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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 18:54

Léonidas était un modeste dessinateur industriel.  Lui et sa compagne Mariette coulaient des jours heureux dans une maison claire entourée d’un jardin dans lequel Mariette avait aménagé un carré de potager.  Elle y cultivait avec amour et sans pesticides de délicieuses salades qu’elle cueillait à la fraîche, effeuillait et rinçait rapidement sous le robinet.  Blotties dans un panier à salade métallique fermé par deux poignées souples, les feuilles de salade étaient essorées au jardin. Les pieds légèrement écartés, bien campée sur la pelouse, Mariette, d’un geste auguste et néanmoins gracieux,  balançait d’avant en arrière puis d’arrière en avant le panier à salade qui n’avait alors nulle connotation policière, faisant ainsi bénéficier son gazon d’un mini arrosage et ses épaules d’un exercice régulier qui leur donnait une fermeté et un arrondi- sans parler d’un léger hâle en été- propre à susciter la gourmandise vespérale de Léonidas.  Elle en profitait pour échanger quelques mots avec la voisine qui se livrait au même vivifiant exercice. Le panier à salade favorisait la santé des femmes et des pelouses ainsi que de saines relations de voisinage, que demande le peuple ? C’est alors que le patron de Léonidas lui proposa d’entrer dans un bureau de design au centre-ville, où s’élaboraient les objets de la société future.

Déménager, tu n’y penses pas ? s’écria Mariette. Et mes salades ? Comment les essorer ? - Qu’à cela ne tienne, chérie, s’écria l’inventif garçon, je vais résoudre ce problème ». Il y travailla toute une nuit et au matin, présenta à son patron le projet d’un objet composé d’un récipient dans lequel un autre récipient percé de trous et actionné par une manivelle tournait, chassant les gouttes d’eau de la salade par la force centrifuge. 

Séduit, le patron fit fabriquer une série test de l’objet, vendu avec l’argumentaire suivant: « Avec l’essoreuse Mariette- l’inventeur avait amoureusement dédié sa trouvaille à son amoureuse- plus besoin de jardin ni de balcon. » En quelques mois, le marché des « Mariette » explosa, et parallèlement se produisit une croissance rapide du marché immobilier citadin.  Interrogés sur ce phénomène d’exode rural et de modification de leurs goûts urbanistiques, les acquéreurs furent unanimes : «  Avec une « Mariette », plus besoin de jardin ni de balcon. »

On supprima donc les jardins au profit d’espaces verts sur lesquels il était interdit de marcher et de s’asseoir, et les balcons aussi, en raison des risques de chutes inhérents aux immeubles de grande hauteur. Quelques années plus tard, le verrouillage des fenêtres devint obligatoire, ainsi que les portes blindées qui permettaient à chacun d’être « tranquille chez soi ».

« Des voisins ? s’étonnait Mariette quand on lui posait la question. Non, y en a pas, je ne sais même pas qui habite sur notre palier, alors en dessus ou en dessous… »

Elle ne s’en plaignait pas, l’invention de Léonidas leur avait fait gagner assez d’argent pour s’offrir de multiples objets. Il suffisait de descendre au Centre commercial en bas de l’immeuble.  On pouvait même y aller au cinéma. C’était le Progrès.

Heureusement, il reste dans la Ville des recoins à découvrir… Toutes les photos de ce billet ont été prises à Paris sur Seine.



 


 


 


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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 11:26

Ce mouton me faisait penser à quelqu’un.  Bon sang mais c’est bien sûr, c'est le portrait craché d’un mouton du Génie des Alpages, bande dessinée de F’Murr qui fit nos délices des années de fac, ainsi qu’une pile de San Antonio découverte sous l’escalier de la mansarde que j’habitais à Clermont Ferrand. C’est un miracle avec de telles tentations à laquelle j’ai évidemment succombé d’avoir réussi les exams de fin d’année.

Pour m’en assurer, j’ai cherché un dessin de la BD sur Internet et suis tombée sur un blog entièrement consacré au Génie des Alpages depuis 2004.  http://bdm.typepad.com/legeniedesalpages 

Depuis cinq ans, donc, un fan collecte tout ce qui existe sur F’Murr et le Génie des Alpages et prend un temps infini pour  rédiger et publier des textes dans lesquels, si on n‘y prend garde, on plonge avec davantage de délices que dans une thèse intitulée « Les six opérations de Grothendieck et le formalisme des cycles évanescents dans le monde motivique ». Si, si, ça existe, j’en ai parlé dans une nouvelle intitulée « Solitude de la thésarde » que tout étudiant(e) s’apprêtant à faire de longues études devrait lire pour savoir dans quel sacerdoce onaniste il s’engage. :)


Quoique à y réfléchir lorsqu’on visite le Net- passe temps extrêmement chronophage à éviter le jour où l’on a décidé d’aller faire du vélo, voir des amis, aller au marché et se faire « des trucs de filles » (masque, épilation, etc),  la somme de temps que représente la rédaction des billets des milliers de blogs est sans doute plus importante que le nombre de jours passés à l’écriture d’une centaine de thèses. On comprend pourquoi tant de gens se plaignent de manquer de temps…

En fait, c’est aux vieillards invalides qu’on devrait offrir un ordinateur et une connexion Web. Cela leur permettrait de ne plus trouver les journées longues, de s’ouvrir au monde extérieur que leur mobilité ne leur permet plus de parcourir, et de découvrir la somme des choses qu’ils ont omis d’explorer dans leur existence : collectionner les taille crayons, par exemple, passion qui, avec 2900 taille-crayons au compteur et un nombre respectable de billets ne doit pas laisser beaucoup d’autres loisirs à l’ardent collectionneur.

 

http://fr.wrs.yahoo.com/_ylt=A03uv8ZLhH5KRVoAtndjAQx.;_ylu=X3oDMTByNGxmazk4BHNlYwNzcgRwb3MDMQRjb2xvA2lyZAR2dGlkAw--/SIG=11f5e52sh/EXP=1249891787/**http%3a//www.lolomolubdo.com/

 


Ou sculpter des bouses de vache, occupation apparemment partagée par plusieurs internautes, dont certains exposent leurs œuvres. http://www.carolosculpture.fr/presentation.html

Ou rédiger des billets extrêmement bien documentés sur des sujets aussi enivrants qu’inutiles pour la majorité des citoyens, c’est la définition même de la poésie, et un vigoureux pied de nez à la civilisation de l’immédiatement rentable et pragmatique. http://www.procrastin.fr/blog/

C’est du reste sur ces deux critères- et aucunement sur des considérations morales ou médicales - que je déconseillerai à nos centenaires d’aller sur des sites de sexe. L'activité la plus répandue et la plus mystérieuse du monde s'y trouve réduite à la description de pratiques des plus courantes aux plus marginales sans hiérarchisation entre elles, faisant croire qu’il est aussi anodin d’embrasser amoureusement une fille que de lui faire pipi dessus. De plus, la  majorité de ces sites visent la rentabilité immédiate : payer pour voir et jouir vite. Pragmatisme porté davantage sur la technique que sur le rêve.

Or, si à 100 ans on ne rêve plus de la douceur d’une peau, si à 100 ans on ne garde pas en mémoire l’odeur sucrée des champs de blé dans lesquels, adolescents, on allait se cacher pour s’embrasser, si à 100 ans on a oublié l’émotion d’un regard, d’un simple regard traversant la foule et vous embrasant le cœur, il y a de quoi trouver la fin du monde bien triste. 




MERCI AUX PIQUE-NIQUEURS DU 7 AOUT, CE FUT UNE BELLE SOIREE.

 

 

Ce mouton me faisait penser à quelqu’un.  Bon sang mais c’est bien sûr, il était le portrait craché d’un mouton du Génie des Alpages, bande dessinée de F’Murr qui fit nos délices des années de fac, ainsi qu’une pile de San Antonio découverte sous l’escalier de la mansarde que j’habitais à Clermont Ferrand. C’est un miracle avec de telles tentations à laquelle j’ai évidemment succombé d’avoir réussi les exams de fin d’année.

Pour m’en assurer, j’ai cherché un dessin de la BD sur Internet et suis tombée sur un blog entièrement consacré au Génie des Alpages depuis 2004.  http://bdm.typepad.com/legeniedesalpages 

Depuis cinq ans, donc, un fan collecte tout ce qui existe sur F’Murr et le Génie des Alpages et prend un temps infini pour  rédiger et publier des textes dans lesquels, si on n‘y prend garde, on plonge avec davantage de délices que dans une thèse intitulée « Les six opérations de Grothendieck et le formalisme des cycles évanescents dans le monde motivique ». Si, si, ça existe, j’en ai parlé dans une nouvelle intitulée « Solitude de la thésarde » que tout étudiant(e) s’apprêtant à faire de longues études devrait lire pour savoir dans quel sacerdoce il s’engage. Quoique à y réfléchir lorsqu’on visite le Net- passe temps extrêmement chronophage à éviter le jour où l’on a décidé d’aller faire du vélo, voir des amis, aller au marché et se faire « des trucs de filles » (masque, épilation, etc),  la somme de temps que représente la rédaction de billets des milliers de blogs est sans doute plus importante que le nombre de jours passés à l’écriture d’une centaine de thèses. On comprend pourquoi tant de gens se plaignent de manquer de temps…

En fait, c’est aux vieillards invalides qu’on devrait offrir un ordinateur et une connexion Web. Cela leur permettrait de ne plus trouver les journées longues, de s’ouvrir au monde extérieur que leur mobilité ne leur permet plus de parcourir, et de découvrir la somme des choses qu’ils ont omis d’explorer dans leur existence : comme collectionner les taille crayons, par exemple, occupation qui, avec 2900 taille-crayons au compteur et un nombre respectable de billets ne doit pas laisser beaucoup d’autres loisirs à l’ardent collectionneur. http://fr.wrs.yahoo.com/_ylt=A03uv8ZLhH5KRVoAtndjAQx.;_ylu=X3oDMTByNGxmazk4BHNlYwNzcgRwb3MDMQRjb2xvA2lyZAR2dGlkAw--/SIG=11f5e52sh/EXP=1249891787/**http%3a//www.lolomolubdo.com/

Ou sculpter des bouses de vache, occupation apparemment partagée par plusieurs internautes, dont certains exposent leurs œuvres. http://www.carolosculpture.fr/presentation.html

Ou rédiger des billets extrêmement bien documentés sur des sujets aussi enivrants qu’inutiles pour la majorité des citoyens, c’est la définition même de la poésie, et un vigoureux pied de nez à la civilisation de l’immédiatement rentable et pragmatique. http://www.procrastin.fr/blog/

C’est du reste sur ces deux critères- et aucunement sur des considérations morales ou médicales - que je déconseillerai à nos centenaires d’aller sur des sites de sexe, où l’activité la plus répandue et la plus mystérieuse du monde se trouve réduite à la description de pratiques des plus courantes aux plus marginales sans hiérarchisation entre elles, faisant croire qu’il est aussi anodin d’embrasser amoureusement une fille ou de lui faire pipi dessus,  et parce que la  majorité de ces sites visent la rentabilité immédiate : payer pour voir et jouir vite, et un pragmatisme plus porté sur la technique sexuelle que sur le rêve. Or, si à 100 ans on ne rêve pas de la douceur d’une peau, si à 100 ans on ne garde pas en mémoire l’odeur sucrée des champs de blé dans lesquels, adolescents, on allait se cacher pour s’embrasser, si à 100 ans on a oublié l’émotion d’un regard, d’un simple regard traversant la foule et vous embrasant le cœur, il y a de quoi trouver la fin du monde bien triste.  

MERCI AUX PIQUE-NIQUEURS DU 7 AOUT, CE FUT UNE BELLE SOIREE.

 

 

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 16:33

COUP DE GUEULE : BNP- Paribas, oui une de ces banques aux abois il y a quelques mois pour qui l’Etat s’est empressé de débloquer des millions afin d’éviter leur faillite, tellement désastreuse, disait-on, pour les citoyens et la pérennité du système démentiel qui régit les économies modernes- BNP Paribas, donc, annonce un bénéfice record pour les six premiers mois de 2009, et a déjà mis de côté UN MILLIARD D’EUROS pour distribuer des primes de fin d’année à ses traders fous qui ont repris leurs activités nuisibles avec un enthousiasme frisant l’inconscience.



Bref, je suis en colère, et triste. J’avais espéré que la crise économique qui pourrit la vie de milliers de gens serait l’occasion de réfléchir à l’organisation même de la société, à ce qui est l’essentiel dans une vie, aux moyens de garder la Terre belle et sympathique,  aux rapports humains… Bref, j’imaginais une réflexion, disons-le, morale et philosophique pour changer de logique et ne plus refaire les mêmes erreurs.

Ben non, le seul souci des gens de pouvoir et d’argent et de surtout maintenir en l’état, avec quelques rustines au besoin, le système qui les enrichit au prix du malheur de millions d’autres.  Comme me disait mélancoliquement Daniel Jouvance, chef d’entreprise moral et néanmoins prospère (ce n’est pas incompatible) : « La crise économique et financière n’est pas si grave, ce qui est grave est la crise morale, le cynisme qui gagne partout. Du reste, sans ce cynisme et cette absence de morale il n’y aurait pas eu de crise économique et financière car les gens n’auraient jamais osé agir comme ils l’ont fait, sans aucun souci des conséquences. » 


Coup de cœur : l’idée de  rencontrer des lecteurs et lectrices de ce blog, et d’autres amis lors du pique-nique du 7 août à partir de 20h. Je vais  jeudi faire un repérage des lieux, mais une consultation sur Internet montre qu’il y a sur cette passerelle quelques bancs et candélabres. On se verra donc même une fois la nuit tombée, et les plus fatigués pourront s’asseoir sur les bancs. Pour les autres, prévoir un paréo ou un plaid, ne boudons pas le confort.


Chacun apporte son pique-nique et une petite laine au cas où... et s’occupe des enfants, chiens, chats, dinosaures et coccinelles qui l’accompagnent éventuellement. 


D'après la météo, il fera autour de 26°, avec 30% de risques d’orage isolé.  On devrait pouvoir s’abriter sous la passerelle en cas de pluie, si j’en crois la photo.  En cas de pluie drue et violente, on avisera, quoique une averse orageuse soit en général courte et donne bonne mine.  Et puis, restons optimistes: 30% de risques d’orages, ça laisse 70% de chances de beau temps !

Je n’aurais aucun signe distinctif, si ce n’est un sac à dos noir et un pantacourt blanc.

Ca va sans dire mais ça va mieux en le disant: nous aurons à cœur de laisser l’endroit aussi propre que nous l’aurons trouvé.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 11:53

Samedi et dimanche, horde des juilletistes croisant les aoûtiens. Je suis donc partie lundi, rêvant de calmes départementales. A l’inverse de Jean Yanne, j’aime bien les départementales. 

http://www.youtube.com/watch?v=WoTNn1fMVAA

Sauf que le lundi, surtout après un week-end où en principe ils n’ont pas le droit de circuler, les poids lourds sont nombreux et pressés.  Constatation énervante : alors que tout automobiliste a eu un jour ou l’autre un PV et des points retirés sur le permis pour un excès de vitesse minime, genre flashé à 53km/h au redoutable radar du Pont de l’Alma, je n’ai pas vu un seul poids lourd respecter les limitations, ni se faire arrêter du reste. Le summum, sur la N7, a été un frigorifique immatriculé 6075… (non, je ne ferai pas de délation) qui fonçait à 120km/h sur une route limitée à 110 avec une pastille 90 maxi (moins en charge) au cul du camion.

Après 4h de conduite dans ces conditions, on se dit que le ferroutage est bien balbutiant. Et tout ça pour transporter d’un bout du monde à l’autre des denrées dont la majorité sont aussi produites sur le territoire. A un prix plus élevé à cause des « charges sociales » comme on dit ? Yes, sir, mais si l’on inclut le prix du transport, du carburant et de la pollution, sans parler des accidents et de la vie de famille parasitée par les horaires de boulot des camionneurs, le bilan devient très nettement en faveur de la production locale et de saison.

Ce qui ne signifie pas bucolique. Dites agriculteur à un citadin bobo, il imagine aussitôt un brave type en béret, avec des poches aux genoux de son pantalon plus ou moins boueux, qui gratte la terre en se bousillant le dos, avec un outil patiemment aiguisé sur la meule héritée de son arrière grand-père.  Un paysan, quoi ! L’agriculteur lui-même rentre dans le jeu : au grand marché de Vichy, temple d’une bouffe, notamment charcutailles et fromages, aussi goûteuse que roborative, l’étage supérieur est réservé aux producteurs locaux. Qui proposent des pommes de terre encore terreuses, des concombres sans forme mais juste sortis du jardin,  six œufs du jour par ci et trois fromages par là.  Pile ce qu’il faut pour plaire au vacancier qui se croit revenu à la vraie vie authentique dont il rêve toute l’année dans son bureau climatisé, tout en hurlant à la mort si on lui dit qu’il pourrait éviter de changer de téléphone mobile chaque année, et faire ressemeler ses chaussures. La vraie vie authentique, c’est un concept touristique.

Ma belle sœur devenue agricultrice l’avoue sans fard : être agriculteur aujourd’hui, c’est surtout savoir se retrouver dans le maquis des labels et réglementations, des subventions et des aides européennes. Elle élève donc des vaches rustiques qui paissent de l’herbe et vêlent toutes seules, lui laissant le temps d’aller voir les conseillers agricoles toujours prompts à lui proposer un logiciel d’optimisation des traites, mais peu enclins à croire que les vaches sont parfois réticentes à se laisser programmer…

A propos de subventions : on nous parle du remboursement d’environ 500 millions d’euros d’aides distribuées aux producteurs de fruits et légumes depuis 1992, subventions déclarées illégales par la Commission européenne.  Au final, et on le comprend vu la situation des producteurs, ce sera le contribuable qui douillera. Sans qu’on lui dise par quel miracle depuis 17 ans des aides ILLEGALES sont versées sans qu’aucun responsable de la gestion de ces aides soit mis en cause. Normal, c’est comme les banques : elles ont joué et perdu des milliards… que les Etats, donc les contribuables ont remboursés, mettant en péril la situation des pauvres diables de salariés qui ne peuvent jouer à rien avec le fisc, encore moins avec des subventions, et qu’on soupçonne en permanence de frauder aux ASSEDIC ou à la Sécu.

Quand je me réincarnerai, j’aimerais être Banquier ou Politicienne ça permet de faire toutes les bêtises du monde sans être sanctionné, cool !


 

Pour le pique-nique du 7 août : je  propose la passerelle Léopold Senghor,- anciennement Pont de Solferino- entre le Musée d’Orsay et le Jardin des Tuileries.  Métro Assemblée Nationale ou Solferino.  Elle est piétonne, en beau bois, et ne comporte aucune interdiction de boire de l’alcool contrairement à la Passerelle des Arts. Ce n’est pas que je prône la cuite, bien au contraire, mais on peut trinquer sans être ivre, non ?

A partir de 20h, chacun apporte son pique-nique, puis on improvise.

Le tout s’il ne pleut pas, bien sûr.

 

Samedi et dimanche, c’était la horde des juilletistes croisant les aoûtiens. Je suis donc partie lundi d’Auvergne, rêvant de calmes départementales. A l’inverse de Jean Yanne, j’aime bien les départementales.  http://www.youtube.com/watch?v=WoTNn1fMVAA

Sauf que le lundi, surtout après un week-end où en principe ils n’ont pas le droit de circuler, les poids lourds sont là, nombreux, serrés, pressés.  Constatation énervante : alors que tout automobiliste lambda a eu un jour ou l’autre un PV et des points retirés sur le permis pour un excès de vitesse de + ou – 10%, genre flashé à 53km/h au redoutable radar du Pont de l’Alma, je n’ai pas vu un seul poids lourd respecter les limitations, ni se faire arrêter du reste. Le summum, sur la N7, a été un frigorifique immatriculé 6075… (non, je ne ferai pas de délation) qui fonçait à 120km/h sur une route limitée à 110 avec une pastille 90 maxi (moins en charge) au cul du camion.

Après 4h de route dans ces conditions, on se dit que le ferroutage est bien balbutiant. Et tout ça pour transporter d’un bout du monde à l’autre des denrées dont la majorité sont aussi produites sur le territoire. A un prix plus élevé à cause des « charges sociales » comme on dit ? Yes, sir, mais si l’on inclut le prix du transport, du carburant et de la pollution, sans parler des accidents et de la vie de famille parasitée par les horaires de boulot des camionneurs, le bilan devient très nettement en faveur de la production locale et de saison.

Ce qui ne signifie pas bucolique. Dites agriculteur à un citadin bobo, il imagine aussitôt un brave type en béret, avec des poches aux genoux de son pantalon plus ou moins boueux, qui gratte la terre en se courbant le dos avec un outil patiemment aiguisé sur la meule héritée de son arrière grand-père.  Un paysan, quoi ! L’agriculteur lui-même rentre dans le jeu : au grand marché de Vichy, temple d’une bouffe, notamment charcutailles et fromages aussi goûteuse que roborative, au grand marché donc, l’étage supérieur est réservé aux producteurs locaux.  Qui proposent des pommes de terre encore terreuses, des concombres sans forme mais juste sortis du jardin,  six œufs du jour par ci et trois fromages par là.  Pile ce qu’il faut pour plaire au vacancier qui se croit revenu à la vraie vie authentique dont il rêve toute l’année dans son bureau climatisé, tout en hurlant à la mort si on lui dit qu’il pourrait éviter de changer de téléphone mobile chaque année, et faire ressemeler ses chaussures. La vraie vie authentique, c’est un concept touristique.

Ma belle sœur devenue agricultrice l’avoue sans fard : être agriculteur aujourd’hui, c’est surtout savoir se retrouver dans le maquis des labels et réglementations, des subventions et des aides européennes. Elle élève donc des vaches rustiques qui paissent de l’herbe et vêlent toutes seules, lui laissant le temps d’aller voir les conseillers agricoles toujours prompts à lui proposer un logiciel d’optimisation des traites, mais peu enclins à croire que les vaches sont parfois réticentes à se laisser programmer…

A propos de subventions : on nous parle du remboursement d’environ 500 millions d’euros d’aides européennes distribuées aux producteurs de fruits et légumes depuis 1992, subventions déclarées illégales par la Commission européenne.  Au final, et on le comprend vu la situation des producteurs, ce sera une fois de plus le contribuable qui douillera. Sans qu’on lui dise par quel miracle depuis 17 ans des aides ILLEGALES sont versées sans qu’aucun responsable de la gestion de ces aides soit mis en cause. Normal, c’est comme les banques : elles ont joué et perdu des milliards… que les Etats, donc les contribuables ont remboursé, mettant en péril la situation des pauvres diables de salariés qui ne peuvent jouer à rien avec le fisc, encore moins avec des subventions, et qu’on soupçonne en permanence de frauder aux ASSEDIC ou à la Sécu.

Quand je me réincarnerai, j’aimerais être Banque ou Commission européenne, ça permet de faire toutes les bêtises du monde sans être sanctionné, cool !

 

Pour le pique-nique du 7 août : je  propose la passerelle Léopold Senghor,- anciennement Pont de Solferino- entre le Musée d’Orsay et le Jardin des Tuileries.  Métro Assemblée Nationale ou Solferino.  Elle est piétonne, en beau bois, et ne comporte aucune interdiction de boire de l’alcool contrairement à la Passerelle des Arts. Ce n’est pas que je prône la cuite, bien au contraire, mais on peut trinquer sans être ivre, non ?

A partir de 20h, chacun apporte son pique-nique, puis on improvise.

Le tout s’il ne pleut pas, bien sûr.

 

 

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 13:47

Cet oncle cycliste a 86 ans et pédale toujours « tranquillement, précise-t-il, soit 60km trois fois par semaine,  à peu près 9000 km par an. » Autrefois il en faisait 14 000.  Il a grimpé seize fois le mont Ventoux, gravi cinq fois les cols des Alpes qui font suer les coureurs du tour de France. Tout ceci pour dire que ce n’est ni un débutant, ni un casse cou. En 75 ans de vélo, il a eu deux accidents.  « Qu’est-ce que tu penses du casque à vélo ? » Il hausse les épaules : « Ca ne sert à rien. A vélo,  on se blesse les paumes- réflexe de mettre les mains en avant en cas de chute -  les genoux et les épaules. Plus des contusions à la face si les mains n’ont pas amorti la chute. Ca peut arriver qu’on tombe sur la tête, mais exceptionnellement ! Pourquoi embêter tout le monde pour une chose qui n’arrive qu’exceptionnellement ? » 

100% d’accord avec lui, et 1000 pour cent énervée par cette propension à pourrir la vie d’une majorité de gens responsables pour une minorité qui ne se prend pas en charge. Comme dit mon cher et tendre dans un grand élan misanthrope « A force de protéger les cons, ils se multiplient, et on s’étonne que la société empire… » Marre de cette infantilisation de la population à qui on prescrit de « ne pas oublier de boire en cas de canicule », « de mettre un chapeau quand le cagnard cogne »,  «de  manger cinq fruits et légumes par jour », «de se laver les mains en cas de grippe A H1N1 » (et pour la grippe ordinaire, on se mouche dans ses doigts ?). Cette propension à mettre les gens sous cloche en les prenant pour des cloches ne date pas d’aujourd’hui. En 1976, l’architecte espagnol Ricardo Bofill me disait son étonnement de voir la France gouvernée comme une école maternelle, avec le président de la République en directeur : « Vous êtes un peuple étrange, capable de renverser des siècles de monarchie, puis d’accepter sans broncher qu’on vous dise « Bison Futé vous recommande de rouler à telle heure », « Bison Futé voit rouge pour les départs de samedi », etc. Des élèves, pas des adultes.»  On a du pot que le malaise à l'effort ait touché le président de la République. Avec un simple quidam, ledit jogger aurait proposé une loi interdisant le jogging aux plus de 50 ans!

Récemment, je me suis esbaudie en voyant à l’Ile de Ré des plages sauvages et superbes nanties d’un écriteau « baignade autorisée mais non surveillée ». Sur lesquelles les gens se baignaient sans qu’il y ait le moindre accident. Quand on sait qu’on doit se débrouiller seul, on fait généralement plus attention.  Mon cher et tendre m’a dit « C’est bien, mais te rends tu compte qu’aujourd’hui, il faut prévenir les gens quand on les laisse libres ? » Et de plus en plus, hélas, la baignade est interdite quand la municipalité ne dispose pas de budget pour financer la surveillance. A cause de la responsabilité des  maires, notion qui les conduit à ne prendre surtout aucun risque. Donc à assister au maximum leurs administrés.  A qui, ensuite, on reprochera d’être des assistés.

Dernière interdiction en date : celle de boire la moindre goutte d’alcool à partir de 16h sur le Pont des Arts.[1] Parce que quelques pique-niqueurs ivres morts sont tombés dans la Seine. Donc, pour quelques mecs bourrés, on considère que l’ensemble de la population n’est pas capable de trinquer raisonnablement. Comme d’hab’, on aligne la loi sur les plus crétins… et on crétinise l’ensemble des administrés !  A Nantes où des fêtards avinés sont tombés dans la Loire, la municipalité s’est contentée d’installer des filets protecteurs. Ce qui me conforte dans l’idée que Jean-Marc Ayrault est un socialiste de bon sens, autant dire une espèce en voie de disparition, à préserver sans la surprotéger J

 



[1] Du coup, je m’interroge sur le lieu du pique-nique du 7 août, je vous tiendrai au courant les  4 et 6 août.

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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 17:00

Une fois n’est pas coutume, j'ai accepté d'écrire un billet promotionnel. Parce que l’idée de vous parler de Cannes autrement me plaisait. Pas la Cannes frimeuse du Festival, starlettes en goguette et branchouilles en lunettes (noires, bien sûr). Pas la Cannes refuge de retraités alanguis sur des transats face à la mer. Crise oblige, Cannes a décidé d’offrir aux estivants les autres et méconnus visages de cette ville à des prix accessibles. L’Office du Tourisme  (www.cannes.travel ) propose même une liste de restaurants avec des menus à moins de 15 € !  Plus des réductions allant jusqu’à 30% sur les visites et excursions : le Marineland évidemment, mais aussi les marchés aux olives, le train touristique,  la visite du Palais du Festival, les concerts, les excursions aux Iles de Lérins, etc.

Pour ma part, j’irai aux îles. Sainte Marguerite d’abord, où se déroule une bonne partie de l’action de mon livre « l’Algue fatale », un thriller écologique fleurant bon la Méditerranée. Dès qu’on y pose le pied, on est saisi par les effluves méridionales, eucalyptus, hélichryse et fenouil. Plus d’autres dont les botanistes vous affirment gravement qu’elles sont « endémiques de l’île », manière de vous prouver que vous foulez là un sol rare.  Dans l’odeur des pins, du sable et du thym… vous vous souviendrez que cette île a servi de prison au Masque de fer, avant de vous baigner dans une eau couleur Caraïbes, dont la transparence permet d’apercevoir les prairies de Posidonies et les oursins verts ou violets à ne pas pêcher hors de la période légale.

L’autre île, c’est Saint Honorat, havre de paix où vivent des moines Cisterciens qui, comme chacun sait, savent s’installer dans les lieux les plus paradisiaques. De leur monastère, ils ont une vue sur les criques et plages secrètes où viennent se dorer de belles filles, et apprennent à résister à la tentation…

Gratuité enfant (5 à 10 ans) pour 2 billets adultes - Ste Marguerite 9€ au lieu de 11 €,
Quai Laubeuf – Cannes

De retour à Cannes,  j’opterai pour la musique : les plages électroniques sont le premier festival Low Coast- admirez le jeu de mots- le seul festival de musiques électroniques à investir une plage publique sur le littoral français pour transformer la plage du Palais des Festivals de Cannes en un gigantesque dancefloor, pied dans le sable, vue sur la mer.

Plages électroniques : 6 et 13 août 2009.

Cependant, pour éviter la foule d’août, je troquerai peut-être les Plages électroniques pour une pause cannoise en septembre. Du 9 au 14, c’est le Festival de la Plaisance,  pour rêver d’évasion parmi les centaines de bateaux présentés, et surtout pour assister à la fin du festival aux Régates Royales regroupant de vieux gréements et les plus majestueux voiliers au monde.

C’est aussi en septembre, lors des Concerts de Septembre que Archive, Bertignac and Co vont déchirer les notes, et que s’éclateront tous les fans lors du concert de: Pete Doherty et les Babyshambles, mémorable, forcément mémorable.



 

 

 

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 12:46

Plusieurs lectrices et lecteurs se sont étonnés que « le guide des amours plurielles » ne soit pas vendu dans les Relay des gares et aéroports,  comme mes autres titres.  Après « enquête », c’est une question de collection : Relay me suivait dans la collection de littérature érotique, pas dans celle des essais (à l’exception de « Aimer plusieurs hommes » qui était une réédition après parution aux éditions la Martinière). 

Bonne nouvelle : les Relay vont finalement vendre  « Le guide…. » et feront une mise en place d’autant plus large qu’il sera demandé. N’hésitez donc pas à le réclamer si vous ne le voyez pas, car hormis les éditeurs rompus aux techniques de fabrication de best-sellers, les autres ne soutiennent que ce qui se vend, le succès va au succès… Petite parenthèse : le démarrage fulgurant du Guide conditionnait la réédition de « Aimer plusieurs hommes ». Je viens d’avoir confirmation qu’il ne sera pas réimprimé… sauf surprise sur le Guide dans les mois à venir, ce qui peut arriver. Ainsi de février 2003 à juillet 2003, « Des désirs et des hommes » avait fait des ventes plus que modestes.  En juillet, était-ce lié à la canicule qui chauffait les libido ?- ce livre s’est bien vendu. Du coup,  il a été exposé largement, ce qui a boosté les ventes, qui se poursuivent encore aujourd’hui, en faisant mon unique mais réel « best-seller ».

Pourquoi ce titre plutôt que les autres ? Mystère.  Quand il m’arrive de relire ces pages, je trouve « Les latitudes amoureuses » aussi érotique et plus dépaysant, avec une histoire mieux construite. « Autres désirs, autres hommes » est un recueil de nouvelles, à mon avis plus variées et mieux écrites que « Des désirs… » Or il est loin d’avoir connu le même succès, alors que chaque histoire transporte dans un univers différent, que l’érotisme y est plus fort et plus vrai, et que les personnages sont infiniment plus touchants.

Et je ne parlerai pas de « Ce qui trouble Lola », j’ai déjà dit ici que c’était mon préféré… Ni de l'Algue fatale, pourtant thriller écologique, preuve que l'érotisme n'est pas mon seul territoire. :)

Donc, même vis-à-vis de mes propres écrits, je ne comprends pas « le goût des autres » comme dirait Agnès Jaoui.  D’ailleurs, les autres sont-ils sincères lorsqu’ils parlent de leurs goûts ?  Je ne cesse, ces temps ci, d’entendre des gens se plaindre de la médiocrité de TF1, France 2, M6… « Heureusement qu’il y a Arte et France 5 » soupirent-ils. Sauf que Arte et France 5 se traînent en queue de peloton pour les taux d’audience.  Ceux qui me parlent de  Arte et France 5 ne regarderaient-ils pas eux aussi les séries américaines sur les chaînes  qu’ils dénigrent, sans oser l’avouer ?

Ne serait-ce pas les mêmes qui vous parlent avec fougue de la beauté du cinéma japonais et s’indignent du succès des « Ch’ti »… qu’ils sont allés voir comme des millions de gens ?

Idem pour les livres : il est de bon ton aujourd’hui de déplorer la fin de la « vraie littérature » et de considérer Marc Levy, Guillaume Musso, Anna Gavalda et Muriel Barbery comme des phénomènes de mode mais en aucun cas des écrivains.  C’est vrai qu’on décèle dans leur façon d’écrire des « recettes », des ficelles, une utilisation visible des conventions des séries TV et des personnages qui créent l’émotion facile, un mélange habilement dosé de bons sentiments et de fantastique (comme dans Harry Potter, sauf qu’Harry Potter a une vraie complexité, des niveaux de lectures différents et une écriture très travaillée)… Il n’empêche que des milliers de gens lisent ces romans dits « faciles » et pourquoi la littérature devrait-elle être difficile ? Et qui dira ce qu’est la vraie littérature hormis la postérité ? Et encore, la postérité… Plus personne ou presque ne lit André Maurois et François Mauriac, dont la plume était pourtant celle d’écrivains authentiques. Certes ce ne sont pas les ventes qui font l’écrivain, mais un écrivain devrait aussi pouvoir vendre ses œuvres, ce qui est assez peu répandu. « On ne vit pas de sa plume » est un adage très actuel en France.

Ce qui caractérise les auteurs à succès- qu’on les trouve ou non talentueux- est une fois encore le marketing. Sur le site de Guillaume Musso- qui semble un gars sympa et surpris lui-même de son succès- on explique qu’il a été pris en main par un authentique fabricant de best-sellers, Bernard Fixot, dont la devise est en substance « peu importe ce que les gens lisent, du moment qu’ils lisent ». Recette du best : travailler les situations et les personnages comme un synopsis de téléfilm, créer de l’émotion,  mixer une histoire d’amour avec du suspense et un peu de surnaturel, établir un lien entre l’auteur et les lecteurs via des séances de dédicaces et un site, et enfin accompagner chaque sortie d’un buzz  organisé.  C’est efficace, puisque Musso lui-même le reconnaît : « Mon premier roman s’est vendu à moins de 1700 exemplaires. » Depuis qu’il est marketé par Fixot, c’est du minimum 200 000 ex, et des adaptations au cinéma.

S’en indigner, pourquoi ? Après tout,  ce sont les lecteurs qui choisissent ce qu’ils lisent.  Tant qu’ils se laisseront influencer par le marketing et la pub, ils auront des produits formatés pour plaire au plus grand nombre. Mais rien ne les empêche de fouiner et d’acheter non pas le titre en haut de la liste d’Amazon (Des désirs et des hommes sur ma page) mais d’en lire un autre et de se laisser aller au plaisir de la découverte qui reste, quoi qu’on dise, le meilleur piment de la lecture.  Comme tous les plaisirs, la littérature devrait être une exploration des rivages peu connus.

 

 

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 19:16

Ce type, par ailleurs sympathique, a travaillé plus pour gagner plus et voté NS pour ses idées, celles qu’il fallait « moderniser la France » et en finir avec l’assistanat. Sauf que dans sa boîte, aujourd’hui, on licencie plus facilement qu’on ne fait d’heures sup’. Il s'est d’abord vu imposer des vacances non souhaitées « à prendre sur ses RTT », pour passer une période de baisse d'activité de l'entreprise, puis on lui a imposé l’an dernier du chômage partiel entre Noël et Jour de l’an. Ensuite, il a perdu deux collaborateurs, licenciés, dont il a récupéré la charge de travail… mais pas le salaire, of course. Résultat : en période de surchauffe, il bosse deux fois plus qu’avant, voire trois, sans un centime de plus. Et en cas de chômage partiel, il gagne moins.

Un autre applaudissait des deux mains à l’idée de travailler jusqu’à 65 ans et plus, vu que « c’est normal parce qu’on vit plus longtemps qu’avant. »  Lui aussi trouvait les « réformes » logiques et sensées, et les réticences des travailleurs « une manifestation de la propension maladive des français à refuser le progrès ». Comme il a commencé à bosser à 27 ans, après de longues études et deux ans aux USA en stage payé sur place mais non comptabilisé pour sa retraite, travailler jusqu’à 67 ans lui permettra d’avoir 40 annuités pour sa retraite. Sauf qu’il aura 67 ans seulement en 2017, à un moment où il faudra totaliser au moins 43 annuités pour bénéficier d’une retraite à taux plein.  Cette réforme, a priori justifiée par l’évolution démographique, va donc permettre de diminuer les retraites sans le dire, juste parce que les gens auront du mal à totaliser le nombre d’annuités exigées, surtout à une époque où les carrières ne sont plus linéaires.

Quant à l’augmentation de l’espérance de vie, sera-t-elle durable ? Les centenaires d’aujourd’hui sont les survivants de deux guerres et d’épidémies de maladies infectieuses sans antibiotiques, autant dire des costauds.  Aujourd’hui ce sont surtout les maladies de civilisation liées au mode de vie qui tuent: diabète, cancers, maladies cardiovasculaires, stress.  Entre 65 et 74 ans, 45,6 % des décès sont dus à des tumeurs, contre 29,9 % entre 75 et 84 ans (Insee, janvier 2009). En outre, l’espérance de vie à la naissance est de 77,5 ans pour les hommes et 84,3 ans pour les femmes, mais l’espérance de vie en bonne santé n’est respectivement que de 62 ans et 64,5 ans.

Tiens, justement : le cadre au long cours qui aurait dû travailler jusqu’à 2017 pour avoir une retraite même pas complète  a de gros problèmes de santé ( arythmie cardiaque et  maladie oculaire) et va devoir s’arrêter. Il a 59 ans, il va essayer de tenir jusqu’à 60 ans en arrêt maladie, puis prendra sa retraite avec 33 annuités validées seulement… Ca ne fera pas lourd.

Ce qu’on appelle aujourd’hui « réforme » au nom du « progrès » et du « monde qui change » peut sembler logique sur le papier, voire réaliste. Mais face à la vie qui n’est ni logique ni tranquille,  ça équivaut à éliminer les plus faibles au mépris de la solidarité. C’est un choix. Politique. Il faut le dire clairement. Pour que chacun sache où cela mène avant d’y être personnellement confronté, comme les deux ci-dessus qui se croyaient à l’abri.  Ca n’arrive pas qu’aux autres.

(Bonnes vacances quand même, hein !)

 

 

 

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 11:16

Entre ceux qui sont partis et ceux qui vont partir, l’été alanguit le monde du travail. Moment idéal pour trier les classeurs de courrier. Primo, mettre à part les correspondances psychopathes- deux lecteurs, quarante lettres !- dont j’ai gardé les missives au cas où (conseil d’un avocat) mais que je n’ai pas envie que d’autres lisent, leurs fantasmes étant perturbants… Plus agréable, relire les premières lettres d’hommes et de femmes dont certain(e)s sont devenus des amis, surprise de voir surgir sur quelques mots des souvenirs vivaces. Il suffit parfois d’une phrase pour retrouver les détails d’une histoire et l’émotion ressentie.

Et puis, saisies au vol, quelques phrases  familiales. L’humour de ma mère concluant une carte d’anniversaire par « je me félicite de t’avoir faite ! » et ajoutant « le chèque d’anniversaire a été spécialement édité à ton intention, c’est du moins ce que je veux croire. Il est bon de croire aux choses gentilles. »  Les conseils de mon père, inquiet et heureux de mes engagements politiques qui le ramenaient à sa jeunesse. Il me citait ses références : Che Guevara, Gandhi, Kennedy, Luther King, et, plus proches de nous Rocard, Krivine, Mitterrand, Marchais… Les chats ne font pas des chiens…  Sauf que mon père concluait : « à ton âge j’étais comme toi et cela a duré cinq ans, de 22 à 26 ans !  Puis tout passe, tout lasse… » Que dirait-il s’il savait que ça me dure depuis plus de 30 ans ? 

C’était le sujet d’un échange de mails hilarants avec mon jeune frère, il y a quelques années, au sujet de notre obstination commune à défendre une cause, qu’il s’agisse de préserver l’environnement ou obtenir un remboursement d’impôt !  Sa femme nous avait traités de « patelle », et j’avais répondu :

La patelle est un excellent coquillage, dit aussi « arapède », le bonheur des petits n’enfants qui arrivent à les décoller et à les manger sur la plage, le cul râpant la rugosité du granit, les épaules brûlées par le soleil qu’on ne sent pas quand on mange ladite patelle…C’est aussi un coquillage d’une rare résistance, capable de passer des heures sans eau et de ne pas  mourir, puis d’être submergé par une vague et de ne pas se noyer. Ton épouse, sous des dehors caustiques, nous fait donc un Hénaurme compliment, surtout en ces périodes de passivité, manque de rigueur et désengagement total de nos contemporains…  Ce talent : évaluer, se placer, épouser la vague et se laisser porter par elle juste à l’endroit où l’on souhaitait aller (s’cuse les métaphores marines abondantes, mais pour une ex-aquaphobe c’est  hyperimportant ) vient, pour ma part du moins- j’y réfléchissais à l’aube dans mon lit où le sommeil m’avait quittée - vient donc, disais-je, d’une certaine indifférence à ce qui peut m’arriver. Il y a dix ans, je me disais encore, pour évaluer un risque : est ce que je risque d’en mourir ou pas ? ce qui me laissait une large part de manœuvre pour bien des décisions. Aujourd’hui, je me dis carrément : « même si j’en meurs, m’en fous, j’ai eu une part de vie qui vaut largement la peine ». Moyennant quoi, faute d’enjeu majeur pour me faire renoncer, j’ose. C’est beau, hein ce que je te dis !!!  Un optimisme forcené et un désespoir total cohabitent en moi, j’ai toujours été un peu schizophrène- dixit mon psy- mais je ne me soigne pas. »

Pour finir je tombe sur un texte écrit à 16 ans, bien avant les amours plurielles, alors que j’étais une oie blanche plus vierge que Verseau : «Est-ce pureté d’être pudique ou pureté de satisfaire ses instincts comme à l’aube des temps ? Qu’est-ce que la perversité ? La pudibonderie aux rêves si souvent troubles, ou l’explosion de tous les désirs ? »

Conclusion de ce tri : on ne se refait pas, on se continue…

 


 

 

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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 11:25

"Tu n'imagines pas l'émotion, quand on largue les amarres. Les matelots s'activent à leur poste, tu entends des cris, des ordres, le grincement des amarres sur les winches, puis peu à peu la côte s'éloigne et il n'y a bientôt plus que la mer et l'odeur des vagues".  Je me souviens de ce cousin qui rêvait d’être steward sur un paquebot et de faire le tour du monde. Le sien s’est arrêté à Marseille, d’où il n’a jamais bougé et d’où il ne bougera plus puisqu’il est mort sans avoir jamais pris la mer.

Voilà pourquoi j’aime Olivier, cet autre cousin ou plutôt petit cousin, fils de mon cousin et parrain. Parce que depuis des années, avec des volte-face, des virements de bord, des efforts et sûrement des doutes, il nourrit sa passion pour la mer. Tout enfant, il grimpait en haut du mât des voiliers que skippait son père, lequel se faisait parfois insulter par des plaisanciers outrés qu’on fasse ainsi courir des risques à un gamin, alors que le résultat est là : à affronter ses peurs, on apprend à respecter la mer, à ne pas se prendre pour Rambo le marin, à acquérir peu à peu la gestuelle qui rend la navigation plus sûre et harmonieuse. Olivier a convoyé moult voiliers d’un port à l’autre, il a aussi tenu pendant plusieurs années un bar à la Rochelle, appris à faire le coup de poing avec les ivrognes qui traînent à l’aube sur les quais,  à dire « oui » et « non » quand il le faut pour garder son intégrité, passé quelque temps à faire le commercial dans une entreprise où il s’est coltiné avec la réalité économique, épousé une femme lumineuse, pris du temps sabbatique pour s’occuper de ses deux enfants, et décidé l’an dernier de reprendre des études pour devenir capitaine au long cours… Dur, dur, quand on a, comme il dit « souvent oublié le chemin de l’école » de s’y remettre à plus de 40 ans.

Mais aujourd’hui c’est fait : Olivier est capitaine d’un vieux bateau, le Nautile, avec lequel il organise des sorties en mer et des journées de pêche pour les estivants, secondé par Franck, qu’il a rencontré pendant ses études marines. Franck parle de la mer avec une justesse infinie et une fibre écolo à laquelle je suis évidemment sensible. Il a refusé de travailler sur des chantiers où on fabrique à la chaîne des bateaux de plastique collés avec des produits hyper toxiques, parce qu’il veut, pour cette mer qu’il vénère, la noblesse et la tradition du bois et de l’artisanat.

Un soir, ils nous ont emmenées en mer contempler le coucher de soleil. La côte s’éloignait, le brouhaha des terrasses de café s’estompait… La magie d’une sortie de port est indicible, tout comme la magie d’écouter le silence à peine troublé par le clapotis de l’eau sur la coque lorsqu’on a coupé le moteur et jeté l’ancre au large « La mer est ronde », comme disait Jean-François Deniau (je recommande ce petit livre à tous les amateurs de voile, chevronnés ou non) et la vue de l’horizon courbe remet l’humain à sa juste place : grain de sable dans l’univers, mais heureux, si heureux d’en faire partie.

 

Olivier et Franck vont passer cet hiver et le suivant à aménager le Nautile en vieux gréement. Enorme boulot en perspective, soucis d’argent à la pelle, mais comme dit mon cousin : « Je ne vais pas me plaindre si j’arrive à vivre de ma passion. »

J’aime ces parcours chaotiques, infiniment plus séduisants que le récit d’une carrière menée sagement après des études brillantes dans une entreprise qui vous octroie un salaire mirifique et des stocks-options, mais peu de rêves non tarifés et peu de temps pour le reste.

Si vous passez à Saint Martin de Ré avec l’envie de vivre un coucher de soleil sur la mer ou une matinée à taquiner le maquereau ou le bar, allez sur le port, et cherchez le panneau du Nautile. Allez, je vous donne même le numéro, c’est un cadeau, d’autant plus qu’Olivier a des airs de Brad Pitt et que vous dire de lui faire la bise de ma part est un plaisir que je vous offre. J

Le Nautile : 06 10 25 60 52

 

 

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