Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.

Publicité

OU EST LE CHANGEMENT?

« Les riches vivent dans le luxe. Les pauvres vivent dans des banlieues tristes. Ils se fournissent dans des magasins pour pauvres où ils trouvent de la confiture Vitrac, de la viande sous cellophane… des pâtes, du riz, des patates, des souliers en carton et des pulls en synthétique. Il existe pour eux tout un système de distribution...  Bien sûr, leurs enfants ne connaîtront jamais le goût des confitures faites comme dans le bon vieux temps de chez Fauchon, du saumon de chez Petrossian, du chocolat fin… 

Les riches, eux, se divisent en deux catégories. Ceux qui sont vraiment riches. Il n’y en a pas beaucoup . Ceux qui font semblant d’être riches : il y en a pas mal. C’est ceux là qui dépensent le plus…  Ils sont médecins cadres, publicistes, commerçants, dentistes, avocats, négociants, scénaristes, hôteliers, ingénieurs, journalistes…. Ils ne travaillent que pour dépenser, à la différence des vrais riches qui ne travaillent que pour garder ce qu’ils ont. 

Comme pour les pauvres, un réseau de distribution s’est créé pour eux, scientifiquement étudié pour leur donner l’illusion qu’ils sont aussi riches que les riches. Pour cela, il suffit de posséder des objets bien reconnaissables… une montre de chez Cartier… un sac Hermès, des bagages Vuitton, une odeur de chez Guerlain… Toutes les grandes maisons ont leurs articles destinés à cette clientèle affamée de standing. Hermès vendra sans doute 1000 agendas et des milliers de foulards pour un nécessaire de voyage en cuir gros comme une caisse à outils, destiné à une richissime américaine du  Sud. Mais les milliers de propriétaires de l’agenda et des foulards se sentiront quelques chose en commun avec la vieille nabab.  

 

Le même mécanisme subtil a introduit le whisky dans les HLM. C’est le snobisme. 

Mais le snobisme froidement utilisé pour vendre en quantité industrielle ce qui était réservé à une élite. Les marques s’affichent sur les vêtements… mais il n’y a pas que les fringues ou les bijoux. Il y a le culturel, les voyages, les endroits à la mode, la bouffe, les spectacles qu’il faut avoir vus, les objets gags qu’il faut avoir chez soi pour prouver qu’on a de l’humour…

Bien sûr, quelques-uns s’échappent vers les bergeries, le filage de la laine ou la méditation. Mais le gros du troupeau est là, inquiet, touché par le chômage, se demandant de quoi demain sera fait car l’argent est de plus en plus rare, les objets de plus en plus chers, les riches de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres. »  

 

Ce texte a été écrit par Wolinski dans la Gueule Ouverte (hebdo écologique)… en 1977. Il pourrait quasiment être publié tel quel aujourd’hui. Les bobos de gauche et les snobs de droite ne sont guère différents. 

C’est pourquoi le « changement » dont on nous abreuve me laisse bien sceptique. Changer, c’est un travail de réflexion beaucoup plus long et difficile que voter.

  

 

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
F
Société de con sommation qui efface la richesse intérieure !Faudrait que je me sépare de ma Rolex, elle ne donne que l'heure...
Répondre