"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Samedi, je me disais : « faudrait que tu écrives un billet sur ton blog, le dernier date de mercredi ». Pas envie, et gênée par la formulation : « Faudrait que… » Pourquoi faudrait-il ? Faut-il se forcer à écrire juste parce qu’on a pris l’habitude d’offrir un billet deux fois par semaine aux internautes de passage ? Des gens que pour la plupart je ne connais pas, ne connaîtrai jamais.[1] Faut-il obéir aux injonctions du masterblog qui calcule votre popularité, donne des conseils pour augmenter votre audience, vous avertit si moins de visiteurs passent ? C’est quoi, cette obligation d’Audimat ? C’est quoi ce piège qui peu à peu bouffe votre temps et vous rend dépendant de l’attention des autres ?
Alors j’ai écrit le billet sur les gourous, sans réaliser pourquoi me venait cette idée. Je venais d’en subir un, il est vrai, et surtout ses adeptes : le nombre d’allumé(e)s qu’on rencontre dans les stages de « développement personnel » est faramineux. Dommage, ça gâte l’intérêt souvent réel des techniques enseignées. Je veux bien apprendre les massages, m’entraîner à me recentrer sur les énergies cosmiques ou découvrir des techniques anti-douleurs, mais pourquoi ce besoin irrépressible de l’enseignant d’annoncer que sa méthode soigne les cors aux pieds ou la dépression en trois séances, pourquoi ce besoin des élèves d’admirer le Maître, de lui demander l’autorisation de respirer ou de capter son énergie, d’acheter les gadgets qu’il propose, de le vénérer ?
L’idée qu’on me vénère me rend… vénère. J’ai eu du mal avec les quelques amoureux fous qui ont jalonné ma carrière. A la passion je préfère, et de loin, l’amitié amoureuse : désir+ amitié, quelle plus belle définition de l’amour ? Les fous d’amour, comme les fous de Dieu ou les fous du Fric m’inquiètent.
Chaque nuit ou presque, entre minuit et trois heures du matin, mon téléphone sonne. Au bout, quelqu’un respire… puis raccroche. Ca fait trois ans que ça dure. Depuis un passage dans une émission TV. Je crois savoir de qui il s’agit. Je mets le répondeur quand je me couche, et basta. Mais quelque part, ça me gêne de penser que ce type, chaque soir, forme mon numéro avec une obstination maladive. Tout comme me gênent certaines lettres ou messages délirants.
Ca me donne envie de retourner à mes carnets à spirale et mes livres en papier. Loin des écrans qui vous font rentrer chez les gens et leur donnent l’impression que vous leur appartenez. Aucune envie d’être possédée. Aucune envie d’être un gourou…