"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Par Françoise Simpère

Une envie toute simple: que les amis qui me disent "c'est sympa d'appeler, je pensais justement à toi" me téléphonent les premiers, que celles et ceux qui soupirent: "Faut qu'on se voit, dès que j'ai une minute", trouvent la minute. Que ceux qui se plaignent: "Je mène une vie de con, je n'arrive plus à voir mes amis" décident de ne plus mener cette vie là. Les journées sont de 24h pour tout le monde, mais le nombre de journées qui nous échoient reste inconnu. Un jour, il y a presque 25 ans de cela, j'ai croisé le desinateur Reiser dans le métro: on s'est sauté au cou, il m'a dit " Faut qu'on se voie, on s'appelle?" et on s'est promis de s'appeler. Et puis les jours ont passé, on avait le temps, nous étions jeunes tous les deux... En novembre, à un kiosque, la couverture de Charlie-Hebdo m'a sauté au visage: "Reiser est allé à pied au cimetière". Le cancer des os, ça vous lamine un garçon au regard incroyable en 6 mois. Depuis, quand je pense à quelqu'un, je l'appelle. Pour rien, pas pour lui demander quelque chose, juste pour avoir des nouvelles et décider de se voir tel jour. Pour rire ensemble plutôt que d'apporter des fleurs le jour de l'enterrement. Mais j'aimerais bien n'être pas toujours la première à appeler.
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog