"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
J’ai bossé une dizaine d’années pour le magazine « Sécurité au travail » de EDF, qui s’appelait VIGILANCE et n’avait pas peur de regarder la réalité en face. Forte de ces 100 000 salariés à l’époque, EDF avait conscience qu’elle ne pouvait pas, statistiquement, échapper aux maux qui frappent le reste de la population, alcoolisme, drogue ou SIDA. Et même folie, pétage de plombs en un lieu stratégique. C’est ainsi que j’ai appris qu’il suffirait d’une poignée de personnes un peu allumées (c’est le cas de le dire) pour bloquer ou perturber l’alimentation électrique du pays via les « centres de dispatching » où l’électricité est dérivée là pour être
Voilà pourquoi on ne doit pas mettre une centrale nucléaire entre n’importe quelles mains. En tout cas pas entre les mains de pays qui n’ont pas fait la preuve d’un fonctionnement démocratique et d’une absence de tentation totalitaire, pas entre les mains de pays où la culture de la sécurité est absente. Vendre des centrales à qui veut en acheter comme le fait NS chaque fois qu’il voyage, c’est encore plus inconscient qu’allumer un barbecue en été en plein maquis corse.
Les ingénieurs EDF n’étaient pas tous des crânes d’œufs, certains, bac+15 fortement neuronés du côté des maths et de la physique, étaient capables aussi de monter une étude sur la complémentarité des cerveaux gauche et droit, des matheux et des littéraires, ou de passer cinq semaines de vacances sac au dos dans la forêt Amazonienne « histoire de voir des singes plus humains que ceux que je croise chaque jour au bureau » disait un ingénieur sécurité. A propos de sécurité, si tous étaient persuadés que l’énergie nucléaire était une énergie formidable au sens premier du terme, énorme et puissante, tous disaient qu’elle ne serait ni propre, ni sûre tant qu’on n’aurait pas résolu le problème de stockage des déchets et celui du démantèlement des centrales vétustes.
On n’a résolu ni l’un ni l’autre en 2008. Le traitement des déchets nucléaires reste LE problème qu’on lègue allègrement aux 10 000 générations futures, mais par un biais de communication incroyable, l’énergie nucléaire est présentée partout- et même par certains
Le changement climatique est grave, c’est sûr. Mais la toxicité des pesticides et des solvants (cancers et troubles de la fertilité), la démographie galopante (6,5 milliards d’humains en constante expansion tandis que dans le même temps les tigres, les rhinocéros et les abeilles disparaissent peu à peu…) et les problèmes d’eau potable (première cause de mortalité en Afrique, plus que le SIDA ou le paludisme) aussi. Or on en parle bien moins. 