"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Pas écrit ici depuis dix jours. Pas envie. Ca arrive… et du coup j’ai fait plein de choses.
Quatre jours de montage vidéo avec ma fille Lauranne, plaisir de créer ensemble. Pareil avec les amis : les liens sont plus forts quand on bosse, nage, plonge, randonne, milite, etc. ensemble que lorsqu’on « s’appelle et on dîne. » Les amoureux n’échappent pas à la règle. Passée la phase hormonale, les câlins s’affadissent s’il n’y a pas un univers à découvrir et des passions à partager. See, sex and songs...
Revisité le musée de Charroux (dans l’Allier, entre Vichy et Clermont-Ferrand) qui s’est enrichi de moult objets anciens de la vie quotidienne. Dans tous les pays, je vais voir les musées d’Art et tradition populaires et constate que face aux besoins élémentaires, les humains inventent partout les mêmes objets : la roue ronde pour se déplacer vu que les roues carrées font mal aux fesses, des paniers pour transporter les aliments, des jarres pour le vin et l’huile… et pour les travaux, des outils qui ont TOUS pour but d’économiser l’huile de coude et l’effort, seules énergies disponibles durant des siècles. D’où l’invention du levier, de la roue dentée, de la poulie et de la manivelle…
Parlez-en à Daniel, passionné d’horloge, qui restaure celles de Charroux et d’ailleurs. Il suffit d’un rien de déréglage dans une roue dentée pour fausser le temps. www.charroux.com .
Non, je ne vous fais pas le coup du « c’était mieux avant », car dans ce village qui fût très actif pendant la Révolution française, les inventions d’aujourd’hui entrent en synergie avec les talents d’hier. Sans Internet, le bougitier (ben oui, le fabricant de bougies !) aurait du mal à faire connaître ses créations au-delà des 320 habitants, 
le savonnier qui travaille dans sa boutique pendant les sept mois où viennent des visiteurs ne pourrait pas poursuivre son activité en hiver, alors que grâce à son site www.savonnerie.net il expédie ses drôles de galets de couleurs dans le monde entier.
Heureuse de mes nouvelles rencontres, je suis rentrée à la maison en calculant que si, de nature sociable, j’arrive à m’intéresser- je dis bien m’intéresser, pas seulement croiser- à une personne par jour, cela n’en fait qu’environ 350 par an (il y a des jours où je ne mets pas le nez dehors), soit 24 500 en 70 ans de vie sociale (5 à 75 ans), c’est-à-dire la population de Lisieux (Calvados) ou de Villeneuve la Garenne, soit O,O38% de la population de la terre, ce qui signifie que plus de 99,96% des terriens me resteront inconnus malgré mes aspirations voyageuses et liantes, et qu’évidemment 99,96% des terriens ignoreront jusqu’à mon existence ! Rien de tel que ce genre de calcul pour se rendre compte qu’une vie humaine est très courte et que soi- même on est un grain de poussière. Ca ramène les ego à de plus justes dimensions.
Mais si à l’inverse je pense qu’à 50 ans, au rythme précité, j’ai été amenée à m’intéresser à 15750 personnes- la population de Guéret, dans la Creuse- cela signifie que je dois consacrer du temps à 43 d’entre elles par jour, si je veux garder le contact avec chacune, ne serait-ce qu’une fois par an. Ce qui est évidemment impossible, à moins de ne rien faire d’autre. Ou de lâcher en cours de route quelques uns des liens noués, mais lesquels ? Bref, mon goût des autres a certainement nui à ma carrière et à mon sommeil, mais il m’a permis aussi d’être fort peu consommatrice vu que je n’ai pas de temps à perdre avec des objets inanimés. Il m’a permis aussi d’écrire des livres où se mêlent réalité et fiction, dont certains ont été achetés par plus de lecteurs que je ne pourrais rencontrer de personnes dans toute ma vie, et poum, voilà que tout ça me donne le vertige.
A part cela, la Verveine du Velay et les macarons concoctés par une Charloise (=habitante de Charroux) dont je tairai le nom étaient grandioses.
