Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.

Publicité

POLICE PARTOUT, JUSTICE NULLE PART ET SURGELES PICARD

Beau temps vendredi, mais à l’intérieur du Palais de justice, la météo n’avait guère d’importance. Une centaine de personnes étaient rassemblées. Si elles représentaient la fameuse mouvance ultragauche radicale anarchiste qui hante les cauchemars de MAM, celle-ci est fort variée : des dames bien mises en tailleur, des hommes à cheveux blancs ou grisonnants, des jeunes propres sur eux, cool et sympa, des quinquas babas, l’inévitable chevelu qui passe de groupe en groupe en disant « moi, je sais, la vérité… » à propos de tous les sujets, de Julien Coupat à la situation en Guadeloupe, en passant par le procès Colonna. Surprise, je retrouve Marco, ami de ma copine québécoise Martine, pas vu depuis trois ans !
Face à nous,  deux rangées de gendarmes barrent le chemin vers la salle où se déroule l’audience, qui a lieu à huis-clos. Comme dit mon cher et tendre, le gendarme est au flic ce que le rugbyman est au footballeur. Une autre façon de faire … Je murmure à l’un d’eux : « C’est con, hein, cette histoire ? » Il sourit, son regard acquiesce … De temps à autre la foule lance des slogans. L’attente dure un peu plus d’une heure, plutôt calme. Puis ordre est donné auxgendarmes de repousser les manifestants. Ils se prennent par le ceinturon, forment une barrière compacte et avancent de tous leurs poids, ça fait effectivement mêlée de rugby, on aurait dû leur répondre par la haka des all blacks ! Ils poussent cinq à dix mètres, stoppent une minute, puis recommencent tandis que les manifestants s’appliquent à peser trente tonnes chacun. A chaque poussée, les caméramen se précipitent, enfin des images !  Parce que le couloir du Palais de justice en statique, à part pour un fou de cinéma underground des années 70, ça le faisait vraiment pas.
Peu à peu la tension monte chez les gendarmes. Leur air bonnasse du début se mue en visages fermés, leurs poussées se font plus violentes, ils ont hâte d'en finir L’un d’eux se plaque carrément contre Marco, l’autre bouscule une dame d’un certain âge. A celui qui est derrière moi je lance : « Si je suis enceinte et qu’il m’arrive quelque chose, vous êtes responsable »-Je sais, dit-il, et il modère sa poussée. Argument imparable !  A l’extérieur du Palais, changement de genre, on retrouve un cordon fourni de CRS, l’air pas cool. Leur chef reçoit dans son talkie-walkie l’ordre charmant « d’inciter à la traversée rapide de la chaussée ». Autrement dit, de charger. Ils chargent tout droit, je tourne à gauche, un CRS me barre la route, je lui dis que je rentre chez moi et il me laisse passer. Après une trentaine de mètres, je rebrousse chemin. Une poignée de manifestants baguenaudent encore au soleil et tant qu’il en reste un, les CRS sont là, en formation carrée.

Je me demande ce qu’ils pensent de tout ça, mais n’ose les questionner ex-abrupto. Alors je m’approche de l’un d’eux : « Pardon Monsieur, savez-vous s’il y a un Picard Surgelés près d’ici ? » Il a l’air très surpris, puis répond que non, il n’y en a pas. –J’ai pensé aux surgelés en vous voyant debout, comme ça, dans le froid. –Oh, me dit-il aujourd’hui ça va, il fait beau… --Ce beau temps prouve d'ailleurs que Dieu est avec Julien Coupat. » Le flegme de ce flic est admirable, il dit juste « Ah bon, vous croyez ? » et j’enchaîne : « Vous avez beaucoup de boulot en ce moment ? –Tous les jours, ça n’arrête pas… - C’est un peu la dérive, non ? » Il sent le piège, esquive : « On ne fait pas de politique… –Vous avez raison, mais penser, vous pouvez. Et vous ne pensez pas que ce régime commence à dériver ? » Il murmure : « Qu’est-ce que vous voulez, les français l’ont voulu, ils ont voté pour… Espérons qu’ils feront mieux aux prochaines échéances. » Je l’ai salué et suis partie, ça commençait à drôlement fraîchir.

 

AUJOURD’HUI 6 MARS, JULIEN COUPAT, n°d’écrou 290173, A LA PRISON DE LA SANTE, S’EST VU UNE NOUVELLE FOIS REFUSER SA MISE EN LIBERTE. PROCHAIN JUGEMENT LE 13 MARS   

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
n'empêche que discuter des fondements ontologiques de l'éthique policière relève d'une habilité aussi subtile que celle d'entamer une discussion de théologie avec certaines personnes ayant pris la robe ..j'ai déjà vu pas mal de moines fréquentant des abbayes s'esquiver à souhait devant certaines discussions..de certains amis à moi férus d'histoire qui s'amusaient à les brancher ..mais ce n'est pas le cas de tous au contraire...perso je ne saurais oser...
Répondre
D
le flic a très bien répondu, témoignant ainsi de cequ'il n'était pas nécessairement partisant de ces manières d'utiliser les forces de l'ordre..qui dans le fondement devraient garantir et protéger les citoyens mais il l'a bient dit "les français ont voté pour .."
Répondre
A
chère Françoise,comment voulez-vous qu'on ait la moindre chance de vous plaire sans nos attributs virils (casque, bouclier, machisme,violence, manichéisme idiot -gourmande de sexe=pute salope-, etc) ? Que nous restera-t-il, à nous, pauvres mecs bien nus et bien faiblards qui vous charme ?Question : de mon temps salope désignait une fille qui allume les mecs et qui dit non quand on parle de choses sérieuses. Ca a changé ?
Répondre
F
à Andiamo: il aurait pu te parler d'avions, ce bon SF!à SF: l'Optimist, c'est pour les enfants. Ensuite faut du Corsaire ou du Rêve d'Antilles...à Antoine: pas la peine, vous avez déjà un prénom que j'adore, celui du héros du roman que j'écris en ce moment!A Lung Ta: non violente par principe et aussi parce que je pense stratégique de ramener les forces de l'ordre là où elles devraient toujours être: du côté du peuple.
Répondre
L
merci pour cette "retranscription"ton attitude était stratégiquement non-violente, bravo ! et encore merci :-)
Répondre