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"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.

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LA BOURSE OU LA VIE

Yorgos, rencontré pendant mes vacances, est échographiste dans un hôpital d’Athènes et il a eu un cancer. Je lui raconte qu’en 2002, je voulais faire un documentaire titré « l’euro est-il cancérigène ? » En effet, en épluchant le rapport  Eurostat 1998, j’avais découvert que les Grecs avaient bien moins de cancers que les autres européens, y compris du poumon alors qu’ils sont très gros fumeurs, et de la peau malgré les ardeurs de l’été grec. Il y avait des explications : le fameux régime Crétois bourré d’anti-oxydants qui protègent les cellules.  Le peu de pesticides, car la Grèce a une agriculture extensive traditionnelle, son relief ne lui autorisant pas les vastes exploitations.  La mer, dont Hippocrate a dit : « pour rester en bonne santé, un homme ne doit pas avoir plus de trois pas à faire pour apercevoir la mer. » Et enfin le mode de vie  paisible et peu stressé. Mais patatras, les choses commencèrent à changer vers 2001/2002, à l’avènement de l’euro.

Yorgos me confirme que la santé des grecs est en train de se dégrader : « Eux qui cultivaient un vrai art de vivre sont devenus obsédés par le fric. Les nouveaux riches s’exhibent avec leurs voitures climatisées et leurs yachts, ce qui pousse les grecs de la classe moyenne à vouloir les imiter. Ils bossent comme des fous, n’ont plus le temps de faire la cuisine et a fortiori de cultiver leurs légumes et mangent un peu n’importe quoi. Résultat : on a de plus en plus d’obèses et de problèmes cardiaques. Cela dit, le changement d’alimentation est trop récent pour expliquer l’augmentation des cancers, qui demandent du temps pour se développer.  Je crois davantage à deux facteurs. Tchernobyl, qui nous a largement irradiés, sans que les Pouvoirs Publics n’avertissent les grecs qu’ils devaient s’abstenir de manger les fruits, les légumes et surtout les plantes aromatiques qui concentrent la radioactivité. C’était en 1986 : quinze ans après, on a commencé à voir flamber les cancers de la thyroïde.
L’autre facteur est le stress. Mon cancer, et ma rechute, se sont produits quelques mois après des périodes professionnelles difficiles. J’ai donc systématiquement interrogé les patients du service. Tous avaient eu un choc émotionnel ou un stress prolongé quelques mois avant leur cancer. Je ne dis pas que le stress provoque le cancer, je dis qu’il favorise la flambée d’un cancer latent que jusqu’ici le système immunitaire arrivait à contenir. »  (Hans Selye, l’inventeur du mot « stress » pour désigner les agressions que subit l’organisme au physique comme au moral, a montré que la cascade de réactions  biochimiques qu’il provoque- cortisol, adrénaline, etc- est anodine en cas de stress unique ou mineur, mais use le système immunitaire en cas de stress chronique ou majeur). 

« Pourtant, reprend Yorgos, jamais un médecin ne demande au malade « Etes-vous heureux ? « Est-ce que votre vie vous convient ? » « Le monde actuel vous angoisse-t-il ? » Non, on l’interroge : « Buvez-vous ? Fumez vous ? » Mais aucun médecin n’ose reconnaître que notre mode de développement est cancérigène alors que les cancers augmentent, y compris chez les jeunes, dans tous les pays qui « se modernisent ».

Quelques jours plus tard, à Folegandros, je raconte cette conversation. Une jeune chinoise intervient : « C’est pareil chez nous. Depuis que la Chine est en plein  développement, les gens sont fatigués et anxieux, ils deviennent obèses et il commence à y avoir beaucoup, beaucoup de cancers. » En somme, où y a du yen, y a plus de plaisir !

 

 

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S
Je suis retourner à l'école entre temps, pour enseigner, mais cela a été l'arroseur arrosé. Plutôt que de donner la leçon, c'est moi qui ai pris la leçon. Bigre, c'est exigent un public d'ados !
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F
à SF: tu as raison pour les homéopathes. Je me souviens d'une éruption de boutons sur les jambes de ma fille aînée, traitée par toutes les pommades anti inflammatoires que donnent les dermato, sans résultat. Ils n'arrivaient pas à savoir si c'était impétigo, allergie, etc. Ce qu'il voulait, c'était mettre un nom sur le mal, et trouver le bazooka pour l'exterminer. Notre homéopathe a demandé s'il s'était passé un événement pariculier dans les jours précédant l'éruption, deux mois avant. Ma fille a répondu: " Oui, mon chat est mort". L'homéopathe a prescrit des granules d'Ignatia (deuil, chagrin) plus le simillimum correspondant à son type sensible. Cinq jours après, plus un bouton! Tiens, c'est vrai, j'ai écrit deux livres sur l'homéopathie, faut que je te les envoie.à Sam: tt à fait d'accord, on a perdu la notion du sens du travail, du métier, qui était un des éléments fondateurs de la personnalité adulte- choix du métier, plaisir de l'exercer- pour ne plus faire du travail qu'un moyen de gagner du fric. Ce qui, par parenthèse, enlève toute reconnaissance du travail fait par des millions de bénévoles (12 millions en France, pour la plupart des plus de 50 ans, qui ne sont donc pas "inactifs", mais "non salariés", ce qui est très différent) Décidément, Sam, depuis que vous êtes plus concis, je vous trouve bigrement bien structuré dans la réflexion!
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S
Je me faisais la réflexion dernièrement que le travail représentait aujourd'hui davantage la production de richesse qu'un mode d'existence et surtout de co-existence. Pourtant tous les contrats de travail constituent une forme de contrat social qui tissent des liens sociaux, où se tissent des liens sociaux divers. Aujourd'hui, le travail se trouve réduit à un mode de production et de subsistance, le fameux pouvoir d'achat de cette même production. Le problème n'est pas là, mais dans la réduction des perspectives adoptées sur le travail.  Cette perspective se tient, il s'agit de la production et de la circulation des richesses, mais s'y limiter laisse place à des points de vues extrêmement partiels, pour ne pas dire partiales.Les questions que ne peuvent poser les médecins, ces questions qui touchent le jugement que les patients ont de leur existence et non les substances de leur mode de subsistance, ce sont les questions des psychologues. Reste qu'il y a très peu d'études nationales en psychologie comme c'est le cas en médecine, s'il y en a seulement. Cela porte pourtant sur la santé, la santé morale...
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S
Ya bien les docteurs en homéopathie qui posent ce genre de questions. Le mien m'a guéri d'un truc grave que les allopathes m'avaient classé "chronique". Il me disait avoir trouvé mon "similimum" (médicament absolu). Comme je lui disais qu'il n'était pas si absolu que ça, son médoc, puisque j'éprouvais encore l'envie de fumer, il a souri sans répondre.Quelques années plus tard, ayant un coup de mou dans la corde à nœuds, je m'automédique avec ce similimum et 3 jours plus tard, je me réveille en me disant "je ne touche plus au tabac". Je m'y suis tenu.Je raconte ça pour bien montrer que l'homéopathe s'occupe en priorité du malade. Il sait que tout le reste s'arrangera. L'allopathe cherche des coupables, leur envoie la grosse artillerie sans s'occuper des dégats collatéraux. Mon oncle qui a fait de gros efforts pour arrêter de fumer est mort 2 ans plus tard.
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