"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Foin de la morosité, il y a parfois des nouvelles réjouissantes !
Le magazine « Alternatives Economiques » s’est vu décerner le prix du meilleur magazine par un jury pas spécialement altermondialiste et a vu ses ventes progresser de 20% depuis septembre 2008. Ce n’est pas le Journal de Mickey, ça ne se lit pas en 20 minutes, c’est du solide sérieux et ça touche de plus en plus de gens. Parce qu’Alternatives Economiques parle d’économie autrement, propose de changer de logique de pensée et donne des pistes pour une économie, humaine, viable et vivable. Encourageant, non ? De son côté, Courrier International, pas franchement rock and roll non plus, a progressé de 4,4% sur la même période, preuve que les français ne sont pas tous franchouillards.
En parallèle, les magazines Télé baissent du fait du déclin de la télé-réalité et de la désaffection du public pour le petit écran (au profit d’Internet, souvent) tandis que chutent aussi les magazines « people » ! Ces magazines qui ont fait leurs choux gras en 2008 de la « pipolisation des politiques » et constataient que NS en couverture avec Carla leur faisait vendre 50 000 ex de plus, souffrent depuis janvier 2009 d’un écroulement de ce marché juteux : - 20% pour Gala, Voici et VSD. -15% pour Closer, et même -8% pour le vénérable Paris-Match. Dépêchés en pompiers d’urgence, les audits consultés concluent que ces sujets « lassent le public » et que par ailleurs la médiocrité des articles, rédigés à la va-vite, explique la désaffection. Eh oui, journaliste est un métier où il faut prendre le temps d’enquêter, réfléchir, vérifier ses sources, écrire en français et éviter les fautes d’orthographe. Toutes choses considérées comme insupportables aux propriétaires de presse dès lors qu’ils doivent payer des professionnels pour ce faire. D’où le recours massif à des stagiaires rémunérés au lance-pierres que nul ne forme et qui, les malheureux, doivent improviser à la va-vite des « papiers » avec pour principal recours le « copié/collé » sur Internet. La pratique s’étend d’ailleurs à d’autres magazines.
« Dans un souci d’économies, la DRH limite le remplacement des salariés en congé maternité, maladie ou formation, qui, selon le président, coûtent cher à l’entreprise »… Dans plusieurs services la rotation ininterrompue de stagiaires revient à pérenniser des postes réels et nécessaires qui ne sont pas pourvus par des embauches véritables… (La déléguée) alerte la direction sur le fait que ces pratiques de non-remplacement et de petites économies peuvent nuire à la qualité des journaux, et donc au retour de la pub et de la vente au numéro. (extraits de PV de réunion Direction/CE d’un groupe de presse féminine)
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La mauvaise nouvelle, c’est que les dirigeants d’entreprise ne pensent qu’à réduire la masse salariale quand ils veulent faire des économies. La bonne nouvelle, c’est que les résultats de cette politique se traduisent aujourd’hui en pertes de chiffre d’affaires. Deux raisons de se réjouir : 1) Cette chute des ventes de magazines réalisés avec des bouts de ficelle va peut-être rappeler aux dirigeants de presse que payer correctement des gens pour faire leur métier est finalement rentable. Cela ne concerne pas que la presse : les nombreux retours d’objets « made in China » pour défauts de fabrication ou risque pour l’utilisateur en sont une autre manifestation.
2) les lecteurs sont sensibles à la qualité rédactionnelle des magazines, lisent de plus en plus la Princesse de Clèves et tiennent à leur culture plus qu’à leur confiture ! http://punctum.blog.lemonde.fr/2009/02/14/lhomme-qui-sauva-la-princesse-de-cleves/
Reste une question : les gens qui lisaient GALA sont-ils les nouveaux lecteurs d’Alternatives Economiques ? :)
