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"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.

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ZAKOUSKIS DU DESIR

J’étais passée chez un ami avec la ferme intention de ne pas m’attarder. Après quelques mois, j’étais un peu lasse du scénario qui commençait toujours autour d’un verre et finissait immanquablement dans son lit. Plaisant d’ailleurs, le scénario, car le bougre a des arguments pour séduire mais bon… un peu brut de décoffrage. On s’enlace, puis on s’en lasse.

 Changeons ici quelques détails, vous ne saurez ni sa profession ni la décoration de son logement, ni la couleur de ses yeux… Je vais en faire un artiste, tiens ! De toute façons tous les hommes qui me plaisent sont des artistes, quel que soit leur métier par ailleurs. Ils ont une lumière dans le regard, une nonchalance étudiée, une désinvolture qui me trouble. Bref, l’homme était en train de bosser à mon arrivée.  Il m’a demandé d’attendre quelques minutes, le temps qu’il finisse. J’ai regardé son œuvre par-dessus son épaule : c’était vraiment bien. J’ai aimé ses gestes, la sûreté de son inspiration, j’ai eu le sentiment de « voir » son intelligence et il m’a semblé d’un seul coup beaucoup moins frustre que dans ses comportements amoureux habituels, ce qui a réveillé séance tenante ma libido et donné envie d'un petit zakouski, une gourmandise en quelque sorte.

J’avais apporté une mignonnette de vodka, et des glaçons (en réalité tout à fait autre chose mais ça n’a aucune importance, l’important est la suite). Quand il m’a serré dans ses bras après avoir fini son travail, j’ai pris dans ma bouche une gorgée de vodka, un glaçon, et son sexe que mes mains aventureuses avaient rapidement  mené à d’honorables dimensions. Le chaud et le froid, ma hâte à le prendre et ma lenteur à le déguster ont eu raison de lui. Toute réticence envolée, je me suis longuement attardée chez lui, mais pas sur le lit. L’occasion était trop belle de visiter sa cave et de vérifier si sa table de cuisine était aussi solide qu’elle semblait.

Pourquoi cette histoire aujourd’hui ? Parce qu’en écrivant les nouvelles que je suis en train d’imaginer, je me demandais pourquoi l’érotisme continuait à me passionner après tant d’années. A cause de cela, justement. Du fait qu’on ne peut rien dire de définitif à son sujet.

Les femmes aiment les préliminaires et ont besoin d’amour, mais toutes se souviennent d’une fois au moins où elles ont ressenti un désir brut et rapide pour un inconnu. Les hommes sont dans l’excitation plus que dans le désir, mais tous ont eu au moins une fois l’envie de dévorer la moquette sur laquelle avait marché la femme qu’ils aimaient (merci Michel pour cette belle image…). La routine menace les couples, mais tous ont le souvenir de périodes «  sans  »… suivies d’intenses périodes « avec », sans la programmation linéaire décrite par les magazines. L’important est la beauté « intérieure », affirment les vertueux… qui reluquent autant que les autres les seins et les fesses de bombes sexuelles, tandis que des femmes attachées à un type d’homme précis craquent soudain pour son opposé. On peut aimer se faire fouetter attaché(e) à un lampadaire et affectionner un bon vieux « missionnaire »…

Le désir, bien plus que l’amour, est enfant de bohême qui n’a jamais, jamais connu de loi. Aucun logiciel ne peut l’enfermer, aucune recette ne le provoque à coup sûr,  rien ne le tue pour toujours.  Il est la liberté incarnée, comme la prison la plus voluptueuse, quand on se prend, quand on se donne en repoussant les limites de ce qu’on croyait possible.

 

 

 

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A
"les femmes aiment les préliminaires"<br /> ben non, pas toutes<br /> moi je préfère rentrer directement dans le sujet ( enfin, l'inverse)
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