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"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.

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ELOGE DE LA FUITE

Henri Laborit était médecin et chercheur. Il a mis en évidence les racines biochimiques de nombre de nos comportements, ce qui permet de mieux les comprendre, les prévoir, et donc les apprivoiser.  Il a notamment travaillé sur la dominance, cet instinct qui pousse l’homme à taper sur la gueule de son voisin pour se sentir exister, ou à le rabaisser pour se sentir plus grand. Il a aussi bien étudié ce qu’il appelle l’inhibition de l’action : face à un stress, si l’homme (l’humain) peut agir, tout va bien. Il décharge son trop plein d’adrénaline et de cortisol puis retrouve son équilibre. Mais si les stress sont répétés ou s’il est impuissant devant eux- difficile de cogner son patron ou le flic qui aboie « tes papiers, les mains sur la tête » en vous fouillant au corps - l’homme va mal. 

Il peut compenser en tapant plus faible que lui : « L’homme qui ne peut pas battre son patron bat sa femme pour se soulager, la femme son enfant, l’enfant bat son chat, le chat la souris, la souris le fromage, le fromage est battu… (c’était une comptine de mon enfance, qui avait tout compris des rapports humains !)   S’il ne peut frapper personne, il se frappe lui-même : insomnies, dépression, infarctus, cancers… Ce qu’on appelle des « maladies de civilisation », drôle de civilisation… Ou autodestruction : alcool, drogues, suicide. 

Reste l’idéale solution : la fuite. Dans l’art, la création, la musique, le rêve l’humour ou la distance spirituelle, l’indifférence féconde au monde qui s’agite… Laborit aimait tellement cette solution qu’il a écrit un bouquin « Eloge de la fuite », qui fût mon livre de chevet durant des années et m'a sans doute appris à fuir les gens et les situations toxiques, et avoir une certaine lucidité. Ce décryptage de la vie peut sauver la vôtre, en vous donnant des clés pour ne plus être « inhibé. » Plus ludique : avec le cinéaste Alain Resnais, Laborit a conçu le film « Mon oncle d’Amérique » où les rats de laboratoire sur lequel il a fait ses expériences sont interprétés dans une formidable histoire par Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Pierre Arditi, Roger Pierre…  

 

En 1992 ou 93, je suis allée interviewer Henri Laborit qui souffrait déjà de l’insuffisance respiratoire qui allait l’emporter en 95. Il m’a accueillie d’un agressif : « Vous avez la prétention de résumer 30 ans de travail en trois pages de magazine ? » Il venait de peiner vingt minutes pour monter deux étages et souffrait visiblement de ne pas être à son avantage devant une femme. Je lui ai souri : « Vous avez réussi à le faire dans un film de 90 minutes, alors je peux essayer… » Il m’a remis entre les mains de son jeune collaborateur qui m’a confié : « Henri expérimente sur lui ce qu’il a toute sa vie théorisé : il est inhibé dans son action par la maladie. Cette dégradation physique le rend agressif. Excusez le. » Au retour de la visite du labo, je suis retourné voir Laborit, qui avait eu le temps de souffler et de se remettre. Il fût absolument charmant, passionnant, de ce charme inné que donne l’intelligence. 

L’insuffisance respiratoire l’a emporté. C’est une vraie saloperie, sentir que ses neurones mal oxygénés vont se flétrir, avoir au sens propre le souffle coupé. Ce n’est pas pour rien que chez les asiatiques l’énergie vitale, le Chi (ou Qi) signifie aussi « souffle » et qu’en art martial comme en méditation on vous apprend à respirer, ce que, paraît-il, font très mal les occidentaux. Beaucoup de personnes âgées tassées par les années respirent mal, les gens humiliés par la vie « qui rentrent les épaules » aussi. Dans les deux cas, ça peut les rendre agressifs, inhibés qu’ils sont dans leur liberté d’être. 

Lisez Henri Laborit, il permet de comprendre plein de choses…

Le bonheur ou le malheur, à partir du moment où on possède de quoi se nourrir, se couvrir, se loger, on les porte en soi. (Laborit, "Copernic n'y a pas changé grand chose")

Il est bon de noter combien la charge affective des mots bien-être, joie, plaisir, est différente: le bien-être est acceptable, la joie est noble, le plaisir est suspect. (Eloge de la fuite)

Il y a eu plus de crimes perpétrés au nom de l'Amour qu'au nom de la haine" (Dieu ne joue pas aux dés)

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J
Lamentable Laborit, sadique de la science de l\\\'agression qui ne manquait pas dans son labo où étaient martyrisés ses animaux...TRISTE.Quid de la loi anticruauté du code pénal? elle ne  marche ni avec les animaux domestiques ni avec les sauvages. En fait les sauvages, c'est nous les humains et Sarko me fait rigoler quand il parle de civilisation car  il n'y en a pas. Et la civilisation française est en panne à cause de son obstination à vouloir rester barbare. mail invitant à protester contre nos chers chercheurs. 
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F
Merci pour ta fidélité, Denis, je sais que toi aussi tu as trouvé ta fuite dans l'Art... Les sujets "sensibles", comme tu dis, me passionnent. Ma mère m'avait dit un jour: "Tu respires la joie de vivre, tout en ayant une certaine gravité, aussi." Elle avait tout compris. La gravité, c'est pour comprendre, ne pas faire n'importe quoi (par exemple ne pas confondre liberté et laxisme), la joie de vivre, c'est pour ... vivre, tout simplement. Bon dimanche ensolleillé.<br />  <br />  
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D
Salut Françoise , tu as vraiment le chic pour mettre des sujets sensibles sur la table et mettre les pieds dans le plat ! Continue comme cela , j'adore !!  :-))<br /> Dans son livre "le secret des étoiles ombres "  Anton Parks nous parle d'une programmation génétique  agressive des mâles. Et personellement je suspecte une programmation génétique de soumise d'exister sur les femelles. Heureusement il suffit de prendre conscience de l'existence de ces programmations  pour en diminuer grandement l'effet. L'inconscience les rend terriblement efficaces . En ce qui concerne la fuite ,Edgard Hoover  ancien directeur du FBI ,nous donne une piste: " L'individu est handicapé en se retrouvant  face à face avec une conspiration si  monstrueuse, qu'il ne peut croire qu'elle existe ." Assez souvent on préférera prendre la fuite plûtôt que de prendre le taureau par les cornes !  Amitiés ,Denis<br />  
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