"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Inauguration jeudi soir du Salon du Livre et comme d’hab’ un monde fou. Le champagne et le (bon) vin coulent à flots, on croise des littérateurs plutôt bien de leur personne. L’habit ne fait pas le moine, dit-on, et pourtant je trouve que les gens ressemblent souvent à ce qu’ils font, d’ailleurs je ne vais que dans deux salons : celui du livre et celui de l’agriculture. Pour la même raison : j’y rencontre des gens qui me plaisent. Pas pour les mêmes raisons.
D’année en année, on retrouve des personnes connues il y a longtemps, lors d’un travail commun. C’est fou ce que le fait d’avoir passé des heures, des semaines et parfois plus à réaliser un projet tisse de liens entre les gens, même si on se revoit seulement sporadiquement. C’est vraiment cela la valeur travail. Sarkozy a paraît-il été frappé de rencontrer plus de gens heureux dans les usines que dans les bureaux (Philosophie magazine n°8) Qu’il ne les imagine pas heureux de respirer des hydrocarbures ou de la poussière de ciment ni heureux de toucher un salaire de misère ! Le bonheur de l’ouvrier, c’était le lien social et la solidarité dans le travail, ce pouvait être aussi le plaisir de la création mais justement, cette solidarité et ce lien social se délitent dans une économie essentiellement financière où le travailleur est considéré comme une charge, et où la compétition aboutit à dresser les individus les uns contre les autres. Se délitent aussi quand le travail est parcellisé et le recours à la sous-traitance systématique. Fin de la parenthèse…
Au Salon du livre, donc, j’ai cherché des gens d’il y a longtemps. Certains sont morts, les survivants sont en sursis. Chaque année, on apprend la disparition de l’un ou de l’autre. Parfois, la vie a une allure de gâteau d’anniversaire dont on souffle les bougies l’une après l’autre : qui soufflera la dernière ? A regarder tous ces gens éphémères, à contempler ces milliers de livres qui me font me demander comment diable des lecteurs(trices) arrivent à trouver et apprécier les miens, je me sens humblement sereine. Sereine d’écrire et d’aimer cela. Humble devant l’impermanence des choses et des êtres, qui me dissuade à jamais de toute vanité.
Je me demande si les candidats à la présidentielle- ceux et celle qui ont des chances d’être élus- ont conscience de leur impermanence quand je les entends se poser en homme ou femme providentiel engagé(e) dans un
Pour le