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L’érotisme est au coin de la rue

Le livre du grand Tout

Eloge de la fuite
Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture
 
Jeudi 15 mai 2008

C’est une infirmière dévouée travaillant dans un service de soins palliatifs, présidente d’une association de parents d’élèves, militante contre la misère sociale et qui trouve encore le temps d’aider ses voisins et de faire la quête pour diverses ONG. Une femme solide,  mère de deux fils, mariée à un militant aussi actif qu’elle. Qui un jour la trompe avec une étudiante rieuse et écervelée dont elle dit : « Ce n’est pas qu’il la baise qui me navre, il a connu d’autres écarts, c’est de penser qu’il a craqué pour une écume de fille qui ne lui apporte rien que du vent léger. Est-ce donc cela dont il avait besoin ? »

Et elle ajoute : « Je travaille dans un service où il meurt deux patients par semaine, je m’occupe de cas sociaux à la mairie où je côtoie d’épouvantables misères, je lis le bulletin d’Amnesty International où on raconte d’horribles atteintes aux droits de l’homme. Tout ça me hérisse, me révulse, me révolte, mais la seule chose qui m’a fait mordre mon oreiller en pleurant,  avec l’envie de mourir là, tout de suite et sans regrets, c’est l’idée que mon mec en aime une autre. Non, même pas, je dis une bêtise. C’est l’idée qu’il a manqué de quelque chose que je n’ai pas su lui apporter. Dérisoire, non ? On ne souffre vraiment que lorsqu’on a son petit ego mis en cause. »

J’ai créé ce personnage dans un roman (non encore publié) à force d’entendre ce genre de récits. Le chagrin d’amour a ceci de particulier, me disait le dessinateur Reiser, qu’on souffre comme un malade sans l’avoir mérité. On ne comprend pas pourquoi on a été aimé et pourquoi on ne l’est plus. Parce qu’il n’y a aucune explication. On n’a rien fait de merveilleux pour être aimé, rien fait d’épouvantable pour ne plus l’être. Généralement. (Il y a des exceptions).   

« Le premier chagrin d’amour est une abomination parce qu’il oblige à faire le deuil de l’absolu à un âge où on est généralement épris d’idéaux. Certaines personnes poursuivent cet idéal impossible toute leur vie. Pour l’adolescente que j’étais, ce fût comme lorsqu’on révèle à un enfant que le Père Noël n’existe pas. Il n’y croit plus jamais mais continue d’aimer Noël, la fête et les cadeaux. Au sortir de ce chagrin, je ne croyais plus au Prince charmant, mais j’ai continué à aimer l’amour et ses cadeaux…. Je suis en fait tombée très vite amoureuse d’un autre, puis d’un autre, et d’un autre encore… et cela me ravissait à chaque fois de constater que le cœur, que l’on croit blessé à mort au moment du chagrin, ressuscite si vite, avec un enthousiasme intact… Je me suis émerveillée de ma capacité à rebondir et au fil des chagrins, j’ai appris à ne pas lutter contre le désarroi, à le laisser m’envelopper comme un manteau d’abord très lourd, puis de plus en plus léger, jusqu’à ce que tout simplement il s’envole…. (Aimer plusieurs hommes p. 19/20)

Voilà Caroline, ce que vous pouvez dire à votre amie : « On croit souvent mourir d’amour, mais on survit généralement ».  Et dans un mois, dans un an, elle se demandera comment elle a pu se mettre dans un état pareil pour un homme qui ne LA méritait pas.

par Françoise Simpère publié dans : EROS
Jeudi 8 mai 2008

Debout sur le trottoir, le jeune homme faisait remplir à d’accortes mères de famille des questionnaires sur les produits laitiers. Je me suis approchée : « Puis-je vous offrir un café ? »
Il a sursauté, crayon à la main. Perturbé dans sa logique de sondeur qui pose les questions. J’ai reformulé la mienne : « Quel effet cela vous ferait si une femme vous proposait de prendre un café avec elle ? 
-Une femme ? Quelle femme ?
-Moi, par exemple. Je viens de vous le proposer. 
- Ca me fait drôle. Jamais une fille ne m’a abordé.
-Et à l’inverse, vous arrive-t-il de proposer un café à une fille ?
Il a rougi, souri, finalement intéressé : « Non. En fait je ne l'ai jamais fait. 
-C’est pourtant la meilleure façon de faire connaissance: leur parler. »
Il en a convenu, a reconnu l’absurdité qu’il y a à discuter des heures sur Internet avec des filles qu’on ne verra jamais, le côté convenu des lieux libertins où l’on fait l’amour sans ambages avec de parfaites inconnues et l’aspect « entretien d’embauche » assez glaçant des speed dating où l’on se doit de séduire une fille en 7 minutes chrono sans rien connaître d’elle.

« C’est étrange, vous ne trouvez pas, de faire si compliqué au lieu de tout bonnement dire à une fille qui vous plaît « puis-je vous offrir un café ». Ou qu’une fille vous le demande.
-         C’est vrai, mais ce n’est pas facile de parler aux inconnus. »
-         Sauf si vous vous souvenez que tous vos amis ou vos amantes étaient des inconnus la première fois où vous leur avez parlé. »

Il m’a finalement donné son numéro de téléphone. Je voulais juste observer sa réaction à mon invitation à la fois simple et incongrue. Je ne sais pas si je l’appellerai, mais je proposerai d’autres cafés à d’autres inconnus.

Sur ce, je vous abandonne pour quelques jours.

 

par Françoise Simpère publié dans : bonheur
Mercredi 7 mai 2008

A 10 ans- il était né en 1904- René Dumont apportait aux soldats des tranchées, parfois au péril de sa vie, les chandails que tricotaient sa mère et ses tantes.  Un soir, on amena des blessés dans sa maison, qu’il entendit hurler toute la nuit avant qu’ils meurent. Il décida alors, définitivement, que la guerre est un massacre que rien ne justifie. On l’envoya au service militaire et il en revint, selon ses propres termes « fou pendant six mois ». Il refusa dès lors de vivre quoi que ce soit de contraire à ses convictions. Dumont était un écologiste précurseur, un réel humaniste, insolent, audacieux, plein d’humour mais capable d’affronter des dictateurs pour leur démontrer leurs aberrations. Pas le genre à s’excuser auprès des Chinois, et il avait raison : ces derniers méprisent l’adversaire qui s’humilie devant eux. La dernière image du documentaire de Bernard Baissat « René Dumont, citoyen de la Terre » montre ce malicieux agronome escaladant à 88 ans une barrière avec l’aisance d’un jeune homme. Il est mort à 98 ans. Vivre en accord avec soi-même préserve la santé. Souvent, la dépression vient du décalage entre vie rêvée et vie vécue. 
Chaud week-end en Auvergne. J’y ai appris d’un sculpteur  qui m’a hébergée chez lui la recette de la liqueur de Verveine, fraîche au palais, exquisément parfumée, et juste assez titrée pour favoriser un sommeil profond mais serein. Je crois que je vais planter quelques pieds de verveine dans mon jardin… Des fèves aussi. La compagne du sculpteur m’a fait découvrir leurs fleurs blanches et noires, superbes. Des plantes qui se mangent,  et de surcroît décoratives ! Nous avons cueilli des radis et de la roquette sous l’œil inquisiteur d’un chat blanc tout en nous racontant des histoires de filles.
De retour à Paris, discuté une heure à une terrasse avec un homme charmant. Libertin tendance marshmallow, goûtant le plaisir comme une gourmandise tendre. Il vit avec curiosité et un naturel quasi enfantin des escapades coquines dans des lieux  que d’aucuns trouveraient glauques et que son sourire rend sympathiques. Délicieux de parler aussi intimement avec un inconnu … 

    Le soir, autre projection, puis retour par les quais de Seine dans une tiédeur de printemps presque été. Nuit de Chine.

Le lendemain matin, infos radio, concentré de catastrophes : Nicolas an 1, cyclone en Birmanie, traque de chômeurs, une femme violée et séquestrée pendant 28 ans par son beau-père qui lui a fait six garçons souhaite rencontrer son homologue autrichienne, violée et séquestrée par son père pendant 24 ans. Mon père, instruit par sa profession de magistrat, avait raison : la famille, valeur refuge, est aussi le lieu de toutes les abominations, violences, incestes, querelles d’héritage…  Encore n’avait-il pas connu les bébés congelés …

J’ai éteint la radio. La vraie vie est ailleurs. 



 

par Françoise Simpère publié dans : En vrac
Vendredi 2 mai 2008

 



Marrant comme ce mai 68 qu'il fallait paraît-il "liquider" est mille fois plus célébré cette année qu'en 78, 88 ou 98, avec toujours les mêmes mots: "D'un seul coup, on se parlait, on s'exprimait". Je pars ce week-end au Festival du film engagé de Beaumont/Clermont-ferrand qui fait la part belle au joli mois de mai. Pas le temps d'écrire un billet, mais j'ai pondu ce petit texte (à mettre en musique plus tard) pour les bébés de 68 devenus à 40 ans cadres stressés et pressurés

40 ans, le bel âge

Ton père portait les cheveux longs
Ta mère une jupe gitane
Ils ne fumaient pas de « chichon »
On appelait ça Marie Jeanne
Ils défilaient sous des drapeaux
Qui ne parlaient que de plaisir
Sous les pavés le sable chaud
Et sur les murs tous les délires

Cours camarade, le vieux monde
Est derrière toi, crochu
Comme un reste de bête immonde
Qui te colle encore au cul 

Toi t’as quarante ans, un Ipod
Un patron mis en examen
Ta femme est une bête de mode
Elle travaille pour TF1
Le soir dans un club échangiste
Vous payez 50 euros le whisky
Pour baiser en chœur sur la piste
Tes parents faisaient ça gratuit. 

Où sont leurs rêves, où est leur monde
Pour que t’en sois arrivé là
Dans cet ennui de riche immonde
Où tu te fais chier en Prada. 

Parfois tu regardes les coupures
De leurs vieux journaux tout jaunis
Toi, ton unique aventure
C’est de rouler en Cherokee
Tu as une montre… indécente
Qui te donne l’heure de Pékin
La caméra la plus récente
Pour filmer en gros plan ton gamin 

Cours camarade fais toi un monde
Où tu te sentiras enfin libre
Ne laisse pas la bête immonde
Geler ton cœur, ton corps, ta fibre… 

Open your mind, your life and change
Tes tristes habitudes
Même si parfois ça te dérange
La vie sans certitudes…
40 ans, c’est le bel âge
Pour vivre un monde plus pêchu
Alors décide, crie ta rage
Pour ne plus l’avoir dans le cul.

 

par Françoise Simpère publié dans : CHANGER
Mardi 29 avril 2008

Votre fille a vingt ans, que le temps passe vite
Madame, hier encore elle était si petite
Et ses premiers tourments sont vos premières rides
Madame, et vos premiers soucis

(G. Moustaki)


 Lauranne a deux heures (en haut à gauche), huit mois (au milieu), un an (en bas)

 On n'a pas tous les jours vingt ans,
Ça nous arrive une fois seulement,
C'est le plus beau jour de la vie.
Alors on peut faire des folies.
L'occasion il faut la saisir
Payons-nous un petit peu de plaisir,
Nous n'en ferons pas toujours autant,
On n'a pas tous les jours vingt ans !
(Berthe Sylva, chanson de Potier et Raiter)

 Avoir deux filles aussi belles, j'en reviens pas. C'est moi qui ai fait ça? (le père aussi, OK...)

 Je vous parle d'un temps
Que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître…
(C. Aznavour)

Ca y est, je ne pourrais plus te chanter cela !!!
BON ANNIVERSAIRE MA LOULOUTE !!!




par Françoise Simpère publié dans : bonheur
 

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