"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
En 1999, le Québécois Christian Laurence fonda KINO, mouvement de jeunes vidéastes dont la devise est « Faites bien avec rien, faites mieux avec peu, mais faites le maintenant. » Le rien et le peu, c’est l’argent, évidemment. Les Kinoïtes redécouvrent donc les vertus de la SOLIDARITE en se prêtant leur matériel, en participant bénévolement au montage du film d’un autre kinoïte, en faisant l’éclairage, la lumière, l’acteur… Les vertus de la CREATIVITE en s’obligeant à imaginer, écrire, réaliser et projeter en public un court-métrage par mois. (ceux qui s’y sont engagés et ne le font pas ont pour gage de produire un film avec contrainte de thème, de conditions, etc.) Les vertus de l’AUDACE en tournant partout sans remplir des tonnes de demandes d’autorisation : un sourire, un complice sur place et hop, ça tourne. Et ça tourne bien, puisqu’il existe aujourd’hui des cellules KINO un peu partout dans le monde, aux USA, en Australie, France, Belgique, Finlande, au Bénin, à La Réunion, au Sénégal ou en Allemagne.
L’été 2007, ma fille Lauranne a passé six semaines au Québec, stagiaire au Festival International de microcinéma où elle a rencontré moult kinoïtes, dont Christian Laurence. En rentrant à Clermont-ferrand, elle a fondé Volkino- le KINo des VOLcans- aujourd’hui fort d’une quarantaine de passionnés qui réalisent et projettent leurs films chaque mois tout en poursuivant leurs études ou en travaillant, car pour l’instant- et c’est navrant- aucune structure officielle, aucun producteur installé ne les aide. En France, on a du mal avec les francs-tireurs qui sortent des sentiers balisés.
Alors ça leur rapporte quoi ? Le plaisir de maîtriser de mieux en mieux la caméra, de voir leur public grandir chaque mois, de s’exprimer et de FAIRE, surtout : « Au lieu de rêver au plan d’enfer qui nous permettrait de trouver un prod’ ou une subvention, on réalise, on créée… et on a des arguments concrets pour prouver notre motivation et déposer un dossier de financement. »
Voilà. Ils font partie des D’jeunz qui ont tout compris, en particulier que la dynamique de groupe est plus féconde que la compétition individuelle et l’enthousiasme plus moteur que la peur et le ressentiment. Ils ont aussi appris à surfer sur les nouvelles technologies pour se faire connaître et recruter, et rêvent évidemment du sort du clip « Marly Beaumont », devenu tube pour un coût de 220 €.
Au Québec, Patrick Peris, (sur la photo en train de se faire couper les cheveux par Lauranne) ex-ouvrier du bâtiment, est aujourd’hui vidéaste sollicité pour réaliser des clips par des chanteurs renommés, Olivier Gilbert est passé de la banque à la vidéo, et Martine Asselin, l’un des piliers de KINO Québec, a réalisé plusieurs longs et moyens métrages diffusés à la télévision, dont le documentaire « la grande amoureuse » tourné avec moi. Aucun n’est riche- d’ailleurs rêvent-ils de l’être ?- mais tous vivent de leur passion.
Dans le même esprit, j’ai rencontré à Paris Florent NOUVEL, prof de lycée de moins de 30 ans, auteur-compositeur- interprète et excellent pianiste. Il a écrit une chanson sur le Vélib que LCI a diffusée, lui donnant une notoriété inattendue. Je l’ai rencontré, on a sympathisé, et je lui ai demandé d’essayer de mettre en musique mon texte « 40 ans le bel âge ». Il s’apprête à produire son premier album. Allez le voir sur scène, il sera demain samedi 7 juin à 21h au 24 bis rue Gassendi (75014) et c’est vraiment un très grand artiste : il mesure 1m99 !
Martine, Olivier et le tee-shirt KINO