Lundi 14 juillet 2014 1 14 /07 /Juil /2014 19:09

baiser1.jpgC'était un soir de septembre, dernier dîner d'un voyage de presse. Après une semaine de congrès et de crapahutages en tous genres, les quatre médecins et six journalistes que nous étions avaient peu à peu troqué leurs masques professionnels pour une joyeuse camaraderie renforcée par un vol en coucou mouvementé et moult anecdotes mémorables. Ce soir là, donc, nous ressentions une sorte de mélancolie à l'idée de reprendre l'avion pour Paris, mélancolie qui poussait à des conversations plus intimes. De nos anecdotes professionnelles, nous passâmes à des souvenirs d'adolescence, les sujets de philo que nous avions eu au bac, nos formations respectives, nos autres vocations... quand soudain une fille lança : lune.jpg« Est-ce que vous vous souvenez de votre premier baiser ? » -Premier baiser... tu veux dire sur la bouche ? -Évidemment, sur la bouche ! - Avec la langue ? - Oui, avec la langue. - Ah bon, rit un des médecins, parce que si c'était juste sur la bouche, moi ça remonte à la maternelle, je devais avoir trois ans et avec mon amoureuse on s'embrassait sur les lèvres en pouffant comme des galopins. »

Le jeu était lancé et nous occupa toute la fin du repas. A la surprise générale, chacun se souvenait avec précision de ce premier baiser amoureux. Avec qui, à quel âge, dans quel lieu, et surtout l'émotion ressentie, plus forte selon certains que la première fois qu'ils avaient fait l'amour. On se souvenait de la façon dont peu à peu s'étaient entrouvertes les lèvres, de la balade du bout de la langue qui dessinait le contour de la bouche et réveillait de subtiles terminaisons nerveuses, des frissons dans le dos, de la fébrilité qui poussait à prolonger et approfondir ce baiser générateur d'une tension de tout le corps que nous n'appelions pas encore désir...

pingouins.jpgOn parla- comme  Pierre Perret dans "Les baisers- des baisers mutins qui picorent et gagnent du terrain sans en avoir l'air, des baisers gloutons qui aspirent et suffoquent parfois, des baisers trop mouillés ou pas assez, des langues exploratrices qui savent instiller l'envie comme un divin venin, et des langues limaces qui donnent envie de s'essuyer au plus vite la bouche, des dents qui se cognent et se mordent avec délices et de celles qui agressent... On se dit pour finir que cette période où l'on échangeait des baisers sans baiser, sans vouloir forcément « conclure » tout de suite, juste parce que c'était délicieux, avait du bon, et même du très bon.

Béni(e)s soient ceux et celles qui, en ces temps de speed-love en tous genres, savent prendre le temps d'un baiser. Juste un baiser, vif comme une surprise, langoureux comme un désir au ralenti, c'est un goût oublié de volupté quand la baise, si prévisible, donne parfois l'impression d'avoir déjà vu le film.

 

 

 

 


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Mercredi 9 juillet 2014 3 09 /07 /Juil /2014 16:21

Faire de sa vie une œuvre... ça ressemble à « Jouer au monde », non ? L'envie de créer pour exister, au risque parfois d'y perdre la vie. C'est ce pari que fit Pierre-François Lacenaire, qui inspira au cinéaste Marcel Carné, le personnage du poète assassin dans le film « les enfants du paradis ».

Fils de bourgeois, mal aimé par ses parents, après une vie agitée- armée, séminaire, métiers divers, voyages, rébellion, duels- le vrai Lacenaire devint voleur puis assassin et finit sur l'échafaud, non sans avoir laissé une œuvre littéraire forcément trop courte, vu qu'il fut guillotiné à l'âge de 33 ans.

lacenaireA partir des Mémoires que Lacenaire rédigea en prison, Franck Desmedt a écrit et mis en scène le spectacle « Lacenaire », qui s'attache aux derniers mois de la vie de cet homme hors du commun, talentueux, cynique, blessé par la vie, lucide sur le monde et orgueilleux jusqu'à vouloir diriger lui-même ce « suicide social » que constitua son procès et sa condamnation à mort. Un homme qui fascina et inspira des écrivains et des poètes  (Baudelaire, Balzac, Lautréamont, Dostoïevski...) et séduisit nombre de femmes qui assistaient à son procès.

En une heure et quart, Franck Desmedt fait vivre un Lacenaire provocant, séducteur et poète, l'image que voulait sans doute laisser à la postérité le véritable Lacenaire, en gommant les blessures qui expliquent son itinéraire romanesque autant que tragique.

Face à lui, Frédéric Kneip incarne les autres personnages : Avril, complice rustre de Lacenaire, le procureur agacé par la verve du prévenu, le président du tribunal qui ne cache pas la fascination qu'exerce sur lui cet étrange assassin, et Prosper Mérimée, visiteur de prison admirateur du talent littéraire de cet étrange assassin. Il passe de l'un à l'autre avec une plasticité de voix et de visage stupéfiante qui lui permet, de façon totalement crédible, de faire dialoguer le président du tribunal et Avril. J'ajouterai- et ceux qui me connaissent savent à quel point c'est dans ma bouche un compliment- que dans certaines attitudes et répliques du Président du tribunal, Frédéric Kneip m'a fait penser à Laurent Terzieff.

 

Au mois d'août, Franck Desmedt partant en tournée d'été, Frédéric Kneip reprendra le rôle de Lacenaire, face à un autre partenaire pour les autres personnages. Je ne saurais trop vous conseiller d'aller voir très vite la pièce avec Desmedt dans le rôle de Lacenaire, puis de revenir en août, tant il est vrai- « le succès de « la cantatrice chauve » depuis 57ans le prouve- qu'un même texte, avec une mise en scène identique, peut donner deux pièces différentes en fonction de l'alchimie entre les comédiens. C'est la magie du théâtre, et nous avons tous besoin de magie.

C'est au théâtre de la Huchette, 22 rue de la Huchette, 75005 Paris, du mardi au samedi à 21h. Les couche-tôt peuvent dîner avant, les couche-tard dîner après...

 

 

BANDE-ANNONCE


 


 

 

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Jeudi 3 juillet 2014 4 03 /07 /Juil /2014 16:14

benveniste En 1988, le docteur Jacques Benveniste publiait dans la revue de référence « Nature » un article intitulé Human basophil degranulation triggered by very dilute antiserum against IgE (dégranulation des basophiles humains provoquée par de très hautes dilutions d'antiserum IgE). Il y montrait que même lorsqu'il n'y a plus aucune trace de molécule active dans la dilution, l'activité de cette molécule demeure comme si l'eau s'en "souvenait".

Immédiatement popularisée dans les médias sous le nom de « mémoire de l'eau », cet article suscita une très violente polémique. Reconnaître que Jacques Benveniste avait découvert un phénomène nouveau mais réel, c'était remettre en cause les fondements de la biologie et admettre qu'une molécule n'a pas seulement une action chimique, mais sans doute aussi une activité d'ordre vibratoire, ondulatoire. Accessoirement, c'était ouvrir la porte à une explication scientifique des effets des médicaments homéopathiques, ce qui contrariait fortement l’industrie pharmaceutique classique et tous les chercheurs qui travaillent pour elle. Bref, cet article aurait obligé nombre de scientifiques à remettre en cause leurs croyances. ( eh oui, les scientifiques, comme tout humain, ont des croyances qui influent sur ce qu’ils estiment « vrai » ou « faux »)

« Nature » renia l'article de Benveniste, qu'elle avait pourtant accepté après les vérifications en usage pour toute publication dans une revue scientifique majeure. Un prestidigitateur fut envoyé dans le laboratoire du chercheur pour prouver que ses expériences étaient truquées, de multiples articles- lisibles sur Internet- l'insultèrent, le traitant d'illuminé, de charlatan, voire d'escroc... Ce qui le rendit acariâtre et parfois agressif tant il fut blessé par ces attaques indignes de l'immunologiste de haut niveau qu'il était.

Je l'avais interviewé dans un baraquement qui lui tenait lieu de laboratoire, après qu'il eût perdu son laboratoire de l'INSERM. J'ai assisté à plusieurs expérimentations trop longues à détailler ici, qui mettaient en évidence la fait que les cellules communiquent non seulement à l'aide de vecteurs chimiques, comme tout le monde l'admet, mais également avec un langage d'ordre électromagnétique.

Jacques Benveniste est mort en 2004 lors d'une opération du cœur.

EMI 514680Dix ans plus tard, après avoir travaillé depuis 2007 sur le sujet, le Pr Luc Montagnier, co-découvreur du virus du SIDA, présente ses propres travaux en relation avec « la mémoire de l'eau » dans un documentaire de Christian Manil : «  ON A RETROUVE LA MEMOIRE DE L'EAU » qui sera diffusé sur France 5 le samedi 5 juillet à 19h et rediffusé le lundi 7 juillet à 14h40.

Il y est démontré que l'on peut non seulement coder un ADN tout entier sur de l'eau, mais aussi lire la trace électromagnétique mémorisée sur cette même eau pour reproduire fidèlement l'ADN utilisé lors de la dilution... Selon Luc Montagnier, il serait possible d'identifier des bactéries encore inconnues de la science par la simple trace électromagnétique qu'elles laissent dans le sang, et comprendre ainsi l'origine de certaines maladies graves. Et, à l'inverse, numériser l'action biologique de certaines molécules médicamenteuses pour en faire des traitements efficaces et peu invasifs.

Nul doute que ce documentaire va susciter bien des réactions, ne serait-ce que parce que, si l'on admet que les cellules et les molécules communiquent avec des ondes électromagnétiques, on peut légitimement se demander si leurs messages ne pourraient pas être perturbés par le bain d'ondes électromagnétiques dans lequel nous baignons en permanence (téléphonie, antennes, etc), ce qui pourrait altérer l’intégrité desdites cellules et molécules.

 

eau

Par Jouer au monde
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Mercredi 18 juin 2014 3 18 /06 /Juin /2014 09:38

acropole2Les polars ont l'avantage d’expliquer et de faire vivre de l'intérieur des situations que les débats d'experts et même les documentaires ont du mal à clarifier. C'est ainsi que depuis 2010 Petros Markaris raconte la crise grecque à travers les aventures du commissaire Kostas Charitos, flic banal mais tenace, aux prises avec des criminels hors du commun.

adiamantisAprès « Liquidations à la grecque » et avant « Pain, éducation, liberté » « Le justicier d'Athènes » met en scène un mystérieux « Percepteur national » qui assassine méthodiquement les grands fraudeurs fiscaux. A la ciguë, et ce n'est pas par hasard. ( au passage, la ciguë a l'air bigrement efficace pour occire discrètement son prochain...). Dans le même temps, Katerina, la fille chérie du commissaire, lasse de bosser bénévolement, envisage de s'exiler dans l'espoir de gagner un peu d'argent. Les exilés Grecs d'autrefois faisaient partie du peuple le plus pauvre, ceux d'aujourd'hui sont souvent très diplômés, et amers de voir leurs efforts réduits à néant.

Affiche Qdeg A3 Vive la crise brute 2 versions 1Petros Markaris- ou est-ce le traducteur ? - ne s'embarrasse pas de style littéraire et de réflexions métaphysiques à la manière d'un San-Antonio. Le commissaire Charitos mène son enquête avec la bonhomie et l'obstination d'un Maigret et une véritable obsession des embouteillages à Athènes. Ce faisant, par petites touches il révèle à travers une foule de personnages- politiciens, hauts fonctionnaires, entrepreneurs véreux- les raisons de la crise grecque qui n'a aucune raison de s'arrêter tant que ceux qui ont créé cette crise restent aux commandes du pays. Il décrit aussi les petites lâchetés et les grands désespoirs des Grecs, mais également ce qui les fait tenir : une solidarité familiale sans failles, le goût tenace des repas de famille et d'amis qu'on bricole avec ce qu'on a, ainsi que le désir d'en découdre avec ceux qui les ont menés là, de les faire payer...

Dans les romans de Markaris, les victimes sont généralement des personnages immondes, et les criminels des personnages blessés ou révoltés par les injustices. Ce qui les rend sympathiques et révèle sans doute dans l'inconscient de l'auteur, et peut-être de tous les Grecs, le désir de tuer, au moins symboliquement, les responsables de la crise.

51B8+DlnHQL. SY445Excessif ? Exagéré ? Un récent documentaire « Qui veut la peau de Bernard Tapie ? » diffusé sur France 5 montre encore une fois la réalité plus stupéfiante que le polar le plus échevelé. Charismatique, charmeur autant qu'exaspérant, Tapie a été tour à tour manipulateur et manipulé tant par la gauche que par la droite, avec un cynisme total. L'utilisation de Tapie par François Mitterrand pour contrer Michel Rocard, puis par Nicolas Sarkozy pour être élu en 2012 moyennant ensuite le fameux arbitrage qui nous a coûté quelques 400 millions d'euros mettent en évidence un Tapie voyou mais aussi ministre, emprisonné pour dérapages financiers multiples, mais encensé par les fans de l'OM, comédien au théâtre mais aussi (surtout?) dans la vie. De quoi réaliser une série politico-financière qui paraîtrait invraisemblable si elle était présentée comme une fiction...

Chez ces gens là, Monsieur, on brasse en toute impunité des millions d'euros ou de dollars, on joue avec les peuples comme avec des pions d'échecs, et lorsqu'on échoue, on invoque une « crise » mythique, comme une fatalité, en exigeant que paient ceux qui n'y ont joué aucun rôle. Comme le dit le « Justicier d'Athènes » à la fn du livre : « L’État grec est la seule mafia qui a fait faillite, toutes les autres sont florissantes. »

 

markaris

 


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Vendredi 13 juin 2014 5 13 /06 /Juin /2014 12:26

 

 

Ce qui rend l'humain humain, c'est la culture. J'ai déjà écrit icique si l'homme préhistorique, après une journée épuisante à traquer le mammouth, avait éprouvé le besoin de dessiner sur les grottes sans espoir d'avoir un public et des acheteurs pour ses œuvres, c'est que la culture est plus qu'importante : essentielle. L'essence même de la civilisation. Que retient-on d'un pays? Les Pyramides d'Egypte, la muraille de Chine, les églises de tous styles, la Bible, Léonard de Vinci, Victor Hugo, Bach, Mozart ou Miles Davis, les thermes romains, les temples Incas ou Hindous, les peintures aborigènes, les sculptures du Zimbabwe, les masques Vaudous, toutes les musiques... Si la France demeure la première destination touristique au monde, c'est certes parce que ses paysages sont magnifiques et qu'on y mange bien- la cuisine étant en elle-même une culture- mais aussi parce qu'on y trouve, sur un territoire pas très grand, un concentré unique d’œuvres d'art de toutes les époques. Si les Américains et les Australiens découvrent sur le tard les Indiens et les Aborigènes qu'ils ont massacrés et appellent désormais « natives» pour signifier qu'ils sont à l'origine de leur pays, c'est bien parce qu'il est important de savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va.

Une civilisation qui néglige la culture cesse rapidement d'être civilisée. J'ai connu un homme avec qui les discussions s’achevaient souvent par une explosion de violence de sa part quand nous n'étions pas d'accord. Un jour où je lui en fis la remarque, il répondit : « Oui, mais toi tu maîtrises les mots, moi je n'ai pas fait assez d'études. Alors quand je ne trouve pas les mots, ça me donne envie de crier ou frapper. » (il n'avait que crié, sachant qu'un geste de trop m'aurait fait fuir à jamais.). Les mots, comme antidote à la violence...

Oui, la culture est un des meilleurs vecteurs de cohésion sociale et de construction de l'identité de chacun. (2012)

J'ai un ami agriculteur et documentariste. Un jour qu’il racontait ce qu’il faisait à un copain, celui-ci éructa : «  Tu es intermittent du spectacle ? Système d’assistés, de nantis. Foutez rien et on vous paie… »  Il se trouve que l’éructeur était militaire. Frédéric lui répondit calmement : « Tu es payé toute l’année, depuis des années, sans que tu fasses la guerre, alors que le métier du militaire est de faire la guerre. En somme, tu es un intermittent de la guerre. Permets-moi de me réjouir que tu sois intermittent ! Moi, j’ai choisi d’être intermittent de la culture, tout aussi nécessaire à l’humain que la guerre, mais hélas précaire. Et dis toi qu’avec 1 ou 2% du budget de la Défense, on couvrirait largement toutes les sommes versées aux intermittents du spectacle. » (2010)

Et pour finir, relisez « La vie très privée de Guy Kaddict », c'est pour l'instant de la science-fiction, mais ça deviendra vite VOTRE réalité si vous continuez à ne rien comprendre au conflit des intermittents, des fonctionnaires et de bien d'autres catégories sociales dont on ne découvre l'indispensabilité (néologisme, je sais) que lorsqu'elles disparaissent.

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