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2 mai 2022 1 02 /05 /mai /2022 19:40

On a coutume d’évoquer la période 1970/1980 comme celle de la libération sexuelle post-soixante-huitarde, époque bénie « avec pilule et sans SIDA » pour les uns, époque de débauche et de perte des valeurs essentielles pour les autres. Mais ce dont on parle rarement, c’est de la façon dont cette libération s’inscrivait dans le système patriarcal, dominance du mâle et jouissance vaginale obligatoire, signe que même la vie privée est conditionnée par la doxa ambiante.

Que disait-on aux jeunes gens ? Qu’ils avaient le privilège mais aussi la lourde responsabilité de mener leur partenaire au plaisir, chose difficile évidemment car la jeune fille, disait-on à l’époque, a besoin de préliminaires plus ou moins longs pour éveiller sa sensualité.

Loin de moi l’idée de dénigrer lesdites caresses qui font du bien en des lieux dont ces jeunes gens ignoraient parfois jusqu’à l’existence, il fallait guider leurs mains, leurs doigts, leur bouche et leur faire comprendre comment faire, car expliquer clairement ce qu’on désire, cela ne se faisait pas, il ne fallait pas sembler trop exigeante ni surtout sembler en savoir beaucoup sur la question, ça les déroutait.

Le désolant était d’enfermer ces délices sous le nom de « préliminaires », sous-entendant que l’essentiel venait ensuite, à savoir la pénétration. Je me souviens d’ailleurs d’un gentil garçon murmurant après quelques minutes de « préliminaires » : «  Ça va, tu es prête ? On peut passer aux choses sérieuses ? » faisant retomber mon excitation comme une meringue trop vite sortie du four.

Pour ces hommes conditionnés à l’idée que seul leur phallus crée la jouissance, l’orgasme est forcément vaginal ou anal, pénétrant et dominant. Ce qui explique que les expressions « je l’ai bien baisé » ou « espèce d’enc... » en affaires comme au travail traduisent une volonté de puissance… patriarcale. Sans parler de Freud, qualifiant d’immature le plaisir clitoridien, et concluant qu’une vraie femme ne peut être que vaginale.

Autre idée reçue de l’époque : « la Femme » lente au démarrage, est également lente au plaisir, et il faut durer bien dur pour son plaisir. D’où l’angoisse du mâle à l’idée de ne pas assurer avec la fermeté et la durée requises, et l’appréhension de l’âge qui va amoindrir ses capacités.

Quel pensum pourtant que ces bûcherons acharnés à limer interminablement, au point qu’on passe le temps en comptant les fissures au plafond et qu’on finit par simuler pour qu’ils estiment avoir rempli leur devoir ! Quelle injustice pour les rapides fustigés par les articles des magazines masculins et féminins sur les éjaculateurs précoces (on disait même prématurés, c’était carrément offensant) considérés comme déficients alors qu’ils pouvaient être de merveilleux caresseurs !

Heureusement, les femmes ayant conquis la liberté de dire ce qu’elles aiment et n’aiment pas, de révéler leurs désirs spontanés et leur aptitude personnelle au plaisir, les complexés du pénis, les gentils sensuels peu enclins à bûcheronner et les imaginatifs sachant inventer tout plein de jeux lents et voluptueux plutôt que dard-dard trouvent leur place dans l’univers érotique féminin, et découvrent qu’il est plus riche et plus partageux que le royaume Coïtal, moins égoïste aussi.

Et c’est ainsi que le patriarcat cédera progressivement du terrain et ce, dans tous les domaines : l’expérience m’a montré que les amants imaginatifs sont souvent aussi d’excellents cuisiniers, des artistes aux dons variés et des amoureux de la vie et non d’eux-mêmes et de leur organe.

FAUT QU'ON SE TOUCHE

 

 

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23 mars 2022 3 23 /03 /mars /2022 13:26

Pourrai-je dire le Désir sans le faire fuir, apprivoiser ce complice naturel de l’érotisme, laissant à l’excitation la pornographie pour alliée? Suggérer que le Désir est cérébral, nourri d’imaginaire et de fantasmes ? Certes, mais il lui arrive tout aussi bien d’être brutal, inattendu, urgent… Aussi irraisonné qu’irraisonnable, capable de liquéfier les neurones d’une chercheuse du CNRS au profit d’un niais bien taillé et de réduire le monde et ses merveilles à un espace de 140x190cm aux draps froissés.

Irraisonnable, donc, mais pas simpliste pour autant. Sexuel, mais pas queue..

L’odeur d’un homme, un soir d’été, puissante, incommodante. Il ouvre la porte, sa silhouette longiligne se dessine à contre jour. Il est beau mais il sent fort, détail rédhibitoire. Puis il retourne à son bureau, montre à la femme les images qu’il est en train de créer sur son ordinateur. Elle entre dans sa tête, y découvre un artiste, et l’odeur nauséabonde se mue soudainement en phéromones troublantes. Désir animal, oui, mais cérébral ô combien. Va savoir ce qui prévaut…

A défaut de définir le Désir, peut-être dire ce qu’il n’est pas. Reconnaître, par exemple, qu’il n’a rien à voir avec l’Amour, même si, dans les contes pour petites filles et les romans pour jeunes femmes, le Désir prend souvent les traits de l’Amour pour ne pas les effaroucher. A quinze ans ou un peu moins, est-il concevable de dire autre chose que « Je l’aime » ou « Je suis amoureuse » pour justifier l’émotion incompréhensible qui saisit à la vue des boucles en désordre d’un jeune homme de dix-huit ans et de sa façon tellement « trop » d’allumer une cigarette ?

Hélas, de cette confusion entre Désir et Amour naissent tant de déceptions qu’il paraît urgent d’éclaircir les choses. Oui, le premier contact avec l’Autre- homme ou femme, garçon ou fille- relève du Désir puisqu’on ne sait rien de lui, rien d’elle, hormis l’émotion que sa seule vue inspire, l’accélération des battements du cœur, voire, pour les plus hardies, la chaleur nouvelle au creux du ventre et l’humidité qui sourd entre les cuisses. Humidité, parlons-en ! Mouiller de Désir au début d’une relation, quoi de plus émouvant, de plus évident, tout comme le ciment qui construit une maison se doit d’être mouillé pour permettre l’adhésion des parpaings entre eux. Construire une relation comme on construit sa future maison… et découvrir que la maison a besoin que le ciment sèche pour ne pas s’écrouler, tout comme le Désir doit s’atténuer pour que l’Amour trouve sa place et devienne un projet de vie plus ou moins court, plus ou moins long, mais toujours ouvert sur le monde et ses merveilles, et s’émerveille. A l’inverse de ce que clament magazines féminins, romans et malheureusement un certain nombre de thérapeutes et sexologues, le Désir n’est pas le ciment du couple, et il faut en finir avec ce corollaire effrayant : si moins ou plus de Désir, plus de couple ! Les amoureux sont seuls au monde, expression romanesque mais à vrai dire effrayante! Passer sa vie seuls au monde, les yeux dans les yeux, sans plus voir- l’Amour est aveugle- les autres qu’offre la vie, il y a de quoi mourir non pas de Désir mais d’ennui, puis de rancœur.

On peut désirer sans aimer, tout libertin ou libertine qui s’offre à un.e inconnu.e une demi-heure après avoir franchi les portes d’un club coquin sait parfaitement qu’il s’agit de Désir mais pas d’amour, et encore ! Il ne s’agit pas de Désir pour la personne, mais plutôt de Désir de sexe, d’envie de faire l’amour, voire de simplement « baiser » rapport physiologique qui n’est pas relation puisque bien souvent on ignore jusqu’au prénom de l’éphémère partenaire.

On peut aimer sans désirer, les couples de longue date qui ne font plus l’amour que rarement, mais ne s’imaginent aucunement vieillir avec une autre personne que leur compagnon ou compagne le savent bien : leur Désir a évolué de l’attrait sexuel à la connivence, complicité, sensualité, intimité… infiniment plus rares et plus complexes, dont on mesure l’intensité au vide que laisse l’absence, lorsque l’un des deux disparaît.

Il demeure cependant qu’il est délicieux de se laisser troubler lorsqu’on ne s’y attend pas, c’est sans doute la raison pour laquelle le conjugo nuit au Désir : on s’y attend, on sait avec qui on va dormir à défaut de coucher, à moins de faire chambre à part, modalité faussement considérée comme un signe de désamour alors qu’elle est peut-être un joli moyen de remettre un peu d’inattendu dans le quotidien.

Va-t-il, va-t-elle me rejoindre ? Tiens, j’entends sa porte s’ouvrir, ses pas de loup sur le parquet…

Le Désir naît parfois de gestes anodins. Voici qu’un ami de longue date avale de travers. Il tousse, elle lui tape dans le dos, ses doigts à travers le tissu de la chemise captent la tiédeur de sa peau. Pas n’importe quelle tiédeur, celle qui creuse le ventre et trouble les pensées. « Elle avait quoi cette tiédeur? » Rien. Juste une harmonie avec les mots intelligents qu’il venait de prononcer d’une voix de basse, de rocaille ou de lave en fusion. La voix, les mots, ont touché le cœur de la femme avant la tiédeur de la peau et ont rendu l’ami désirable. Le même homme, s’étouffant pareillement, aurait pu lui rester indifférent en période creuse, car le Désir ne dépend pas tellement du potentiel de séduction de l’Autre, mais de son imaginaire à soi. On en est créateur, créatrice, avec des variations saisonnières.

En période d’eaux basses, les photos les plus suggestives semblent ridicules ou vaguement dégoûtantes, les textes les plus érotiques donnent le sentiment que le sexe, somme toute, est une activité assez grotesque. En période d’eaux basses, le Désir ne manque pas. Il n’est pas là, tout simplement. On n’en meurt pas. On n’y pense pas.

En période tempétueuses, un soupir derrière une cloison, un talon qui claque sur un trottoir, un échange de regard de trois dixièmes de secondes, quelques mots, n’importe quelle image suffisent à rappeler qu’il n’y a rien de plus important que le Désir, rien de plus vital, rien de plus obsédant. Curieuse énergie dont l’absence ne crée aucun manque et dont la présence engendre aussitôt le manque.

Mystère non résolu- et tant mieux !- que ce Désir obstiné, gratuit, mystérieux: pourquoi cet homme, cette femme, cette peau précisément ? La réponse est limpide: parce que. Point. Rien à expliquer ni à justifier. Justesse n’est pas justice.Il n’y a pas plus injuste que le Désir, qui ne naît ni du mérite ni des qualités de l’autre, mais d’une évidence: cet autre entre en vibration avec moi, créant des harmoniques imprévisibles d’une beauté à rire et pleurer à la fois, musique de l’inconscient qui se révèle. Aucun logiciel ne peut l’enfermer, aucune recette, aucune molécule chimique ne le provoque à coup sûr, rien ne le tue pour toujours. Il est la liberté incarnée, comme la prison la plus voluptueuse, quand on se prend, quand on se donne en repoussant les limites de ce qu’on croyait possible.

Échappant à toute définition qui l'enfermerait, le Désir est comme une bille de mercure : étincelant, fugace, fuyant... comme celles avec lesquelles je jouais étant petite ( je parle d'un temps où les enfants jouaient avec le mercure échappé d'un thermomètre brisé). Si on l'approchait tout doucement, le mercure se laissait toucher, doux et lisse sous la pulpe des doigts, puis il fuyait très vite à l'autre bout de la boîte où on l'avait déposé. Il arrivait qu'il fusionnât avec une autre bille, se transformant alors en petite flaque plus lourde, plus lente, moins vive. La fusion ne lui réussissait pas. Comme au Désir ?

 

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10 mars 2022 4 10 /03 /mars /2022 12:00

Cela vous a peut-être échappé, mais pile dans un mois, c'est le 1er tour de l'élection présidentielle,d'où l'utilité de se rafraîchir la mémoire.

La guerre en Ukraine, du pain béni pour le président Macron” titrent plusieurs journaux. Pas faux: en quinze jours de guerre, les intentions de vote en faveur d’E. Macron ont grimpé de plus de 5 points, le prestige du “Chef des armées”, alors qu’il fait juste son job: tout président de la république Française devient chef des armées. Mais la guerre- heureusement- est un phénomène exceptionnel, alors que le président qui va être élu devra oeuvrer 5 ans dans le quotidien: écologie, démocratie, social, santé, économie. Sur ces sujets, petit rappel de ce qui était promis en 2017 et de la réalité actuelle:
ECOLOGIE: EM devait interdire le glyphosate, pesticide toxique pour la santé. Pas fait.
Il a réautorisé les néonicotinoïdes tueurs d’abeilles dans les champs de betteraves. Or si les abeilles disparaissent, plus de pollinisation. 80% des espèces végétales seront menacées, représentant un tiers de notre alimentation. ( source: INRA) alors qu’on peut réduire la production de betteraves sans risque pour la population.
Il n’a pas pris de décision réelle face au dérèglement climatique devenue une urgence (mon premier papier sur le sujet date de... 1993!) et a été condamné pour inaction climatique: https://www.nationalgeographic.fr/environnement/laffaire-du-siecle-letat-francais-condamne-pour-inaction-climatique-ce-que-ca-change
Il devait réduire la part du nucléaire à 50% et augmenter la part des énergies renouvelables. Au lieu de quoi il programme la construction de nouveaux réacteurs et s’obstine dans le projet ruineux de l’EPR qui n’a jamais fonctionné et a décuplé le coût initialement prévu. Tout cet argent pour le nucléaire, c’est autant de moins pour les énergies renouvelables.
DÉMOCRATIE: le Parlement n’est qu’une chambre d’enregistrement des lois issues du gouvernement LREM, l’opposition réduite à rien, ses propositions de lois étant systématiquement rejetées. La convention citoyenne mise en place après les Gilets jaunes a accouché de 150 propositions intéressantes, que E. Macron avait promis de réaliser “à trois exceptions près”. On attend toujours…
A propos de Gilets Jaunes, la répression des manifestants fut d’une brutalité inédite: yeux crevés, mains arrachés, pieds broyés, mâchoires fracturées par les coups, les grenades et les armes LBD. ( source: reportage de David Dufresne) Or, si un Arc de Triomphe vandalisé (à tort) se répare, une main et un oeil ne repoussent pas. De plus le droit de manifester est atteint dès lors que l’intégrité physique des manifestants est en danger et dissuade les gens d’y aller. Un manifestant pacifique peut même être placé en garde à vue pour le simple fait de manifester!
Il a laissé la police détruire les camps de migrants, voler à des réfugiés leurs affaires, déchirer leur tente au couteau… Il ne faisait pas bon être Syrien, Afghan ou Irakien fuyant la guerre durant ce quinquennat.
SANTÉ: réductions de lits d’hôpitaux y compris pendant la crise Covid, conditions de travail et de salaires indignes pour les soignants. Toujours “Jupitérien”, E. Macron a géré la pandémie avec un conseil de Défense sanitaire, en négligeant une fois de plus les élu.es, ce qui a permis une opacité totale sur les contrats passés avec les fabricants de vaccins, Pfizer et consorts. Plus la fameuse envie “d’emmerder les non-vaccinés...”
ECONOMIE ET SOCIAL: Emmanuel Macron s’était engagé à ce que  plus personne ne dorme dehors avant la fin de son mandat: le nombre de SDF a doublé en 5 ans.
La France compte aujourd’hui 10 millions de personnes sous le seuil de la pauvreté, et dans le même temps, la fortune des plus riches a explosé: + 40% rien que pendant la pandémie! Pour les plus riches: suppression de l’impôt sur la fortune et de l’exit tax, pour les plus modestes: baisse ou suppression des APL, réforme à la baisse de l’assurance-chômage, et bientôt réforme des retraites (“Travailler plus longtemps pour toucher moins”) ( source: https://www.capital.fr/economie-politique/fin-de-lexit-tax-le-cadeau-de-macron-aux-riches-coutera-bien-plus-cher-que-prevu-1292744)
En 2014, ministre du budget, il a validé la vente des turbines nucléaires Alsthom à l’américain General Electric, contre l’avis d’Arnaud Montebourg. En 2021, devenu président, il rachète ces turbines… pour plus de deux fois le prix de vente de 2014, et les américains ont raflé les brevets et la technologie.
Enfin, il a DE MAUVAISES FRÉQUENTATIONS:
Alexandre Benalla, très proche d’Emmanuel et Brigitte Macron, condamné pour usurpation de fonction de policier, violences sur personnes, utilisation frauduleuse de passeports diplomatiques, soupçon de corruption dans une affaire de contrat avec un oligarque russe. Gérald Darmanin (ministre de l’intérieur) accusé de viol ou agressions sexuelles, et mis en cause dans certaines brutalités policières (agression du producteur Michel Zecler par des policiers qui l’interpellaient) Eric Dupond Moretti, ministre de la justice, et Richard Ferran, à l’époque président LREM de l’Assemblée Nationale, tous deux mis en examen pour prise illégale d’intérêts. Agnès Buzyn, alors Ministre de la Santé, mise en examen pour “mise en danger de la vie d’autrui” dans sa gestion calamiteuse de l’épidémie de Covid19.
J’en oublie sûrement… mais je n’oublie pas que 45 députés LREM ont quitté l’Assemblée, exclus en raison de malversations diverses, ou démissionnaires par déception: critiques d’un manque de démocratie dans le mouvement, regrets d’ambitions environnementales ou sociales jugées trop faibles, ou encore réprobation du recours au «49-3» sur les retraites. (source: le Figaro 07/09/21)
Je ne reviendrai pas sur l’arrogance et les petites phrases méprisantes, et ne critiquerai pas le fait que le premier chef d’Etat reçu par Emmanuel Macron en grande pompe à Versailles après son élection fut… Vladimir Poutine. Mais de grâce, qu’il s’en souvienne et que ses proches cessent de fustiger celles et ceux qui ont aussi considéré autrefois le chef du Kremlin comme un interlocuteur possible. D’ailleurs EM ne cesse pas de lui téléphoner et certains disent même qu’il tutoie VP (est-ce vrai? Il y a moult langues où le vouvoiement n’existe pas…)
Enfin, à celles et ceux qui répliquent “Crois-tu qu’un.e autre ferait mieux?” je réponds: “Pour le savoir, faut essayer!” Oser changer, imaginer un autre monde possible...

 

DANS UN MOIS, POUR 5 ANS...
DANS UN MOIS, POUR 5 ANS...
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18 décembre 2021 6 18 /12 /décembre /2021 14:23
"Un gamin de 1939", souvenirs d'un titi italo-parisien qui font revivre un Paris coloré, joyeux et populaire qui évoque les films de Marcel carné et la verve de Michel Audiard. Disponible sur www.librinova.com et 200 librairies en ligne.

"Un gamin de 1939", souvenirs d'un titi italo-parisien qui font revivre un Paris coloré, joyeux et populaire qui évoque les films de Marcel carné et la verve de Michel Audiard. Disponible sur www.librinova.com et 200 librairies en ligne.

CADEAU DE NOËL

A quelques jours de noël, cet extrait du livre de Jean-Louis Ferrera, ou comment les mômes de l'époque improvisaient des jouets avec trois fois rien et beaucoup d'imagination.

NOS JOUETS INVENTÉS

Ce qui est positif, quand t’es un môme qui a vécu son enfance après la guerre, c’est que tu t’amuses avec que dalle. Tu aurais aimé avoir un meccano ou les albums de Tintin. Seulement, Tintin, c’est toi qui le faisais, biscotte à la cambuse :

- Y’a autre chose à acheter que des conneries qui de toutes façons finiront dans l’fond du jardin, à pourrir avec un tas d’objets devenus inutiles (ma mère dixit).

Alors on récupérait tout, afin de se fabriquer des objets de première nécessité.

- Des lance-pierres : une fourche taillée dans une branche, des élastiques de bocaux de conserves, les rouges, tu vois ? La languette des galoches en guise de support pour les pierres.

- Des arcs avec leurs flèches.

- Des cerfs-volants : deux baguettes ligaturées en croix, un journal servait de revêtement, pour la queue une ficelle traînait derrière avec, tous les trois centimètres environ, une papillote en papier journal, et il n’y avait plus qu’à attendre le vent !

- Des traîneaux : deux planches maintenues entre elles par d’autres planches clouées en travers, on avait un pote dont le père, travailleur en usine, rapportait des roulements à billes usagés… Une aubaine !

Celui qui tirait les traîneaux, c’était toujours Coco, un pote dont les parents étaient Ritals. Ils avaient conservés de leur pays un accent à couper au couteau, et comme mon patronyme est Rital aussi, ils me parlaient en Italien, sauf que ma pomme il entravait lapuche !

Mais bon, dans mon quartier, il n’y avait pratiquement que des Ritals, tous maçons. A croire que là-bas les garçons naissaient avec une truelle à la main en guise de hochet ! Des Morcello, des Barbieri, Poletti, Gazzoli, et autre Ferrara. Je ne dis pas cela pour plagier Monsieur CAVANNA, mais dans ma banlieue, à l’époque, c’était comme ça.

Pour en revenir à notre cheval de trait, ce Coco-là était costaud, jamais il n’a rechigné à nous tracter à longueur d’après-midi, il poussait la conscience chevaline jusqu’à hennir pour notre plus grand plaisir.

Nous n’avions guère de jouets, par contre des décharges sauvages, que nous appelions des tas, fleurissaient à chaque coin de rue, sous le panneau bleu rectangulaire : Défense de déposer des ordures sous peine d’amende. Mais vu que les cognes ne passaient jamais dans mon quartier aux rues trop mal pavées, ça n’aurait pas arrangé leurs bécanes aux hirondelles… On était peinards !

Régulièrement, on fouillait ces îlots aux trésors et, un jeudi, là, sur le tas, une bécane, un clou, un spad, un biclo, en un mot : un vélo !

Dans un sale état, le spad : rouillé, déglingué, la moitié des rayons manquants, pas de pneus, plus de chaîne sur le pignon fixe, et pas de freins bien sûr. Quand je vois aujourd’hui les jours de ramassage des encombrants ce qui est jeté, des vélos quasiment neufs, mais oui, je ne peux m’empêcher de hocher la tête… Ô tempora, ô mores !

On ramène notre trésor à la maison, mes parents louaient un pavillon avec une CAVE ! C’était notre refuge, il y avait les outils du paternel, du fil de fer, des clous, des cordes, enfin : touçakifô ! Et au boulot : nettoyage du cadre, puis on se fait les poches afin d’acheter de la peinture aluminium. Les anciens ont connu ça, sur la boîte assez petite était écrit : chrome à froid ou chrome polonais, si, si, c’est vrai ! On passait généralement cette barbouille sur les tuyaux de poêle. Sur le coup, ça faisait un effet bœuf, puis, au bout de huit jours, la jolie peinture argentée s’était transformée en jaune pisseux du plus bel effet. On barbouillait plus que l’on peignait, il y avait toujours un pote qui nous dégottait une chaîne à vélo et, pour les pneus, alors là… C’était la démerde.

D’abord, après guerre, on n’en trouvait pas ! Et puis c’était trop cher, tu penses ! Déjà, pour joindre les deux bouts, il fallait faire le grand écart, alors acheter des boudins pour un clou, pas question, et ça ne nous aurait même pas effleuré le caberlot : poser pareille demande, c’était l’engueulade assurée. Il y avait deux solutions...

Les bouchons de liège récupérés sur les boutanches de rouquin et patiemment accumulés. Enfin, quand je dis patiemment, j’exagère un chouille, parce que j’avais des copains dont le dab éclusait un douze trous en moins de temps qu’il en faut à ton percepteur pour enfouiller un bifton de cinquante sacs ! Disposés un par un dans la gorge de la jante puis maintenus en place à l’aide d’un morceau de fil de fer enroulé puis torsadé, tu parles d’un boulot ! Mais bon, pendant qu’on faisait ça on ne faisait pas de conneries, tout était pour le mieux.

L’autre solution consistait à récupérer un tuyau d’arrosage usagé, ou plus gonflé : en prélever un morceau sur le tuyau familial, moi pour la roue avant, et un pote prélevait chez lui pour la roue arrière, ainsi on partageait la raclée en cas de découverte ! Le tuyau d’arrosage maintenu lui aussi avec du fil de fer, quel matériau ce fil là … Bon à tout !

Quand ton dab, le soir au moment du sacro saint arrosage, s’apercevait que le beau tuyau en caoutchouc rouge pisseux, atteignait à grand peine la rangée de haricots verts, alors que la veille il allait allègrement jusqu’aux petits pois. Il se rendait immédiatement compte qu’il y avait eu un prélèvement, une dîme, la taille ou la gabelle. Enfin bref, tu te ramassais le coup d’pied au derche vite fait bien fait !

Un beau jeudi, le spad était fin prêt. Chacun l’essaie. Pignon fixe : faut avoir l’habitude avec ce truc à la con, pas moyen de t’arrêter de pédaler. Etant donné que notre fusée ne possédait pas de freins non plus, pour arrêter l’engin, la semelle de tes pompes frottant sur la jante faisait office de ralentisseur. J’ai écrit ralentisseur, car pour freiner la bécane avec ce système, c’était râpé !

Vient mon tour. Je monte sur l’engin infernal, la selle vachement bien rafistolée, rembourrée avec des morceaux de sacs, car la moitié du cuir initialement présent s’était fait la paire.

Je démarre, tu parles d’une secouade : ma rue empierrée, pas un soupçon de bitume. Ils s’en sont occupés beaucoup plus tard, je devais avoir dix-sept ou dix-huit ans ! Je roule jusqu’au bout de ma rue. Je mets le pied sur la jante afin de freiner la bête. Je n’étais déjà pas très habile avec mes mains, alors avec mes pieds ! Soudain, la galoche dérape, et v’là mon pied qui passe entre les rayons (ceux qui restaient) : putain la gamelle !

Encouragés par les essais de notre magnifique machine, on décide d’aller au cross le jeudi suivant.

( La suite à découvrir dans "Un gamin de 1939)

Himlico et autres contes est épuisé en version papier, mais continue à charmer les enfants- et les plus grands- grâce à la voix de Françoise Cheritel-Goubert. N'hésitez pas à aller l'écouter ici.

Et pour les plus grands, un texte érotique car il va bien falloir y repenser, à l'amour et au plaisir, non?

https://www.decitre.fr/auteur/109732/Francoise+Simpere

Bonne fin d'année!

 

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14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 22:18

Les enfants sont avides d’entendre leurs grands-parents raconter des histoires de quand ils étaient petits. C’est tellement étonnant pour les plus jeunes de découvrir que les vieux ont été des garnements- mot ô combien désuet- qui faisaient des bêtises et tombaient amoureux.

Alors, quand je découvris Jean-Louis Ferrera qui, sous le pseudonyme de Andiamo, alimentait un blog collectif avec ses souvenirs de titi italo-parisien gouailleur et débrouillard, je me dis qu’il serait dommage que ces textes sombrent dans l’oubli. Je lui ai donc proposé d’en publier une sélection, relue, annotée et corrigée pour en faire un livre et pas seulement une compilation de blog. C’est ainsi qu’existe aujourd’hui, sous forme numérique :

UN GAMIN DE 1939.

Comme les enfants actuels, il allait à l’école, jouait avec ses copains, regardait les filles et adorait ses parents. Mais aussi: il jouait dans la rue sans surveillance, récupérait de la ferraille sur les tas d’ordures, bricolait avec des outils que les parents d’aujourd’hui mettent sous clé, travaillait parfois dès l’âge de quatorze ans, était soigné avec des médicaments dont certains sont maintenant interdits à la vente, entendait l’appel du marchand de peaux de lapins et découvrait les premières émissions de télévision.

C’est ce monde lointain et pourtant proche que fait revivre Jean-Louis Ferrera dans une langue drôle et drue. On y croise des personnages pittoresques, des buveurs invétérés, des lieux de Paris aujourd’hui disparus, le métro de 1ère et seconde classe et les bus à plate-forme. Ce n’était pas “mieux avant” insiste l’auteur, mais différent, coloré, vivant… Un livre plus turbulent que “le petit Nicolas”, mais qui, comme les célèbres albums, est bourré d’humour et de tendresse, cocktail indispensable au bonheur.

« Un gamin de 1939 » est déjà disponible sur le site https://librinova.com et le sera bientôt sur 200 librairies en ligne. Un petit cadeau sympa à offrir aux enfants et à leurs parents qui y découvriront un reflet de leur histoire familiale. Jusqu’au 10 janvier inclus, il est proposé à 3,99 euros, prix de lancement, qui augmentera le 11 janvier. Merci de partager l’info autant que vous pourrez.

 


 


 

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2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 11:07

Retrouvé un livre que j'avais chroniqué il y a 20 ans, en 2001: "L'OPA silencieuse" par Noreena Hertz, docteur en économie et en philosophie (éd. Alias etc.) L'OPA, c'était l'appropriation de la politique par les entreprises multinationales. "Un monde où le consumérisme est assimilé à la politique économique, où l'intérêt des entreprises règne en maître... (où) les entreprises définissent les règles du jeu et les gouvernements ne sont que les arbitres qui font appliquer des règles imaginées par d'autres. Au cours de ce processus l'équité, les droits et l'environnement passent à la trappe, les garde-fous sociaux sont affaiblis, le pouvoir des syndicats est écrasé.

Noreena Hertz n'est pas viscéralement anti-capitaliste, elle estime même qu'au départ ce système a permis une augmentation considérable des richesses, qui a profité à une grande partie du monde, mais qu'il est aujourd'hui- en 2001, il y a 20 ans! - dévoyé et créateur d'inégalités et d'injustices dangereuses.

L’État politique est devenu l'Etat-business (ce que Macron appelle la "start-up nation"), ce qui risque de briser le contrat tacite État/citoyen, à la base de la société démocratique. En conséquence, le rejet des urnes et les formes d'expression politiques non traditionnelles apparaissent de plus en plus séduisantes. (prémonition de l'abstention massive et des "gilets jaunes"...)

Le tournant date de 1979 et 1980, avec l'élection de Margaret Thatcher, puis celle de Ronald Reagan. (Ensuite) la discipline fiscale imposée à la douzaine de pays européens qui veulent adopter la monnaie unique ( l'euro) force les gouvernements de centre-gauche à une rigueur fiscale digne des gouvernements de droite.... Là encore, les citoyens ordinaires sont perdants. L'argent dépensé à subventionner les entreprises n'est plus disponible pour les services publics.

S'abstenir de lancer le débat sur les limites du capitalisme de type anglo-saxon qui favorise ouvertement les riches et se soucie essentiellement du profit n'est pas une option que la conscience peut cautionner.

Il est terrifiant de lire ces lignes qui ont vingt ans et avaient tout prévu et de se dire que nous n'avons rien fait pour l'empêcher, tout comme il est terrifiant de lire des livres et articles des années 1990 prévoyant les crises écologiques (climat, pollutions, surpopulation, déforestation, pillage des ressources naturelles) et de se dire, là encore, que nous n'avons pas réagi, à part quelques bulles de résistance et d'initiatives locales.

Comme me l'avait dit un jour le botaniste Jean-Marie Pelt: " Françoise, pourquoi voudriez-vous que les puissants changent un système qui leur a si bien réussi?" et encore "L'être humain ne réagit qu'au bord du gouffre, voire quand il commence à tomber dans le gouffre, sinon il a tendance à attendre dans l'espoir que les choses s’arrangent d'elles-mêmes".

C'est donc l'indifférence, "la maison brûle et nous regardons ailleurs" qui nous ont menés là. D'ailleurs, l'OPA silencieuse, qui aurait dû se vendre à des millions d’exemplaires et susciter moult réactions, n'a pas été un immense succès de librairie, la preuve: si Noreena Hertz poursuit sa carrière universitaire, les éditions Alias.etc, qui avaient aussi publié "La santé aux mains des prédateurs" de Dominique Prédali et "La biopiraterie" de Vandana Shiva, thèmes toujours cruellement d'actualité en 2021, ont disparu...

 

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 16:37
Comme d'hab', EM a fait moult annonces, et comme d'hab', il a oublié qu'il n'est pas un souverain absolu, même s'il en rêve: les mesures qu'il a annoncées doivent être validées par le Conseil d’État- qui lui a déjà retoqué moult projets de lois- et éventuellement par le Conseil constitutionnel si certaines mesures se révèlent contraires à la constitution (qui établit la liberté d'aller et venir, entre autres). Ces mesures doivent aussi être votées par le Parlement, qui le fera vu la majorité LREM, mais pas forcément, car si un énorme mouvement "contre" se déclenche, ces chers députés se diront que ça commence à sentir le roussi...
Enfin, le fameux "pass sanitaire" a été autorisé juridiquement jusqu'au 30 septembre 2021. Au-delà de cette date, il faudra qu'il soit revoté.
Il peut aussi y avoir des actions juridiques car nombre de ces dispositions posent problème au regard du secret médical: est-ce vraiment de la compétence des directeurs de cinéma et théâtre, des tenanciers de bistrots et des restaurateurs de s'assurer que quelqu'un est Covid négatif ou vacciné?
Peut-on faire confiance à des gouvernants qui changent d'avis tous les deux mois? (ceci date de mars 2021): " Le ministre de la Santé estime qu’il est prématuré en l’état des connaissances scientifiques de différencier les "règles relatives aux limitations de circulation selon que les personnes ont reçu ou non des doses de vaccins". Olivier Véran invoque plusieurs arguments. D'une part, "l'efficacité partielle des vaccins", et en deuxième lieu le fait que "l'efficacité des vaccins est devenue particulièrement contingente du fait de l’apparition des nouveaux variants". Enfin, "le vaccin n'empêche pas de transmettre le virus aux tiers. L’impact de la vaccination sur la propagation du virus n’est pas encore connu".
Enfin le code de la déontologie médicale, qu'on peut voir affiché dans tous les hôpitaux, rappelle le consentement éclairé exigé des malades pour tout traitement médical. Exemple: même cancéreux en danger de mort, vous restez libre d'accepter ou refuser le traitement qu'on vous propose. Alors pour une maladie dont on guérit sans séquelles dans l'immense majorité des cas, comme Covid, il est évident qu'on ne peut ni ne doit vous imposer un vaccin. Autre problème déontologique: perso, je ne suis pas anti-vaccin, j'en ai reçu une tripotée toute ma jeunesse du fait de notre vie outre-mer. Même ceux contre la rage ou la fièvre jaune... qu'on acceptait vu le risque représenté par ces deux maladies mortelles. Ce qui n'a rien à voir avec le risque que fait courir Covid19 et même ses variants. 4 millions de morts dans le monde depuis le début de l'épidémie, sur 7 milliards d’habitants, ça reste largement inférieur à 1/1000 de mortalité. Alors, que les personnes fragiles, avec comorbidité, se fassent vacciner, à elles de peser le rapport bénéfice/risque. Mais pour la majorité des autres, je me suis tapée hier la lecture des effets secondaires des différents vaccins: pas un texte de complotiste, non, les fiches émanant du gouvernement et de la Direction de la santé. Eh bien, ces vaccins cumulent pas mal d'effets secondaires, et les plus graves, pouvant aller jusqu'au décès (même si c'est très rare, mais quand ça tombe sur son gosse, c'est du 100% chagrin) les plus graves, donc, touchent les jeunes. Qu'on vaccine non pas pour qu'ils n'attrapent pas la maladie, mais pour qu'ils ne contaminent pas les vieux et les personnes fragiles.
Eh bien moi, qui ne suis plus toute jeune, ça me gênerait énormément d'apprendre qu'un jeune vacciné s'est chopé une thrombose ou une myocardite pour ME protéger, moi et ma génération de boomers!
 
Il y a encore plus grave que le vaccin, c'est la façon dont nous sommes traités, infantilisés depuis 18 mois, et dont la tyrannie de la peur a rendu tant de gens frileux, peureux et agressifs envers celles et ceux qui résistent à la propagande.
Hier, j'ai bondi d'entendre Olivier Véran affirmer qu'en septembre, les soignants et personnels d'EHPAD non vaccinés ne pourraient plus travailler et ne seraient plus payés. Non mais, on hallucine, là! Ces personnes du soin et du lien comme dirait Ruffin, qu'on a envoyées au casse-pipe en 2020 sans masque et avec des sacs poubelles en guise de blouse, et qui ont continué à soigner dans des conditions extrêmement difficiles, voilà qu'on les menace de sanctions? Eh bien chiche: qu'en septembre, elles arrêtent tout, ne serait-ce qu'une semaine (pour ne pas perdre trop d'argent): une semaine avec des hôpitaux et cliniques sans soignants, pas d'urgences pour accueillir les accidentés, pas de personnel pour laver, faire manger et lever les vieux: cruel sans doute pour les malades et les personnes âgées, mais je vous garantis qu'en une semaine et peut-être moins, le chaos serait tel que le gouvernement serait obligé d'abandonner sa posture de petit chef et il supplierait toutes ces personnes plus utiles au pays que nos 109 milliardaires de revenir bosser comme elles le souhaitent, vaccinées ou non, et même peut-être avec des augmentations de salaires.
Ça s'appelle le rapport de force. De tous temps, ça a été le seul moyen de conquérir des droits sociaux et du respect. Les privilégiés ne donnent jamais spontanément, faut leur rappeler de temps à autre qui fait véritablement fonctionner le pays.
Comme il faut être cohérente, je quitte FB et n'y reviendrai que lorsque ce rézo cessera de nous coller des messages de propagande pour le vaccin et de censurer ceux qui ne collent pas à la doxa ambiante. D'une part parce que ce n'est pas le rôle de FB de s'occuper de politique sanitaire, d'autre part parce que j'ai très envie, si beaucoup m'imitent, de voir comment FB réagira en s'apercevant que sans nous, il ne sert à rien et perd des millions.
A compter de demain, 13 juillet, date anniversaire des émeutes parisiennes qui ont préludé à la Révolution française, je ne serai plus là, mais ceux et celles qui m'aiment et que j'aime savent où me trouver.
 

 

S'ÉLOIGNER DES NOCIFS
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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 19:46

Il paraît que cette saine colère de Victoria Abril, avec sa fougue et sa drôlerie en prime, a été censurée par Fesse- bouffe, ce qui n'est pas surprenant tant cette plate-forme dite réseau social devient mainstream et malheur à qui ne marche pas dans les clous des "standards de la communauté", j'en sais quelque chose pour avoir été plusieurs fois rappelée à l'ordre, un téton sur une sculpture du 16ème siècle, où le mot sexualité ayant écorché les algoritmes pudiques du réseau social.

Voici donc un lien pour regarder cette vidéo, j'espère qu'il ne sera pas à nouveau censuré: https://rumble.com/ve8wzd-victoria-abril-2021-assez-de-corona-cirque.html?fbclid=IwAR3fCyqvak-YmUYmO3CPN7KCD6XODPeGdVb6KE5BLGjhfE0XLg2xSwxbKQQ

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8 janvier 2021 5 08 /01 /janvier /2021 22:54

Il est parfois des synchronicités qui interpellent, que je ne peux appeler hasard.

Le 14 juin dernier j’évoquais sur Facebook “l'ami pianiste et guitariste aux faux airs d'Yves Montand qui m'a inspiré bien des écrits.” Le 16 juin, à 10h, j’ai écouté le podcast sur les amours plurielles auquel j'avais participé réalisé par Deborah Antoinat. J’y évoquais à nouveau cet homme aux faux airs d’Yves Montand rencontré quand j’avais 22 ans et jamais perdu de vue depuis, malgré des interludes dans nos rencontres, la plus longue ayant duré 7 ans. Depuis 2014, je le savais luttant contre un sale crabe et n’avais plus de nouvelles, malgré plusieurs essais de ci, de là, pour en avoir.
Et donc, synchronicité, j’ai appris sa mort le 18 juin 2020, survenue six mois plus tôt.
Il m’avait dit: “si je meurs, ne pleure pas”. Je lui avais répondu: “Je pleurerais si je veux!” mais je n’ai pas pleuré, parce que je me doutais de cette fatale échéance et l’avais intégrée depuis longtemps dans ma tête sans savoir ni quand ni comment je l’apprendrais. Je savais aussi qu’il serait à jamais vivant en moi: quand j’aime, c’est généralement pour la vie.
J’ai appris sa mort par une de ses amoureuses, que j’avais rencontrée il y a une douzaine d’années. Il lui avait dit en me désignant: “Tu vois celle-là? Ça fait trente ans qu’on se retrouve avec le même plaisir!” Elle m’avait demandé: “Tu me diras le secret pour rester belle et s’aimer longtemps?” Il m’avait montré des photos de cette jeune femme bien avant que je la rencontre, ne tarissant pas de mots chatoyants et brûlants à son égard, et leur histoire m’avait parue si belle que j’en avais fait une nouvelle publiée dans “Autres désirs, autres hommes”.
Je lui avais dit, lors de la parution du “Jeune homme au téléphone”: “Tu es dans un chapitre, as-tu trouvé lequel?”, il m’avait répondu “Je me suis reconnu dans chacune de tes lignes”. C’était son côté séducteur à l’italienne- bien qu’il fût de l’Est- qui m’agaçait parfois, me charmait souvent. Comme m’agaçait le fait qu’il dise si rarement des mots d’amour, et me charmait le fait qu’il me chuchote; “Quand je te presse le bras comme ça, ça vaut mille mots d’amour.”
Il m’avait dit “Tu seras sublime à 30 ans”, m’avait demandé quand il dépassa les soixante: “Comment tu me trouves?”, sûr de la réponse et me racontant que les vieilles dames qu’il visitait à l’hôpital- car c’était un catholique fervent et charitable, capable de parler de Dieu avec autant d’enthousiasme que du sexe- lui tâtait les mollets en douce! Avec les années, il avait gagné en tendresse, à un moment où la certitude de notre lien basé sur une joie de vivre commune faisait que j’avais moins besoin de mots qui rassurent, tout simplement heureuse qu’il existe.
J’ai donc appris sa mort par cette amoureuse qu’il aimait si fort, et merveille des amours plurielles, nous avons parlé de lui, de nos souvenirs et de ses amours multiples, avec la complicité unique des polyamoureuses qui aiment le même homme sans vouloir se l’approprier.
 
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18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 21:27

J'avais des CD à donner, avec le lecteur adéquat, pensant qu'en plus des vêtements, vaisselle ou couvertures qu'on donne aux gens démunis, un peu de musique et de chansons, de culture en somme, ne pouvait pas faire de mal, mais la responsable de la collecte me dit:

"Des CD? Plus personne n'en écoute, les gens ont leur musique sur leur smartphone."

A coup sûr, tout le monde a des fichiers MP3 sur téléphone ou ordinateur, mais en quoi cela empêche-t-il de continuer à écouter des CD, des vinyles, voire des audiocassettes dont j'ai déjà écrit que le son, après 40 ans, n'avait pas bougé alors que nul ne connaît la longévité des enregistrements numériques?

Ça empêche, lorsqu'on pense qu'un nouvel outil rend l'ancien obsolète, que le numérique doit supprimer l'analogique en matière de son, supprimer l'argentique en photo, le papier pour les écrits et le courrier, la pellicule pour les films, vous réveiller le matin et vous donner l'heure, bref que la société numérique va satisfaire tous vos besoins, exactement comme un mari/compagnon/amoureux est censé satisfaire tous vos besoins. Et de même qu'il est difficile d'expliquer à un mari/compagnon/amoureux exclusif que non, les autres ne le remplacent pas mais le complètent, que si les gestes de l'amour sont les mêmes, leurs vibrations diffèrent avec chaque partenaire, un.e smartphonomaniaque à qui vous expliquez que si les notes sont les mêmes, le son, sa rondeur, son ampleur, sont différents sur un CD, un vinyle, une cassette ou un MP3, ouvre des yeux rondissimes! Ajoutons que se priver des mots "électrophone, platine, tourne-disque, saphir, K7, faceA/faceB" c'est appauvrir la langue et il est navrant que tant d'enfants ne sachent plus lire l'heure sur une montre à aiguilles, et tant d'adultes lire une carte routière "parce qu'il y a Google maps". Pratique le GPS, certes, mais il nous enlève une compétence essentielle quand nous devenons incapables de nous diriger sans lui.

"Les gens ont mis leur cerveau et leur vie dans leur téléphone m'a dit un ami. L'ennui, c'est que c'est tout petit, compressé, donc ça rend leurs pensées toutes petites et compressées, ou alors il faut qu'elles pèsent très peu lourd!"

Et puis, à confier sa vie, ses musiques, son carnet d'adresses, ses photos, messages, conversations... à son seul téléphone, on se retrouve, en cas de vol de l'appareil, aussi nu.e et désespéré.e qu'un.e conjointe abandonné.e par l'homme ou la femme de sa vie, et c'est tout de même ballot d'être à ce point dépendant.e!

( Source: statista/Opinion way)

 

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