"Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
Conscient que vouloir sauvegarder le secteur automobile quand le pétrole se raréfie est aussi vain que maintenir la fabrication des arbalètes au temps de la Guerre des Etoiles, un ingénieur automobile japonais a eu l’idée d’utiliser l’inventivité et la technicité de ses collègues ingénieurs pour imaginer des jouets sexuels qu’il commercialise dans le monde entier.
Parmi ces gadgets, un anneau de pénis, plus couramment appelé cockring, destiné à maintenir l’enthousiasme du monsieur lorsque l’évocation inopportune de ses ennuis fiscaux ou la perspective de devoir regagner son foyer « après », alors que sa maîtresse boude à cette seule perspective et qu’il gèle dehors le perturbe. Jusque là, rien que de très classique, si ce n’est que l’anneau en question est muni d’un minuscule cadran avec un chiffre « 0 ».Je tourne l’engin entre mes mains, perplexe, y introduit un doigt, le ressort… et ai la surprise de voir apparaître un « 1 », puis un « 2 » quand je renouvelle l’opération !
Bon Dieu, mais c’est bien sûr. L’anneau pénien est muni d’un compteur de coups permettant au vaillant coïteur de savoir s’il a suffisamment embouti sa partenaire, le suffisamment étant une notion très masculine du reste, car nombre de femmes confient à leurs copines que lorsque ça dure trop longtemps, elles s’ennuient au point de remarquer froidement « Tiens, faudrait repeindre le plafond, j’appelle Fabrice dès demain » (Fabrice, c’est le peintre en bâtiment) tandis que leur Jules se demande si à ce rythme de Formule 1 il va résister à l’infarctus.
Il fallait être ingénieur automobile pour avoir une pareille idée : le compteur de coït ! La performance non dans la volupté et les explorations buissonnières mais dans la quantité de perforations intrin… sexes. J’imagine d’ici monsieur bougonnant : « bouge pas tant, je vais déraper et pas faire ma moyenne » triomphant : « encore six coups et je pulvérise mon record ! » ou blêmissant : « Ca sent le caoutchouc brûlé… » quand son accélération stimulée par le plaisir de voir s’affoler le compteur échauffe non pas les sens des amants mais le latex.
Je pensais, naïvement, qu’un ingénieur pouvait être ingénieux dans n’importe quel domaine et qu’il ne devrait pas être difficile de reconvertir ceux de l’automobile, des armes ou du nucléaire dans des industries meilleures pour l’humanité. C’était oublier que leur formation, tout comme celle des énarques et autres technocrates, souffre d’une rigidité… mentale qui les rend rétifs à tout autre modèle que celui de la compétition et de la consommation toujours croissante.