"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
En ce temps là, les atlas comprenaient un immense territoire appelé URSS, Union des Républiques Socialistes Soviétiques. A l’école, nous ne savions pas trop de quoi il retournait, sauf que l’URSS était la 2è puissance mondiale derrière les Etats-Unis : elle envoyait des cosmonautes dans l’espace, construisait des immeubles pas très beaux mais solides, avait une armée rouge avec de sacrés bons chanteurs et gagnait des tas de médailles aux JO. Les soviétiques étaient communistes. Ils vénéraient la classe ouvrière, la lutte des classes et la « dictature du prolétariat ».
Je me souviens que ce dernier terme me gênait. Autant la lutte des classes, je comprenais : les riches et les pauvres, ça n’a pas les mêmes intérêts, depuis Zola tout le monde le sait, autant le terme de dictature me gênait, qu’elle soit du peuple ou des aristos, ça contrarie mon encéphale libertaire… Mais pour l’analyse économique et politique, Karl Marx- qu’on relit paraît-il aujourd’hui- avait dit des choses pas inintéressantes.
Sauf que… peu à peu, on apprit que le pouvoir soi-disant du peuple était confisqué par une poignée d’apparatchiks, que ceux qui s’y opposaient étaient qualifiés de terroristes ou de malades mentaux et internés comme tels. La prospérité apparente de l’URSS cachait de plus en plus mal d’énormes poches de misère. Nombre d’intellectuels qui avaient contribué à l’avènement de la « révolution » étaient devenus « des traîtres » parce qu’ils refusaient la dérive autoritaire et corrompue du régime. Un régime dont ses dirigeants soutenaient qu’il était le meilleur du monde face à l’impérialisme capitaliste, et la seule voie possible.
Le monde semblait figé pour des siècles dans cette guerre « froide » entre deux blocs opposés et puissants.
Et voici qu’il y a presque 20 ans, fin 1989, le mur de Berlin est tombé, puis après lui, comme un château de cartes, tous les pays qui le composaient ont fait s’écrouler le bloc soviétique, avec certes des faux-pas, des dérives, des inégalités et des conflits larvés ou avérés entre eux. Mais l’intéressant de l’Histoire est que ce système qui semblait verrouillé et invincible, sans alternative possible, s’est finalement écroulé non par une guerre ou un coup d’Etat mené par les pays capitalistes, mais par un soulèvement des populations qui y vivaient: la chute du mur de Berlin reste un grand moment de liesse dans la mémoire de ceux qui l’ont vécue.
Il était une fois un régime dit capitaliste basé sur l’esprit pionnier : « Travaille, petit gars, tu créeras des richesses et feras le bonheur de tes proches. Exploite les ressources de la terre pour améliorer la condition humaine. » 
Cette idée de départ positive, qui a largement contribué au progrès du confort et de la technologie a peu à peu dérivé vers l’appropriation des biens communs par quelques multinationales, l’accroissement des inégalités, la corruption politique et financière et des guerres dont la géographie recouvre à peu près les cartes des ressources minières et pétrolières. Ceux qui s’opposent à ces dérives sont qualifiés de terroristes ou d’ultra gauche radicale. Nombre de scientifiques, chantres enthousiastes du progrès, découvrent aujourd’hui que la Terre ne peut plus supporter les excès d’une économie qui épuise ses ressources au détriment des générations futures, et fait le désespoir de jeunes qui ne croient plus que le bonheur se résume à un taux de croissance.
Ce système dont ses dirigeants soutiennent qu’il est le meilleur du monde face à la menace terroriste, et la seule voie possible, semble figé pour des siècles … à moins que, parvenu à l’apogée de ses dérives, il s’écroule comme s’est écroulé le communisme, sans guerre, sans coup d’Etat, par la seule volonté des populations prêtes à imaginer d’autres mondes possibles.
ON PEUT EN PARLER LE 29 JANVIER TOUT EN MARCHANT.
