"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
J’ai raconté à quelques personnes l’interview que j’ai faite de Jacques Landriot, PDG de Chèque déjeuner, dont je vous ai déjà parlé. (ITV qui paraîtra début septembre dans le Nouveau Consommateur) Chèque déjeuner est une société coopérative ouvrière dont chaque salarié est actionnaire, elle est 3ème mondial de son secteur,
La réaction des trois personnes à qui j’en ai parlé a été identique : des yeux écarquillés, incrédules, et une question précautionneuse : « Cet homme dont tu parles, il est… communiste ? » C’est tout juste si elles ne se retournaient pas en frissonnant, des fois que le rouge en question, un couteau entre les dents, les auraient menacé.
Etrange, n’est-ce pas, cette société où des PDG peuvent couler une boîte et partir avec des millions d’euros d’indemnités, où les gens qui fraudent le fisc français en s’exilant à l’étranger sont considérées comme des victimes d’un système vraiment trop dur pour les riches, mais où un chef d’entreprise qui gagne 7500 euros par mois- ce qu’il estime pour sa part tout à fait suffisant pour vivre heureux avec sa





L’arrivée de Batman et Cat Woman à la tête du pays n’a rien changé à cette société, si ce n’est qu’une pensée quasi magique ou des sondages sur mesure, ont transformé les 60% de gens inquiets devant les inégalités et la misère en 66% de satisfaits de l’action présidentielle, qui n’a pas pour l’instant d’effet notable sur lesdites inégalités, au contraire.
Heureusement, il y a une jeune génération pas dupe et généreuse : j’ai rencontré un jeune entrepreneur diplômé d’une école de commerce, qui a choisi de mettre ses compétences au service du commerce équitable et d’actions de réinsertion. Ma fille aînée, dont je parle moins que de l’autre parce que je respecte son désir de discrétion, (ce qui ne m’empêche pas d’être ravie quand un de ses ex-employeurs me dit « jamais je n’ai eu une stagiaire aussi brillante et éthique »), a choisi de mettre ses diplômes et son riche CV au service de la défense de l’environnement et de la lutte contre le pillage des ressources naturelles. L’un et l’autre sont modestement payés, mais trouvent une satisfaction dans la cohérence entre leurs idées et leur vécu, ce que m’a confirmé Jacques Landriot : « Je reçois de plus en plus de CV de jeunes diplômés qui veulent travailler ici pour « donner un sens » à leur existence, pour évoluer dans un environnement professionnel où l’objectif n’est pas de tuer l’autre mais de bien bosser ensemble.»
