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4 janvier 2007 4 04 /01 /janvier /2007 15:26

Mon oncle Michel a 83 ans. Il a connu la guerre de 39/45 et son père- mon grand-père- était dans les tranchées de Rocroy en 1914. Il y a 4 ans, Michel, en visite à Rocroy, a rencontré un allemand qui tournait dans un film sur la guerre de 14/18. Cet homme lui a raconté que son propre père minait les tranchées en 14, mais essayait toujours de prévenir les français que ça allait sauter, parce qu’il n’avait pas envie de tuer des types qui ne lui avaient rien fait. C’est drôle, car mon grand père nous a souvent raconté la même chose : chaque fois qu’il posait une mine, il essayait de prévenir les allemands pour qu’ils se mettent à l’abri. 

Bref, ce 2 janvier, on bavardait et je ne sais comment, on en est venu à évoquer la pendaison de Saddam Hussein. Alors mon oncle, tout calmement, m’a dit : 

« Tu vois, les dictateurs, il faut les punir, quoique les pendre ne sert pas à grand chose, ça ne ressuscite pas les victimes et ça ne dissuade pas les autres dictateurs. Mais si on pend un Saddam, on devrait pendre aussi les gouvernants qui décident les guerres. Car chaque fois qu’un chef d’Etat décide une guerre, il sait qu’il va tuer des milliers de gens brusquement qualifiés d’ennemis, et aussi envoyer au casse pipe des milliers de ses concitoyens. Ca n’est pas criminel, ça ? Envoyer se faire tuer des milliers de jeunes, rester au chaud puis  se pavaner dans les défilés à la fin de la guerre ? »  

 

Quelle connerie, la guerre, Jacques Prévert l’a déjà fort bien dit. L’intéressant dans la réflexion de mon oncle, c’est qu’elle vient d’un homme pas politisé pour deux sous, mais qui a vu son père partir (et revenir après 4 ans de souffrance, les seules années de sa vie qu’il aurait voulu effacer, pour le reste il était content de tout, heureux de vivre), que lui-même a connu les allemands- habitant Vichy, il les voyait de près ! - et qu’il considère à 83 ans que ces conflits qui font de deux peuples des ennemis qui s’embrasseront devant des monuments aux morts cinquante ans plus tard, que ces conflits donc sont des crimes et ceux qui les décident des criminels.  

 

La vraie question reste cependant : pourquoi l’acceptons-nous ? 

Pourquoi les peuples élisent-ils des despotes, voire des criminels ?

Pourquoi plus de 3000 américains ont-ils accepté de se faire tuer en Irak pour chercher des armes de destruction massives imaginaires ?

Comment les américains ont-ils pu réélire un président qui leur a menti ? Pourquoi les guerres sont-elles décidées par des gens qui ne la font pas, et faites par des gens qui ne les décident pas ?

Pourquoi espérons-nous qu’une élection peut «  changer la vie » alors que le passé nous a prouvé maintes fois le contraire ? 

D’où vient la soumission à l’autorité ? 

Pour finir, un post que j’ai trouvé sur Cyberpresse :  

 

Cette année, ma résolution pour 2007 est à la fois personnelle et politique : je vais désormais voter selon mes valeurs profondes, en suivant mon esprit ET mon cœur. Fini le temps où je votais en me pinçant le nez, me résignant à choisir le «moins pire» des candidats ! 

On se croirait en France, mais cela vient d’un canadien qui conclut : 

Cette année, c’est clair, je voterai avec passion pour Québec solidaire. Et vous ?

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

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Published by Françoise Simpère - dans Humeur
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commentaires

natou 13/01/2007 08:28

Bonjour à tous, tout comme vous, je regarde peu la TV, mais je me suis faite piégée par l'émission de M6 sur les inventeurs, pensant naïvement que l'on allait enfin donner un coup de pouce à des petits jeunes (et moins jeunes) plein d'idées et de talents. Raté ! Le jury est composé de 4 personnes dont un pur produit marketing arrogant, bourré de préjugés, sûr et imbus de sa petite personne, bref, le prototype même de l'odieux personnage qui ne cherche pas que l'amour et la paix sur Terre ! Je suis outrée, car ils se sont permis de casser des gens dont un routier qui avait englouti le prix de sa maison dans l'achat d'un brevet. Le type est parti en pleurant et probablement avec des idées suicidaires, expliquant qu'il avait perdu 6 années de sa vie et que tout ce qu'il avait fait n'était que ruine. Tout ça parce qu'un prétentieux lui a certifié que son invention (un plateau où l'on met des glaçons pour tenir les verres au frais) ne pouvait pas marcher, comme ça, sans avoir même essayé. Qu'on ne me dise pas qu'il n'aurait jamais du venir : mettez-vous à sa place, la TV est un bon moyen de faire connaître une invention ! J'espère juste que beaucoup de téléspectateurs réagiront et demanderont que l'odieux personnage se fasse virer. Comme ça il verra ce que c'est …

françoise 09/01/2007 22:51

C'est vrai, Ambre, les rapports entre victime et bourreau, que ce soit dans la guerre ou l'intimité du couple sont bien plus complexes qu'on n'imagine, et c'est vrai aussi que la violence peut être autre que physique, la violence mentale, morale peut détruire tout aussi bien, à petit feu...  Il reste qu'on ne doit pas l'accepter sous prétexte que les ressorts de la violence sont complexes. Réagir vite, avant le premier coup, avant la première humiliation est aussi indispensable que réagir à la première atteinte aux libertés (cf mon post "tous fichés") Parce qu'ensuite, c'est plus difficile, on s'habitue vite à l'innommable.
Le libre arbitre est limité par nos pulsions inconscientes, mais augmenté par la réflexion. De quoi être à la fois lucide, mais optimiste!
 
 

ambre 09/01/2007 22:22


Bonsoir Françoise,
La situation des femmes battues que vous évoquez dans un des comm précédents ne peut se résumer en une seule phrase! D’abord je ne pense pas que le terme « accepte » soit bien choisi, il me semble que cette situation particulière ne se résume pas à «  elle est battue par son mari, pourquoi accepte-t-elle çà ? elle devrait le quitter »
La situation commence bien avant le premier coup, elle commence avec l’histoire personnelle de la femme mais aussi avec celle de l’homme évidemment
J’ai envie de dire quelque chose de plus, c’est que la violence de l’homme sur la femme n’est pas toujours visible (c’est pas forcément des coups)
Sinon l’expérience que vous décrivez avec les étudiants j’en avais déjà entendu parler et je n’en suis pas plus surprise..
Message pour Sami: bien sûr que vous serez le bienvenu sur mon blog
Et pour Didier : waouh ! Vous parlez de dressage!!!! Mais les humains ne se dressent pas que je sache ou alors je n’ai pas tout compris
Les enfants s’éduquent, s’élèvent comme le terme l’indique
en théorie on doit essayer de les mener vers plus haut, vers mieux..
Il nous reste quand même toujours le libre-arbitre non
Enfin bon je ne sais pas trop, peut être suis-je trop naïve? Trop optimiste ?
A vous tous une bonne soirée

françoise 08/01/2007 11:58

Toutes ces lectures, c'est vrai, plus l'expérience de Stanley Milgram dans des universités américaines vers 1960: des étudiants étaient invités à administrer des chocs électriques à des "cobayes humains" pour les punir s'ils répondaient mal à des questions, sous prétexte de vérifier l'impact d'une punition sur l'apprentissage. En fait, les cobayes étaient des comédiens, les chocs électriques étaient simulés (ce que les étudiants ignoraient évidemment) et l'objet du test était de vérifier la soumission à l'autorité. La majorité des étudiants ont infligé des chocs allant jusqu'à 450 volts, malgré les cris du cobaye suppliant qu'on arrête, juste parce que le professeur ordonnait: "Continuez". Très peu se sont révoltés contre cette torture. Seule consolation: quand un autre professeur intervenait en disant au premier "on devrait arrêter, ça devient dangereux", les étudiants étaient plus nombreux à se révolter, car l'autorité du premier professeur était mise en cause par un de ses pairs. Moralité: quand les chefs se déchirent, les sujets sont plus libres, ce qui nous laisse quelque espoir pour notre devenir dans le contexte actuel!!!

Didier 07/01/2007 22:43

Bonjour,
En ce qui concerne la soumission à l'autorité, il faudrait peut être lire Etienne de la Boétie : Discours de la servitude volontaire. Je crois que la soumission à l'autorité nous vient du dressage que nous avons subi... Dressage à l'école, dans nos familles, à l'armée (voir Michel Foucault : surveiller et punir) et souvent soumission à Dieu... Autant d'occasions de perdre le bon sens (voir le baron d'holbach). La pensée religieuse, celle qui fabrique des arrière-mondes, est en grande partie responsable de cette folie (voir Raoul Vaneighem)... C'est seulement lorsque je regarde le monde de façon immanente que le réel m'apparaît tel qu'il est ; sous une lumière blanche et froide (voir Lucrèce)
Bref pas mal de lectures.

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