"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
| MONSIEUR LE PRESIDENT, VOUS AVEZ DIT DEVANT BARACK OBAMA QU’ON COMBAT LE TERRORISME AVEC LES ARMES DE LA DEMOCRATIE. L’UN DES PRINCIPES DE NOTRE DEMOCRATIE EST LA PRESOMPTION D’INNOCENCE. IL SERAIT BON QUE VOUS L’APPLIQUASSIEZ EN DEMANDANT AU PARQUET DE NE PLUS S’OPPOSER A LA LIBERATION DE JULIEN COUPAT, N°D’ECROU 290173, DETENU DEPUIS 141 JOURS, TOUJOURS SANS AUCUN INDICE PROBANT DE CULPABILITE |

Laurence et Jean-Pierre (faux noms, évidemment) se sont mariés à vingt ans et ont eu deux enfants aujourd’hui grands. Dans sa jeunesse, Jean-Pierre était sportif, militant syndical et beau garçon, roi du rock et du barbecue. Il s’est épaissi avec l’âge, devient plus sédentaire parce qu’il a mal au dos et lorgne moins les donzelles : comme on dit, avec les années leurs raideurs se déplacent et la vertu vient aux hommes… Laurence a passé des années à attendre son mec qui lui promettait « j’ai une réunion (ou un match, ou une répétition de théâtre) mais je ne rentre pas tard ». Il rentrait toujours plus tard que promis et la trouvait endormie. » Malgré tout, ils s’entendent bien et ont la complicité que forgent les années et les obstacles franchis ensemble.
Vers la cinquantaine, Laurence a traversé une période acariâtre où elle en voulait au monde entier d’avoir « gâché sa vie à faire la bonne pour toute la famille » et se disait tentée de tout plaquer. Son mec ne la touchait quasiment plus depuis cinq ans. « Ca te manque ? » -Penses-tu ! Après tout ce temps, je connais ses façons par cœur et je n’en ai pas plus envie que lui. –Alors ne râle pas, puisque ça ne te manque pas, et cesse de ronchonner après lui. Il n’est pas parfait, toi non plus, mais il a plein de qualités : gentil, cultivé, accueillant... – Avec les autres, pas avec moi, maugréait-elle. » Je priais pour qu’elle prît un amant, subodorant le bien que ça lui ferait.
Dieu est mon pote. Il mit Laurence sur la piste d’un forum Internet où elle conversa avec un
gars sympa, qui, divine providence, habitait la même région qu’elle. Ils devinrent copains, elle faisait de la gym et des randonnées avec lui, mincit, se muscla et devint lumineuse parce que cet homme la faisait rire et la trouvait belle. On est comme ça, les filles, ça va sans dire qu’on est belles et que vous nous aimez, mais faut nous le dire !!!
Les deux copains devinrent amants, et Laurence découvrit que son corps qu’elle croyait endormi n’avait rien oublié du plaisir. Cela la rendit aimable, joyeuse, tant et si bien qu’un jour où Jean-Pierre la traitait de « ma vieille » avec affection mais maladresse, elle rétorqua : « Pas si vieille, puisque j’ai un amant. » Envie de le dire, de partager sa joie, de ne pas mentir. Jean-Pierre fût effondré. « Tu me trompes ! Tu vas me quitter ! » Non, elle ne le trompait pas, disait-elle, puisqu’elle le lui disait, et elle ne voulait pas non plus le quitter parce qu’elle aimait vivre avec lui. « Ca fait tant de temps que tu ne me regardes plus, toute ma jeunesse je l’ai passé à t’attendre, j’ai juste envie d’exister un peu par moi-même ».
Tout de même, la pilule était rude à avaler, tant et si bien qu’au dîner dominical suivant, Jean-Pierre, bizarrement, ne put s’empêcher d’annoncer à ses enfants sur un ton dramatique : « Les enfants, figurez-vous que votre mère a un amant. » Il s’attendait à les consterner, à les mettre de son côté, mais la fille cadette applaudit : « C’est vrai ? Ce que je suis contente pour toi, maman ! D'ailleurs je te trouve très en forme ». –Comment, dit le père, tu trouves ça bien ? » Le fils sourit : « Papa, qu’est-ce que ça t’enlève que maman se fasse un peu plaisir ? Tu vas y gagner : au lieu de ronchonner, elle est toute gaie, toute jolie. P’têt même que tu vas retomber amoureux d’elle, avec ses yeux qui brillent. »
J’ai repensé à cette histoire- pour l’essentiel authentique même si, comme d’hab’ et par discrétion je l’ai réécrite à ma façon- en écoutant les résultats du G20. Quel rapport sexuel ou non entre les deux ? La capacité à changer de logiciel de pensée. Dans le logiciel du père, la liaison de Laurence était forcément un drame, alors même que dans la réalité- que lui a montrée le fils- il n’y perdait rien et avait même à y gagner s’il consentait à sortir du schéma « cette femme est à moi, même si je ne m’en sers pas. » (C’est une expression, n’allez pas me traiter de macho J)
Eh bien, à ma grande déception, le G20 n’a pas d’un iota changé de logiciel de pensée. Que proposent-ils ? De donner des milliards aux banques et aux entreprises qui ont failli, de relancer la consommation qui devrait au contraire être réduite dans les pays riches pour que les autres puissent accéder au minimum décent, de soutenir le secteur automobile dont il est pourtant évident qu’il est obsolète, comme en leur temps ont disparu les maréchaux-ferrants ou les allumeurs de réverbères, d’augmenter les dépenses militaires (ça, c’est au sommet de l’OTAN) pour lutter contre le terrorisme, alors que depuis dix ans qu’on dépense des milliards militaires à cette fin, le terrorisme ne cesse de progresser. Vous aurez aussi remarqué que les problèmes écologiques, cruciaux durant le Grenelle de l’Environnement, ont été totalement occultés pendant ce G20, alors que les questions de l’eau, de la démographie galopante et du dérèglement climatique nous tuerons plus sûrement qu’une baisse de la consommation et une réduction- limitée- du niveau de vie des plus aisés.
Bref, le G20 cherche à colmater les brèches d’un système en faillite mais familier, au lieu de changer son logiciel de pensée pour voir la réalité en face. Quel dommage, alors que tant de besoins élémentaires ne sont pas satisfaits et qu’il reste tant à inventer et à découvrir au niveau des énergies, de la médecine, de l’architecture, des moyens de transport… de ne même pas imaginer que des cerveaux d’ingénieur et d’ouvriers automobile peuvent se recycler en ingénieur et ouvriers de biens utiles et non destructeurs.
Troquer le sexe à piles contre un sexe à énergie solaire, par exemple.