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"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.

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SEXE ET MOTS

Je fais partie du jury d’un concours de nouvelles érotiques. Certaines me plaisent, d’autres non. Parfois pour des raisons évidentes : manque de style, fautes de français, abus de clichés… D’autres fois juste à l’instinct : le texte me trouble ou pas. C’est très difficile de savoir pourquoi, et surtout très subjectif. Les textes du concours étant top secret jusqu’aux résultats, j’ai choisi pour illustrer lla question deux extraits de textes publiés sur le site Revebebe, et deux extraits tirés de livres.

Revebebe : « Ces préliminaires n'ont guère duré, ni pour eux, ni pour nous. Presque côte à côte, Bernard et moi nous sommes mis à besogner nos compagnes dans des positions similaires et synchronisées, tantôt en missionnaire, tantôt en levrette, avant qu'elles ne nous chevauchent en parfaite harmonie. Mais ils étaient beaucoup plus endurants que nous et nous avions joui, ma femme et moi pendant que Bernard et Michèle poursuivaient leurs ébats sous nos yeux dans un concert de grognements, de gémissements et de propos crus. » 

« Ouvre les genoux : je te couvre. Donne moi tes lèvres et ta langue. Crispe tes dix doigts sur mes fesses. Roule tes seins contre mes seins. M’y voici, nos vulves s’appliquent et se froissent et se heurtent. Etreins-moi comme je t’étreins ! Elles clapotent, entends tu ? Mnasidika, nos jouissances se mêlent ! (Pierre Louys, chansons secrètes de Bylitis) 

Revebebe : « J'étais en train de lécher mon épouse avec appétit, quand elle m'avoua soudain qu'elle s'était fait caresser par deux collègues, au cours d'une petite fête organisée à sa boîte. La matinée avait pourtant bien commencé. J'étais venu la rejoindre discrètement dans la cuisine tandis qu'elle préparait le repas. Je m'étais discrètement agenouillé derrière elle et, baissant d'un seul coup sa jupe, j'avais entrepris d'embrasser son gros fessier….  J'ai léché un long moment la raie des fesses de mon épouse, je sais qu'elle adore ça, insistant longuement sur sa pastille que j'ai percée du bout de ma langue. Puis je l'ai faite se retourner pour dévorer avec ferveur son abricot poilu.  

 

« Nous ne disions pas un mot. Je caressais sa verge, je caressais ses couilles qui roulaient et gonflaient entre mes doigts, si absorbée par le trouble qui me gagnait que j’ai à peine réalisé que ses doigts à son tour me fouillaient. Il allait juste où il faut,  promenait son index de bas en haut, contournait le sommet, en frôlait la pointe et redescendait, avec une lenteur amplifiée par notre commun silence.  Il a juste murmuré : « Tu es très mouillée.  – J’ai très envie. »  Il a décollé ses fesses du drap, s’est serré plus étroitement contre mon ventre et m’a enlacée. Je sentais contre ma vulve battre sa verge au rythme de son cœur. C’était insupportable de volupté. » (« Les latitudes amoureuses », Françoise Simpère) 

Les ressentis sont différents, n’est-ce pas, selon les textes ? J’aimerais bien avoir quelques avis et commentaires là-dessus. Sur cette alchimie si particulière qui fait qu’un texte parle ou non à nos sens.

illustration due à l'Amante poivrée qui reviendra bientôt j'espère

 

 

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S
Revebebe 1 :Deux ami.Tout de suite, cela donne une ambiance camaraderie, d'intrusion dans la camaraderie masculine pour leur "compagnes". Esprit galopin, galopinade. Jeux d'enfants, jeux interdits. La brièveté des préliminaires suggère la fièvre des jeux qui transgressent les interdits. Double dualité qui vire à la compétition, couple/couple, garçon/fille. Le langage cru en question semble plutôt proche de lacrudité des enfants. Dommage, l'intrigue de l'amitié mise en risque, de la confiance des partenaires est passée sous silence alors que les questions qui gravitent autour ne sont sûr justement pas sans donner ce caractère précipité. Revebebe 2Mettre dans une ambiance un plus intellectuel conviendrait ici mieux. Un psy, où l'une des personnes en psychanalyse où la symbolique de l'annalité est fort développée autour de la production, de la symbolique d'une production primaire. Cette symbolique est souvent associée à l'argent. Cuisine/argent/travail, gagner sa vie où la fesse cachée de l'érotisme du couple. Argent, crédit, confiance... confidence, impromptue. Qualité ?!? Cette touche contrariante de la réalité ! Défaut ?!? Le langage trahit involontairement l'équilibre de la situation des personnages. Le sens est pauvre, quasi objectif : "Il se passe ceci, cela !" La sensibilité dramatique ne semble nullement développée.Pour le troisième extrait, c'est différent, il y a sensation d'une écoute du corps, écoute des corps, corps qui s'auscultent presque. Je reste cependant sur ma faim, car il n'y a que le plaisir de l'entente, d'une écoute mutuelle plus sereine. En cela, elle tranche avec les deux précédentes, plus confuses. La confiance, ce que semble croire chacun des personnages y apparaît contrarié, jouissivement contrarié, mais contrarié. Il manque cependant un contexte pour donner un propos à cette écoute sereine, d'une simplicité insolite. Difficile !?! Difficile d'écrire ! (J'ai arrêté pour ma part. Je n'apprécie que l'écriture ou la pensée en duo ou encore collectivement, malheureusement pour moi.) Vous parlez à l'occasion du corps comme langage ?!? N'hésitez pas à développer les termes associés au langage implicitement ou tacitement ! L'écoute en est un, ce que les partenaires peuvent croire de l'échange, un autre qui s'appelle la confiance. Faire confiance en quelqu'un, c'est toujours croire quelque chose de cette personne. Même entre une péripatéticienne et son client, il y a un minimum de confiance en jeu où l'argent est souvent la principale aire de jeu de négociation de cette confiance. Mes propos peuvent paraître contrariant, en opposition, mais cela me semble vain de m'exprimer si ce n'est pas pour pousser plus loin et non pas pousser à bout. Je fais juste part d'une attente d'un certain type de lectorat probablement très peu représentatif. ;) Samy ;) (Je crois que mon homonyme a plus ou moins découvert en même temps que moi vos livres, mais par un autre bout et que, surtout, en fait, nous nous connaissons... déjà bien avant.)Sammy
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S
La plupart des lectures érotiques que je connais ressemblent à un parc d'attraction. C'est le grand huit ou les montagnes russes, au mieux une chorégraphie, rarement une histoire humaine tissée d'incertitudes ou d'intrigues qui se ponctuent alors sur la fin de l'acte : "Bais(s)é de rideau." Je préfère encore alors le velours du rideau, ses évocations, l'insolence du carmin, son odeur poussiéreuse de vieux plancher chargée des effluves du temps. Un réel langage des corps amène à communiquer autre chose que ce qui se passe au niveau des corps. Le corps parle de lui-même, sa simple présence dis qu'il est là, mais peu aussi dire que la personne est absente. Et là, le corps ne parle plus de lui-même. Pour ma part, l'intimité la plus intense que j'ai connue fut strictement scripturale. La règle tacite était d'éviter toute référence explicite au corps. Tout le contraire d'un échange fusionnel, un échange dual dont j'ai perdu le duel. Une subversion du langage, des chemins de traverse à se retourner l'esprit, un corps à corps d'esprit entre ombre et lumière, aussi clair qu'obscur. Deux amours propres au duel,  d'une adversité fielleuse et loyale à souhait, de la poésie des lymbes, de cette poésie des visages qui s'irrise d'ire, traits tendus et suaves du plaisir des joutes oratoires. Je l'ai perdu ce duel, mais je l'ai connu. En un, mot : "EXHILARATION" - du moins ce que m'évoque le nom de cette émotion laissée par la plume de Virginia Woolf.
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A
Pour Nick Tasseur...<br /> Ben moi je l'aime bien ce "clapotis" de Maurice Louys, tout rempli qu'il est (si je puis dire...) de métaphores marines, de vagues, de flux et de reflux, d'odeurs d'iode, de coquillages, de partance...<br /> Je l'aime bien parce que de "bruit" il devient "vue", "image"...<br /> Déformation professionnelle peut-être?....<br /> cordialement<br /> Arthémisia
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N
RebonjourJe n'ai pas de site!Mais comme overblog refusait mon commentaire, j'ai pensé que c'était peut-être à cause du champ 'votre site' que j'avais laissé blanc; j'ai donc mis le 1er truc qui me passait par la tête : www.roccosiffredi.fr, bien sûr! Ensuite je me suis aperçu que cette adresse existe vraiment  et redirige sur un espèce de truc à deux balles... je ferai mieux la prochaine fois! Bon je me sauve, j'ai de la lecture à faire moi!
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F
P.S. juste pour Nick Tasseur: je suis allée sur votre site. Peut-être ai-je mal cliqué, mais je n'ai eu qu'une animation pour le salon Erotica, et c'est amusant, parce que dans cette animation il y a tout ce que vous n'aimez pas: situations pas comme dans la vraie vie, changements de positions trop rapides, un côté porno des années 70... Auriez-vous deux facettes?
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