"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Hier, j’ai répondu à une entrevue pour la TV (ouais, les québécois ne disent pas interview, mais entrevue, et ils ont raison !) sur, devinez quoi ? « Peut-on aimer deux personnes en même temps ? » Pourquoi deux, c’est mesquin, on peut aimer tellement de personnes en même temps, s’il s’agit de les aimer, pas de vouloir les avoir rien que pour soi ! Bref, je commence à connaître mon petit laïus par cœur, depuis quatre ans qu’on me pose toujours les mêmes questions. Mais cette fois-ci, j’ai essayé de faire comprendre- ai-je réussi ?- que la raison principale de ces intimités multiples, c’est qu’elle m’a fait mieux comprendre, mieux aimer, mieux découvrir le cœur des
En guise d’illustration, voici un extrait de « Autres désirs, autres
PARIS, L’ETE
Torpeur moite. La ville somnole derrière des stores baissés tandis que sous les portes cochères s’étalent des lambeaux de fraîcheur. Je marche lentement, disponible. Chaque angle de rue est une image endormie. Ici, le petit restaurant italien où… avec qui… peu importe. Avec Toi, Toi innommé puisque seul compte ici le coup de couteau dans le cœur rappelant ma première blessure.
L’enseigne d’entreprise, la rue Française, six étages à gravir après une nuit blanche, j’avais une jupe longue de velours noir et une blouse de dentelle, tenue du soir incongrue parmi les grues immobiles. Le trou des Halles tenait lieu de grand Canyon, Marco Ferreri y tournait un western. Et sous ma jupe, sur la peau de mes cuisses, ta main impérieuse remontait. Je riais en m’agrippant à la rampe : « Arrête, tu vas me faire tomber », mais j’étais tombée depuis longtemps. Dans tes bras, dans la spirale d’un désir étrange, celui de tes cris quand tu jouis, de ton ventre sur lequel j’étale du bout des doigts ton humidité, de ton odeur sur ma paume…
Rue Montorgueil, errance de mes premiers pas parisiens, peurs, découvertes, émerveillement. Un frisson court le long de ma nuque tandis que je croise un balcon de fer forgé. Il a dû se passer quelque chose, là. Les lieux gardent en mémoire de lascives secondes que je prends en pleine poire. Jamais rien ne s’oublie.
Paris torpeur. Des regards posés sur moi pesants comme du plomb fondu. Ici j’errais triste, il y a longtemps, devant un manège qui me rappelait ta façon de me faire tourner dans tes bras jusqu’à ce que j’en perde l’équilibre et le souffle. A vingt ans, on croit que la vie s’arrête quand cesse de tourner le manège, plus tard on sait qu’il repart. Le propriétaire du manège agite au-dessus des enfants une peluche, il faut en saisir la queue pour gagner un tour gratuit. Petite, j’étais experte à ce jeu là. Pour le prix d’un ticket, je faisais dix tours. Je criais : « J’suis forte pour attraper la queue ! » Ce talent là ne s’oublie pas…
Paris bistrot. Ici, le café de nos querelles où les poissons exotiques dans leur aquarium hochaient la nageoire devant tant de violence. Là, le skaï vert qui collait à mes fesses, je te le confiais à l’oreille, tu répondais « Il en a de la chance, le skaï », tandis qu’un maître d’hôtel au délicieux accent nous préparait d’étranges cocktails qui mettaient le feu à mon ventre.
Bord de Seine où j’ouvris ta chemise. Tu avais des yeux dorés, des tourments pleins la tête que je me faisais fort d’effacer, ma bouche a le pouvoir d’aspirer les
Pour les amateurs de sensations plus fortes, plus directes, il y aura à partir du 1er mars sur le site www.pocket.fr un long extrait d'une nouvelle du livre intitulée "Erection présidentielle", histoire d'imaginer à quoi pense un candidat face aux groupies qui hurlent son nom. Pas à la même chose que quand il se rase...
