"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Chaque été depuis 2003, année où « Des désirs et des hommes » ont caracolé huit mois 2ème des meilleurs ventes poche en Relay,[1] je scrute les classements de l’été, et depuis 2003, immanquablement, il y a un érotique parmi les succès : Eloge des femmes mûres, Femmes amoureuses, etc… Sauf en 2008. Pas le plus petit récit coquin, pas le moindre guide sexuel… "La libido nationale est en berne, les bourses sont déprimées, me dis-je."
J’avais raison.
Plus sérieusement, j’avais raison. Car à vous, lecteurs de ce blog qui avez de la culture et du sentiment, je n’apprendrai rien en rappelant que la libido ne concerne pas seulement le sexe, mais l’énergie du désir au sens large du terme : désir de faire, élan, confiance, créativité… Le premier symptôme de la dépression, c’est la perte de la libido : plus rien ne fait envie, ni l’amour, ni le travail, ni la curiosité. Nous sommes un peuple de déprimés, de frileux, et les medias enfoncent le clou en parlant sans cesse de dépression… économique.
Rappelons pourtant que le bonheur ne se résume pas à un taux de croissance, et que le taux de croissance n’est qu’un instrument de mesure ô combien imparfaite de l’économie, tout comme les bonds et rebonds des bourses ne reflètent aucunement l’état des richesses produites dans le monde mais les émois de financiers bien fragiles psychologiquement puisqu’un rien les effraie et un rien les rassure.
Rappelons qu’un mec qui gaspille de l’essence dans un embouteillage, avale trois tranquillisants pour se calmer et finit par percuter un mur fait grimper le taux de croissance : l’essence, les médicaments, le mur à réparer, la voiture à racheter, les frais d’hôpital, les béquilles… tout ça participe bel et bien à l’activité économique. Tandis qu’un type qui prend son vélo pour aller travailler, revient tout tranquillou le soir et va faire l’amour dans la forêt avec sa douce pour se détendre est un mauvais citoyen, toutes ces activités ne rapportant rien ou pas grand chose à l’économie.
Pour en revenir aux bourses triomphantes : le kangourou est un grand gaillard sympathique, tendre (surtout grillé, miam) très agréable à caresser et qui garde son équilibre avec sa queue : la définition même du compagnon idéal. Qui plus est, pourvu d’une paire de roubignoles exceptionnelles, voir ci-dessus. Eh bien, vlatipa que sans aucun respect pour les couilles dudit, on en fait des souvenirs pour les touristes : scrotum de kangourou encore plein de poils, surmonté d’un décapsuleur ou d’un tire-bouchon. J’ai tâté, ça m’a fait une drôle d’impression : les couilles sans l’individu qui va avec, ça n’a plus guère d’intérêt, mais il est vrai que je suis une érotomane intellectuelle et affectueuse.
Ce n’est pas tout : sous prétexte que le Kangourou est un fieffé sauteur, on ne trouve rien de mieux pour réguler l’espèce que de lui enlever son scrotum- dans le respect des règles écologiques est-il précisé sur la notice- pour en faire un cuir fin et souple dans lequel on taille… des bourses ( en anglais: pouch, de quoi faire un putsh) !
Mais celles-ci, paraît-il sont porte-bonheur et assurent à leur heureux possesseur richesse santé et beaux enfants.
Notez le regard du kangourou vers la femelle alanguie, gracieuse comme une biche...[1] Je regrette que « Autres désirs, autres hommes » n’ait pas eu le même succès alors que je le trouve mieux écrit, plus varié et plus imaginatif. « Oui, mais moins directement bandant » m’a dit l’éditeur. Eh zut, moi qui croyais avoir des lecteurs et lectrices cérébraux …