Hier, entre « Les femmes fatales » sur TF1 et « Le plus grand cabaret du monde » sur France 2, j’ai opté pour la retransmission sur la chaîne Public Sénat du débat entre Giscard d’Estaing et Mitterrand de 1981, animé par Jean Boissonnat et Michèle Cotta à l’époque toute jeunette. C’est presque de la perversion, mais, ça fait un bien !!!
Deux adversaires qui ne se font aucun cadeau mais débattent courtoisement, sans se couper la parole. Deux vrais projets politiques clairement marqués dans leurs options, et dont on voit clairement quelles seront la conséquence dans la vie quotidienne. Et les journalistes ! Connaissant le fonctionnement des institutions, posant des questions poliment mais sans complaisance. C’était une sensation étrange de se dire « à cette époque lointaine, la politique voulait dire quelque chose, la fonction présidentielle exigeait une hauteur de vues et du courage : pas une fois les deux candidats n’ont hésité pour dire ce qu’ils feraient, même si leurs réponses, c’est sûr, risquaient de déplaire à certains électeurs.
Ce débat était à mille lieux des shows politiques d’aujourd’hui, ces spectacles où les candidats et la candidate doivent répondre à des questions du style « si vous êtes élu(e) est-ce que mon dentier sera remboursé ? ou « Comment allez-vous simplifier les paperasses pour que je comprenne quelque chose à mon formulaire de TVA ? » Pas des questions bêtes en soi, mais des questions à poser au ministre ou à l’administration compétente, mais pas à un ou une futur(e) président(e) qui ne s’occupera de toutes façons pas de ça !
Voilà ce qui me gêne chez les candidats actuels: l’impression qu’ils se sont trompés d’élection, qu’ils mènent une campagne municipale ou au mieux régionale sans projet global clair : allez sur leurs sites, regardez leurs programmes et posez des questions pièges à vos amis : de qui est cette proposition ? Qui a dit ceci ou cela ? Vous allez voir qu’ils ils se tromperont souvent, preuve que les candidats, à force de vouloir ratisser large dans une optique exclusivement clientéliste, nous mettent dans un brouillard dangereux qui favorise les votes d’impulsion et pas les votes de réflexion. Tant pis pour eux, hélas pour nous.

PUB : allez lire et écouter Reporterre (voir le lien), c’est tripant.