Mon cousin Olivier dont j’ ai déjà parlé ICI, est en train de réaliser son rêve de tour du monde à la voile et en famille.
Parti il y a quinze mois, il a connu bien des galères. A travers le récit rédigé par
sa femme et le blog de sa fille
Audrey, on perçoit les galères de météo, le mal de mer et les avaries du bateau d’autant
plus prégnantes que leur budget pour cette équipée est restreint. Plus d’une
fois, j’ai admiré sa femme Virginie, qui ne partage pas la même passion du bateau qu’Olivier mais a accepté de l’accompagner dans son rêve, en sachant que toutes les tâches quotidiennes
–provisions, cuisine, rangement, soutien scolaire des
enfants qui travaillent par correspondance- seraient plus difficiles qu’à terre. Audrey et Damien, redoutaient aussi de quitter leurs copains. Vivre plusieurs années sur un
voilier rien qu’avec ses parents, quand on a 13 ans au départ, ça peut faire peur… Mais Olivier tenait à ce voyage, pour que ses enfants comprennent qu’il existe d’autres façons de vivre que la
consommation occidentale, d’autres paysages que les centres commerciaux, d’autres loisirs qu’Internet. (même s’ils l’utilisent pour communiquer pendant ce voyage).
Et de fait, au fur et à mesure qu’ils expérimentent et vivent des aventures dont une seule leur aurait paru insurmontable il y a deux ans, ils découvrent le plaisir de découvrir
d’autres pays et d’autres habitudes, d’être en contact direct avec la
nature et la mer, et surtout de rencontrer des personnes qui, comme eux, ont choisi de larguer les amarres pour s’ouvrir l’esprit. Des personnes hospitalières, toujours prêtes à
partager, aider et vivre de bons moments avec eux. L’inconnu cesse de faire peur pour devenir un être humain avec qui on parle et fraternise. L’opposé de l’ambiance sécuritaire qui fait de tout
étranger un danger…
Eh oui, les voyages forment, et pas que la jeunesse. Ils sont à l’inverse du tourisme qui promet « l’aventure en toute sécurité avec guide
francophone », et parque les clients dans des hôtels où ceux-ci ne verront pas un autochtone, excepté parmi le personnel de service. Ils rendent plus libres et autonomes. Est-ce pour cela
que l’on tente de dissuader les gens de voyager ? En tout cas, c’est l’impression qu’on a en lisant les conseils aux voyageurs du Ministère des Affaires étrangères (MAE). Les consulter donne
envie de se planquer sous sa couette sans bouger tant le monde y est présenté comme dangereux, farci d’individus louches qui n’en veulent qu’à votre peau et votre porte-monnaie. Le langage dit
« diplomatique » n’est pas ici de mise, au contraire :
5 terroristes ont été arrêtés à Melbourne en août 2009 alors qu’ils préparaient un attentat visant une base de l’armée à Sydney et 5 autres avaient été arrêtés en 2005 à Sydney. Le risque terroriste existe donc en Australie. (sans un seul attentat avéré, notons-le…)
Deux affaires de piraterie survenues en août et septembre 2011 doivent inciter les plaisanciers se rendant au Venezuela à redoubler de vigilance.
Allemagne : On constate un développement de la petite délinquance (vols à la tire) dans les zones touristiques et dans les grandes villes. Des agressions racistes sont régulièrement signalées.
Belgique : Malgré une diminution de la délinquance, les vols de liquidités et de documents d’identité restent très fréquents, en particulier dans les gares
La question du terrorisme en Grèce n’est pas close même si le démantèlement du groupe terroriste du "17 novembre" a mis un terme à vingt sept années d’attentats revendiqués par ce mouvement.
Bref, faites gaffe dès que vous sortez de chez vous, même dans des pays réputés très sûrs :
Une faible délinquance au Canada et un sentiment général de sécurité n’excluent pas un comportement citoyen afin de prévenir tout type de vol d’objets de valeur (bijou, appareil photo…) ou de documents administratifs
Le MAE nous prend aussi pour des crétins infantiles : D’une manière générale, l’attention des visiteurs peut aussi être appelée sur le respect nécessaire de la réglementation et des usages locaux (code de la route). (Suisse)
Attention, je ne fais pas d’angélisme et suis la première à voyager sans bijoux précieux, avec peu d’argent sur moi, à garder mes papiers d’identité à l’hôtel (avec photocopies sur moi, et fichiers desdits papiers sur clé USB) et à éviter les quartiers « chauds » si je voyage seule. Mais l’expérience- et pas que la mienne- montre qu’on rencontre plus de gens accueillants que de malfrats dans l’immense majorité des pays. A la décharge du MAE, on peut dire que les ambassades ne voient que les voyageurs en détresse, ce qui déforme leur vision du monde, tout comme un gynécologue est persuadé que la ménopause est une épreuve affreuse car il ne voit que les femmes qui en souffrent. Mais le résultat est là : le MAE fout la trouille et exacerbe la peur de l’étranger.
La France est la 1ère destination touristique au monde. Sans doute parce qu’elle a la chance de ne pas faire partie des pays visés par le MAE. J’imagine la présentation qu’en ferait notre cher ministère, rien qu’en copîant/collant des phrases réelles et en remplaçant le pays concerné par la France.
La violence
routière est la première source d’insécurité en
France. La plus grande vigilance est recommandée aux piétons et cyclistes dans leurs
déplacements. Il arrive fréquemment que des manifestations sociales bloquent les circuits touristiques. Ces actions sont parfois violentes. Il convient d’éviter les zones où surviendraient de
tels mouvements et de se renseigner au préalable sur les préavis de grève annoncés.
L’autre source d’insécurité est la petite et moyenne délinquance. La surveillance dans les lieux publics des sacs de voyage est donc vivement recommandée. Le nombre de vols à l’arraché dans les grandes villes, près des sites historiques, dans les transports en commun reste important.
Ajoutons, pour suivre l’actualité :
Plusieurs affaires d’assassinats et de viols en 2011 doivent inciter les voyageuses à ne pas s’aventurer seules dans les bois et forêts.
De même, il est recommandé de ne pas laisser sortir les enfants sans un adulte en raison de cas de pédophilie régulièrement signalés. En cas de contrôle de police, il est recommandé de ne pas
résister et de ne pas chercher à parler aux policiers afin d’éviter une garde à vue pour outrage ou une conduite en centre de rétention pour tout étranger dont les papiers ne seraient pas
parfaitement en règle. L’attention des voyageurs est attirée sur le fait que l’alcoolisme en France est une cause majeure d’accidents et d’agressions : les voyageurs éviteront de trinquer avec des inconnus susceptibles de les dévaliser après les avoir fait boire.
Nom d’un diplomate, comment peut-on vivre dans un pays aussi risqué ?
Aujourd'hui « Jouer au monde » fait ses premiers pas et j’en suis aussi émue que pour un enfant. Quinze ans de gestation,
ça crée des liens d'amour avec ses personnages. A cette euphorie, un seul bémol : la date de parution: 2012, année électorale. Bémol car- ce n’est un secret pour personne- je souhaite
ardemment l’avènement d’une autre logique de société: économie écologique, partage des ressources et fraternité au lieu de l’arrogance et du culte de l’insécurité qui caractérisent la droite.
Cela ne signifie pas pour autant que je suis béate à l’idée qu’un membre du PS arrive au pouvoir, car nous avons déjà donné, nous les plus de 50 ans! Une part de « Jouer au monde »,
dans ma vie comme dans le livre, vient de là. De la certitude que si une élection peut nous débarrasser d’un fâcheux, elle ne garantit aucunement un changement de société si nous ne prenons pas
notre destin en mains.
A 20h, lorsque devait apparaître à la télévision le visage du nouveau président, Marine était au théâtre. A Bobino précisément, où Guy
Bedos avait interrompu son spectacle. Le visage levé vers l’écran géant, il faisait les cent pas en murmurant « Ca y est, cette fois ci, ça y est ! ». Toute sa vie, Marine se
souviendrait de la pluie de roses rouges sur la scène à l’annonce du résultat, des gens qui s’embrassaient et d’un couple de vieux entonnant « Le temps des cerises » avant de fondre en
larmes de joie:
Tout d’abord, la notion de
« petit candidat » me hérisse, elle est contraire au principe républicain d’égalité. De quel droit certains s’estiment-ils plus grands que d’autres ? Si on mesurait la grandeur
d’un candidat à sa droiture et son courage, Eva Joly serait gagnante. Si on la mesurait à la proposition d’un vrai projet de société et au charisme qui donne envie de le réaliser,
Si seuls les riches votaient à droite, jamais celle-ci ne serait élue puisque les riches représentent moins de 20%des
gens, dont 10% seulement de richissimes. (de plus il y a des riches qui votent à gauche, si, si !) Il faut donc admettre que dans les 51% d’un président de droite, plus de 30% viennent de
gens qui, logiquement, n’auraient pas dû voter pour lui… et s’interroger sur ce qui fait l’échec renouvelé de la gauche. En effet, depuis 1958, avènement de la 5ème république, on a
vécu 40 ans avec la droite et seulement 14 avec la gauche. Même pas 14 ans: 12, puisqu’il y a dans ces 14 ans deux ans de cohabitation 
2011, ce n'est pas la pire nouvelle, a été l'année d'une médiatisation sans précédent des pluriamoureux, avec souvent une
vision réductrice. Entre les journalistes qui cherchaient des trios (un homme avec deux femmes ou deux hommes avec une femme), ceux qui voulaient savoir « comment on s'organise avec autant
d'amants (le « autant » n'étant jamais quantifié mais reflétant le fantasme de l’interviewer) les sceptiques voulant prouver que cela ne peut pas marcher et les convaincus opposant le
modèle usé de la monogamie au modèle flambant neuf du polyamour, sans prendre garde au fait qu'on peut être pluriamoureux et vivre également des périodes de relation unique, on a réalisé combien
ce sujet, comme tout autre d’ailleurs, est jugé à travers le prisme déformant de la culture, l’histoire et la logique personnelle de chacun, en gommant toute complexité.
Les libertins voient surtout le côté multipartenaires des pluriamoureux qu’ils considèrent comme des libertins, disons...
sentimentaux. Exunt en revanche les interrogations sur la construction d'une famille de Lutins, sur les conséquences juridiques d'unions plurielles et stables dans un pays de tradition monogame,
sur la liberté d'aimer et le territoire personnel de chaque partenaire.
Les serial monogames, qui quittent leur partenaire chaque fois qu’ils ou elles en rencontrent un(e) autre se demandent si
les pluriamoureux ne seraient pas des gens qui « n'ont pas le courage de divorcer. » Certains, qui m’ont connue lors des « quarantièmes rugissants » (
Les frustrés voient ces derniers comme des épicuriens, des jouisseurs effrénés qui mènent une vie amoureuse débridée et insouciante.
Inutile de leur dire que, de même que toute mère se demande parfois devant un nourrisson braillard ou un ado renfrogné pourquoi diable elle a pondu des mouflets (tout en les adorant) toute
personne mono ou poly, se demande parfois ce qu'elle fait avec son ou ses partenaires débiles. L'avantage du Lutin est de pouvoir fuir le ronchonchon du moment et se refaire une santé avec un
amoureux mieux disposé, qui contribue à lui rendre la sérénité nécessaire pour ne pas trucider le ronchonchon. L’inconvénient du polyamour est que
Les lubriques considèrent le polyamour comme l'autorisation de « s'envoyer en l'air » sans risque de révolvérisation par un(e)
conjoin(e) jaloux(se). Combien de lettres de lecteurs sur le thème « j'ai eu la révélation avec vos livres, c'est comme ça que je veux vivre, dites-moi comment convaincre ma femme d'être
Lutine, elle est
Bref, ce qui semble évident à certains est Martien pour d'autres, pas plus bêtes qu'eux. Question de logique de
pensée différente. A un Lutin qui me demandait comment faire pour ne pas gêner ses trois amoureuses – dont chacune connaît l'existence des deux autres sans pour autant les fréquenter-
Le 18 janvier, sort mon roman : « Jouer au monde ». Comme le blog ? Oui. Si ce n'est que le roman n'a pas ce titre à cause du blog.
C’est le blog qui s'appelle « Jouer au monde » à cause de ce livre qui me tient à cœur depuis plus de quinze ans.
Je refusais cette donne si peu affriolante et me posait sérieusement la question : pour rester fidèle à soi-même et ne pas « se ranger », faut-il être forcément dérangé ? (mes choix de vie personnel et professionnel ayant été
souvent qualifié de folie j’avais quelques raisons de me le demander.)
Alors j’ai pris un congé sans solde de trois mois et écrit « Jouer au monde », dont les deux héros, Antoine et Marine, ont le
don de créer leur propre univers pour résister à la morosité du monde adulte. Autour d’eux se sont greffés une vieille dame sensuelle et fantasque, une communiste désabusée en plein chagrin
d'amour, un hôtelier homosexuel surendetté,
Quand je l'ai repris, du temps avait passé.
Je n’écouterai pas cette année les vœux du président et vous n’en aurez donc pas l’exégèse. Pour les nostalgiques, j’ai fait cet exercice
A part cela, l’année 2011 a été fascinante, fatigante. Année de chute : de la Bourse,
Ah si, encore un vœu : que vous fassiez tous provision de livres sur le site « Autres Mondes », afin que nous puissions poursuivre cette aventure et
vous proposer d’autres écrits stimulants. (cf à droite de ce blog)










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