"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Les textes érotiques qui pullulent sur le Net donnent une idée précise des fantasmes les plus répandus. Number one pour les hommes : la fille toujours prête, à qui on dit « Bonjour on baise ? » (et encore, dire bonjour dénote déjà un esprit de civilité pas toujours présent dans certains textes !) et qui aussitôt prend en bouche une, deux ou trois queues énormes et odorantes (l’insistance avec laquelle les apprentis écrivains parlent de leurs odeurs avec l’envie qu’elles excitent les filles me laisse des doutes sur leur hygiène…) puis se font prendre par tous les orifices et par tous les participants.
Fantasme numéro 2, exprimé dans presque toutes les émissions sexologiques : aller dans un club échangiste. C’est plus tendance, plus cher aussi, mais l’idée est la même : voir une femme qui aime le sexe avec plus que de la gourmandise, de la gloutonnerie, et ne se contente pas d’un seul homme pour calmer ses appétits.
Sauf que… ces hommes qui rêvent d’opulentes et radieuses baiseuses, pipeuses et autres acrobates du sexe appellent ces femmes des salopes s’ils en croisent. Y compris s’ils ont eu le plaisir de frayer avec elles.
Sauf que… ces hommes qui rêvent d’ébats collectifs avec leurs congénères mâles sont aussi de fieffés jaloux : une femme sur dix est victimes de violences conjugales en France, cent femmes en meurent chaque année, et dans 3 cas sur 4, cette violence est motivée par la jalousie.
Résultat : j’ai entendu à la radio une femme, française de souche convertie à l’Islam, dire qu’elle se voile parce qu’elle se sent ainsi plus libre face au regard « pervers » des hommes. Outre que les pervers reluquent plutôt les seins et les fesses plus que les cheveux et les yeux des femmes, je trouve navrant que le regard désirant des hommes soit forcément qualifié de pervers, et les femmes « grandes amoureuses » systématiquement traitées de salopes.
Un jour, dans un café, ayant entendu des hommes plaisanter grassement sur les putes et les salopes, je leur ai demandé ce que j’étais, moi, qui aime faire l’amour, mais pas avec tout le monde et pas avec n’importe qui. Gênés, les mecs, vous ne pouvez pas imaginer ! A l’heure creuse, j’ai fait parler le patron de ses fantasmes en le poussant le plus loin possible dans la confidence. Lorsque je me suis levée pour partir, il m’a dit : « Oh, vous alors, on peut dire que vous êtes une femme très libre ». J’ai souri : « Vous voyez bien qu’il y a une autre mot que salope… »
Cette histoire, et bien d’autres, je les ai racontées dans « Ce qui trouble Lola ». Au-delà de l’histoire de l’héroïne- qui explore les hommes comme on explore une Terra Incognita, avec passion, surprise et humour- ce livre essaie de comprendre ce que pourrait être le sexe pur, débarrassé des scories qui l’avilissent : la violence, l’argent, la peur et la honte. Un pur bonheur…