"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Enfin, je dis Sarkozy juste pour que ce billet soit plus visible sur Google ! C’est la question que je me pose pour tant de gens hyperactifs qui répugnent à se poser une seconde et s’angoissent à l’idée d’être « injoignables ». Pensent-ils qu’ils vont mourir ? A partir de 45 ans, tout le monde est sur l’autre versant, quelques-uns sont même plus bas qu’ils ne le croient. Rien de morbide dans cette certitude, elle donne au contraire tant de saveur à la moindre seconde… quand on prend le temps de la déguster. Et puis se savoir mortel, en sursis, voir s’éteindre sur le gâteau de la vie tant de bougies de parents ou d’amis, ça rend modeste sur sa propre importance. Un ami éprouvé par la perte de sa fille puis de sa femme m’a confié un jour : "J'ai déjà perdu mon père et ma mère, alors je sais comment se passe le travail de deuil. Je sais qu'il arrive un moment où on souffre moins, et un autre où on recommence à être heureux. Tout passe: les haines, les chagrins d'amour, les chagrins de mort. C'est terrible à dire, mais je suis sûr que j'irai mieux un jour." Il avait raison. Je regrette seulement que sa conscience de la précarité ne l’incite pas davantage à entretenir les amitiés. Pressé, stressé lui aussi…
Hier, j’ai pris le temps de m’arrêter de penser et d’écrire, d’être tout simplement bien avec un ami. J’ai mis en fond d’écran cette photo de Lars Stephan. En gros plan, son regard est plus que troublant. Dimanche j’irai faire du vélo en forêt. Alors voilà. Comme d’hab’ j’avais une cagette d’indignations et d’infos révoltantes à écrire. Mais pas envie aujourd’hui, ce sera pour une autre fois. Plutôt un texte sur les amis qu’on a aimés et qu’on ne reverra plus, et une chanson qui donne à rêver. J’ai pris cette décision et je n’ai presque plus mal au dos. Etonnant, non ?
« On s'écrivait peu, on se téléphonait rarement. Il n'empêche qu'on pouvait le faire. On aurait dû le faire plus souvent. Aujourd'hui, je regrette les mots qu'on ne s'est pas dit, les moments qu'on n'a pas vécus, ces années opulentes où nous nous permettions de gaspiller des heures entières. A vingt ans, vingt-cinq ans, nous dilapidions les années avec une insouciance extrême. Notre ennemi d'alors était l'ennui bien plus que la fuite du temps. Le bougre avait parfois même tendance à s'étirer trop pour notre goût. Entre la sieste aux heures les plus chaudes, l'heure de l'apéro et celle de l'après-dîner, il nous arrivait de nous demander que faire pour tuer le temps. C'est plus tard qu'on s'aperçoit qu'il s'est sournoisement accéléré. C'est plus tard qu'on ressent le désir de se poser face à la mer en respirant le plus lentement possible, de regarder les vagues sans esquisser le moindre geste qui pourrait précipiter le mouvement des aiguilles de la montre, et de garder le silence, parce qu'on s'est aperçu que le bruit, lui aussi, est dévoreur de temps.
"Plus je vieillis, moins les années me font d'usage". L'expression est de ma mère. J'ai rarement entendu plus vrai. »
La chanson s’appelle « A bushman can’t survive », chantée par John
Williamson, celui de « True blue »
http://www.youtube.com/watch?v=1EI4v9zmwA0
BON WEEK-END!
| AUJOURD’HUI 27 FEVRIER, JULIEN COUPAT, n° d’écrou 290173 EN EST A SON 105è JOUR DE DETENTION A LA PRISON DE LA SANTE TOUJOURS SANS AUCUNE PREUVE QU’IL AIT COMMIS LE MOINDRE FAIT DELICTUEUX. |