"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Invitation à l’Ambassade de Cuba en France pour fêter l’anniversaire de l’attaque de la caserne de la Moncada à Santiago de Cuba, premier acte de la révolution cubaine initié par un jeune avocat nommé Fidel Castro le 22 juillet, date devenue Fête Nationale de l’ïle, comme la prise de la Bastille le 14 juillet, acte de la révolution française, est la Fête Nationale célébrée en France. Comme quoi, les révolutions se fêtent sous toutes les latitudes J
Surprise : pas un contrôle d’identité, pas une fouille de sacs à l’entrée de l’Ambassade, on y entre plus facilement qu’à France-Télévisions ou au Louvre. C’était pareil à l’Ambassade du Burkina-Faso peu après le 11 septembre 2001. L’ambassadeur m’avait répondu avec un bon sourire : « Qui voudrait nous attaquer ? Nous sommes si pauvres que nous n’intéressons personne ». Effectivement, les grillages électrifiés clôturent plus souvent de belles villas que des favelas… Mais là, c’est Cuba, décrite en permanence comme une dictature policière où même les feuilles des cocotiers ont des oreilles. En fait d’oreilles, c’est plutôt de la voix. Dans le hall où sont exposées des œuvres d’artistes cubains, les invités s’embrassent, s’exclament et rigolent dans un joyeux charivari hispanique.
Au moment du cocktail, je vais me présenter à l’attaché d’ambassade. Il s’exclame : « Françoise ! C’est vous qui avez eu un accident à Cuba avec votre famille ! » Je n’en reviens pas : sept mois après, il se souvient parfaitement du dossier, me présente les excuses de Cuba et du peuple cubain pour la mauvaise image qu’a pu nous donner le conducteur qui a frappé mon mari, nous parle des fax et messages qu’il a envoyés pour résoudre l’affaire … Je le rassure : nous avons apprécié la courtoisie de la police locale et la compétence des médecins cubains et n’allons pas juger un peuple à l’aune d’un habitant indélicat… Pour finir, il se penche vers moi : « Je vais de temps à autre sur votre blog. C’est très intéressant… » Je me demande ce qu’il apprécie le plus…
Avant le cocktail, un sociologue historien avait rappelé les grandes dates de l’histoire de l’Amérique Latine. Dernier événement historique : la création en janvier dernier de l’ALBA, banque de l’alternative bolivarienne pour les Amériques, à l’initiative de Hugo Chavez, président du Venezuela, qui réunit le Venezuela, Cuba, la Bolivie et le Nicaragua. Cette banque, dotée d’un milliard de dollars grâce au pétrole Vénézuélien, est destinée à « favoriser le développement économique, social, scientifique et culturel en faveur des populations et à devenir un instrument de lutte contre le capitalisme » a dit Chavez.
Je n’ai pas souvenir, excepté sans doute dans le Monde Diplomatique et peut-être Courrier International, que la presse de chez nous ait donné un grand écho à cette nouvelle, qui montre cependant que certains pays cherchent d’autres voies que l’économie ultralibérale, et que l’argent du pétrole peut être investi pour les populations.
L’un de mes « amis de trente ans » a épousé une Venezuelienne. Il m’a plusieurs fois parlé de cette alternative Bolivarienne qu’il étudie avec curiosité, sans a priori ni parti pris. Je n’ai pas eu le temps de m’y plonger, mais j’ai envie de le faire. Toujours intéressant de comparer les modes de pensée, de diversifier les logiques politiques et économiques, de réaliser qu’il n’y a pas qu’une seule approche possible.
Conclusion de l’attaché d’Ambassade dans son discours de bienvenue : « On me demande souvent quelles seront les luttes du futur. Cela dépend des pays et des contextes, mais dans certains pays, il faudra reconquérir les droits sociaux que les générations passées avaient obtenu au prix de beaucoup d’énergie et même de leur vie, et qui ont été démantelés parfois en quelques mois. »