"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Ce matin j’entends cette info à propos du Salon du Livre: « Le livre ne connaît pas la crise ». Heureuse nouvelle pour moi qui vient de recevoir d’un cabinet d’avocats l’annonce de la mise en règlement judicaire d’un de mes éditeurs et le formulaire pour réclamer ce qu’il me doit. Mais c’est vrai, les livres attirent et se vendent car en temps de crise, c’est une détente indispensable et pas chère : 6 à 20 euros, qu’on peut lire, relire et prêter, bref un luxe. Le luxe, d’ailleurs ne connaît pas non plus la crise : le caviar, le foie gras, les Ferrari, le saumon sauvage et les stations de ski ont le vent en poupe.
Et de même que toute catastrophe peut stimuler l’économie - comme les cancers, grands boosters de l’activité pharmaceutique et hospitalière- la crise elle-même crée de l’activité : les sites Internet et journaux économique sont florissants, ainsi que la vente de coffres-forts à des particuliers qui ne veulent plus donner leurs sous aux banques.
Certes, l’automobile est en crise, et avec elle les équipementiers, mais pas partout : les constructeurs qui ont prévu l’évolution écologique et proposent des voitures petites, sobres et peu polluantes voient leurs carnets de commandes se remplir, les autres n’ont que ce qu’ils méritent. Les séries TV sur TF1 – Père et Maire, Navarro, etc- sont en crise au profit des séries américaines… et peut-être de nouvelles séries françaises plus innovantes, qui sait ? C’est au téléspectateur de décider quelle soupe il veut savourer, c’est lui le maître de l’Audimat.
Au total, il y a des choses réjouissantes : la culture va bien, les expositions font le plein, les salles de cinéma voient leur fréquentation augmenter, les œuvres d’art (succès de la vente des collections Bergé/St Laurent) s’arrachent, même les théâtres fonctionnent bien en ce début d’année, comme si, face à des informations trop trivialement monétaires, les gens avaient besoin de s’aérer la tête et de s’élever l’âme. On verrait bien ainsi se dessiner une nouvelle société, moins matérielle et plus culturelle.
Ne rêvons pas cependant : la baisse des ressources des collectivités locales, principales sources de financement des artistes peu connus, et la baisse du mécénat bancaire à cause de la crise financière risquent de freiner la création… à moins que ne s’en dessine une nouvelle forme, moins coûteuse et malgré tout stimulante. Le fourmillement créatif sur Internet avec des bouts de ficelle- qui a parfois révélé d’authentiques talents- sans parler de KINO, que j’ai déjà évoqué ici[1], montre que les jeunes artistes sont bien actifs. Pas dans le luxe, mais dans leur passion, ce qui n’exclut aucunement qu’on les paye correctement, mais sort de l’idée que l’artiste ne peut être qu’un va-nu-pieds crève la faim ou un parasite de soirées mondaines parrainées par les marques de luxe.
Bref, selon ce qu’on en fera, cette crise pourra être négative en restant dans la logique prédatrice actuelle : Total, Areva, la mafia, le commerce des armes et celui de la drogue ne connaissent pas non plus la crise[2], ou elle dessinera les contours d’une nouvelle forme d’économie, basée davantage sur l’être que sur le paraître, sur la culture que sur le clinquant, sur l’écologie et le lien social que sur l’individualisme arrogant.
Finalement, c’est bigrement passionnant, cette crise...
[1] Et dont ma fille Lauranne parle sur le site Clermont Première, rubrique « un week-end en Auvergne », minutes 13 à 16.
[2] Taper « ne connaît pas la crise » sur Google et vous aurez un panorama assez complet ;
Aujourd'hui 13 mars, ce serait l'honneur des juges de la Cour d'Appel de Paris de libérer Julien Coupat, détenu depuis le 15 novembre 2008,. Ils feraient ainsi la preuve de l'indépendance de la justice, sans nuire le moins du monde à la poursuite de l'enquête.
Je viens de rentrer: Eh bien non, le parquet est toujours couché et Julien coupat toujours en prison. Shit!