"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.

J’avais fait mon bagage trop vite : « Zut, m’écrié-je le soir, j’ai oublié mes culottes ! Pas grave, je vais laver celle que je porte. » Sauf que, temps maussade oblige, j’ai dû l’enfiler humide le lendemain matin, ce qui est d’un désagréable !!! J’ai donc acheté une petite culotte de secours, et mon séjour s’est fort bien passé en les lavant alternativement. Le vital, c’est donc 2 petites culottes. Pareil pour la toilette : le vital, c’est le minimum que j’emporte en voyage qui me permet de rester propre et même avenante sans alourdir mon sac. Voyager ramène aux besoins élémentaires. Les nomades ont le sens du vital, c’est en devenant sédentaire que l’humain est devenu possédant.
Ainsi, chez moi, j’ai une collection de petites culottes, car n’ayant ni le goût ni l’usage des soutiens-gorge et autres guêpières, je place ma coquetterie intime dans les culottes achetées en solderie ou sur les marchés. (Ailleurs, le prix au centimètre carré de tissu dépasse largement le cours du pétrole). Ce n’est pas vital mais essentiel dans le rapport coût/plaisir que j’entretiens avec la Vie. Tout comme, même si je n’en mourais pas, je trouverais la vie bien terne sans livres, huile de massage ou carnets à spirale alors que j’ai la même voiture depuis 15 ans, ma combishort fétiche depuis 37 ans (je rentre toujours dedans, yeah) ma chaudière depuis 21, et mon téléphone mobile qui ne sait que téléphoner vient de fêter ses 5 ans.
La parabole de la petite culotte nous amène donc à distinguer :
« Les besoins vitaux » sans la satisfaction desquels on meurt à plus ou moins brève échéance » : alimentation, soins médicaux, logement (avec ou sans chauffage suivant la latitude), quelques vêtements. La planète a largement les moyens d’assurer à tous la satisfaction de ces besoins. Elle ne le fait pas. Un enfant sur 3 en Afrique meurt avant d’être adulte, faute de nourriture ou de soins.
« Les besoins essentiels » qui font que la vie vaut la peine d’être vécue, même si leur absence ne tue pas. Ils varient d’une culture à l’autre, d’un individu à l’autre. Livres, films, œuvres d’art, téléphone, vêtements, cosmétiques, repas au resto, voiture, ordinateur, voyages… A noter, en ces temps où on sucre les subventions culturelles : l’art semble universellement essentiel. L’homme préhistorique, malgré la fatigue après une journée de chasse au mammouth, prenait le temps de faire des dessins sur les parois de la caverne, sans même l’espoir de les vendre J, les enfants dessinent sur le sable des œuvres par essence éphémères, les peuplades les plus primitives inventent des instruments de musique. Le statut des artistes, loin d’être une préoccupation de « nantis », me semble essentielle tant l’art est ce qui nous éloigne de la sauvagerie et nous fait humains, sensibles. De même la mer, qui devrait appartenir à tout le monde. Hippocrate disait : « pour rester en bonne santé un homme ne doit avoir que trois pas à faire pour voir la mer. »
« Le superflu » : tout le reste.
Réfléchir à ce qui nous est essentiel pour réduire ou éliminer le superflu donne du pouvoir d’achat pour le vital et l’essentiel, supprime le surendettement, le casse-tête des déménagements où on se demande comment on a pu s’encombrer de tant d’inutilités, les états d’âme des héritiers devant les tonnes de bibelots entassés par leurs parents décédés et qu’ils n’osent pas jeter, l’épuisement prématuré des ressources de la Terre, l’arrogance des possédants, l’envie des pauvres, le snobisme des cons et surtout la dépendance aux objets. Oublier le superflu donne de la liberté, du temps, de l’espace, toutes choses devenues rares et qui ne s’achètent pas. Toutes choses qu’ont les peuples nomades.