allié au PC. Par réaction, la Martine va accentuer son « ancrage à gauche ». Auquel Ségolène va riposter en faisant monter le petit Besancenot dans les sondages, contre Martine, comme j’ai fait monter le Pen contre le PC. Le NPA et le PS « de gauche » (lol, ce n’est plus un pléonasme) chassent sur les mêmes terres. En 2012, Ségolène se présentera à la présidentielle, Martine aussi, Besancenot aussi. Et Besancenot arrivera au second tour, comme le Pen en 2002. Alors, affolés qu’un révolutionnaire puisse arrive au pouvoir, les français voteront massivement… pour Ségolène. Même ceux qui aujourd’hui la détestent. Tu crois que 82% de français appréciaient Chirac ? C’est maintenant qu’ils le regrettent…

-Machiavélique, apprécia Dionysos. Tu crois que ça va marcher ? »

« Pas sûr, dit François, parce qu’ils ne voient qu’à court terme. Pour gagner en 2012, Ségolène doit laisser le PS à Martine, mais elle la déteste tellement qu’elle est capable de s’obstiner. Pourtant, ce parti est un chaudron merdeux,  on se demande pourquoi elle y tient tant, alors que François, l’autre, le petit Bayrou l’attend à bras ouverts.

-Tu as même dit un jour qu’il avait l’étoffe d’un président, il va faire de l’ombre à Segolène…

-Certes, mais en 2012, élire une femme fera partie des must. Les américains ont élu un noir, les Français vont vouloir virer leur cuti aussi. »

Dionysos regarda François avec perplexité : ce type là était trop fort, peut-être même avait-il un plan à long terme pour dézinguer Zeus. Mieux valait mieux s’en faire un ami : «Ca te dit de venir déjeuner chez moi ? J’ai un bon cru bourgeois  sur mon nuage et Artémis a chassé des ortolans. »

 

 

 

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F
à Andiamo: tu me vois ravie!<br /> à dubruel: il l'avait acceptée sous conditions, il voulait la lui serrer avant le second tour, pas après, et que ce soit elle qui vienne, pas lui. Bon, on va voir comment tout ceci évolue...
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D
excellent, ce texte ! j'applaudis des deux mains!<br /> seul petit bémol, si tu permets : Bayrou depuis 3 ans ne cesse de refuser la main tendue de Ségolène...mais il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'idées. en tous cas, c'est une alliance que je préconise depuis longtemps (voir mon blog!)<br /> toute mon amitié<br /> charles
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A
Ah la vache ! T'as de beaux Dieux tu sais ? C'est bien la première fois que je lis un article à co-notation politique sans m'emmerder, et sous mes touches : c'est un compliment !<br /> Superbe analyse, merci MADAME !
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F
àSF: mais Sego serait premier secrétaire de ce PS rénové (c'est peut-être ce qu'elle va faire, attendons quelques mois, elle a déjà dit qu'elle se situait dans l'opposition au PS actuel!)<br /> àTB: je m'en suis rendue compte après coup, c'est subliminal chez moi. J'ai éliminé sans m'en rendre compte Sarko et l'UMP, ça doit correspondre à un très profond désir :) Cela dit, il a prétendu ne vouloir faire qu'un seul mandat et se lancer dans les  affaires après.<br /> à Alainx: pas sûr, mais plausible car si l'homme a une carrure de présidentiable, il a besoin de militants et d'un parti, que Sego peut lui apporter. Cependant, le choc de leurs ego peut être croquignolet<br /> à Sam: absolument Sam, c'est une fiction sur le machiavélisme, pas une prédiction. Mais on ne sait jamais...
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S
Giscard d'Estaing n'était pas là au second tour en 1981 et, certes, c'était Chirac et au second tour de 2002, ce n'était pas Lionel Jospin, mais Le Pen. Or au vu de la conjecture actuelle, la droite n'a pas la cote et est dans la merde jusqu'au coup. Le scénario est audacieux, mais plausible et ce n'est pas tant le contenu qui compte, mais la forme du sujet et les rouages politiques qu'elle met en jeu.
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