"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Il fait un froid de canard sec (pas le canard, le froid). Dimanche dernier, je suis allée faire un tour sur un marché de Noël, on y vendait des trucs si laids et si chers que j’ai été guérie de toute velléité de fièvre acheteuse. Excepté à un stand tenu par de solides Polonais qui expliquaient au chaland que « Pour bien boire vodka, un litrrrre par personne, fô vodka blanche, surrrtout pas vodka orange, trrrrès mauvais pour ventrre, vodka orange ». J’ai résisté à la vodka et suis repartie avec un bocal de harengs au vinaigre et oignons et un bocal de cornichons aigre-doux. Depuis, je me nourris de salade de pommes de terre/harengs/oignons/herbes ou salade verte, trrrès bon, nourrissant, équilibré et pas cher. Un yaourt et trois dattes par là-dessus, et voilà. Même dîner avant-hier et hier soir, très reposant, délicieux, celui d’hier soir à 22h20, mais le déj’ était à 14h30. La douche, ça peut être 8h, 15h ou minuit… Entre ces occupations vitales, j’écris. Seule. Mon cher et tendre est en mission à Ouagadougou, les filles à leur travail. Je ne parle qu’à mes chats, et encore. Sur mon océan de mots, je scrute l’horizon, coupe, colle, réécris, relis... Toutes les trois heures je fais un break car les yeux explosent sur l’écran, les petits vaisseaux éclatent, on ne me fera pas croire que c’est sans risques, ces luminosités clignotantes qui dessèchent la cornée.
Ecrire, manger, se laver, dormir…. Comme une transat en solitaire, il suffit de remplacer écrire par naviguer. Et ce n’est pas si désagréable d’être obsédée par un but à atteindre, de tenir le cap et de fermer son cerveau au reste. Concentration épuisante et reposante à la fois. C’est bon de ne plus se disperser et d’avoir le sentiment d’être seul maître à bord. On se demande parfois ce qui peut pousser les navigateurs solitaires à entreprendre des expéditions où ils vont en chier, avoir froid, prendre des risques et ne voir personne pendant des jours. A cause de cela, je pense. Le monde plus simple, moins tonitruant. Quand ils reviennent à terre, ils sont partagés entre le plaisir de retrouver leurs proches, de dormir dans un lit sec et de boire du thé qui n’a pas le goût de sel, et le regret de cette griserie sereine que donne la solitude quand on la choisit. La semaine prochaine, je ressentirai la même chose. Sauf que je bois du chocolat qui a le goût de cacao et pas de sel…
Hier, quittant ma planète pour passer nourrir les chats à la maison, j’ai vu ce qui se passe en Grèce. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le lien social qui se délite entraîne inévitablement de la violence surtout dans un pays comme la Grèce où l’hospitalité et le partage- j’en ai déjà parlé ici- sont une tradition antique. Or, là comme partout, les services publics, les retraites, l’éducation et la culture qui créent du lien social et de la solidarité sont démantelés. Au profit de la corruption et du profit.
Je me pose juste une question : pourquoi ceux qui souffrent de cette destruction et sont plus nombreux que ceux qui la décident continuent-ils à supporter une situation qui les rend malheureux ? Parce qu’ils aiment leurs dirigeants ? Même pas ! Alors ?
Enfin, avant d’aller faire mon quart de nuit, j’ai regardé un bout de documentaire (Arte,Thema) sur les lobbies chrétiens qui investissent l’U.E. à Bruxelles. Edifiant ! Dans le genre intégristes intolérants, peuvent faire un concours avec les intégristes islamistes. Qu’ils croient ce qu’ils veulent n’est pas dérangeant, c’est la base de la laïcité, mais qu’ils laissent les autres libres de croire ou non ! Une fois de plus, j'ai constaté que François Bayrou a des mots très justes : ce catholique convaincu et fervent laïque ( et vice-versa) a dit : « La religion quand elle sort de la sphère privée, c’est de la nitroglycérine » et encore « Le pouvoir doit dire à la religion « bas les pattes » et la religion doit dire au Pouvoir « bas les pattes ». Si on mélange les deux, on retourne aux Croisades ». Brave François, les gens se moquent de lui et pourtant il est un des rares à avoir une vision globale et humaniste de la société.