"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
J'ai vu par hasard un film de Louis Malle sur Arte: « Fatale ». L’histoire d’un ministre portant beau (Jeremy Irons) passionnément épris de sa jeune maîtresse Anna (Juliette Binoche) qui est aussi, découvre-t-il plus tard, la petite amie de son fils Martin.
La femme du ministre est comme il se doit aimante et fine, la maîtresse torride et quelque peu dérangée par un traumatisme ancien (le suicide de son frère, amoureux d’elle), la mère de la maîtresse est gaffeuse mais sensée. Martin, jeune homme gentil et propre sur lui, souhaite épouser Anna, qui accepte, mais ni elle ni son amant ne savent renoncer à leur liaison passionnelle. Tout ceci nous vaut un drame familial fort réaliste. Le brave Martin surprend les deux amants et, de saisissement, tombe de cinq étages en reculant horrifié. La mère est désespérée par la mort de son fils et la trahison de son mari. Bref, les gentils finissent mal tandis que les amants maudits refont leur vie : le ministre se retire dans un lieu ma foi assez coquet, genre petit village historique où il découvre la solitude et le temps qui s’écoule
Tant de passions, indignations, amours ou haines capables d’engendrer des violences meurtrières sont solubles dans le temps. Les journaux vieux de six mois sont emplis d'événements qui semblaient cruciaux à l’époque et paraissent à présent dérisoires … Un chagrin d’amour apparemment incurable s'évapore au fil des jours et on se réveille un matin en se demandant pourquoi Diable on s’est mis dans un pareil état pour un homme (ou une femme) finalement tout à fait ordinaire. Dérisoire…
Cela n’empêche aucunement de goûter l'éblouissement de la passion, les indignations, les ardeurs, mais préserve d’en mourir dès lors qu’on sait que le temps les estompera et qu’il ne serait pas très sérieux de se prendre trop au sérieux.
