"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Ces jours ci, j’ai feuilleté du magazine féminin destiné aux trentenaires, quel que soit l’âge réel des lectrices. Car l’esprit du publicitaire, la trentenaire, c’est le marché à conquérir (ce en quoi ils ont tort, l’argent est plutôt chez les quinquas par les temps qui courent…) Dans GLAMOUR, il y avait un supplément « Sexe »- été oblige !- fort bien fait, expliquant en substance que le secret du plaisir est de désirer vraiment et de se sentir assez bien avec l’autre et avec soi pour se laisser aller : désir et lâcher prise, le message ne pouvait que me plaire…
Sauf que… sauf que… hormis dans ce supplément, tous les articles du magazine, de même que ceux d’Isa parcourus ensuite, donnaient des conseils, voire des consignes pour traquer le moindre poil, lisser sa peau, perdre des kilos, muscler les chairs forcément ramollies et indésirables et être maquillée du matin au soir (avec changement de couleurs et de textures selon l’heure du jour) toutes contraintes indispensables à qui veut séduire le mâle ! 
Quel boulot, le sexe ! Trois heures de préparation pour une demi heure de dégustation, pire que le bœuf en daube J Encore, je vous passe les articles sur l’angoisse de se dénuder, les blocages à vaincre et « que dire après l’amour ». On s’étonnera ensuite que les jeunes femmes aient des pannes de désir ! Et que les jeunes

« Apprivoiser son corps… on devrait commencer par là, l’aimer totalement pour pouvoir l’offrir totalement... Aimer l’idée que tant qu’il se passe quelque chose dans un corps c’est qu’il est vivant, ça ne dure pas bien longtemps, autant en jouir avant la fin, avant même la fin, avant ce moment qui arrive peut-être où l’on ne s’aime plus parce que la vie vous a trop abîmée, trop lassée, mais le plus tard possible. Je connais des filles de trente ans qui ne s‘aiment déjà plus, elles traquent leurs kilos, leurs défauts, leurs petites taches sur le teint, la courbe imparfaite de leurs sourcils… Il faut dire que l’environnement ne les aide pas, tout ce qu’on vend aux femmes exalte leurs défauts, des produits pour une ligne parfaite, une beauté sublimée, un corps de rêve, un bronzage impeccable, sous-entendu « qu’est-ce que vous êtes moche au naturel », mais cette perfection, à quel prix, mon Dieu, à quel prix ! Si l’amour d’elles-mêmes est payant, comment pourraient-elles croire que l’amour des autres peut être gratuit ? Il leur faudra des preuves sonnantes et trébuchantes et leur homme dira : « les femmes aiment l‘argent ». Ce n’est pas qu’elles aiment l’argent, c’est qu’elles veulent savoir combien elles valent. Baiser