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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 20:07

Tervuren-1-post-ris--copie-1.JPGPetit déjeuner sur fond de musique grecque, perchée sur un tabouret de bar dans un hôtel qui ne s’appelle ni Eros, ni Aphrodite, mais Scandinavia… à Bruxelles. A l’arrivée du Thalys, ils étaient là tous les trois : Syolann, Longues Jambes et Vincent. Le club des « Simpériens », comme dit Vincent, car tous trois sont des amoureux pluriels, qui ont pris contact avec moi après avoir lu certains de mes livres et notamment « Aimer plusieurs hommes ». Ca me fait rire et me touche, cette espèce de secte du bonheur dont nous nous sommes sentis membres au fur et à mesure de nos échanges virtuels ou plumitifs. J’ai rencontré Vincent, sa femme Christine et leur petite Zoé il y a environ 18 mois, commandé un livre undefinedà Syolann qui m’a déjà servi de guide à Bruxelles et a rencontré Martine, la réalisatrice de « la grande amoureuse » ( détail qui tue : ce documentaire n’a pas été retenu par le Festival de films de femmes de Créteil où il aurait pourtant bien illustré les 30 ans du festival et les 40 ans de mai 68, mais a été sélectionné par un festival de films de femmes… en Turquie. Bah, comme m’a fait remarquer une copine « du temps d’Atatürk, les femmes turques votaient alors que Marie Curie ne le pouvait pas en France !)  Longues jambes m’a découverte par blog interposés, et nous avons rapidement constaté notre gémellité énergétique.

On a ri, on a beaucoup parlé, on s’est promené dans la nature et dans de belles expositions, on a dîné, déjeuné… comme si l’on se connaissait depuis des lustres, comme si l’on se reconnaissait. Cependant, je n’ai pas envie de parler en détail de ce week-end, pas plus que je n’aime parler en détail de mes amours. Même des gens proches ignorent l’intensité des liens que j’ai avec tel ou tel, y compris avec l’homme qui partage ma vie. Biens trop précieux pour être divulgués.

J’ai pourtant envie de parler de notre connivence immédiate alors que nous ne nous connaissions pour ainsi dire pas. De notre manière commune d’aimer : totalement. Les oreilles de nos amours, de nos enfants et de certains amis ont dû vibrer tant nous avons parlé d’eux, d’elles avec jubilation. Parlé aussi de notre envie commune d’un monde plus solidaire, moins pollué, plus artistique. L’érotisme, l’écologie et l’art procèdent de la même logique : Etre plutôt qu’Avoir. Même Vincent, qui avoue en riant sa passion pour les belles voitures, a choisi d’habiter dans une maison qui permet à sa femme et à son fils d’aller à l’école à pied, et lui-même marche chaque fois qu’il le peut dans sa ville.

Nous avons parlé aussi de la confiance, celle qu’on a dans les autres, celle qu’on a en soi, la seconde devant nécessairement précéder la première. Il faut avoir confiance en soi pour admettre de n’être pas l’Unique de quelqu’un et penser néanmoins qu’on vit avec tous ceux et celles qu’on aime une rencontre unique. Il faut avoir confiance, avoir vaincu bien des démons pour ne plus craindre l’abandon. CetSposteris--copie-1.jpgS… l’amour central actuel de Longues Jambes nous a rejoints le lendemain. Tous deux sont très amoureux. Je lui ai dit : « Tu sais combien elle t’aime ? » Il a souri : « Oui, je sais. » Il sait, et sait aussi qu’il n’est pas ou ne sera pas le seul. Confiance.

Longues jambes nous a quitté un peu plus tôt pour une réunion de parents d’élèves, Syolann pour retrouver sa fille qui avait passé le week-end avec son papa. Vincent m’a emmené chez lui, en famille où nous avons bu du café et mangé de la tarte en visionnant « La grande amoureuse ». Vie sans exclusive, qui nous permet d’être parents, amoureux, mariés, célibataires, adultes, gamins, sérieux et galopins dans la même existence.

Oui, s’il y a un mot qui résume pour moi ce week-end, c’est celui de jubilation.

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13 janvier 2008 7 13 /01 /janvier /2008 18:52

Je ne suis pas fidèle à un seul parfum, mais à plusieurs[1], posés sur ma peau comme on pose des petits cailloux blancs sur le chemin de la vie pour ne pas se perdre.

Je me souviens de « Variations » (Carven) qui accompagnait mes premières découvertes parisiennes. J’avais une cape de velours noir imprégnée de ce parfum, je garde en mémoire la caresse de leurs cheveux quand les hommes de mes soirs enfouissaient leur nez contre mon cou en murmurant « tu sens bon ». 

Et patatras ! Un jour « Variations » a été supprimé.  J’ai écrit à Carven en leur décrivant les méandres de la mémoire olfactive, leur ai raconté comment il me suffisait de sentir l’odeur de miettes de petits-beurre pour me souvenir précisément de mon cartable de CP, en carton bouilli rouge, où j’enfermais les biscuits du goûter. Et comment respirer « Variations » me replongeait dans des amours et des émois que la disparition de ces effluves risquait d’estomper… Ils ont dû être touchés, ils m’en ont envoyé un ultime flacon. Métal (Paco Rabanne) accompagna une autre décennie, avant de disparaître à son tour, suivi d’Aqua Allegoria Ylang/vanille (Guerlain) et enfin XS pour Elle à son tour supprimé.  

Le mouvement s’accélère, désormais chaque saison voit disparaître un parfum. Voilà que ma fille, adepte de Eau d’Eden (Cacharel) comme tant d’autres de son âge vient d’apprendre qu’il n’est plus vendu en France. Sur un forum, des messages éplorés de jeunes filles racontent : « c’est mon premier copain qui me l’avait offert, en supprimant Eau d’Eden, c’est notre histoire qui s’efface ».   

La mémoire olfactive, comme la mémoire gustative, sont reptiliennes, instinctives, gravées au plus profond de l’inconscient. Qui n’a jamais lu Proust connaît au moins l’histoire de la madeleine dont une seule bouchée trempée dans du thé ravivait chez l’auteur le souvenir de son enfance : 

« … Quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir. » (A la recherche du temps perdu

On ne saurait mieux dire. Il me suffit de respirer sur un mouchoir quelques gouttes de Sortilège (le Galion) qui heureusement existe encore, pour retrouver ma mère, dont c’était le parfum préféré. 

Je sais l’impermanence des choses, et l’importance de savoir goûter l’instant présent. Mais je suis sûre aussi qu’à trop zapper, changer, vouloir faire table rase du passé en proposant toujours du neuf, confondre modernité et agitation, on oublie que le présent n’a de sens qu’en référence à l’histoire, la sienne et celle du monde, qu’on n’est soi-même que le produit de jours d’avant, d’amours passées, d’impressions inscrites dans sa peau et son cerveau.  

Le n°5 sent-il tellement meilleur que les autres parfums pour exister encore ? Pas vraiment, mais il évoque pour toutes les femmes le « bon anniversaire monsieur le président » de Marilyn au président Kennedy, la robe blanche tournoyant au-dessus d’une bouche de métro et surtout la fameuse réplique « pour dormir, je porte Chanel n° 5 ».  Le rêve, en somme.  Alors, messieurs les parfumeurs, pensez qu’à chaque suppression d’un parfum, c’est un peu de nos rêves que vous assassinez. Et que sans rêves, la vie perd ses couleurs, ses odeurs et son goût. 

 



[1] La polyfidélité est une philosophie globale…

 

 

 

 

 

 

 

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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 11:57

J’ai retrouvé des photos d’un camarade de classe très cher, perdu de vue, retrouvé dix ans après le lycée,  puis rencontré de loin en loin, sans que jamais on ne s’oublie, jusqu’à sa mort d’une saloperie de cancer.  Chaque fois qu’on s’égarait au fil de nos déménagements, je le retrouvais par ses parents, fidèles au poste dans la maison qu’ils habitent depuis au moins une cinquantaine d’années.  J’ai soudain pensé à eux, que je n’ai plus guère contacté depuis la mort de leur fils. … Ils doivent avoir dans les 85 ans. 

Mon doigt hésitait sur le téléphone. Crainte que ça ne réponde pas, ou qu’une voix chevrotante m’annonce que l’autre parent  n’existait plus.  Au bout du fil, la voix fraîche de madame M*** m’a répondu, reconnue dès que j’ai dit mon nom de jeune fille.  J’ai eu l’impression d’entrer chez elle, de sentir un parfum de cire et de pommes, cette odeur si quiète des maisons anciennes bien entretenues.  J’imaginais les tableaux au mur,  les livres par centaines sur des rayonnages… Nous avons parlé de la Vendée qu’elle et son mari affectionnent, de leur projet de « monter » à Paris bientôt, des trois filles de mon ami devenues aussi artistes que leur père dont j’ai plusieurs tableaux chez moi. 

En pensant à mon propre plaisir à feuilleter des albums  où posent mes parents avant que je naisse,  jeunes parents aventureux descendant le fleuve Congo sur une pirogue ou fêtant le Nouvel an avec le Dr Schweitzer, je lui ai demandé si les filles de mon ami aimeraient découvrir leur père sur mes photos quand il avait leur âge, 18 ans, 20 ans….  Un père inconnu pour elles puisqu’il avait plus de 35 ans à la naissance de l’aînée.  

Nous avons bavardé près d’une demi-heure. Conversation entre parenthèses du monde qui m’évoquait les givres sur les cerisiers de leur jardin, l’humour du père face aux frasques de son fils quand il était lycéen,  nos discussions essentielles et futiles autour de l’étymologie d’un mot ou de l’absurde selon Camus,  de la pêche au gros ou des meilleurs crus d’huîtres, on ne plaisante pas avec ces choses là sur le littoral ouest. 

C’était bon comme une douche mentale qui m’aurait débarrassée de tous les  miasmes agressifs. En raccrochant, j’ai eu l’impression d’avoir fait un voyage dans le temps heureux de l’insouciance, celui où l’on  était invincible, protégé par le rempart de la génération précédente contre laquelle on pestait évidemment, mais dont on  profitait sans vergogne de l’amour inconditionnel.   

Allez voir ces vieux tant qu’il en reste, ces vieux costauds et rigolards qui lèvent  leur verre avec entrain,  ces vieux qui ont connu la crise de 29, la guerre de 40, celle d’Algérie et bien d’autres secousses et regardent avec un certain détachement nos angoisses contemporaines. Chez eux ça sent des odeurs en voie de disparition, l’odeur de la cuisine au beurre, du tabac miellé des pipes chaudes et de la vieille prune de derrière les fagots,  odeurs de péché mortel qui ont pourtant fait les centenaires d’aujourd’hui.  (selon une très sérieuse étude sur les centenaires que j'avais chroniquée il y a quelques années, leur seul point commun est la consommation quotidienne d'un petit verre de porto)

 

 

 

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20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 13:10

Vendredi 16, gare de Lyon, ambiance de foire aux bestiaux, monde fou, des centaines de potentiels voyageurs les yeux rivés sur le panneau d’affichage attendent que le numéro du quai d’embarquement s’affiche.  A peine le chiffre apparu, c’est la ruée. J’arrive à me hisser dans un wagon, et m’assois sur le rebord de la plate-forme à bagages située au milieu de la voiture, bientôt rejointe par une jeune femme. Tous les sièges ont été pris d’assaut, mais l’ambiance est bon enfant. Un monsieur revendique sa place à une dame, celle-ci la rend sans difficulté « Mais je vous en prie, monsieur, je m’étais installée là au cas où, mais si vous avez une réservation, c’est normal que… » Il faut dire que dans ce train s’entassent les voyageurs ayant réservé, plus ceux dont les deux précédents T GV ont été annulés.  Le couloir est bondé de voyageurs assis par terre, dans le bar les tables sont devenues sièges de fortune.

 

Le train démarre, l’atmosphère se détend tout à fait, on craignait un blocage de dernière minute. Voyage peu confortable, certes, les barres métalliques de la plate-forme à bagages impriment des rayures sur mes fesses. Assis par terre, le compagnon de Delphine, ma voisine de plate-forme, a du mal à se concentrer sur son livre car il est constamment enjambé par d’autres voyageurs, mais nous prenons le parti d’en rire et surtout celui de bavarder.  Delphine est journaliste à  « la Provence », quotidien marseillais, alors on discute boutique, difficultés de ce beau métier qu’on continue néanmoins à aimer, lumière incroyable des calanques , dilemme entre écriture et contraintes éditoriales : comment écrire juste et bien quand on vous dit « fais-moi 17 lignes sur tel sujet avec un titre de 24 signes ? » Le formatage devient plus important que le fond, vaste sujet.

 

Un monsieur propose sa place à une dame, qui refuse en re merci ant pour la gentillesse. En temps normal, plus personne ne vous cède sa place. Le même, lorsqu’il se lève pour aller aux toilettes ou dans la voiture-bar prévient : « Prenez mon siège, ça vous reposera un moment. » On convient de faire un roulement- dix minutes chacun-. Bref, c’est convivial.

 

Je tente une échappée vers le bar, par dessus des dizaines de voyageurs plutôt souriants ( il y a quelques grognons, mais minoritaires).  A mon retour, arrêt en gare d’Avignon. Le galant prêteur de places, qui descend là, nous donne définitivement la sienne. « Vous oubliez vos magazines, monsieur ! » l’avertit quelqu’un. « Non, dit-il, je les laisse pour que d’autres en profitent. » - Alors là, bravo ! s’exclame ma voisine.  Il réplique en riant : « Je suis l’Abbé Pierre du T GV  » Je lui demande son nom, il s’appelle Eric. Retenez bien son nom : Eric, l’Abbé Pierre du T GV que je re merci e d’être ce qu’il est : « Ce n’est rien, dit-il avec du soleil dns la voix, c’est juste du partage, mais on a un peu oublié la société de partage, c’est dommage ».

 

Un jeune homme raconte, nostalgique : « Ca me rappelle 1995, mes premières grèves, j’étais minot, on faisait du stop et ça marchait du feu de Dieu. » Je m’en souviens : je m’étais déplacée à vélo sous la neige, ou en stop, et n’avais jamais eu plus d’un quart d’heure de retard à mes RV. A la fin de la grève, alors que le trafic restait quelque peu perturbé, j’avais voulu prendre des gens en stop, ils avaient refusé : « Non merci , on attend le bus. » Fin de crise, fin de la convivialité. 

 

Lundi 19, T GV de retour. Presque personne dedans, c’est un jour creux.  Un passager par rangée, jamais deux côte à côte, pas un mot, pas un bruit. Voyage confortable, mais tristounet et paradoxalement plus long que le précédent. Quelques regards se croisent puis vite se détournent ou se réfugient dans les pages d’un magazine.

 

Pourquoi faut-il être en crise pour que les gens se parlent ?

 

Cela étant, il serait intéressant de trouver un autre mode d'expression que la grève, quelque chose ciblé sur les interlocuteurs ( SNCF et gouvernement) et pas les voyageurs qui ne sont pour rien dans le conflit et ont eux aussi leurs soucis. Précision pour dire que comprendre un conflit ne veut pas dire ignorer ses répercussions négatives. 

 

 

 

 

 

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4 novembre 2007 7 04 /11 /novembre /2007 12:54

Je bosse actuellement avec des gens bien, c’est fou ce que ça me donne la pêche. Partager des enthousiasmes stimule la créativité.  Semer des ondes positives aussi.

Par exemple, l’histoire de cet industriel italien, entendue au JT : Paganini de la pâte alimentaire, il a fait le pari de vivre un mois avec le même salaire que ses ouvriers. Dès le 20 du mois, il s’est retrouvé sans le sou, en a conclu qu’il était impossible de vivre avec si peu d’argent. Il a aussitôt augmenté tous ses ouvriers de 200 euros par mois. Ceux-ci n’en reviennent toujours pas ! 

Sympa encore, l’histoire lue dans "Marianne", de Chumbee, koala érotomane prêté par le zoo d’Edimbourg au zoo de Shönbrunn. Les autrichiens ne disposaient en effet que d’un mâle koala pas du tout porté sur la chose. Chumbee, lui, mange, dort et  fait l’amour (un sage…) à un rythme qui rend admiratif ses gardiens. Et- preuve que bonheur et plaisir sont contagieux - le mâle frigide, au spectacle de cette libido débordante, s’y est mis à son tour. Les femelles koala sont comblées ! Le koala de la photo N'EST PAS Chumbee!

 

 

Sur France Ô, belle remarque d’un journaliste : « Les technocrates devraient voyager un peu, de préférence dans des pays pauvres, pour se rendre compte que l’intelligence n’est pas proportionnelle au PIB. »  Ca va sans dire, mais ça va tellement mieux en le disant ! 

Hilare fus-je en lisant la remarque d’un écolo commentant la propension de Jean-Louis Borloo à proposer une bouffe ou un verre dès que les discussions s’enlisent : « Il a une descente que je n’aimerais pas remonter en Vélib’. » 

Vendredi, interview avec Jeanne Cherhal. Vous savez combien cette fille distille d’intelligence et de sensualité dans ses chansons. Pareil au naturel. Que les farfadets de sa Bretagne natale la préservent de toute tentation de frime,  elle a assez de talent pour pouvoir s’en passer. Elle termine en ce moment une tournée, dernière date à Paris, le 21 décembre. (rens : www.totoutard.com )  

 

Samedi, retournée voir la pièce de la Compagnie Aleph : « Kaléidoscope », devenue aujourd’hui « Requiem enchanté ». Enchanteur. Depuis mon post de juin (Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse », 24 juin 2007) le capitaine pirate est devenu maître du temps, et cette transformation donne à cet oxymore (Requiem enchanté) une dimension métaphysique. Si cette phrase vous semble obscure, allez voir la pièce, vous ne le regretterez pas. (www.compagniealeph.com) Après le spectacle, attardez vous au bar avec un verre de vin chilien, pour admirer les aquarelles de René Olivares, peinte au doigt… et au vin justement. Très belles.  

 

En début de semaine, stage de dessin et sculpture. Plaisir sensuel de patouiller dans l’argile et de se mettre du fusain plein les doigts. Plaisir intellectuel de voir le bloc de terre prendre vie et muscles.  Rien à voir avec la retouche photo sur ordinateur, mais je s’amuse bien quand même avec ces outils technologiques qui me font jouer à Andy Warhol, le talent en moins.  

 

 

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31 octobre 2007 3 31 /10 /octobre /2007 00:20

Y a des fois, y a souvent, je fais conseillère conjugale pour des flippés de l’amour, conseillère littéraire pour des aspirants romanciers qui bloquent ma messagerie avec leurs fichiers de XXL megaoctets, conseillère santé pour des malades, + copine de jeux, plus ANPE d’intermittents sans spectacles ou de journalistes sans piges, plus, plus plus… Entre les amis de longue date, les connaissances Webiennes et les lecteurs/trices, ça en fait du monde ! 

Je ne m’en plains pas, j’aime créer du lien, c’est la seule chose intéressante de la vie: créer du lien, é changer , apprendre au contact d’autres cerveaux, d’autres affects, d’autres peaux, découvrir les trésors que certains cachent derrière la façade sociale. ( y en a pas toujours, mais qui ne cherche rien ne trouve rien, j’ai une mentalité d’orpailleuse à  l’affût des pépites qui brillent au fond des yeux de sable).  

Cela prend du temps. Pas du temps immédiat, du temps dans la durée. C’est-à-dire être capable de ne pas se perdre de vue même si on se voit rarement. De temps à autre, prendre et donner des nouvelles. Je tiens cette fidélité de ma mère qui le faisait au moins une fois l’an, pour les vœux, et c’est ainsi qu’elle a gardé sa vie durant des amis dont elle suivait l’évolution, les mariages, divorces, enfants, deuils, métiers…. L’amitié se nourrit notamment de l’intérêt porté aux parcours de ceux qu’on aime. 

Cet état d'esprit disparaît peu à peu, au profit d’une mentalité de consommateur de services : «  merci  » (quand il y a un merci ) puis pfuittt !... silence radio. Avatar décevant d’une société de consommation éphémère. Longtemps, j’en ai été attristée. Et puis l’été dernier, un ami à qui je faisais remarquer sa mine resplendissante- il approche 60 ans- m’a dit avec son accent banlieusard : « Te leurre pas, Françoise, passé 50 ans, on entame la dernière ligne droite ». Eh oui, contrairement au vin, la vie ne se bonifie pas avec les années. Ca aurait pu me déprimer, ça m’a dopée, donné l’envie de peaufiner ces années là comme une épure. 

Ce matin, j’ai donc fait un tri que je qualifierais d’écologique puisqu’il va m’économiser beaucoup d’énergie et de stress: j’ai effacé les coordonnées de plein de solliciteurs, de gens qui n’appellent jamais, de faux amis . Ca fait de la place pour de futurs vrais. Ceux dont on sait qu’ils vous aiment, comme une évidence . Qui ne vous jalousent pas dans vos hauts et ne vous abandonnent pas dans vos bas. Qui vous veulent du bien et ne vous feront jamais de mal. Qui partagent des souvenirs et des fous-rires comme autant de « private joke ». Et tout ceci réciproquement, bien sûr. Et au fur et à mesure que j’effaçais des noms, je me sentais plus légère… 

Le téléphone a sonné : un ami de longue date, que je vois peu car il bosse comme un fou. On s’aime, on se comprend au premier mot. Je lui ai parlé de mon tri : « Toi aussi ? s’est-il exclamé. C’est drôle, je suis moi-même dans une phase où j’ai décidé d’aller à l’essentiel. »  L’essentiel ? Refuser les situations et les gens toxiques, ne pas se disperser et utiliser le temps ainsi récupéré pour des activités créatives et pour les vrais amis . Coïncidence ou synchronicité ?

Aujourd’hui, plusieurs d’entre eux m’ont laissé des messages.  

 

 

 

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11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 22:33

Tu as une voix métallique et profonde et des phrases polies pour que je ne t’oublie pas. Je t’écoute jusqu’au bout, tes mots me font rire, j’aimerais distiller en retour des syllabes brûlantes qui te ferait fondre. Ou des phrases ironiques pour te faire exploser. Mais tu n’es jamais en colère, parfois joueur, parfois sibyllin. Saturé de mots dis-tu, en m’imposant le silence. 

Tu devrais murmurer pour moi seule des syllabes sensuelles « caresse, libellule, langueur, lancinant… »  Ou faire de ta voix une arme dont je me laisserais pénétrer, nue sur le tapis, l’oreille collée à toi. 

Pourquoi faut-il que tu te contentes de ce message passe-partout, passe pour tous ? Non, je ne laisserai pas mon nom ni mon numéro de téléphone au signal sonore, car je te déteste, répondeur…

(après la piscine de Vagant et la maison de campagne de Madeleine, le jeu continue) 

 

 

 

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15 août 2007 3 15 /08 /août /2007 22:10

Le mercredi soir, je me plante sur France 4 pour Taratata. Nagui, je l’ai supporté dans ses délires d’animateur de « N’oubliez pas votre brosse à dents », qui amusaient mes filles quand elles étaient petites, et m’énervaient quelque peu mais bon… une gentille môman se laisse entraîner à bien des dérives par sa progéniture. Puis je l’ai perdu de vue. 

Retrouvé sur sa reprise de Taratata en 2005, sur la TNT. J’adore cette émission où on peut voir des gens en live, comme il dit, mais surtout des gens de talent. Je suis admirative de la scène actuelle- chanson française ou rock de partout- où les musiciens débordent d’énergie, d’humour, et de bons titres, alors que la scène littéraire est peuplé de trentenaires dépressifs et quelque peu narcissiques. Ils ont compris, ces musiciens, que «  sans travail, le don n’est rien qu’une sale manie ». Les groupes comportent de vrais instrumentistes, les paroliers peaufinent leurs textes, ce qui n’empêche ni la décontraction, ni la légèreté, jamais insoutenable n’en déplaise à monsieur Kundera. 

Ce soir, j’ai vu une rediff, été oblige. Jeanne Cherhal (dont j’ai déjà parlé ici, cette fille est merveilleuse), JP Nataf, Trust, Tryo, rien que du bon, cornaqué par un Nagui qui sait mettre en valeur ses invités, a potassé leurs fiches, et lance de temps à autre quelques remarques qui me le rendent politiquement bien sympathique. Ajoutons qu’avec l’âge, il a gagné en séduction : son œil pétille, son sourire creuse de jolies ridules au coin des lèvres (j’adore…). Avec un verre de Bergerac et quelques carrés de chocolat noir au gingembre, voici une soirée d’été qui énergise !  

 

Si vous le connaissez, faites lui des câlins de ma part J

 

 

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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 11:30

Le week-end dernier, je suis allée faire la connaissance de neveu et nièce tout neufs et passer de douces heures avec les parents épuisés mais heureux. Comme d’hab’ j’ai été scotchée par la puissance que recèlent deux miniatures capables de mettre à leur entier service trois adultes à forte personnalité J 

« Temps délicieux où la mère change les couches et s’extasie devant les selles dont elle décrit la couleur jaune d’or pour l’enfant élevé au sein, et moins ragoûtante il faut l’avouer pour l’enfant nourri au biberon  Mais ragoûtante ou non, la mère  les accepte, les regarde, tout de l’enfant est merveille, son pipi, son caca,  il a des humeurs glaireuses, il bave, sent le lait aigre, mais ce qui vient de lui est forcément bel et beau, il est le centre du monde. Amour inconditionnel, le premier, le dernier… » (« Ce qui trouble Lola, chapitre « les jeux d’eau de Lola ». C’est dingue, il y a tout dans ce livre. Tu te poses une question sur la vie, tu ouvres Lola et tu as la réponse, c’est le livre du grand Tout, ouais!!! Je l’adore autant que j’ai eu du mal à l’écrire.) 

Certains sont attendris, paraît-il, par la faiblesse et la fragilité des nourrissons. Faiblesse, fragilité, mon œil. Il n’y a pas un âge aussi souverain, aussi dédié au plaisir pur que les premières semaines, avec une exigence absolue de satisfaction immédiate, et des hurlements en cas de retard à ladite satisfaction. Il n’est pas d’âge où l’on est à ce point le centre du monde. D’ailleurs le nouveau-né n’est pas le centre du monde, il EST le monde. Il n’a pas encore intégré que ce sein qui s’approche de sa bouche et qu’il suce voluptueusement ne fait pas partie de son corps, que cette main qui  lui palpe avec amour ses minuscules valseuses en les enduisant, ainsi que son cul,  de crème adoucissante, n’est pas à lui. Tout est à lui, tout est lui. 

Il n’est pas un âge où l’acuité sensorielle est supérieure : alors que je tenais Lou Anh endormie dans mes bras, j’ai dit quelques mots. Ses yeux se sont ouverts instantanément, comme s’éveille un chat au moindre frisson d’air.  Quelques neurones ont enregistré cette voix inconnue, l’ont classée dans leurs fichiers, apparemment dans une bonne case : les yeux se sont paisiblement refermés et j’ai poussé un « ouf » intérieur de soulagement …

 

 

 

Quelques semaines plus tard, le voile entre le soi et le monde extérieur s’ouvre, l’enfant découvre que les choses étranges autour de lui ne sont pas lui, mais qu’il peut les attirer avec sa voix et les retenir avec un sourire non plus réflexe mais intentionnel. C’en est fini du pouvoir absolu, vient celui de l’attente, du désir, de la séduction, des négociations affectives… Une autre histoire commence, pour quelques décennies. 

 

Allez les boubous, profitez-en encore un peu !

 

 

 

 PS qui n'a rien à voir: je serai sur RMC avec Brigitte Lahaie lundi 6 août de 14h15 à 16h (rediffusion le soir pour les noctambules)

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12 juillet 2007 4 12 /07 /juillet /2007 18:48

Il y a des faits divers sanglants en été. Je me souviens d’une année où la « tuerie d’Auriol »- une famille mystérieusement massacrée, le père avait semble-t-il de louches amitiés politiques- a tenu en haleine la France entière. J’étais enceinte de huit mois, nous avions décidé de repeindre les volets d’une maison en Bourgogne, et tandis que je passais minutieusement trois couches de bleu roi, j’écoutais les péripéties de l’enquête et les détails sordides.  A-t-on retrouvé les meurtriers ? Je l’ignore.  C’était comme un feuilleton dont on néglige la conclusion. Enfants kidnappés, alpinistes emportés par une avalanche, règlements de compte à la sortie des bals du 14 juillet, émeutes dans les prisons… ce lot d’épouvantes passe en été entre deux spots de pub ensoleillés qui vous recommandent de boire modérément l’apéritif anisé dont par ailleurs on vous matraque le nom jusqu’à… plus soif. 

Les infos d’été rétrécissent le monde. On interroge gravement des automobilistes coincés au péage qui répondent invariablement « Y a du monde, mais bon… c’est les vacances. » et en profitent pour saucissonner au bord de l’autoroute sous l’œil des caméras. Le reporter filme des mères de famille qui confirment qu’il fait chaud en donnant à boire à leurs bébés sur le conseil de CRS promus nourrices en chef du pays,  un reportage raconte les derniers arti sans promoteurs de fromage de chèvre bio roulés sous les aisselles (référence pour fans du Splendid)… le monde extérieur est estompé par une brume de chaleur, il ne faut pas troubler le vacancier durant « la trêve estivale » même si les sous-titres en bas de l’écran, qui résument les événements internationaux donnent des apparentements terribles du style « 120 tués par une voiture piégée en Irak » sous des images de plages et de marchands de glace. 

Les vraies vacances commencent à l’ombre des tamaris, quand l’info nous lâche les oreilles et qu’on se plonge enfin dans un bon livre réservé à cet usage depuis des mois avant de plonger dans les vagues… ou à l’étranger, quand on ne parle pas un mot de la langue locale, excepté l’indispensable kit de survie pour commander dans les tavernes et trattoria et que les titres des journaux deviennent incompréhensibles. 

Vous l’avez compris : je pars quelques jours, pas longtemps. Bonnes vacances ! 

 

 

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Published by Françoise Simpère - dans bonheur
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