"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Et qui veut casser l’écologie caricature le principe de précaution en l’amalgamant à des mesures absurdes.
Pour mémoire, le principe de précaution s’applique à des technologies ou des produits dont les risques n’ont pas été évalués, et dont la dissémination hâtive à grande échelle pourrait avoir de graves conséquences.
On peut être opposé aux OGM- c’est mon cas- parce qu’ils coûtent cher, n’ont pas fait la preuve d’un quelconque intérêt pour le consommateur et servent principalement à enrichir les semenciers et à rendre les agriculteurs dépendants de ces derniers.
En revanche, exiger un principe de précaution à propos des OGM ne signifie pas qu’on y soit opposé. Cela signifie qu’il eût fallu étudier les effets des OGM en milieu clos sans dissémination des graines ni risque de propagation d’effets nocifs, et qu’au terme de ces observations on aurait pu savoir s’il était possible de les cultiver sans risque à grande échelle. On a fait l’inverse et le risque, si risque il y a, est à présent quasi irréversible…
Autre exemple: on ne connaît pas exactement les effets des ondes sur la santé et l’environnement mais on a déjà identifié des personnes hypersensibles qui développent des maladies ou des troubles fonctionnels lorsqu’elles y sont exposées. La moindre des choses aurait été de vérifier les risques sur des cellules et/ou des animaux AVANT de répandre partout la téléphonie mobile.
Le principe de précaution est une démarche scientifique : quand on ne sait pas, on cherche à savoir, et éthique : quand on soupçonne un éventuel risque, on fait gaffe avant de le faire courir à des millions d’individus..
En revanche, ne sont pas le principe de précaution :
-la prévention de la grippe A H1N1. Ici, pas d’inconnues : on a identifié le virus, on sait qu’il a une mortalité comparable à toutes les grippes saisonnières, mais qu’il est plus contagieux que les virus des années précédentes. D’où l’intérêt de barrer la route à la contagion. Mesures d’hygiène et non principe de précaution.
-le vaccin de cette grippe, en revanche, mériterait un principe de précaution, car on le fabrique avec une rapidité qui ne permet pas d’en évaluer correctement l’efficacité, ni les effets indésirables. Ce vaccin cultivé sur des œufs est susceptible de provoquer des réactions chez les intolérants à l’albumine, et s’il est administré à grande échelle, les risques de réaction seront logiquement multipliés. De plus, la grippe n’étant pas en soi gravissime, il suffit d’isoler la majorité des malades au chaud et au sec pendant une semaine avec un peu de paracétamol et de la vitamine C pour en venir à bout avec un minimum de risques de contagion et de surinfection. Vacciner relève du soutien à l’industrie pharmaceutique et non du principe de précaution.
- N’avoir pas interdit l’amiante avant les années 90 alors que sa nocivité était connue depuis 50 ans était du cynisme économique : le risque était connu et évalué, mais qu’importe de sacrifier quelques milliers de travailleurs si le marché de l’amiante rapporte plus que ne coûtent les malades. C’est le même principe que m’avait asséné un célèbre cancérologue quand je m’étonnais qu’on se préoccupât plus de traiter les cancers que de les éviter (notamment par le dépistage et la prévention) : « Chère madame, dites-vous bien que les cancers font vivre plus de gens qu’ils n’en tuent… »
-Interdire la baignade en rivière dans certaines communes sous prétexte que se sont produits des noyades cet été ne relève pas du principe de précaution : le risque de noyade est connu, et il ne concerne pas une population à grande échelle mais quelques individus à qui il appartient d’être prudents. L’interdiction relève de l’infantilisation des populations- fais pas ci, fais pas ça, mouche ton nez dans ton bras- et de la crainte des élus locaux de se voir mettre sur le dos une lourde responsabilité en cas d’accident sur leur territoire.
Exiger du moindre accompagnateur de balades qu’il soit titulaire d’un diplôme de guide de randonnée ne relève pas du principe de précaution pour les mêmes raisons que ci-dessus, mais du mépris des gouvernants qui jugent les citoyens a priori stupides et irresponsables, du goût de la soumission pour ceux qui ne savent plus faire un pas sans moniteur diplômé, de la stupidité pour ceux qui veulent « faire le Mont Blanc » en baskets et débardeur mais exigent un encadrement professionnel pour satisfaire leur caprice.

Conclusion : le principe de précaution, scientifique, éthique et responsable est rarement appliqué là où il devrait l’être quand la rentabilité économique est en jeu, et souvent dévoyé de sa signification réelle pour assujettir l’individu. (et accessoirement provoquer un rejet des idées écologistes).
Gare aux contrefaçons : exigez le vrai principe de précaution et refusez les imitations liberticides et infantilisantes.
Désolée d'être si sérieuse, mais entendre des journalistes parler de principe de précaution à chaque loi sécuritaire m'insupporte tant c'est de la désinformation.