"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Le Royaume Uni est le pays au monde le plus quadrillé : 1 caméra de surveillance publique ou privée pour 14 habitants. Big brother suit pas à pas le citoyen britannique, qui accepte ce grignotage progressif de sa liberté au nom de la sécurité. Ce qui n’empêche pas les voitures piégées d’entrer dans Londres ou d’aller se jeter sur un terminal d’aéroport. Car les terroristes savent communiquer avec du papier et un crayon, déjouant ainsi les surveillances de courriels, SMS et communications téléphoniques. Ils savent aussi se fondre dans la masse, rendant quelque peu ridicules les interpellations « au facies ».
En mars dernier, quand je suis allée au Québec, j’ai passé à Roissy quantité de contrôles, jusqu’à la fameuse confiscation de pince à épiler, arme redoutable s’il en est, l’obligation de jeter avant le passage des portiques toute bouteille d’eau entamée et de transporter dans un sac transparent scellé avec ticket de caisse les boissons achetées en free tax. Pendant l’attente en salle d’embarquement, envie pressante. L’hôtesse de sol m’explique qu’en raison de travaux, les toilettes de l’étage sont fermées. « Prenez l’ascenseur derrière cette palissade, il vous descendra directement dans d’autres toilettes. » Je le fais, puis en cherchant les lavabos pour me laver les mains, je m’aperçois que ces toilettes donnent… sur le hall de départ. Autrement dit, un passager pouvait s’enregistrer, puis aller aux toilettes avec un bagage à main contenant arme ou détonateur, prendre l’ascenseur et arriver directement dans la salle d’embarquement en squizzant tous les contrôles d’identité et de sécurité ! C’était tellement sidérant que je ne l’ai pas ébruité. Trop peur de donner de mauvaises idées … Aujourd’hui, les travaux doivent être achevés, et la sécurité de nouveau assurée, mais cette anecdote montre qu’il y a toujours une faille, si pointilleux soient les contrôles, si précises les procédures d’alerte.
A contrario, la meilleure sécurité est peut-être dans la fantaisie, l’imprévu, des sociétés moins policées- à tous les sens du terme- que les nôtres. Juste après le 11 septembre, alors qu’il fallait ouvrir son sac à l’entrée de tous les lieux publics, je fus invitée à une soirée à l’ambassade du Burkina-Faso. A l’accueil, on me désigna l’escalier « Montez, c’est au premier » à la simple vue du bristol d’invitation,

