"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
En 1979, le président de l’URSS Leonid Brejnev envoie des blindés envahir l’Afghanistan. Officiellement pour faire de ce pays en proie à des coups d’état répétés une nouvelle république soviétique. L’Afghanistan est aussi- surtout ?- un pays stratégique sur le plan énergétique. Traversé par un énorme gazoduc qui intéresse bigrement les grandes puissances après le choc pétrolier de 1973.
Le président Afghan Karmal, soutenu par les Soviétiques, veut faire des réformes sociales et économiques tout en préservant les traditions locales, avec un Islam modéré. Beau programme… sauf que le peuple Afghan n’apprécie pas que son président soit l’émanation d’une puissance étrangère. « Guerre froide » entre Etats-Unis et URSS oblige, la rébellion des Moudjahiddin contre les soviétiques est soutenue par les Etats-Unis (ainsi que l’Iran, la Chine et l’Arabie Saoudite). Les américains recrutent un certain Oussama Ben Laden, qui formera là-bas des milliers de talibans venus de pays arabes, partisans de la guerre Sainte et de la Charia. Peu importe, l’essentiel est de déstabiliser le bloc soviétique.
En 1985 le président Reagan augmente l’aide militaire à la guérilla.
En 1989, après dix ans de guerre et près de 1 300 000 morts côté Afghan (dont 80% de civils), le président Gorbatchev ordonne le retrait des troupes soviétiques de l’Afghanistan. Suit une guerre entre les Moudjahiddin (modérés) et les Talibans intégristes. En 1996, les talibans, soutenus par les Etats-Unis et le Pakistan, repoussent les Moudjahiddin du commandant Massoud, qui sera assassiné le 9 septembre 2001.
Les attentats du 11 septembre 2001 changent la donne. Les talibans soutenus par les Etats-Unis deviennent leur pire ennemi et la lutte contre le terrorisme la priorité proclamée. Comment ? En envoyant des troupes en Afghanistan ! Sans tenir aucun compte du fait que pas plus qu’ils n’ont supporté l’ingérence de l’URSS dans leur pays, les Afghans ne sont prêts à supporter l’ingérence des Etats-Unis, de la France ou de tout autre pays.
L’expérience montre aussi, après 5 ans de guerre en Irak, qu’envahir un pays n’est pas la façon la plus efficace de réduire le terrorisme… Et qu’il est étonnant d’envoyer sans état d’âme des troupes en Afghanistan tout en reprochant aux Russes d’en envoyer en Georgie. J’oubliais : le gazoduc Afghan intéresse toujours autant, sinon davantage les pays développés. Et, comme c’est étrange, un gazoduc traverse aussi la Georgie.
L’histoire se mord-elle la queue ? Oui, sauf sur un point : en 1979, indignés par l’invasion de l’Afghanistan, de nombreux pays avaient boycotté les Jeux Olympiques de 1980 qui se déroulaient à Moscou. La France avait laissé le choix à ses athlètes d’y aller ou pas, et plusieurs Fédérations s’étaient abstenues. Quant à la délégation officielle, elle avait boycotté la cérémonie d’ouverture.
La politique se mord donc la queue, mais avec moins de couilles.