"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Sur l’étal du supermarché, plein de tomates cerises. C’est la mode, les tomates cerises, alors on en trouve toute l’année, celles de l’hiver ont parcouru des kilomètres pour arriver chez vous. Bonjour la pollution pour croquer ces petites billes qui, soit dit en passant, poussent très bien chez soi devant une fenêtre. L’an dernier, ma fille aînée, persuadée de n’avoir pas la main verte, en avait semé à profusion dans l’espoir de garder un ou deux plant valides : elle nous a appelés au secours pour qu’on héberge ses plantations à la maison. Dans son studio parisien, c’était elle ou les tomates ! On en a rempli à ras bord ma 205, les feuilles sortaient par les vitres, les flics ont dû penser qu’on faisait du trafic de « beu », bref, tout ça pour dire qu’acheter des tomates cerises au supermarché en hiver est une aberration écologique qui coûte de 6,80 € à 12,50€ le kilo. 45 à 82 francs ! (Le franc est plus parlant, je trouve).
Donc, exunt les tomates, de toutes façons c’est de pruneaux que j’ai envie, le pruneau est excellent pour les neurones et le transit intestinal. Je cherche des pruneaux secs qu’on peut regonfler dans de l’eau, du jus de fruits (pomme ou orange, c’est exquis) ou du vin rouge à la cannelle. Nada ! Pas de pruneaux secs, que des pruneaux moelleux déjà regonflés. Chez maître Prunille, on les regonfle tant qu’ils annoncent 43% d’humidité. Ca m’embête de payer la moitié de flotte au prix du pruneau, et ce qui me gêne encore plus, c’est l’additif : anhydride sulfureux. Eh oui, quand il y a
Rayon boucherie. J’ai envie de foie. Foie de veau : 29,90 € le kilo. Foie de génisse : 4,50 € le kilo. Qu’est-ce qu’une génisse sinon un veau femelle (le filles, ça a moins de valeur, machisme primaire !) abattue à 8/9 mois au lieu de 3 mois pour un veau. « Oui me dit mon cher et tendre, mais le foie de veau, c’est meilleur. » Je le défie dès qu’il rentre de voyage de faire la différence, tel que je le prépare : rose au cœur, persillade, un trait de vinaigre balsamique, une lichette de beurre frais en fin de cuisson une fois le feu éteint. Délice divin, ni sec ni granuleux, pour 1 euro les deux tranches !
Les italiens, qui s’y connaissent en escalopes, mangent du veau rose, abattu à 8/9 mois après avoir brouté dans les prés. Ce sont les français qui aiment le veau blanc. Or qu’est-ce qu’un veau blanc ? Un veau qui n’a bu que du lait (de sa mère ou en poudre), mais surtout un veau qui n’a jamais mangé un brin d’herbe de sa courte vie, et donc manqué de fer pour fabriquer ses globules rouges et devenir une viande… rose, puis rouge. Le veau blanc, c’est de la bête anémiée. Ce n’est pas mauvais esprit de ma part, cela m’a été expliqué par des éleveurs de l’Aveyron, qui vendent du veau blanc sur le marché français, du veau rose en Italie, et mangent le rose.