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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 16:37
Comme d'hab', EM a fait moult annonces, et comme d'hab', il a oublié qu'il n'est pas un souverain absolu, même s'il en rêve: les mesures qu'il a annoncées doivent être validées par le Conseil d’État- qui lui a déjà retoqué moult projets de lois- et éventuellement par le Conseil constitutionnel si certaines mesures se révèlent contraires à la constitution (qui établit la liberté d'aller et venir, entre autres). Ces mesures doivent aussi être votées par le Parlement, qui le fera vu la majorité LREM, mais pas forcément, car si un énorme mouvement "contre" se déclenche, ces chers députés se diront que ça commence à sentir le roussi...
Enfin, le fameux "pass sanitaire" a été autorisé juridiquement jusqu'au 30 septembre 2021. Au-delà de cette date, il faudra qu'il soit revoté.
Il peut aussi y avoir des actions juridiques car nombre de ces dispositions posent problème au regard du secret médical: est-ce vraiment de la compétence des directeurs de cinéma et théâtre, des tenanciers de bistrots et des restaurateurs de s'assurer que quelqu'un est Covid négatif ou vacciné?
Peut-on faire confiance à des gouvernants qui changent d'avis tous les deux mois? (ceci date de mars 2021): " Le ministre de la Santé estime qu’il est prématuré en l’état des connaissances scientifiques de différencier les "règles relatives aux limitations de circulation selon que les personnes ont reçu ou non des doses de vaccins". Olivier Véran invoque plusieurs arguments. D'une part, "l'efficacité partielle des vaccins", et en deuxième lieu le fait que "l'efficacité des vaccins est devenue particulièrement contingente du fait de l’apparition des nouveaux variants". Enfin, "le vaccin n'empêche pas de transmettre le virus aux tiers. L’impact de la vaccination sur la propagation du virus n’est pas encore connu".
Enfin le code de la déontologie médicale, qu'on peut voir affiché dans tous les hôpitaux, rappelle le consentement éclairé exigé des malades pour tout traitement médical. Exemple: même cancéreux en danger de mort, vous restez libre d'accepter ou refuser le traitement qu'on vous propose. Alors pour une maladie dont on guérit sans séquelles dans l'immense majorité des cas, comme Covid, il est évident qu'on ne peut ni ne doit vous imposer un vaccin. Autre problème déontologique: perso, je ne suis pas anti-vaccin, j'en ai reçu une tripotée toute ma jeunesse du fait de notre vie outre-mer. Même ceux contre la rage ou la fièvre jaune... qu'on acceptait vu le risque représenté par ces deux maladies mortelles. Ce qui n'a rien à voir avec le risque que fait courir Covid19 et même ses variants. 4 millions de morts dans le monde depuis le début de l'épidémie, sur 7 milliards d’habitants, ça reste largement inférieur à 1/1000 de mortalité. Alors, que les personnes fragiles, avec comorbidité, se fassent vacciner, à elles de peser le rapport bénéfice/risque. Mais pour la majorité des autres, je me suis tapée hier la lecture des effets secondaires des différents vaccins: pas un texte de complotiste, non, les fiches émanant du gouvernement et de la Direction de la santé. Eh bien, ces vaccins cumulent pas mal d'effets secondaires, et les plus graves, pouvant aller jusqu'au décès (même si c'est très rare, mais quand ça tombe sur son gosse, c'est du 100% chagrin) les plus graves, donc, touchent les jeunes. Qu'on vaccine non pas pour qu'ils n'attrapent pas la maladie, mais pour qu'ils ne contaminent pas les vieux et les personnes fragiles.
Eh bien moi, qui ne suis plus toute jeune, ça me gênerait énormément d'apprendre qu'un jeune vacciné s'est chopé une thrombose ou une myocardite pour ME protéger, moi et ma génération de boomers!
 
Il y a encore plus grave que le vaccin, c'est la façon dont nous sommes traités, infantilisés depuis 18 mois, et dont la tyrannie de la peur a rendu tant de gens frileux, peureux et agressifs envers celles et ceux qui résistent à la propagande.
Hier, j'ai bondi d'entendre Olivier Véran affirmer qu'en septembre, les soignants et personnels d'EHPAD non vaccinés ne pourraient plus travailler et ne seraient plus payés. Non mais, on hallucine, là! Ces personnes du soin et du lien comme dirait Ruffin, qu'on a envoyées au casse-pipe en 2020 sans masque et avec des sacs poubelles en guise de blouse, et qui ont continué à soigner dans des conditions extrêmement difficiles, voilà qu'on les menace de sanctions? Eh bien chiche: qu'en septembre, elles arrêtent tout, ne serait-ce qu'une semaine (pour ne pas perdre trop d'argent): une semaine avec des hôpitaux et cliniques sans soignants, pas d'urgences pour accueillir les accidentés, pas de personnel pour laver, faire manger et lever les vieux: cruel sans doute pour les malades et les personnes âgées, mais je vous garantis qu'en une semaine et peut-être moins, le chaos serait tel que le gouvernement serait obligé d'abandonner sa posture de petit chef et il supplierait toutes ces personnes plus utiles au pays que nos 109 milliardaires de revenir bosser comme elles le souhaitent, vaccinées ou non, et même peut-être avec des augmentations de salaires.
Ça s'appelle le rapport de force. De tous temps, ça a été le seul moyen de conquérir des droits sociaux et du respect. Les privilégiés ne donnent jamais spontanément, faut leur rappeler de temps à autre qui fait véritablement fonctionner le pays.
Comme il faut être cohérente, je quitte FB et n'y reviendrai que lorsque ce rézo cessera de nous coller des messages de propagande pour le vaccin et de censurer ceux qui ne collent pas à la doxa ambiante. D'une part parce que ce n'est pas le rôle de FB de s'occuper de politique sanitaire, d'autre part parce que j'ai très envie, si beaucoup m'imitent, de voir comment FB réagira en s'apercevant que sans nous, il ne sert à rien et perd des millions.
A compter de demain, 13 juillet, date anniversaire des émeutes parisiennes qui ont préludé à la Révolution française, je ne serai plus là, mais ceux et celles qui m'aiment et que j'aime savent où me trouver.
 

 

S'ÉLOIGNER DES NOCIFS
S'ÉLOIGNER DES NOCIFS
S'ÉLOIGNER DES NOCIFS
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11 avril 2021 7 11 /04 /avril /2021 19:46

Il paraît que cette saine colère de Victoria Abril, avec sa fougue et sa drôlerie en prime, a été censurée par Fesse- bouffe, ce qui n'est pas surprenant tant cette plate-forme dite réseau social devient mainstream et malheur à qui ne marche pas dans les clous des "standards de la communauté", j'en sais quelque chose pour avoir été plusieurs fois rappelée à l'ordre, un téton sur une sculpture du 16ème siècle, où le mot sexualité ayant écorché les algoritmes pudiques du réseau social.

Voici donc un lien pour regarder cette vidéo, j'espère qu'il ne sera pas à nouveau censuré: https://rumble.com/ve8wzd-victoria-abril-2021-assez-de-corona-cirque.html?fbclid=IwAR3fCyqvak-YmUYmO3CPN7KCD6XODPeGdVb6KE5BLGjhfE0XLg2xSwxbKQQ

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8 janvier 2021 5 08 /01 /janvier /2021 22:54

Il est parfois des synchronicités qui interpellent, que je ne peux appeler hasard.

Le 14 juin dernier j’évoquais sur Facebook “l'ami pianiste et guitariste aux faux airs d'Yves Montand qui m'a inspiré bien des écrits.” Le 16 juin, à 10h, j’ai écouté le podcast sur les amours plurielles auquel j'avais participé réalisé par Deborah Antoinat. J’y évoquais à nouveau cet homme aux faux airs d’Yves Montand rencontré quand j’avais 22 ans et jamais perdu de vue depuis, malgré des interludes dans nos rencontres, la plus longue ayant duré 7 ans. Depuis 2014, je le savais luttant contre un sale crabe et n’avais plus de nouvelles, malgré plusieurs essais de ci, de là, pour en avoir.
Et donc, synchronicité, j’ai appris sa mort le 18 juin 2020, survenue six mois plus tôt.
Il m’avait dit: “si je meurs, ne pleure pas”. Je lui avais répondu: “Je pleurerais si je veux!” mais je n’ai pas pleuré, parce que je me doutais de cette fatale échéance et l’avais intégrée depuis longtemps dans ma tête sans savoir ni quand ni comment je l’apprendrais. Je savais aussi qu’il serait à jamais vivant en moi: quand j’aime, c’est généralement pour la vie.
J’ai appris sa mort par une de ses amoureuses, que j’avais rencontrée il y a une douzaine d’années. Il lui avait dit en me désignant: “Tu vois celle-là? Ça fait trente ans qu’on se retrouve avec le même plaisir!” Elle m’avait demandé: “Tu me diras le secret pour rester belle et s’aimer longtemps?” Il m’avait montré des photos de cette jeune femme bien avant que je la rencontre, ne tarissant pas de mots chatoyants et brûlants à son égard, et leur histoire m’avait parue si belle que j’en avais fait une nouvelle publiée dans “Autres désirs, autres hommes”.
Je lui avais dit, lors de la parution du “Jeune homme au téléphone”: “Tu es dans un chapitre, as-tu trouvé lequel?”, il m’avait répondu “Je me suis reconnu dans chacune de tes lignes”. C’était son côté séducteur à l’italienne- bien qu’il fût de l’Est- qui m’agaçait parfois, me charmait souvent. Comme m’agaçait le fait qu’il dise si rarement des mots d’amour, et me charmait le fait qu’il me chuchote; “Quand je te presse le bras comme ça, ça vaut mille mots d’amour.”
Il m’avait dit “Tu seras sublime à 30 ans”, m’avait demandé quand il dépassa les soixante: “Comment tu me trouves?”, sûr de la réponse et me racontant que les vieilles dames qu’il visitait à l’hôpital- car c’était un catholique fervent et charitable, capable de parler de Dieu avec autant d’enthousiasme que du sexe- lui tâtait les mollets en douce! Avec les années, il avait gagné en tendresse, à un moment où la certitude de notre lien basé sur une joie de vivre commune faisait que j’avais moins besoin de mots qui rassurent, tout simplement heureuse qu’il existe.
J’ai donc appris sa mort par cette amoureuse qu’il aimait si fort, et merveille des amours plurielles, nous avons parlé de lui, de nos souvenirs et de ses amours multiples, avec la complicité unique des polyamoureuses qui aiment le même homme sans vouloir se l’approprier.
 
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18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 21:27

J'avais des CD à donner, avec le lecteur adéquat, pensant qu'en plus des vêtements, vaisselle ou couvertures qu'on donne aux gens démunis, un peu de musique et de chansons, de culture en somme, ne pouvait pas faire de mal, mais la responsable de la collecte me dit:

"Des CD? Plus personne n'en écoute, les gens ont leur musique sur leur smartphone."

A coup sûr, tout le monde a des fichiers MP3 sur téléphone ou ordinateur, mais en quoi cela empêche-t-il de continuer à écouter des CD, des vinyles, voire des audiocassettes dont j'ai déjà écrit que le son, après 40 ans, n'avait pas bougé alors que nul ne connaît la longévité des enregistrements numériques?

Ça empêche, lorsqu'on pense qu'un nouvel outil rend l'ancien obsolète, que le numérique doit supprimer l'analogique en matière de son, supprimer l'argentique en photo, le papier pour les écrits et le courrier, la pellicule pour les films, vous réveiller le matin et vous donner l'heure, bref que la société numérique va satisfaire tous vos besoins, exactement comme un mari/compagnon/amoureux est censé satisfaire tous vos besoins. Et de même qu'il est difficile d'expliquer à un mari/compagnon/amoureux exclusif que non, les autres ne le remplacent pas mais le complètent, que si les gestes de l'amour sont les mêmes, leurs vibrations diffèrent avec chaque partenaire, un.e smartphonomaniaque à qui vous expliquez que si les notes sont les mêmes, le son, sa rondeur, son ampleur, sont différents sur un CD, un vinyle, une cassette ou un MP3, ouvre des yeux rondissimes! Ajoutons que se priver des mots "électrophone, platine, tourne-disque, saphir, K7, faceA/faceB" c'est appauvrir la langue et il est navrant que tant d'enfants ne sachent plus lire l'heure sur une montre à aiguilles, et tant d'adultes lire une carte routière "parce qu'il y a Google maps". Pratique le GPS, certes, mais il nous enlève une compétence essentielle quand nous devenons incapables de nous diriger sans lui.

"Les gens ont mis leur cerveau et leur vie dans leur téléphone m'a dit un ami. L'ennui, c'est que c'est tout petit, compressé, donc ça rend leurs pensées toutes petites et compressées, ou alors il faut qu'elles pèsent très peu lourd!"

Et puis, à confier sa vie, ses musiques, son carnet d'adresses, ses photos, messages, conversations... à son seul téléphone, on se retrouve, en cas de vol de l'appareil, aussi nu.e et désespéré.e qu'un.e conjointe abandonné.e par l'homme ou la femme de sa vie, et c'est tout de même ballot d'être à ce point dépendant.e!

( Source: statista/Opinion way)

 

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5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 19:09

Him-li-co et autres contes" est un livre qui permet aux enfants et aux plus grands de voyager à travers l'espace et le temps, entrer dans un tableau et se retrouver au XIIIème siècle, rencontrer un homme qui ne mourra jamais, aller au centre de la terre, seule invention de Jules Verne qui n'a jamais été réalisée, tandis que les enfants de ces contes y descendent... en ascenseur.

Ils s'affranchissent du temps grâce à une minute oubliée, merveilleuse histoire dont je vous offre ici un large extrait lu par Françoise Cheritel:

https://soundcloud.com/user-611862450/extrait-minute-echappee

Et pour les plus grands, un peu d'érotisme pour oublier l'isolement et le confinement. Cadeau! Les audios livres complets sont aussi édités par Voolume et distribués sur toute les plate-formes, notamment Book d'Oreille, qui font un gros travail pour ne pas laisser le numérique aux mains des GAFA:

https://soundcloud.com/user-611862450/parking-de-nuit

https://soundcloud.com/user-611862450/erection-presidentielle

et puisque c'est bientôt Noël:

https://soundcloud.com/user-611862450/cadeau-de-noel

 

 

 

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3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 17:27
En juin 1973, Inspectrice stagiaire du Trésor, je réalisai que si le travail en soi était intéressant, jamais je ne pourrai supporter le formatage des fonctionnaires faits, comme me l'avait dit plaisamment un collègue, "pour fonctionner, comme leur nom l'indique". Mais comment me tirer d'un contrat de 7 ans qui, si je le rompais, me forcerait à rembourser deux années d'études financées par l'administration? (même système que le CAPES).
Un soir de blues, j'écrivis pourquoi je ne voulais pas être fonctionnaire, et je décrivais comment on fabrique des gens dressés à obéir, les réfractaires étant considérés comme indignes de la noble fonction publique. Le lendemain, toujours cafardeuse car je sentais que se jouait là une grosse partie, je me trouvai 100 rue Réaumur, devant l'immeuble de Hachette qui à l'époque abritait France-soir, France-Dimanche, Télé 7 jours... et ELLE, que lisaient plusieurs femmes de la famille. Et qui donc, m'intimidait moins.
Une intuition, une audace me firent grimper au 5è étage où il y avait peu de monde car fin juin les congés décimaient les effectifs. L'huissier à qui je dis que j’apportais un "papier" (terme journalistique pour article, comment le savais-je, quel diablotin me l'avait-il soufflé?)m'envoya chez Marie-Françoise Leclère, chef de rubrique "Société" à ELLE, en charge des sujets qui passionnaient les femmes après 68: avortement, droit des femmes, divorce, égalité femmes/hommes... Elle fut surprise quand, vêtue d'une mini-robe rouge à bretelles sur un chemisier blanc à manches ballon, je lui dis: "Je suis percepteur, je ne veux pas le rester et j'ai écrit pourquoi."
Elle n'avait jamais imaginé un percepteur de ce style, ni imaginé que je pouvais avoir du style, qu'elle résuma deux jours plus tard: " Vous avez tout à apprendre, mais vous avez une plume."
Huit jours plus tard, un ami travaillant au Ministère des Finances m'appela effaré: "C'est incroyable! Depuis ce matin, toutes les secrétaires sont envoyées au kiosque pour rapporter ELLE à leur chef de service. Même le Ministre en a demandé des exemplaires!" Le ministre s'appelait Valery Giscard d'Estaing . Moins d'un an plus tard, il devint Président de la République.
Paradoxalement, les "années Giscard" restent pour moi un souvenir radieux: c'était mon entrée dans le journalisme, avec des sujets à traiter pleins du bouillonnement contestataire des seventies, une rédactrice en chef (Daisy de Galard) qui m'a tout appris, depuis le titrage et calibrage d'un papier jusqu'aux commentaires de mode (!!!) en passant par cette maxime: " Un journaliste doit sortir, il n'est pas là pour garder les murs mais pour regarder, interroger, comprendre et faire comprendre."
Giscard a dépénalisé l’adultère, jusqu'ici passible de prison et plus sévère pour les "infidélités" des femmes, fait voter la loi légalisant l'avortement, et renforcé les droits du Parlement, si méprisés aujourd'hui...
Les années Giscard sont celles de ma jeunesse, des bouclages au Charlie-Hebdo historique, avec tous les amis aujourd'hui morts, des réunions féministes avec les "gouines rouges radicales", des papiers écologistes à la Gueule Ouverte ou au Sauvage avec Reiser qui m'invitait parfois à manger chez lui, dans son appartement du 14ème bourré de panneaux solaires.
Les années Giscard sont celles où j’espérais que "la gauche au pouvoir" changerait la vie, le monde. Le militantisme de cette époque, c'était un peu comme penser à un voyage avant le voyage, comme monter l'escalier avant de faire l'amour, comme faire sa valise en rêvant d’évasion. A l'arrivée surviennent les déconvenues à l'aune du rêve si longtemps attendu, la fin de l'espoir à partir de 1984, dont je ne suis pas encore remise.
 

 

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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 17:19
Trois heures à occuper entre deux enregistrements d’émissions. D’ordinaire, j’écris dans un bistrot, y déjeune, vais visiter une expo… Mais en temps de confinement, tout est fermé. Où me poser pour grignoter?
Une banque? Un coin de cimetière? Une église? Une tente de dépistage Covid19? Un service public (déjà fait un jour de pluie, l’accueil est mitigé, j’avais mangé debout dans un coin, loin des guichets, en attendant que passe l’orage.)
Je finis par dénicher un petit square, des bancs poussiéreux avec une seule empreinte de fesses par banc, la distanciation sociale est respectée! Je pose les miennes sur la surface ainsi nettoyée et mange avec les doigts comme les autres esseulés en mal de bars, de cantine, de resto d’entreprise…
Quelques coups de fil professionnels, vingt pages de lecture: plus qu’une heure trente à tuer. Il ne pleut pas, mais fait frisquet quand on reste immobile. Je trouve refuge dans une sanisette, et me sens tout émue quand une voix de synthèse me susurre alors que j’appuie sur la chasse pour pipi:
– Merci d’avoir choisi un débit économe.
Enfin une voix quasi humaine, écolo de surcroît!
Plus qu’une heure quinze avant mon rendez-vous. Je décide de marcher droit devant moi pendant une demi-heure, puis de revenir sur mes pas et j’arriverai avec un peu d’avance au rendez-vous, ça se fait…
Paris est étrange avec ses bars, restos et boutiques closes. Closes mais pas fermées: au fond des établissements, des silhouettes fantomatiques s’affairent à préparer des nourritures à emporter, un resto propose des “paniers de fruits et légumes de la ferme” (la ferme, quelle ferme?), on prétend que les français ne savent pas s’adapter, j’admire au contraire leur obstination à exister malgré le coup de gomme sur la vie de la ville.
La notion de commerces essentiels me laisse rêveuse: librairies fermées, mais une papeterie ouverte. Ainsi qu’un bazar de gadgets divers à tous les prix, un vendeur de serrures et cadenas, et un autre de rubans, fils et autres articles de mercerie.
Dans une rue piétonnière, un restaurant propose des plats à emporter… et du café en gobelets de carton, pas de plastique: je m’arrête, demande un café pour réchauffer mes doigts gourds. Le patron me désigne une table sous la terrasse couverte, et déserte:
- Là, vous aurez moins froid.
- Mais les clients sont interdits?
Il sourit: “Si on vous demande quelque chose, vous êtes la serveuse et vous êtes en pause.”
Waouh! Un désobéissant humain et souriant: dès que son resto rouvrira, sûr que j’irai y déjeuner!
 
 
 
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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 15:45

Longtemps, j'ai cherché l'idée unificatrice qui me permettrait de récuser la jalousie, l'oppression des peuples, le racisme, l'esclavage, l'exploitation au travail, bref les rapports de pouvoir, car il me semblait que les amours plurielles dont on m'a fait une spécialité (!), ne sont que le premier centimètre d'un fil d'Ariane qui permet de remettre en cause bien d'autres pouvoirs que la norme amoureuse. Même si, reconnaissons-le, on trouve des machos et des jaloux/ses chez des personnes combattant par ailleurs toutes sortes d'oppressions.

Ce fil conducteur- "l'autre est une personne, donc un sujet libre"- je l'ai senti en réalisant que s'il me semble naturel que mes amours aiment qui elles veulent (Amour, féminin au pluriel) je n'apprécie pas en revanche que l'on m'emprunte un stylo ou un pull sans me demander mon avis. A quelqu'un qui s'étonnait que je ne sois pas jalouse d'être "trompée" mais que je défende "jalousement" un objet m'appartenant, je répondis:

- C'est simple: une personne est un sujet, donc un être libre de choisir sa vie, son ou ses amours, d'aller et venir ou de travailler selon ses désirs... Je n'ai pas à lui dicter sa conduite pas plus que je ne supporte qu'on me dicte la mienne.  Lui dire si cela me plaît ou non, si je ressens des émotions négatives ou positives à son égard, bien sûr, mais sans imposer ce que moi, je pense bon. Aucune personne ne m'appartient, pas plus que je n'appartiens à quiconque. En revanche mon pull, mon stylo, mon vélo... sont des objets qui m'appartiennent et sur lesquels je me donne un droit de regard."

Certes, c'est aisé à théoriser, plus difficile à intégrer totalement dans son quotidien. Toute rencontre comportant son lot de difficultés, il est tentant de vouloir les maîtriser en maîtrisant l'autre, tentant d'évaluer l'importance de l'amour qu'une personne nous porte à l'aune du pouvoir qu’on a sur elle. Les rapports de force existent même lorsqu'ils se parent d'oripeaux affectifs. Tentant de profiter de son statut social pour dominer l'autre, de créer des échelles de valeur qui ne sont que des escabeaux du pouvoir. De s'évaluer soi-même à l'aune du regard des autres, se comparer...

Il faut du temps non pas pour admettre, mais pour ressentir au plus profond de soi la liberté des autres même quand elle peut nous heurter. Du temps pour apprendre à assumer sans se victimiser les incertitudes de toute situation, à cultiver l'attachement/détachement qui permet de conjuguer sentiments et autonomie, désir et indépendance, loin des passions dévorantes et des relations de pouvoir. Attachement/détachement qui aide à se forger un ego fort mais pas arrogant, à garder du recul sur les louanges comme sur les critiques, à vivre les ruptures et les deuils avec tristesse mais sans désespoir.

C'est long, mais ensuite quel soulagement! En n'ayant plus envie de possession ni de pouvoir- et en refusant que quiconque exerce un pouvoir sur soi- on accède à une liberté intérieure qui permet non seulement de ne plus ressentir de jalousie (amoureuse, professionnelle, familiale) mais aussi de ne plus accepter de travail humiliant, de se moquer du regard jugeant d'autrui et de se garder soi-même de juger hâtivement. Le travail devient un échange matériel: force de travail contre argent, mais pas soumission ni crainte hiérarchique où on perdrait son âme.  Chaque différence devient un enrichissement: ta culture, ta couleur de peau, tes croyances ne sont pas les miennes mais elles ne déterminent aucune supériorité de moi sur toi ou de toi sur moi, même si nos discussions peuvent être vives et exprimer des désaccords. On échange, on ne cherche pas à avoir raison ni à dominer, on apprend à stopper les conflits inutiles, à se garder des relations toxiques.

Se méfier alors de la grammaire, car il existe des pluriels bien singuliers. Considérer l'Autre comme un sujet, c'est respecter sa liberté. Considérer les autres comme ses sujets, c'est se prendre pour un Monarque.

https://www.youtube.com/watch?v=98uUxfo_eMw

 

 

 

 

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14 octobre 2020 3 14 /10 /octobre /2020 10:09

Par une soirée automnale je suis allée voir "Le bonheur des uns..." film de Daniel Cohen dont j'avais apprécié "Le prénom". Le thème du film était intéressant: "Comment le succès d'une personne influe sur le regard que porte ses ami.es sur elle, et modifie son propre comportement?" Comme le succès était littéraire, j'étais aussi curieuse de voir si le milieu de l'édition présenté cadrait avec ce que j'en connais. Curieuse aussi de voir comment serait exprimée à l'écran ce sentiment si ambigu qu'est la jalousie. Ambigu, car la jalousie- amoureuse et professionnelle- s'exprime généralement à l'égard de gens qu'on aime ou apprécie, la vie des autres nous laissant de marbre.

Hélas, ce film est affligeant, caricatural: avec une Florence Foresti horripilante qui ne sait manifestement pas que crier et grimacer ne suffit pas à créer un personnage, une Bérénice Bejo si niaise qu'elle en devient insipide malgré son sourire et ses grands yeux toujours adorables, un Vincent Cassel absolument pas convaincant dans son rôle de macho un peu crétin. Seul François Damiens tire- un peu- son épingle du jeu... par comparaison avec le vide abyssal de ses partenaires. Quant aux dialogues, ils sonnent si faux, les situations décrites sont tellement "clichés", qu'on ressent un ennui profond...

Ajoutons que faire croire qu'un premier roman vend 50 000 ex en une semaine (alors que la moyenne des ventes d'un premier roman tourne autour de 400 ex) et que l'auteur ainsi comblé publie son second roman quelques mois après, c'est condamner les éditeurs à recevoir des milliers de manuscrits d'auteurs potentiels persuadés qu'ils vont faire fortune, et c'est surtout- plus grave- nier la somme de travail, de technique et d'énergie que requiert l'écriture d'un roman. Donner à penser qu'un traitement de texte ou un cahier et un stylo permettent à tout un chacun d'écrire un livre ou qu'une caméra rend n'importe qui cinéaste, c'est nier l'immense travail que requiert chaque œuvre, la nécessité de construire un scénario, l'importance du travail de préparation comme de finitions, bref c'est insultant pour eux... Bizarrement personne ne pense être artiste peintre en achetant une boîte d'aquarelles, ou musicien de talent en grattouillant sa guitare (quoique, si, quelquefois...)Enfin, parmi les invraisemblances du film qui en est truffé, on n'a jamais vu l'auteur d'un seul livre, même à succès, être décoré Chevalier des arts et lettres, et annoncer que l'auteure jouée par Bérénice Bejo a eu le Prix interallié est invraisemblable puisque ce prix est réservé aux romans écrits par des journalistes, alors que Bérénice, dans le film, est vendeuse de fringues. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, c'est le signé évident d'un manque de travail et de rigueur. Dommage, car le thème de la jalousie et de la réussite était intéressant, espérons qu'il sera un jour traité par un vrai cinéaste.

"Héritières" est un western en format court. Mais derrière ce projet, outre chaque membre de l'équipe, tous professionnels et motivés, il y a 5 ans d'écriture et de réflexion, et des heures de réunions et de préparation.

https://www.facebook.com/205336589530248/videos/385086105863145/

 

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6 octobre 2020 2 06 /10 /octobre /2020 08:15

Qu'ils/elles nous ont gavé.es, les chantres de la sagesse Bouddhiste, hindouiste, Zénistes avec leur injonction à "vivre le présent" sans regards sur le passé, sans projections sur l'avenir, seul moyen, selon ces gourous d'arriver au bonheur ou au moins à la sérénité.

Eh bien nous y voilà! Un peu forcés, faut dire, obligés de vivre l'instant présent et uniquement lui, car d'un jour à l'autre, d'une semaine à l'autre, l'avenir est devenu flou et même sans aucune visibilité. Exemples: une présentation de bières artisanales dans un village de l'Allier, prévue samedi 3 octobre, a été annulée trois jours avant cette date par les autorités "pour raisons sanitaires" sans la moindre considération pour l'énergie, l'argent et l'espoir des organisateurs. Le week-end précédent, le festival "Tournée générale" à Paris proposait aux consommateurs de plusieurs bistrots du 12ème arrondissement des spectacles de poésie, danse, musique, théâtre où chacun prenait la responsabilité de sa protection: masqués, à distance de son prochain ou sa prochaine pour les consommateurs assis, voire regardant le spectacle depuis l'extérieur pour ne pas côtoyer le moindre humanoïde.Malgré ces contraintes, j'ai été frappée par les yeux qui brillaient, le bonheur dans les regards, l'envie de participer, de communiquer... et me suis dit que la culture, quelle que soit sa forme, est décidément aussi vitale que la nourriture, indispensable à l'équilibre mental, essentielle pour la santé. Mais voilà qu'Anaïs Heluin, l'une des instigatrices du festival qui regroupe moult passionnés et bénévoles me dit qu'avec la fermeture des bars à 22h, le programme du week-end suivant est tout chamboulé, voire amputé. Ce qui met évidemment en péril cette initiative financièrement fragile.

L'instant présent, my foot! Que vaut-il lorsqu'il est impossible de prononcer cette simple phrase: "Tu fais quoi à Noël?" vu qu'à Noël on ne sait pas si on pourra se déplacer, s'il y aura relâchement ou aggravation des contraintes, si la musique sera toujours considérée "covidogène" par les autorités ( tant d'absurdité noue le plexus!) ou si une grippe saisonnière bien virulente aura provoqué tant de décès que le Corona, par comparaison, semblera véniel. Que vaut le présent lorsque tout projet est soumis au bon vouloir de préfets dont on se demande s'ils sont réellement compétents en santé publique, vu que les médecins eux-mêmes ne s'entendent pas sur la cohérence de la politique sanitaire. Que vaut le présent lorsque le passé si proche- il y a moins d'un an- semble à des années-lumière, comme un paradis perdu malgré les problèmes sociaux et économiques qu'il contenait, tout simplement parce qu'il laissait une part d'espoir, de liberté et de possibilité de luttes. Maintenir la population sous contraintes et menaces d'amendes sous prétexte de la protéger, c'est faire fi de son bon sens, lui intimer qu'elle est "irresponsable", l'infantiliser, lui enlever tout projet d'avenir face à un présent sans espoir.

Voilà pourquoi il est essentiel de soutenir celles et ceux qui continuent à imaginer les jours d'après, à proposer de l'enthousiasme, de la poésie, de la contestation, de l'indignation et du plaisir. Merci à Tournée générale à qui je souhaite un avenir poétique et prospère, merci à Douze films qui a décidé de lutter contre la morosité ambiante en se lançant dans un projet de western féministe, écologiste et engagé, une folie par les temps qui courent, mais ainsi que le disait la Rochefoucault: " Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il pense."

 

 

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