"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Over-blog et Deezer se sont associés pour nous permettre d’inclure directement des musiques dans nos billets. Voulant tester cette possibilité- je ne suis pas une « pro » du Net- j’ai fureté sur Deezer et retrouvé un slow d’enfer que tous ceux qui avaient 14/15 ans entre 1965 et 1970 ont dû pratiquer. Alors je teste, pourvu que ça marche. Cliquez sur le lecteur si ce n’est déjà fait, ou sur ce lien:
http://www.deezer.com/track/sag-warum-oh-why-T1247204 et souvenez-vous. ..
(Lisez lentement: chaque paragraphe correspond à un mouvement de la chanson: lent, lyrique, lent, avec du silence entrechacun, pour savourer le slow.
La voix grave de Camillo comme un chuchotement sensuel à l’oreille, le rythme si lent qu’on peut pratiquement danser immobile. Les doigts du garçon frôlent avec précaution le dos de sa partenaire qui s’abandonne un peu, pas trop… Les cheveux de la fille caressent le cou du garçon, il ne sait pas si c’est juste bon ou si ça chatouille un peu. Ses mains à elle, posées sagement sur les épaules de son cavalier, remontent peu à peu et se nouent derrière sa nuque, glissent sur quelques boucles, un fin duvet. Elle tourne la tête sur le côté, s’aperçoit que ses lèvres sont à un millimètre de l’échancrure de la chemisette masculine, à une seconde d’un baiser frôleur qu’elle ose poser sur la peau qui sent l’after-shave Aqua Velva
Envol lyrique du chanteur, le garçon serre plus fort la fille contre lui. Il a les doigts moites, elle transpire dans la chaleur torride de la boîte. Elle est vêtue d’une mignonne robe courte en non tissé (un papier/tissu qui permettait de fabriquer des robes à trois sous mais avait l’inconvénient de craindre la pluie, sans doute pour cela que la mode n’a pas duré) elle se demande si le tissu va tenir ou se déchirer, la laissant nue au milieu du parquet. Excitation torride...
Oh ya… Seuls mots compréhensibles pour la majorité des danseurs. Oh ya ! Oh, oui, dis moi oui. Les notes de basse vibrent là où il faut, la fille perçoit le désir du garçon, blotti contre le tissu si fragile de la robe, tout près, brûlant. Il cogne contre son ventre, elle brûle d’envie de le toucher mais n’oserait jamais lui dire :
« Monsieur, laissez-moi vous toucher
Laissez-moi sentir votre peau
Sous mes doigts tièdes et légers
Je sais que votre corps est chaud
Warum, zag… Warum. Fin du morceau, lumière tamisée, patin final. Comme dirait Guy Bedos : « Et voilà le travail ».
Délicieuse initiation au désir que ces slows où l’on se lâchait la main sitôt la musique arrêtée, où les corps s’écartaient lentement l’un de l’autre. La lumière se rallumait, on clignait des yeux, un peu gênés. Le garçon disait : « T’as soif ? Tu veux un coca ? » Tous deux se dirigeaient vers le bar au fond de la salle, dans la lumière crue duquel elle découvrait qu’il avait beaucoup d’acné, quand même.