"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.

La frite à four surgelée ! Idéale pour qui ne possède pas de friteuse. Elle est précuite- comme celles pas à four d’ailleurs- et il suffit de la passer au four une quinzaine de minutes pour obtenir une frite dorée, un peu sèche, mais peu grasse… Pas mal, la vie de la ménagère moderne dispensée d’éplucher les patates, de les couper et de supporter les effluves d’huile bouillante particulièrement tenaces sur les cheveux.
Sauf que… il y a frites à four et frites à four.
Frites à four Picard : pommes de terre Bintje (bonne espèce pour les frites) huile de tournesol, dextrose de blé.
Frites à four Champion : pommes de terre (si, si, il en reste !) huile de palme non hydrogénée, farine de blé, farine de riz, amidon modifié de pomme de terre ou tapioca, amidon de maïs, sel, diphosphate disodique, carbonate de sodium, gomme xanthane, extrait de paprika, curcuma.
Ouf ! Avec tous ces merveilleux ingrédients, doivent valoir cher les Frites à Four Champion. Ben non, justement, car ces additifs qui ne servent qu’à donner du volume, de la satiété et de la couleur ne coûtent pas cher et permettent d’économiser sur la qualité et la quantité de pommes de terre. Et l’huile de palme est évidemment moins chère que celle de tournesol.
Du coup, j’ai lu attentivement les étiquettes, pour constater que les produits discount qui font le bonheur des pauvres budgets, sont aussi ceux qui contiennent massivement du sirop de glucose et/ou fructose (même dans une boîte de haricots rouges au naturel, et on se demande d’où vient « l’épidémie d’obésité » !), et surtout DES GRAISSES HYDROGENEES.
Les graisses hydrogénées sont des graisses portées à haute température dans lequel on introduit de l’hydrogène, ce qui leur donne une consistance épaisse plus facile à travailler que l’huile et une plus longue conservation, d’où moins de pertes, donc une meilleure rentabilité pour le fabricant. Pour le consommateur, l’hydrogénation des graisses transforme les acides gras naturels en ACIDES GRAS TRANS qui augmentent le mauvais cholestérol et diminuent le bon, majorant d’environ 20% le risque d’accident cardiovasculaire.
Mieux : une étude publiée en avril 2008, menée depuis 1995 sur 100 000 femmes par l’INSERM et la MGEN- du lourd et du solide, donc- a montré que les acides gras trans DOUBLENT LE RISQUE DE CANCER DU SEIN. On se demandait pourquoi ce cancer était en constante augmentation chez les femmes occidentale, et bien voici un facteur de risque massif, plus massif sans doute que les hormones, même si celles-ci n’arrangent sans doute pas les choses.
L’étude conclut aussi que les Omega 3 dont les industriels agroalimentaires ne cessent de nous vanter les effets anticancéreux semblent n’avoir aucun effet sur la survenue d’un cancer du sein.
On m’objectera que le pouvoir d’achat passe avant la santé du consommateur et que les graisses hydrogénées permettent de sortir des produits certes cancérigènes et nocifs, mais pas chers. Et que les pauvres, s’ils meurent, cessent d’être à la charge de la société. Que s’ils meurent de cancers, au prix des traitements, ils coûtent cher à la Sécu, mais rapportent à la médecine et à la pharmacie, selon le mot du regretté Professeur Schwartzenberg : « Le cancer fait vivre plus de gens qu’il n’en tue. »
Trêve de cynisme. Une marque pas chère, « Reflets de France » fait de notables efforts pour proposer des produits simples et sains.
Galettes Bretonnes « Reflets de France » : farine de blé, beurre frais 26%, sucre, œufs, sel, lait en poudre écrémé.
Pâté au piment d’Espelette : gorge, foie et lard de porc, blanc d’œuf pasteurisé, oignons hâchés, sel, ail, sucre, piment d’Espelette et poudre, poivre. A part le sucre, rien à dire. Donc c’est possible, c’est bon et ça doit quand même rapporter puisque « Reflets de France » (je précise que ce n’est pas une pub, je ne touche pas un centime pour en parler) ne semble pas en faillite.
Alors pourquoi les autres, et même des grandes marques comme LU, nous fourguent-elles des graisses cancérigènes et des additifs sans intérêt, voire nocifs ?
Bon appétit, et lisez bien les étiquettes, en sachant que même sur les marchés artisanaux, le charcutier ne sait pas toujours comment a été élevé le porc avec lequel il prépare ses délicieuses cochonnailles. (dixit mon charcutier préféré).