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Désirs de lecture

                                                                    des questions, des réponses, l'ouverture des possibles

 

L’érotisme est au coin de la rue

Le livre du grand Tout


Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture
Vendredi 26 juin 2009

Participé le 18 juin à l’émission de Brigitte Lahaie sur RMC, pour le Guide des amours plurielles. Durant une pause publicitaire, Brigitte m’a confié : « Quand on a exploré sa sexualité, on sait ce qu’elle apporte et ce qu’elle n’apporte pas. On peut alors avoir avec certains hommes des relations intenses sans sexualité, car on sait que la sexualité n’est qu’un élément parmi d’autres d’une relation amoureuse. Elle prend alors sa juste place. Malheureusement, il reste tant de tabous et de craintes que beaucoup de gens se focalisent sur la question sexuelle, au détriment du relationnel. »

Reçu le lien vers cette vidéo « Sarkozy, vampire des medias » à voir absolument. Tournée par des journalistes suisses, elle montre l’inféodation des journalistes français aux stratégies de communication du président.  Le stupéfiant n’est pas que celui-ci use et abuse de la communication télévisuelle. Comme dit en substance un journaliste : « NS a moins lu que ses prédécesseurs,  mais il a passé beaucoup de temps devant la TV. Il est significatif qu’il ait plusieurs fois dit à des  vedettes de l’écran : « nous faisons un peu le même métier ». On pourrait pourtant penser que la politique ne consiste pas seulement à jouer la comédie… » Le stupéfiant est que les journalistes se prêtent à ce jeu, qu’ils aient une telle fascination pour le strass, le protocole et l’apparat qui accompagnent les princes qui nous gouvernent… D’un pays qui a aboli la monarchie, c’est étrange.

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&bcid=673809#vid=10784729


Déambulé avec ma fille aînée dans les rues de  Paris.  On regardait les soldes tout en bavardant, et c’était bien plaisant. Je lui ai demandé « Il y a des choses qui te plaisent ? », elle m’a répondu « Oui, mais aucune dont j’ai réellement besoin. » Idem pour moi. On a finalement rien acheté. Sans aucune frustration, car en cas de coup de cœur, bien sûr, on aurait succombé avec délice.  Céder à un coup de cœur, un vrai, ça ne se refuse pas. Mais en shopping comme en amour,  ils ne sont pas si nombreux, et c’est un plaisir de gourmet de rester sélectif…


Apprécié la poésie involontaire de certains spams traduits du coréen en anglais puis en français, le dernier en date avait pour objet : Gain de plus la ténacité et pour message : La puissance de votre flèche et faire de votre fille une fois de gémir! Je n’ai aucune idée du produit qu’il veut promouvoir mais à mon avis, c’est sexuel !

 

Discuté avec un lecteur de la dimension politique du Lutinage. « Imagine que les politiciens, les chefs d’entreprise, et même les citoyens travaillent sur leur ego pour être moins narcissiques, qu’ils décident de partager les ressources et le travail, cessent de se mettre en compétition systématique et troquent la domination contre le dialogue … ces principes indispensables pour vivre le Lutinage harmonieusement modifieraient considérablement la vie en société.   


Décidé de gommer de mon emploi du temps les relations qui me pèsent, les raouts professionnels (il y en a heureusement de moins en moins, crise oblige) et certains dîners qu’on accepte avec des gens dont on ne raffole pas. Cela me permettra d’avoir plus de temps pour les gens dont je raffole…


Terminé mon roman « Jouer au monde » dans la nuit de jeudi à vendredi, d’abord entre 1h30 et 3h30, puis entre 7h et 13h.  Ne reste plus qu’à lui trouver un éditeur, ou à l’éditer. 


En attendant, je m’arrache à votre affection pour partir quelques jours : vélo, nature et papotages entre copines J. J’en rêve ! Retour le 5 juillet.

 

 

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : En vrac
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Lundi 22 juin 2009

Ce matin, je me suis réveillée en me disant « zut ! C’est lundi, faut que j’écrive un billetblog, le dernier date de vendredi ». Deux par semaine, rythme minimum mais mine de rien ça prend un temps fou : recherche d’idée, rédaction, mise en forme, recherche de photos… » puis réponse aux commentaires. Sans oublier la nécessité de programmer deux ou trois billets d’avance en cas d’absence, car la seule fois où je suis partie sans rien mettre et sans avertir les lecteurs de mon départ, j’ai reçu des réclamations en direct, via la rubrique « contact » : « ben alors ? T’es en vacances ? » avec un ton choqué qui s’entendait sans même que le mot soit en majuscules ou ponctué de smiley. C’est fou d’ailleurs l’inflation des smiley, j’ai même un correspondant qui m’écrit et, ne maîtrisant sans doute pas les codes smiley, met entre parenthèse (rires) ou mdr, ou ttr (très très rigolo, I presume) ça rappelle les feuilletons avec applaudissements et rires préenregistrés.

Bref,  quel bonheur de découvrir soudain sur l’un de mes blogs préférés un billet qui m’allait comme un gant : mille excuses pour ne pas faire de billet » http://blogborygmes.free.fr/blog/index.php/2009/06/21/1188-mille-excuses

En fait de mille, il y en avait 30, dont j’ai copié/collé celles qui me parlaient bien ...

  1. j'ai complètement oublié, c'est ballot ! 
  2. ... halte aux cadences infernales !  
  3. ... ma frange me tombe sur les yeux, je n'y vois plus rien. 
  4. ... je suis très fatigué en ce moment et je n'arrive pas à me concentrer 
  5. ... je travaille plus pour gagner plus (mais ça ne marche pas trop d'ailleurs) 
  6. ... je sors d'une séance de manucure et mon vernis à ongles n'est pas sec : je ne peux pas taper sur le clavier.  
  7. ... j'aime flâner sur les grands boulevards, y'a tant de choses, tant de choses, tant de choses à voir...  
  8. ... la touch "" d mon clavir n march plus, c'st assz g^nant j trouv.  
  9. ... je m'autocensure : j'ai peur que Sarkozy et ses sbires surveillent ce que j'écris.  
  10. ... j'ai un puzzle de 14000 pièces à finir (une reproduction d'un monochrome bleu de Klein).  
  11. ... j'ai une tendinite des deux poignets compliquée d'une luxation de l'épaule trois-quarts vrillée avec coup de pied à la lune.  
  12. ... mon *connasse* ordinateur a été *bordel* infecté par le virus informatique Gilles_de_la_Tourette et *grosse pute* je tiens à la tenue de mes billets *salope* 
  13. ... je n'avais pas envie et je me contrefous royalement des lecteurs.

 

Intéressante la dernière : pas envie… La seule vraie et bonne excuse, contrecarrée par le « il faut que j’écrive un billet sinon les lecteurs vont râler ». Moi qui m’insurge contre les « il faut » qui pourrissent la vie des gens sans raison, voilà que, ne me contrefoutant pas des lecteurs à l’inverse de ce cher TB, je me sens parfois obligée d’écrire tout en me posant des questions telles que : lecteurs, lectrices ? Quid de leur réalité, hormis les quelques-uns que j’ai rencontrés en vrai ? Pourquoi me sentir redevable de billets réguliers dont ils et elles se passaient fort bien avant que j’ouvre ce blog ? Qu’est-ce qu’une relation bloggueuse puisqu’on peut disparaître à tout moment sans prévenir ? Ca m’est arrivé d’aimer un blog et de sympathiser avec l’auteur, puis que celui-ci cesse d’y écrire, disparaisse, et que je ne sache pas son vrai nom, ni si il existait vraiment ou relevait d’une écriture automatique informatique, s’il était mort, etc.  Tout ce que je savais, c’est qu’il était passé dans ma vie comme une météorite,  et s’était désintégré de même, sans possibilité de retrouver sa trace. En contradiction totale avec mon goût des relations durables et réelles. En contradiction aussi avec mon désir de connaître les gens autrement que par la vue et l’ouïe (l’écrit/écran ou le téléphone), en sollicitant d’autres sens qui enrichissent la relation : ce n’est pas sexuel, c’est sensuel, je dirais même sensoriel.

Connaître les gens uniquement par Internet, c’est un peu comme connaître la mer en écoutant un CD de bruits de vagues ou en regardant des photos d’océan.  Internet est une merveille : on pense à quelque chose, on le googlellise, et on s’aperçoit que plein d’autres gens y ont pensé. Ca donne une impression de communauté d’idées sur lequel se fonde le succès de la toile- il paraît qu’il y a même un site de ceux qui ont essayé de récupérer la pièce du chariot de supermarché en enfilant le bitoniot sur leur propre chariot et pas sur celui de devant- ça donne aussi le sentiment que plus rien d’original ne peut être dit, que tout a été écrit ou pensé, mais cela, on le sait depuis longtemps : depuis les Grecs, comme dirait mon pote Nikos, on ne fait que peaufiner les découvertes du génie Hellénique. Mais cette merveille, loin de favoriser les relations réelles, peut les freiner. Je connais plein de filles qui draguent sur les sites de rencontres pour recevoir des dizaines de messages enamourés ou sexy par jour mais qui ne donnent jamais suite dans la vraie vie parce qu’elles n’ont pas suffisamment confiance en elle pour affronter la vraie rencontre et craignent de décevoir l’Homme. Ou parce qu’elles préfèrent être Reine d’un univers virtuel que candidate d’une entretien d’embauche amoureux. Une copine que j’ai appelée pour qu’on se voie parce que ça faisait un bail qu’on n’avait pas dîné et papoté ensemble m’a répondu « C’est vrai, ça fait longtemps, mais comme je lis ton blog régulièrement, j’ai l’impression de rester en contact avec toi. » Sauf que je ne sais pas qu’elle y vient, elle ne laisse jamais de com’ et que moi, je n’ai pas de nouvelles d’elle.

Alors voilà : pas de billet aujourd’hui, mais à ceux et celles qui lisent ce blog, je donne RV le 7 août à 20h sur le Pont des Arts à Paris pour pique-niquer. Sauf pluie battante, j’y serai.

Par Françoise Simpère - Publié dans : Humeur
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Vendredi 19 juin 2009

Foin de la morosité, il y a parfois des nouvelles réjouissantes ! 

Le magazine « Alternatives Economiques » s’est vu décerner le prix du meilleur magazine par un jury pas spécialement altermondialiste et a vu ses ventes progresser de 20% depuis septembre 2008. Ce n’est pas le Journal de Mickey, ça ne se lit pas en 20 minutes, c’est du solide sérieux et ça touche de plus en plus de gens. Parce qu’Alternatives Economiques parle d’économie autrement, propose de changer de logique de pensée et donne des pistes pour une économie, humaine, viable et vivable. Encourageant, non ? De son côté, Courrier International, pas franchement rock and roll non plus, a progressé de 4,4% sur la même période, preuve que les français ne sont pas tous franchouillards.

En parallèle, les magazines Télé baissent du fait du déclin de la télé-réalité et de la désaffection du public pour le petit écran (au profit d’Internet, souvent) tandis que chutent aussi les magazines « people » !  Ces magazines qui ont fait leurs choux gras en 2008 de la  « pipolisation des politiques » et constataient que NS en couverture avec Carla leur faisait vendre 50 000 ex de plus, souffrent depuis janvier 2009 d’un écroulement de ce marché juteux : - 20% pour Gala, Voici et VSD. -15% pour Closer,  et même -8% pour le vénérable Paris-Match. Dépêchés en pompiers d’urgence, les audits consultés concluent que ces sujets « lassent le public » et que par ailleurs la médiocrité des articles, rédigés à la va-vite, explique la désaffection. Eh oui, journaliste est un métier où il faut prendre le temps d’enquêter, réfléchir, vérifier ses sources, écrire en français et éviter les fautes d’orthographe. Toutes choses considérées comme insupportables aux propriétaires de presse dès lors qu’ils doivent payer des professionnels pour ce faire. D’où le recours massif à des stagiaires rémunérés au lance-pierres que nul ne forme et qui, les malheureux, doivent improviser à la va-vite des « papiers » avec pour principal recours le « copié/collé » sur Internet.  La pratique s’étend d’ailleurs à d’autres magazines.


« Dans un souci d’économies, la DRH limite le remplacement des salariés en congé maternité,  maladie ou formation, qui, selon le président, coûtent cher à l’entreprise »… Dans plusieurs services la rotation ininterrompue de stagiaires revient à pérenniser des postes réels et nécessaires qui ne sont pas pourvus par des embauches véritables… (La déléguée) alerte la direction sur le fait que ces pratiques de non-remplacement et de petites économies peuvent nuire à la qualité des journaux, et donc au retour de la pub et de la vente au numéro. (extraits de PV de réunion Direction/CE d’un groupe de presse féminine)

 



La mauvaise nouvelle, c’est que les dirigeants d’entreprise ne pensent qu’à réduire la masse salariale quand ils veulent faire des économies. La bonne nouvelle, c’est que  les résultats de cette politique se traduisent aujourd’hui en pertes  de chiffre d’affaires. Deux raisons de se réjouir : 1) Cette chute des ventes de magazines réalisés avec des bouts de ficelle va peut-être rappeler aux dirigeants de presse que payer correctement des gens pour faire leur métier est finalement rentable. Cela ne concerne pas que la presse : les nombreux retours d’objets « made in China » pour défauts de fabrication  ou risque pour l’utilisateur en sont une autre manifestation.

2) les lecteurs sont sensibles à la qualité rédactionnelle des magazines, lisent de plus en plus la Princesse de Clèves et tiennent à leur culture plus qu’à leur confiture ! http://punctum.blog.lemonde.fr/2009/02/14/lhomme-qui-sauva-la-princesse-de-cleves/

Reste une question : les gens qui lisaient GALA sont-ils les nouveaux lecteurs d’Alternatives Economiques ? :)


 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : CHANGER
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Lundi 15 juin 2009

Récent documentaire sur Arte : une équipe allemande montre qu’il est très facile de placer 800 000 euros dans une banque en Suisse, au Liechtenstein ou en Autriche sans en préciser la provenance (donc blanchir des fonds frauduleux ou criminels) et en expliquant tout benoîtement qu’on souhaite échapper au fisc. Loin d’être choqué, le chargé d’affaires de la banque est même tout disposé à envoyer quelqu’un chercher les fonds pour que le riche dépositaire n’ait pas à se déranger, le client est roi ! A la fin du documentaire, un responsable du fisc allemand, citant nommément une des banques mises en cause explique que celle-ci agit dans l’illégalité la plus complète. Fin du film.  Il n’y a pas eu, il n’y aura pas de sanctions contre ces établissements, d’ailleurs selon le G20, il n’y pas de paradis fiscaux en Europe !

Autre documentaire : l’exploitation minière en République Démocratique du Congo, un des pays les plus dangereux du globe actuellement. Des sociétés minières se partagent le sous-sol du pays, polluent les eaux et le sol sans vergogne, les mineurs vivent dans des conditions épouvantables et sont payés au lance-pierres… mais tiennent mordicus à leur boulot polluant, épuisant, dangereux, vu qu’ils n’en ont pas d’autre. Très régulièrement, des ONG pointent le désastre social et environnemental provoqué par ces compagnies minières venues de tous les pays du monde. Fin du film. Hormis quelques sociétés soucieuses de leur image de marque, la majorité ne tient aucun compte de ces rappels à l’ordre, certaines éloignent les écologistes indésirables de façon… musclée.

2000 emplois sont supprimés chaque jour en France depuis le début 2009,  des espèces végétales et animales disparaissent à un rythme accéléré, les pesticides, hormones et autres substances cancérigènes polluent le sol et les eaux,  le budget militaire de la France- 185 milliards d’euros- est en hausse alors que « les caisses sont vides » pour les dépenses sociales, culturelles et sanitaires... Pendant ce temps les journaux télévisés font leurs choux gras des faits-divers et affirment sans rire qu’avec 28% de 43% de votants , l’UMP est le grand vainqueur des élections européennes et que les français ont approuvé la politique de réformes menés par NS. Les 57% d’abstentionnistes et les 72% de votants ailleurs qu’à l’UMP ? Gommés, sans que personne ou presque ne s’en émeuve !  Le journaleux d’aujourd’hui a tellement peur de perdre son emploi qu’il dit non pas ce que NS lui demande de dire mais ce que la direction de la chaîne, soucieuse de plaire en haut lieu, choisitde dire.  Autocensure à fond la caisse.

Moralité ? Il n’y en a pas. Plus que financière ou économique, la crise est d'abord cette absence totale de morale, d’humanité et même tout simplement de bon sens qui fait qu'à ceux qui comme moi s’insurgent du cynisme ou de l’indifférence ambiants, on répond dans un ricanement : « M’enfin ! Tu rêves ou quoi ? Tu te crois chez les Bisounours ? »



 

 

 

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : Humeur
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Jeudi 11 juin 2009

Professeur de lettres et résistante, Micheline Maurel  a été déportée au camp de  Ravensbrück à l’âge de 27 ans. Elle a survécu et écrit en 1957 un livre intitulé « Un camp très ordinaire » qui reste l’un de ses seuls livres disponibles, ainsi que des poèmes sur sa déportation :

"Il faudra que je me souvienne
Plus tard, de ces horribles temps
Froidement, gravement,
sans haine
Mais avec franchise pourtant."

Avant de la « googleliser », je ne le savais pas. Pour moi, Micheline Maurel est l’auteur d’un recueil de contes qu’on m’a offert quand j’avais huit ans et dont je découvre avec le recul les graines qu’ils ont semé en moi.

« Him-li-co ou le 8è enfant » : l’histoire d’un couple ayant sept enfants blonds aux yeux bleus- de vrais petits aryens- dont les prénoms commencent par A(Alain) B (Brigitte) C (Charlie) et ainsi de suite, avec une alternance parfaite de garçons et de filles. Dans ce monde très ordonné survient une 8è grossesse et naît un petit garçon jaune aux yeux bridés. Le papa avait une grand-mère chinoise dont le portrait peint trône dans la salle à manger. Comme les parents attendaient une fille blonde aux yeux bleus qui se serait appelée H comme Hélène, ils n’ont pas prévu de nom de garçon et n’arrivent pas à se mettre d’accord. Jusqu’au soir où la grand-mère chinoise sort de son tableau et reprend le bébé. Les 7 frères et sœurs réalisent alors qu’ils aiment ce petit qui leur ressemble si peu.

Je vous passe les péripéties, mais à la fin, les enfants entrent dans le tableau et se retrouvent en Chine où est leur petit frère. Ils proposent de l’appeler Him parce qu’ils ne pensent qu’à Lui, et li-co pour faire plus chinois. La grand-mère rend alors le bébé et les enfants le ramènent chez eux en ressortant du tableau.

Changer l’ordre établi, accepter la différence, s’unir pour résoudre un problème… que de graines intéressantes dans cette histoire.

 

Une autre que j’adorais, "le prince d'Yvoire": une petite fille se sentait seule dans la cour de l’école où les autres élèves la détestaient. Pour se consoler, elle lisait des légendes du temps jadis. Un jour, caressant du doigt l’illustration du château où vivait le gentil chevalier de ses rêves, elle sent la porte s’ouvrir, entre et se retrouve au XIIIè siècle face au chevalier qui n’est guère plus âgé qu’elle. Au Moyen-Age, on était adulte à l’adolescence !

La fillette ramène le garçon chez elle, les parents l’accueillent sans difficulté (toujours cette fameuse tolérance !) et la fillette est enfin heureuse d’aller à l’école puisqu’elle a un ami. Sauf qu’elle a la trouille que celui-ci retourne dans son époque. Elle déchire donc la page du livre avec le dessin du château et met les morceaux dans un tiroir. De ce jour, le chevalier tombe malade. Une fièvre que le docteur appelé ne sait pas comment guérir. La petite fille lui dit : « C’est peut-être parce que j’ai déchiré l’image du château qu’il est malade ? –Peut-être, dit le docteur,  parce que tu l’empêches de rentrer chez lui si un jour il le souhaite. Il ne faut pas retenir les gens de force, paas essayer de les enfermer. » Alors la petite fille recolle les morceaux de l’image, les montre à son ami qui sourit… et guérit. Bien évidemment, il n’eut jamais envie de partir puisqu’elle le laissait libre, et ils vécurent heureux…. Sans que le conte ajoute « et eurent beaucoup d’enfants. »

Je veux bien être pendue si cette histoire n’a pas influencée mes choix amoureux !

Une dernière pour la route : le soir de Noël, juste avant minuit, une minute s’échappe de l’horloge, lasse d’être emprisonnée dans un cycle immuable. Cette minute rebelle se pose partout : sur la main du général qui va signer la déclaration de guerre et stoppe son geste, sur la tête du prof qui doit ramasser les copies dans deux minutes, donnant un délai supplémentaire aux élèves, sur le bourreau qui doit déclencher la guillotine et arrive à temps l’ordre de gracier le condamné, etc… Bref, cette minute de réflexion permet d’éviter plein de drames… ce qui ne fait pas l’affaire des mathématiciens, politiciens ou astronomes qui ne supportent pas de ne plus maîtriser le temps et cherchent à capturer la rebelle. Je ne me souviens plus si elle est ou non rattrapée, mais je me souviens de la jubilation que m’apportait cette minute en liberté qui arrivait à changer le monde.



Tolérance, liberté,  action… je ne me doutais pas que Micheline Maurel avait mis en œuvre ces valeurs dans sa vie de résistante et déportée. Enfant, j’adorais surtout le merveilleux qui permettait d’entrer dans les tableaux, de traverser les miroirs et de s’affranchir du temps (Jouer au monde, en quelque sorte J )  Mais quand je mesure l’influence inconsciente que ces histoires ont eu sur moi, je me dis qu’au-delà des parents, des profs et autres éducateurs, l’influence du cinéma, d’Internet ou de la TV sur les valeurs qu’auront nos enfants est forcément majeure. D’autant plus qu’ils y passent encore plus de temps que nous n’en passions à lire.


Un de ces quatre, je vous parlerai de Paul Berna.


 



Actualité du « guide des amours plurielles » :

Lundi 15 juin à 20h, discussion au Café de l’Amour, Bistrot St Antoine,

58 rue du Fbg St Antoine à Paris. Inscriptions sur www.cafedelamour.fr

Jeudi 18 juin émission  « Lahaie, l’amour et vous » sur RMC, 14h/16h

Plusieurs ITV radio à écouter sur  http://www.polyamour.be

Par Françoise Simpère - Publié dans : Lectures
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