"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
« Les riches vivent dans le luxe. Les pauvres vivent dans des banlieues tristes. Ils se fournissent dans des magasins pour pauvres où ils trouvent de la confiture Vitrac, de la viande sous cellophane… des pâtes, du riz, des patates, des souliers en carton et des pulls en synthétique. Il existe pour eux tout un système de distribution... Bien sûr, leurs enfants ne connaîtront jamais le goût des confitures faites comme dans le bon vieux temps de chez Fauchon, du saumon de chez Petrossian, du chocolat fin…
Les riches, eux, se divisent en deux catégories. Ceux qui sont vraiment riches. Il n’y en a pas
Comme pour les pauvres, un
Le même mécanisme subtil a introduit le whisky dans les HLM. C’est le snobisme.
Mais le snobisme froidement utilisé pour vendre en quantité industrielle ce qui était réservé à une élite. Les marques s’affichent sur les vêtements… mais il n’y a pas que les fringues ou les bijoux. Il y a le culturel, les voyages, les endroits à la mode, la bouffe, les spectacles qu’il faut avoir vus, les objets gags qu’il faut avoir chez soi pour prouver qu’on a de l’humour…
Bien sûr, quelques-uns s’échappent vers les bergeries, le filage de la laine ou la méditation. Mais le gros du troupeau est là, inquiet, touché par le chômage, se demandant de quoi demain sera fait car l’argent est de plus en plus rare, les objets de plus en plus chers, les riches de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres. »
Ce texte a été écrit par Wolinski dans la Gueule Ouverte (hebdo écologique)… en 1977. Il pourrait quasiment être publié tel quel aujourd’hui. Les bobos de gauche et les snobs de droite ne sont guère différents.
C’est pourquoi le « changement » dont on nous abreuve me laisse bien sceptique. Changer, c’est un travail de réflexion 



