"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
J’ai tant de fois pris les armes 
Tant de fois eu de chagrin
Essuyé tant de larmes
Au creux de ma main
Que tout ce qu’on peut dire
Sur mes paroles, mes gestes,
M’arrache un sourire
Et je me fous du reste.
Vous les petites bourgeoises
Qui me désapprouvez
Vous qui me cherchez noise…
Jamais vous ne saurez
De quel or est le jour
Que chantent les feuillages 
Ce qu’on appelle amour
Passion, bonheur ou rage.
Vous ne pourrez comprendre
La chaleur d’une peau
La volupté d’attendre
Un regard ou un mot.
Vous êtes et vous serez
Prisonnières des gens
Qui se moquent du vent
Mais pas des préjugés.

Moi, je veux être. Pouvoir
Goûter à l’eau du ciel
Si j’ai envie de boire 
Et voir les hirondelles.
Je peux jouer mon cœur
Même au jeu du malheur
Et crever de plaisir
S’il me plait de mourir.
Une telle vie m’est bonne
Pourquoi donc m’en priver ?
Mais vous me critiquez ?
Bast ! Je vous pardonne…
Je vous dis au revoir
Car j’aime être polie
Et dans tous mes regards
N’entre aucun mépris…
Oui, quand je vous regarde
C’est avec amitié
Et si vous éternuez
Je vous dis : « Dieu vous garde ! »
C’était au lycée, j'avais 16 ans. A la fin du cours, la prof de français avait demandé à quelques élèves de venir au tableau dire un poème. J’ai dit celui-ci, écrit pour répondre aux filles pincées qui ne comprenaient pas que je sois à la fois bonne élève et un peu déjantée, pas dans le moule. Je ne voulais pas qu’on m’étiquette. Je ne veux toujours pas.
A part ça, je trouve que l’époque manque singulièrement de lyrisme. Entre le flot des indices boursiers et la peur du lendemain, les pubs proposent des « rillettes de poulet et d’agneau façon couscous » (authentique! Ca ressemble à quoi une rillette façon couscous ???) et affirment l’urgence d’acquérir une crème antirides à pédalage intégré et une voiture onctueuse que les autres n’ont pas.
Je ne sais plus qui a dit : « J’aime les pêcheurs à la ligne, car même pendant la guerre, il y a des pêcheurs à la ligne. » Oasis dans la tourmente. Maman, qui avait 12 ans en 39, écrivit « Nous sommes allées à …. Jamais le paysage ne m’a semblé plus beau, le ciel plus limpide », comme si la petite fille qu’elle était pressentait qu’on a besoin de pure beauté et de douceur pour affronter la dureté du monde.
Alors, pour conjurer la sécheresse ambiante, j’écoute de flamboyantes musiques latines, lis des mots qui vibrent, tente d’écrire des mots justes, contemple les lumières du soir et donne des coups de pied voluptueux dans les feuilles d’automne qui matelassent les allées…