Fou- rire en entendant une journaliste radio raconter sa visite de l’ expo sition « le Zizi sexuel » (Cité des sciences, Pte de la Villette à Paris, jusqu’à fin 2008) en compagnie d’enfants de 9 à 13 ans. On aurait cru un reportage dans une jungle hostile où l’explorateur tente d’exorciser ses peurs en riant bêtement au moindre frisson de feuilles d’arbres.
Contempler la feuille à l’envers, jolie expression pour « faire l’amour », plus guère usitée, dommage, elle ne fait d’ailleurs pas partie de l’ expo . Le « Zizi sexuel » est une expo didactique, BDisante ( merci Titeuf !) hygiénique et même psychologique puisqu’on y parle des émois du premier désir et de comment ça fait quand on tombe amoureux. Ca reste néanmoins très technique, résumant le coït à « le garçon met son zizi tout dur dans la fente mouillée de la fille » ce qui, faute d’émotion et de trouble, amène les personnages de BD à demander: « et ça lui fait pas mal ? »
Ceci m’a rappelé une conversation avec un ami : « A 17/18 ans, me dit-il, je trouvais que faire l’amour était très agréable, et j’aurais bien aimé le proposer à mes copines comme un plaisir aussi naturel et sympa que « on se fait une toile » ? Elles se récriaient aussitôt, scandalisées : « Ca va pas, non ? On est copains ! » Je leur proposais justement parce qu’on était copains , qu’on s’aimait bien, et je n’y voyais aucun mal, au contraire, mais elles ne l’entendaient pas de cette oreille. Celles qui me « cédaient », comme on disait à l’époque, me faisaient comprendre qu’elles acceptaient pour me faire plaisir, parce qu’elles étaient amoureuses et qu’elles savaient que les garçons ont besoin de « ça. » Le «ça » prononcé à mi-voix avec un air mi-dégoûté, mi-sulfureux. » Cet ami en avait donc conclu que pour les filles, faire l’amour était ennuyeux, voire pénible, d’où sans doute les soupirs et gémissements qu’elles laissaient échapper. Il a mis des mois à réaliser qu’il s’agissait de manifestations de plaisir!
Devenu adulte, comme bien d’autres d’ailleurs, il a un faible pour les « vieilles copines », des ex datant parfois de sa jeunesse avec qui il renoue épisodiquement depuis des années, des amies avec qui, de temps à autre, surgit le désir (mutuel) d’un câlin… L’amitié amoureuse, ce mélange d’amitié et de désir qui engendre des relations délicieuses, sans enjeux, sans rapports de force, est un sentiment précieux. Mais rare. Souvent du fait des filles. Dommage, car la confiance de l’amitié associée à l’altruisme du sentiment amical, permet ce lâcher prise dont on sait qu’il est indispensable au plaisir.
Pour en revenir à l’ expo le « Zizi sexuel », les réactions des jeunes visiteurs confirment ce que j’avais déjà constaté : ce qui est dit (ou fait) trop tôt heurte alors qu’il suffit d’attendre l’âge propice pour en apprécier les délices. Une gamine de 9 ans est choquée à l’idée d’un baiser « avec la langue » alors qu’elle y trouvera grand plaisir avec son premier petit copain quelques années plus tard. Même chose pour la fellation ou toute autre caresse, qui ne deviennent voluptueuses que lorsque le corps de l’autre inspire de la volupté, ce qui ne se fait pas en un jour. Prendre le temps du flirt est chose bien exquise. ( Tien s, un alexandrin !)




