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"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.

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A PROPOS DE BAMAKO

Je suis allée voir le film Bamako. Toutes les critiques, enthousiastes, parlent du propos très fort de ce film qui met en évidence le rôle du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale sur la paupérisation de l'Afrique: pas la pauvreté, insiste à juste titre l'un des personnages, la paupérisation car l'Afrique est un continent riche en uranium, pétrole, minerais, bois... ce qui explique d'ailleurs qu'il ait été si pillé.

Cela étant, la faiblesse du film est de tenir pour acquises dans les consciences des notions bien mal connues: quand les protagonistes parlent de "la Dette" ou des "politiques d'ajustement", je me demande combien de personnes dans le public savent exactement de quoi il s'agit,  comment cela fonctionne, et pourquoi cette politique appauvrit le continent africain.

En revanche, "Bamako" touche au coeur par l'image et le rythme: le réalisateur est africain et son film l'est profondément, totalement. Il montre l'Afrique (ici le Mali) telle qu'elle est, les femmes avec leur beauté et leur énergie, les enfants inclus naturellement dans la vie du village, le temps qui coule différemment: le rythme dramaturgique reflète ce rapport différent au temps, les dialogues montrent une façon d'être humain bien différente de l'âme occidentale.

Là où les blancs parlent de spoliation ou d'exploitation quand ils veulent bien la reconnaître, les noirs parlent de souffrance. Ca n'a l'air de rien, mais ça change tout. Lorsque au lieu de parler en chiffres (de chômage, de tués à la guerre, de morts du SIDA, d'enfants affamés) on parle de la souffrance de ceux qui sont frappés par ces maux, on parle au coeur. Tous les fous d'Afrique (j'y suis née, j'y ai passé mon enfance) gardent en eux cette nostalgie d'un continent où les sourires comme les larmes s'adressaient au coeur et pas au porte-monnaie... avant la corruption puis la mondialisation.

QUELQUES IMAGES DU BENIN

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