"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
...Pas celle que vous croyez. Celle qui fait que l’économie repose davantage sur les emmerdements que sur le bonheur et la sérénité. Ainsi, pendant mes vacances, je découvre que des photos que j’avais visualisées début juin dans mon bel appareil ont disparu : « erreur de lecture, vérifiez votre carte ». Il est plein d’humour, mon Pana, qu’est-ce que je vais vérifier puisque je ne sais pas pourquoi ces photos se sont effacées ni à quoi ressemble une carte mémoire malade ?
J’éteins l’appareil, le remets en marche et l’écran se rallume. Vieux réflexe pris avec l’ordinateur : 80% des pannes se résolvent en éteignant et rallumant tout. Je sais que mes propos vont faire frémir les grands manitous informaticiens (n’est-ce pas François Granger ?) mais le fait est là, je ne suis pas la seule à l’avoir constaté. Je peux à nouveau prendre des photos, mais au retour de vacances, une quinzaine d’entre elles, pourtant visualisées sur l’écran, ont à leur tour disparu. Disparu de chez disparu. Et pourquoi quinze et pas la totalité ? « Ca arrive, diagnostique un pote qui a l’air de s’y connaître. Y a un bug qui a corrompu certains fichiers. »
En fouinant sur des sites Internet, je découvre qu’il existe des logiciels pour récupérer les photos perdues. J’en télécharge un, sans résultat. J’en essaie un autre : ô miracle, bonheur et volupté, le logiciel analyse l’ensemble de ma carte et récupère les photos (tandis que certaines, que j’avais heureusement déjà enregistrées, ont subi quelques dommages, genre coupées en deux par une barre grise). Tout est bien qui finit bien, certes, mais j’interroge : s’il existe des logiciels qui récupèrent les photos perdues, pourquoi ne pas utiliser l’intelligence des ingénieurs qui les conçoivent pour fabriquer des cartes qui ne se corrompent pas pour un oui ou pour un non ou des appareils capables de fouiller tout seuls dans leurs mémoires?
C’est comme les virus informatiques. Tout le monde craint d’être infecté, d’où prolifération d’antivirus qui justement interpellent : si chaque fois qu’un virus apparaît, l’antivirus existe dès son apparition, que n’invente-t-on pas des ordinateurs insensibles à la contamination, ça ne doit pas être plus compliqué ?
Tout simplement parce qu'un appareil qui fonctionne parfaitement est moins rentable qu'un appareil qui a des pannes et suscite une activité de réparations, achat de gadgets protecteurs, remplacement de pièces, etc. Sans oublier l’énervement causé par les pannes qui alimente la consommation d’antistress et achats compulsifs pour se calmer… Quand les bas nylon sont apparus, ils ne filaient quasiment pas, la fibre Du Pont de Nemours ayant une solidité fantastique… que les ingénieurs de la boîte ont été priés de modifier afin que les dames renouvellent leurs achats. Jusqu’aux collants d’aujourd’hui si fragiles qu’on les file parfois au premier enfilage, ce qui favorise l’achat de vernis à ongles incolore pour stopper le désastre.
Le fin du fin : fonctionner en cercle fermé. Il y a quelques années, naufrage de l’Erika, plages noires et mouettes pétrolées. Pour débarrasser leurs plumes du toxique épais qui les étouffaient, on les a nettoyées avec un shampooing fabriqué par une firme réputée pour ses produits naturels, mais dont le capital, à l’époque (ça a changé depuis) appartenait pour une bonne part à … Elf Aquitaine/Total, propriétaire de la cargaison de pétrole de l’Erika !
Ca me rappelle une chanson de Joël Favreau, musicien talentueux que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, guitariste de Brassens et Maxime le Forestier, qui écrivait déjà au début des années 80 :
http://www.joelfavreau.com/
Ce sont les mêmes qui créent la solution et le problème, qui créent la maladie puis nous vendent les remèdes"...
A propos de remèdes, qu’est-ce qu’on va rigoler cet hiver quand la grippe saisonnière arrivera ! Surtout, à la moindre poussée de fièvre, mal de tête ou courbatures, appelez les medias, prévenez le centre de vigilance de la grippe H1N1, apprêtez vous à voir votre maison cernée de gendarmes comme celle d’un vulgaire anarcho gauchiste et mettez votre plus beau pyjama ou nuisette: la TV vous filmera, un envoyé spécial vous interrogera non sans avoir revêtu un masque et désinfecté son micro, avant de conclure que vous allez mieux, et même très bien, que vous allez d’ailleurs reprendre une activité normale, et qu’on n’a pas eu recours au Tamiflu pour vous soigner, juste à des médicaments comme pour un gros rhume. (dernier bulletin de santé des enfants grippés)
Pour avoir son quart d’heure de célébrité, en 2009, inutile d’être Andy Warhol, il suffit d’avoir la grippe. On vit une époque formidable !