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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 14:16

 

flics 2

 

25 septembre, ma fille et son compagnon se font arrêter à l’entrée de  Bordeaux dans la 306 automatique héritée de ma mère, autant dire pas une voiture de caillera.

« Contrôle de police, les papiers du véhicule  s’il vous plaît. »

Jusque là, pas de problème, tout est en règle. Soudain  l’un des flics aboie: « Donnez-nous la drogue, tout de suite ! »

-La drogue, quelle drogue ?

-Faites pas les innocents, on sait qu’il y a de la drogue dans cette voiture, allez, donnez !

 

 

flics 4L’autre flic demande son sac à ma fille pour le fouiller, elle hasarde : « Vous êtes sûr que vous avez le droit de fouiller mon sac ? –On a tous les droits ! » Il fouille, trouve entre autres babioles féminines un morceau de saucisson, un bout de fromage (oui,  c’est de famille, le casse-croûte vigoureux) un morceau de pain et un canif qu’il brandit triomphant : « Et ça, hein, c’est pour quoi faire ? –Pour préparer mon sandwich, rétorque-t-elle avec bon sens. – Ouais, ouais, mais ça ne sert pas qu’à ça. »  Mon presque gendre, évoquant le déjeuner familial à la campagne qu’ils viennent de quitter ajoute  innocemment : « Ca peut servir aussi à découper le poulet. »  Le policier sursaute, bafouille, déglutit : « Attention, si vous le prenez sur ce ton, ça va  vous coûter cher ! » 

flics 5On frôle l’outrage à agent pour une simple remarque culinaire…

Le premier flic revient à la charge : « Bon, c’est  pas le tout, vous la donnez cette drogue ou on vous fait un test salivaire ? – Allez-y, faites le, ce test, vous verrez bien, ou demandez à vos chiens de chercher la drogue ! »

L’un des flics ricane en tournant autour de la voiture : « Ah ! ah ! Si on vous envoie les chiens, ils vont vous déchiqueter la bagnole tellement elle pue la drogue !!! »  Ca menace de s’éterniser, quand tout à coup le flic rend les papiers  et maugrée : « Bon, circulez, vous avez du pot de vous en tirer comme ça, la prochaine fois  ce sera pas pareil. -Non, non, on veut le test salivaire, insiste mon presque gendre qui en a marre de se faire traiter de drogué sans raison. Le flic hausse les épaules : « On peut pas, on n’est pas équipé. »

Flic ou cow-boy ? Les deux mon capitaine. Quand on demande à des flics de « faire du chiffre » à tout prix, ils se prennent pour des justiciers et visent tout ce qui dépasse, en l’occurrence le pantalon indien bariolé de ma fille, les cheveux longs de son compagnon et l’immatriculation 92 de la voiture ( et encore, ça n’était pas 9-3 !)

flics basFlic ou voyou ? Les  deux mon commandant, Michel Neyret , flic par ailleurs très efficace, ne cachait pas sa fascination pour « le milieu » des truands, l’idée qu’entre flic et voyou la frontière est fine comme un fil de funambule et qu’il ne tient qu’à peu de choses de basculer d’un côté ou de l’autre. Mais comment s’en étonner quand on entend Charles Pellegrini, ex-patron de la Répression du grand banditisme,  répondre sur France –Inter à la question : « Qu’est-ce qu’un bon flic ? » « Un bon flic, c’est celui qui sait outrepasser la loi juste ce qu’il faut pour arriver à ses fins. » 

Outrepasser la loi juste ce qu’il faut…  ça veut dire quoi ? Qu’on accepte un  domaine trouble entre légalité et banditisme, celui qui mène aux fameuses « affaires » qui ébranlent le monde politique et font dire à Eva Joly : « Plus de 60% des français pensent que les politiciens sont corrompus, comment voulez-vous qu’ils aient un lien de confiance avec leurs dirigeants ? »

Tout ça me donnerait  follement envie de franchir une ligne jaune en côte et de répondre au policier : « Comme dirait Pellegrini, j’ai outrepassé la loi juste ce qu’il faut pour arriver à l’heure à mon rendez-vous…. »  histoire de voir la tête qu’il ferait. Mais je ne le ferais pas,  juste pour ne pas  leur ressembler.

police.jpg 

 

 

 

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 16:27

marais.jpegPassé quelques jours à pédaler sur les chemins du Marais Poitevin, pays de la terre et de l’eau où les gens se saluent quand ils se croisent et vaquent à de paisibles occupations au milieu d’un entrelacs de canaux et de prairies, où les écrevisses, les anguilles et les escargots pullulent, permettant à des aubergistes de vous servir des repas somptueux pour le prix d’un sandwich/demi à Paris. Certes, cela n’efface pas la crise, mais cela fait un bien fou de voir que la vie reste belle malgré les efforts conjugués des financiers, des politiciens et des journalistes pour nous la nocebo.jpgpourrir. Oui, il y a des jours où on se demande s’ils ne se sont pas donné pour mission de nous désespérer, d’ailleurs un psychiatre a écrit un livre passionnant sur le sujet : « Le mystère du nocebo », qui démontre que l’excès d’information alarmantes et alarmistes « nuit grave » à la santé, au -delà des simples anxiétés, dépressions ou insomnies.

Ce dont on a besoin, ce n’est pas d’un optimiste béat, bien sûr, ni d’incantation du genre « croissance, croissance, pouvoir d’achat ». On a besoin de croire en l’avenir, que le monde fasse rêver, que le risque et l’aventure redeviennent des valeurs positives, loin du tout-sécuritaire qui stérilise l’imaginaire et fait de l’Autre un ennemi. Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’on n’ose pas, c’est parce qu’on n’ose pas qu’elles sont difficiles. Et cela ne date pas d’aujourd’hui, cela ne date pas de la crise…

P1020375« Entassez mille familles dans des cubes de brique, dix mille dans du marbre ou cinq cent mille dans l'or, l'encens ou la myrrhe, elles engendreront malgré leurs robinets en or et le thermostat super perfectionné de leur chauffage électrique intégré le même ennui qui suinte aujourd'hui des façades grises… Le petit garçon avec ses crayons et son papier veut toujours dessiner des hommes en couleurs, mais la couleur ne fait pas l'homme. Disparu, l'homme. Chasse subtile, coup de gomme radical sur son univers qui le laisse plus seul et nu qu'un exil.

Le voici chassé de la rue, parce qu'il n'y a plus de rues. Chassé de la collectivité, car il n'y a plus de collectivité. Chassé de la fête, car il n'y a plus de fête. Mais à l'homme des villes nouvelles, on crie quand même : « Attention à la rue, attention aux voisins, attention aux excès, insécurité, insécurité ! », pour transformer ses souvenirs en pièges redoutables, arracher ses nostalgies à la racine et l'inciter à se réfugier dans un décor rassurant où des fontaines artificielles éclairées au néon projettent des gouttes de polystyrène multicolores.

« A la Défense, aucun élève de maternelle ou de primaire n'aura à traverser de voirie automobile » (« Bulletin d'infor­mation Epad », n° 12). Apprenons-leur aussi à nager sur un pliant, devant une photo de la mer, de peur des embruns, et reléguons l'aventure au rang des accessoires pour fanas de western. Vive l'air conditionné, les ascenseurs ultra rapides, la mort douce par inhalation de gaz toxiques inodores, les assurances tous risques, le changement dans la continuité et pour finir, madame, mademoiselle, monsieur, comme le prévoyait le génial Boris Vian, voici la cage tout confort pour élever les enfants sans danger.

Ce texte date de 1979, il est extrait de mon livre-enquête sur l’urbanisme « Frapper les cieux d’alignement ». Il reste plus qu’actuel…

Pour finir sur une note gaie : aujourd’hui sort  « Sexe, cuisine et (in)dépendance » (J’ai Lu), un livre plus joyeux qu’érotique (quoique Thérèse, dit-on, rit quand on…) qui m’a fait éclater de rire quand j’en corrigeais les épreuves. Par les temps qui courent, y a rien de mieux pour fortifier les abdominaux et détendre les trapèzes.

 sexe cuisine

 

 

 


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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 20:25

 

C’était dimanche, ultime apéro estival avant la rentrée, du genre qui commence à 19h et finit à minuit au rythme des verres remplis/vidés et des  grignotages en tous genres. Fenêtres ouvertes on discutait de tout et de rien, de politique et de vacances, de fesse et de bouffe (oui, je l’avoue, j’ai rêvé de lancer un réseau social qui se serait appelé Fesse-Bouffe où on n’aurait parlé que de fesse et de bouffe mais je n’ai pas le temps pour le faire). Bref, un soir d’été…. Quand tout-à-coup P… un ami dont j’aime la façon de regarder l’existence avec un œil poétique et baroque a lancé : « Ben voilà, j’ai 50 ans… et après ? Qu’est-ce qu’on fait après 50 ans ? »

IMG00314-20110804-1737.jpgLa question a semblé prendre au dépourvu la plupart des présents : « C’est quoi, cette question ? Tu veux dire quoi ? » « A 50 berges ça continue, c’est tout ! C’est comme les gens qui croient « refaire leur vie » après un divorce : on ne refait rien, on continue »  Un troisième, presque virulent, a lancé : « A 20, 30, 40 ou 50 ans, c’est pareil, tu vis ! » Seule une femme a admis qu’une fois les enfants grandis- c’est généralement le cas quand les parents ont 50 ans- on peut penser davantage à soi, réaliser des choses dont on rêvait et qu’on n’a jamais eu le temps de faire.  Mais personne ne semblait entendre la question de P…  Cette question qui, se pose à tout individu à un moment de la vie. Du temps de Balzac,  « la femme de 30 ans » se la posait déjà, il y a vingt ans, c’était la classique crise de la quarantaine, aujourd’hui  elle survient plus tard, cette question non pas du temps qui passe mais du temps qui reste. Qui pose elle-même celle du temps d’avant. En suis-je heureux(se) ? Puis-je me regarder sans honte ni regret dans le miroir du temps ?  Et que faire si la réponse est « non » ?

 

 

 

 

 

 Et comme je m'en voudrais de vous avoir plombé le moral,  précipitez vous pour commander deux nouvelles érotiques qui vous rendront tout joyeux. C'est jusqu'à vendredi 19h dernier délai, c'est cadeau et c'est ici !

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 15:19

chouchouChaque été, la TV diffuse des rétrospectives des années 60/70/80/90 (1990 déjà « historique » ! pour moi, c’est hier…) et chaque fois, ceux qui avaient 20 ans dans les années concernées essuient une larme furtive ou se déhanchent sur un rythme endiablé en déclarant « Qu’est-ce qu’on était heureux à cette époque ! Décidément, c’était mieux avant ! » Mais l’impression que « c’était mieux avant » est-elle réelle ou liée au fait que « avant », c’était il y a 10, 20, 30 ou 40 ans, bref à une époque où celui qui parle était jeune. ? Avec, par définition, plein d’enthousiasme et d’espérance. 

J’entends grogner un jeune cru 2011 : « Tu parles d’enthousiasme et d’espérance,  avec tous ces précaires, les dictateurs qui tirent dans la foule, la pauvreté, cette crise économique qui n’en finit pas… »  Yesss, guy, tout ceci n’est pas riant, mais tes grands-parents riaient-ils beaucoup en 1943, lorsqu’il y avait couvre-feu, savates de bois en plein hiver, café à la sciure et risque de prison s’ils étaient pris la main dans le sac où gigotait le poulet acheté au marché noir ? « OK,  mais c’était la guerre, va pas nous dire qu’il nous faudrait une bonne guerre, tout de même ! » Oh certes pas, jeune koala au regard tendre, la guerre est une connerie, le meurtre légalisé, un traumatisme absolu pour ceux qui en reviennent comme pour ceux qui y laissent la vie ou une jambe.  Alors pour qu’il n’y ait aucune ambigüité sur la discussion de « c’était mieux avant » prenons une de ces années 60 vouées au yé-yé et à la douceur de vivre. 1967, par exemple, qu’on ne m’accuse pas de faire de la nostalgie soixante-huitarde.

folegandros1967 ne fut pas spécialement une année érotique. Par contre, on y comptait deux dictatures en Europe : Franco en Espagne et Salazar au Portugal. Des dictatures pas pour rire, où on torturait, garrotait et emprisonnait dans le silence assourdissant des pays européens alentour… Deux dictatures, bientôt rejointe par une troisième : le 21 avril 1967, le coup d’Etat des colonels grecs installait pour 7 ans une dictature si violente que la magnifique et magique île de Folegandros, devenue un bagne, fut boudée par les grecs très longtemps après les colonels tant elle leur rappelait de mauvais souvenirs. A propos, certaines dates sont prédestinées : 21 avril 1967 et 21 avril 2002. 11 septembre 2001 (attentats terroristes aux Etats-Unis) 11 septembre 1973 : coup d’Etat fasciste de Pinochet au Chili, soutenu par la CIA. 10 mai 1958 : putsch des généraux en Algérie. 10 mai 1968 : manifestation et grève générale en France.

1967 voit aussi arriver deux dictateurs africains : Eyadema au Togo et Bongo au Gabon, qui rejoignent Mobutu installé depuis 1965. Côté guerres, on a le choix, entre la guerre des 6 jours, brève certes, mais qui inaugure 40 ans de castagne entre Israël, Palestine et autres pays limitrophes, castagne toujours pas réglée… Il y a aussi la guerre du Vietnam, longue et douloureuse, et la guerre du Biafra, qui cause des milliers de morts par armes mais surtout par famine du fait du blocus imposé à ce pays. En 1967, c’est aussi guevara.jpegl’exécution de Che Guevara ( photo René Burri) et la condamnation de son compagnon de route Régis Debray à 30 ans de prison (il en est sorti avant, heureusement). Enfin, côté environnement, le naufrage du Torrey Canyon : 30 000 tonnes de pétrole polluant 200km de côtes britanniques et autant côté français, tuant des milliers d’oiseaux et inaugurant la longue série des marées noires : presque chaque semaine, il y a des pollutions pétrolières qui ne font certes pas une des journaux mais salissent quand même. Enfin, en 1967, près de 10 000 personnes mouraient sur les routes, contre moins de 4000 aujourd’hui.   

Donc 1967 ne fût pas de tout repos, loin de là, et pourtant nous y avons survécu et même plus : quelques mois plus tard, on était en 68, début de la parenthèse magique qui ne le fût pas pour des raisons matérielles, mais parce qu’un souffle de liberté et de croyance en un monde meilleur se substituait à l’impression de blocage et d’impuissance précédente. Si 2011 semble à beaucoup si lourde, ce n’est pas tant à cause de la crise économique, des guerres, ou des pollutions, qu’ à cause du sentiment d’impuissance impulsé par la pensée dominante qu’il n’y a rien à y faire et que les remèdes appliqués- austérité, autorité, sécurité- sont les seuls possibles. A cause aussi des nostalgiques d’antan, persuadés que leur jeunesse était plus intelligente, cultivée et consciente que celle d’aujourd’hui.

indignés1Les bo-bos qui colportent l’idée que « le niveau baisse et les jeunes ne s’intéressent plus qu’au dernier modèle d’i-phone » ont une bien piètre opinion de leur réussite en tant que parents. Heureusement, il suffit de lire et écouter ce que les jeunes (pas tous, mais beaucoup) ont envie de vivre pour découvrir qu’ils pourraient bien, après la pesanteur de 2011 pas pire que celle de 1967, indignes-3.jpgconcocter un 2012 beaucoup, mais alors beaucoup plus vif et innovant que ne fût 1968. C’est toute la grâce que je leur souhaite. Si certains lisent ce blog, qu’ils n’hésitent pas à y mettre leur grain de sel. 

La 1ere marche européenne des indignés partie d’Espagne prévoit d’arriver à Bruxelles vers le 8 octobre 2011, après un passage à Paris, place de la Bastille le 17 septembre, et une semaine avant la grande journée internationale des indignés qui aura lieu le 15 octobre.

indignes-marche.jpg

 

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 18:25

caron-toutsoncorps.jpgIl y a quelques années, les magazines se penchaient avec sollicitude sur le drame des éjaculateurs précoces, aujourd’hui sur l’absence de désir masculin. Rarement en revanche on vous parle des mecs qui durent, durent, durs, durs… Je me rappelle un de ces coïts interminables, de ceux qui font penser « Tiens, faudrait repeindre le plafond », d’autant plus qu’il se déroula dans une chambre en travaux qui empestait la peinture et le white-spirit. C’était ça, ou l’arrière d’une camionnette bourrée de tracts gauchistes que j’aurais risqué de retrouver imprimés à l’envers sur mon postérieur, les feuillets ronéotés- je vous parle d’un temps et d’une technologie que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître- les feuillets ronéotés, donc, ayant une fâcheuse tendance à se dupliquer sur toute surface un tant soit peu humide. Il n’y eut pas d’orgasme ce soir là, mais un tel fou-rire que j’ai gardé en mémoire ce partenaire de militantisme et de coquineries d’un soir à l’endurance de bûcheron canadien, alors que certains Byzances du Dunlopillo s’estompent dans la brume des souvenirs, comme quoi…

elisabrune2.jpgLe hasard faisant bien les choses, voici qu’en faisant le vide dans ma bibliothèque  j’ai retrouvé le livre que m’avait offert Elisa Brune il y a deux ans. J’avais rencontré cette jolie Belge dans un Thalys et nous avions spontanément sympathisé, tant son parcours : journaliste scientifique, spécialiste de l’environnement, auteur de livres de sexologie, ressemblait au mien. Son livre, hélas indisponible actuellement, fallait l’acheter avant, raconte le sexe avec une verve délicieuse qui vous le rend immédiatement familier et sympathique, ce qui est bienheureux en ces temps où l’on ne vous en parle que sous l’angle risque (MST, viol, agression) ou consumériste (orgasme obligatoire, clubs libertins, sex-toys). Qu’y trouvé-je ? Un paragraphe sur les mecs qui durent : « Les pires, ah ! Les pires, ce sont ceux qui travaillent sans relâche et dont on ne parvient pas à savoir s'ils l'ont eu ou s'ils ne l'ont pas eu, s'ils l'ont jamais eu un jour, s'ils savent seulement ce que c'est. Il y en a ainsi qui s'échinent à répétition et sans point final, on ne sait pas où ils veulent en venir, ça va ça vient et jamais rien ne se passe, on en viendrait à souhaiter la crise cardiaque. De deux choses l’une : ou bien ils jouissent sans que ça se remarque (bizarre tout de même), ou bien ils n'y arrivent jamais et continuent à besogner en espérant un miracle. »

glatigny_-_sonnet.jpgHeureusement, il y a les autres, dont l’orgasme est une illustration saisissante de la biodiversité amoureuse : « On voit des hommes hurler à la mort là où d'autres pincent à peine les lèvres, et cela suffit à régler la question de l'égalité. Un homme qui jouit, ça peut vraiment ressembler à tout ce qu'on peut imaginer : Ariane qui vrombit, un train qui entre en gare, un chiot qui gémit, la bombe atomique, un cheval qui éternue, un gloussement de poule, une porte qui grince, un rire gras, un claquement de cigogne, un râle de malade, un hoquet de pape, un âne qui brait, un grondement de volcan, un spasme de souris, un cri de flamenco, un froncement de lapin, un délire de martyr, un vol de bourdon, un bruit de tonnerre... (Mesdames, classez vos hommes et faites-moi part des catégories manquantes.) Un infirmier me racontait que l'un de ses patients du service psychiatrique se retirait dans sa chambre une bonne vingtaine de fois par jour, emportant dignement quelques magazines sous son bras, pour y soulager ses gonades en feuilletant... des catalogues de bricolage. Imaginez la scène, le type qui éjacule quand il arrive à la scie à métaux. Faut-il parler ici d'un excès de bonne santé, devenu pathologique ?

auberginebio2.jpgMine de rien, rappeler que les hommes sont tous différents dans leur façon de faire l’amour et de jouir quand tant de femmes restent persuadées que chez le mâle l’éjaculation signe de façon identique et simple la fin de l’acte est une grande déclaration d’amour à nos partenaires de jeu : on vous observe, les garçons, et on aime vous voir dans le plaisir ( et y participer) au lieu d’attendre comme des bergères séduites par un Prince que vous fassiez tout et de le considérer comme un dû. Alors, quand on s’amuse avec votre trois-pièces avec poutre apparente, ne le prenez pas mal comme certains qui s’offusquent : « Ce n’est pas un jouet ! » Si on vous habille d’une coquette capote noire dont l’extrémité devient lumineuse dans l’obscurité comme une flamme de bougie : « Ouvre les yeux : bon anniversaire ! » ne laissez pas la bougie s’effondrer sous prétexte que « ce n’est pas un jouet ! » Mais si, c’en est un, le plus beau jouet du monde pour se faire du bien à deux ou plus. A le considérer comme cela au lieu d’en faire un objet de culte, de frayeur ou pire : une preuve d’amour (alors que de bons amants sont de piètres aimants et inversement), on réglerait bien des difficultés sexuelles sans médecin ni médicament.

(merci à F.B. pour ces dessins d'il y a longtemps que j'ai précieusement gardés.) 

 eros.jpg

 

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 10:25

matriochka3Un de mes amis consacre quelques heures par semaine à s'occuper de vieux et vieilles ravis de le voir et même, pour ces dames, de le draguer gentiment. Il s'en agace parfois: "elle a 88 ans et s'arrange pour me toucher les jambes dès que je m'approche d'elle en bermuda!" Faut dire qu'il a de beaux mollets, qui parlent encore aux sens de ces octogénaires. Je lui dis de se laisser faire, pensant, comme Benoîte Groult ("La touche étoile") que les personnes âgées portent en elles tous les âges de leur vie, comme des poupées russes emboitées, et que la jeune fille amoureuse d'antan perdure sous le masque de la vieille dame. Surtout les vieilles dames indignes, mes préférées... 

(La vieille) ouvrit les yeux. Même bien calée par l’oreiller comme elle avait fait l’effort de s’installer, il n’y avait franchement pas de quoi crier au miracle. Face à elle, la fenêtre ouvrait sur un bout de ciel gris traversé en diagonale par une ligne noire. Longtemps, disons durant tout l’hiver passé, elle s’était demandée pourquoi le ciel était ainsi rayé de noir, sans oser poser la question à personne :

« Monsieur, madame, pourquoi le ciel a-t-il une rayure noire ? »

Vous imaginez la tête du médecin, de l’infirmière ou du kinésithérapeute qui se relayaient à son chevet pour justifier l’allégation de « suivi médical » grâce à laquelle l’établissement justifiait de prohibitifs tarifs ? Ils l’auraient prise pour une folle ou pire, auraient voulu la rassurer avec des mots qui font mal.

« Il n’y a rien madame, calmez-vous, reposez-vous. »

Plus elle était vieille, plus elle passait de temps au lit, plus on l’enjoignait de se reposer.

horloge.jpg« Ce n’est pas possible, je vais finir par croire que vous voulez m’entraîner au repos éternel », avait-elle plaisanté un jour pendant sa séance de rééducation. Le kiné, un garçon musclé au visage épais, avait pâli sous son bronzage et esquissé un sourire mal à l’aise. Visiblement, il ne goûtait pas cet humour :

« Ne dites pas des choses pareilles, madame, il faut garder le moral. »

La vieille s’était retenue de lui cracher à la gueule. Le moral ! Il en avait de bonnes, ce gamin ! Que signifie le moral lorsqu’on vit ses derniers jours, semaines ou mois allongée sur un lit ou agrippée à un fauteuil, avec devant les yeux cette sempiternelle bande de ciel dont il n’est même pas possible de cerner les variations saisonnières tant elle est étroite. Le moral est tourné vers l’avenir. Son avenir à elle était si limité qu’elle préférait s’en tenir au présent.

La vieille ne s’en effrayait pas, ne s’en réjouissait pas non plus. En revanche, elle campait fermement sur ses principes, beaucoup plus importants que le repos pour rester vivante et invectivait le personnel qui les enfreignait : interdiction de l’appeler « mémé », « grand-mère » ou tout autre terme débilitant quand il est employé par des gens qui ne sont pas de votre famille. Interdiction de lui parler à la troisième personne :

« Alors, on a bien dormi ? »

- « On » ne te répondra pas, « on » n’a rien à te dire,  sortez de ma chambre et foutez moi la paix! »

Le personnel la trouvait « difficile » mais la vieille n’en avait cure. Elle voulait encore exister dans ce monde, se coiffait et se maquillait tous les jours et avait demandé qu’on lui achetât chaque mois un flacon d’eau de lavande naturelle de la meilleure marque. Pour ne pas sentir le vieux… A force, la vieille avait appris à vivre avec son odeur mais elle avait du mal à supporter celle des autres pensionnaires. C’est dire si elle comprenait la réticence des bambins qu’on poussait vers elle :

« Embrasse mamie, mon chéri. »

b_b_s2.jpgLe chéri embrassait dans le vide, très vite, et s’essuyait furtivement la bouche, jusqu’à cinq ou six ans. Plus âgés, ils n’osaient plus, mais la vieille avait bien remarqué comment ils évitaient de refermer la bouche et de passer la langue sur leurs lèvres, comme s’ils craignaient d’être contaminés.

«Va, petit, tu le seras, songeait-elle en contemplant les joues lisses et les mollets ronds et fermes du bambin. La vieillesse, c’est contagieux pour tout le monde. »

baiser1.jpgIl n’empêche, elle se serait volontiers gavée chaque jour de son odeur de miel et de foin coupé, senteurs d’été au parfum de caresses et de baisers qui remuaient en elle de très vieilles images. La plage de Dinard où elle courait, enfant, à la poursuite d’un ballon échappé, le champ de blé où elle s’était abattue comme un oiseau, essoufflée et rieuse et avait offert sa bouche de quinze ans à son premier amour, la brûlure du soleil sur sa peau lorsqu’elle pédalait, légère et court vêtue, pour aller chercher des œufs à la ferme voisine. Toutes ces images gardaient une netteté absolue dans sa mémoire. Les médecins le constatent avec une docte assurance : en vieillissant, on perd la mémoire des choses immédiates mais les souvenirs anciens perdurent. Pour expliquer le phénomène, ils ont échafaudé mille théories scientifiques et étudié les gènes de moult générations de rats de laboratoires au cours d’expériences plus ou moins cruelles, les cons ! Quand la vérité est si simple : à quoi bon garder en mémoire les événements actuels, ces journées toutes pareilles rythmées par les heures des repas, les visites du kiné ou le carillon de l’église ? Rien de très bouleversant, rien qui mérite d’être conservé, alors que le cerveau regorge de tant de merveilles lointaines.

CULOTTE1.jpgLa vieille remua ses épaules engourdies, qui craquèrent aux entournures. Elle étendit le bras gauche sans même tourner la tête, saisit à tâtons une boîte de cachous. Elle s’en fourra deux dans la bouche, histoire de purifier son haleine et regarda la lumière du soir traverser la chambre… La vieille adorait les couchers de soleil, mais après avoir admiré dans sa vie tant de crépuscules flamboyants sous des latitudes tropicales ou méditerranéennes, ceux qu’elle apercevait de son lit semblaient cruellement ordinaires. Dans l’obscurité rampante, la rayure noire tranchait à peine sur le ciel gris. Un jour d’avril, cette rayure s’était animée de couleurs : une petite culotte rose, un soutien-gorge marine, un tee-shirt blanc. La rayure noire n’était qu’une corde à linge tendue entre deux piquets, que le rectangle étroit délimité par la fenêtre lui rendait invisibles.

Il lui avait fallu six mois pour avoir la réponse à sa question, le temps que le climat plus doux autorise le séchage du linge en plein air. Dans ses années de splendeur, elle n’aurait pas toléré plus de six secondes entre une question et sa réponse. Cette infinie patience, c’était aussi cela, vieillir.

 

P1000871.jpg 

 

 

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 20:11

billets_de_banque.jpgC’est devenu un tic depuis la première guerre du Golfe, quand les journalistes devaient tenir deux heures d’antenne avec quelques images de bombardements ressemblant à un jeu vidéo. Ca s’est accentué avec le 11 septembre 2001- dix ans bientôt, je redoute l’avalanche de célébrations… - où après le même commentaire répété vingt fois sur les images en boucle du crash des avions sur les tours le journaliste concluait par cette phrase quasi culte : « Voilà ce qu’on pouvait dire… »

Il y a quelques jours, dans l’attente du krach boursier tant redouté, j’ai compté une dizaine de « voilà ce qu’on pouvait dire » qui signifiait en fait « on n’a pas grand-chose à dire, sauf que les investisseurs paniquent et que la Bourse se casse la figure ». Et ce jeudi, lors de la nouvelle chute amorcée par une rumeur non fondée, qui a aussitôt annulé l’embellie de la veille,  le commentaire en boucle fut « Les marchés sont irrationnels, il faut les rassurer avec des politiques de rigueur… »  Voilà ce qu’ils pouvaient dire, car ce qu’ils ne peuvent pas dire c’est que :

fou4.jpg-Il est insensé de laisser gouverner le monde par des marchés qui paniquent pour un rien, et criminel de se laisser imposer une politique économique par des agences de notation et des banques qui n’en ont rien à faire du bien public et encore moins du bien-être des peuples.

-Que l’économie, même en crise, continue à croître et les richesses produites à augmenter. Qu’il est donc faux de prétendre que « les caisses sont vides » quand on réussit à trouver des milliards pour renflouer les banques ou faire la guerre en Lybie ou en Afghanistan.

- Qu’en 1945, lorsque de Gaulle et le Conseil National de la Résistance ont créé la sécurité sociale, les retraites, les allocations familiales…. Bref le socle de ce qu’on appelle « le modèle social français », les caisses étaient vraiment vides et la France exsangue après des années d’occupation. Pendant la guerre, les français ont eu faim et froid, demandez à vos parents ou grands-parents qui l’ont connue. Et pourtant, le CNR a estimé que pour relancer le pays et que tous y mettent de l’énergie, du cœur, il fallait un projet de société qui profite à tous. Résultat : les 30 Glorieuses, 30 ans de croissance économique et de progrès social associés, comme quoi les deux ne sont pas incompatibles, au contraire.

clown-repub.jpg-Ce ne sont pas les politiques sociales qui ont creusé le déficit de la France (et sans doute des autres pays, mais je connais la France) mais la politique asociale qui consiste à réduire toujours davantage les sommes demandées à ceux qui ont de l’argent- l’oligarchie des grandes Sociétés et des grands investisseurs- tout en demandant à l’Etat de prendre en charge les dégâts causés par cette politique. Concrètement : exonérées de cotisations sociales (qui ne sont pas des « charges » mais un salaire différé, répétons-le), les grandes entreprises n’ont pas embauché pour autant, mais reconstitué leurs marges, et elles ont continué à supprimer des emplois, laissant à l’Etat le soin d’indemniser les chômeurs, mais faute de rentrées de cotisations suffisantes, celui-ci a dû emprunter pour cela, alors qu’une fiscalité plus saine suffirait à réduire les déficits en quelques années. Par ailleurs, une grande part de la dette actuelle des Etats vient des emprunts qu’ils ont faits en 2008 pour soutenir les banques... qui les pressurent aujourd’hui.

tax_collector.jpg- Une fiscalité élevée, loin d’écraser l’économie, est un signe de développement. Selon Eurostat (fin 2010) c’est au Danemark (48,2%), en Suède (47,1%) et en Belgique (44,3%) que la charge fiscale est la plus élevée. Elle est également au-dessus de la barre de 40% en Finlande (43,1%), pays réputé pour son excellence dans moult domaines, dont l’éducation et en France (42,1%) pays de la productivité (supérieure à celle de l’Allemagne) et du bien vivre.A l’inverse, c’est en Roumanie (28,0%), en Lettonie (28,9%), en Slovaquie (29,1%) et en Irlande (29,3%) , pas réputés pour leur bien vivre ni leur économie florissante que la charge fiscale est la plus basse. 

-Hormis la douceur de vivre et les beaux paysages, ce qui attire les investisseurs étrangers en France- je tiens l’info de ma sœur et de mon frère qui ont vécu et vivent l’une en Allemagne, l’autre aux USA- c’est la qualité des services publics : des routes entretenues,  une médecine performante, des trains qui arrivent à l’heure (hélas de moins en moins depuis qu’on veut « moderniser » la SNCF) et du courrier bien distribué (depuis que j’envoie mes livres, je constate un délai J +1 dans 90% des cas). Donc, il est ABSURDE que les marchés exigent que les Etats privatisent leurs services publics pour sortir de la crise, alors que l’expérience (trains en Grande-Bretagne, nucléaire au Japon) montre que la privatisation dégrade la qualité des services.

poissons.jpg- Les prestations sociales ne sont pas des primes aux paresseux mais le minimum requis pour ne pas sombrer dans la sauvagerie, ce qui se passe en Angleterre le prouve : les émeutiers sont sortis du bois par misère sociale… et intellectuelle, au prix des études dans ce beau pays. Résultat : non seulement ils cassent tout,  mais ils sont assez déneuronés pour faucher des gadgets inutiles, des écrans plasma… à l’image des caïds de certaines banlieues qui se la jouent rebelles mais reproduisent les schémas les plus conservateurs et consommateurs : machisme, violence, goût du bling-bling,  par mise en jachère depuis des années de leurs capacités intellectuelles.

- Hélas, le traité de Lisbonne, imposé de force aux peuples qui avaient voté « non » au référendum européen, donc totalement anti démocratique, est assez vicieux pour interdire toute réforme sociale et tout changement de système économique, téléchargez-en le texte, c’est édifiant !

lego_monstre2.jpgVoilà ce qu’on pourrait dire, et bien d’autres choses encore, sur « la crise », comme ils disent. Qui ne vient pas de nulle part mais d’une volonté coordonnée de détruire ce qui faisait le bien et le bonheur du plus grand nombre et de confisquer le pouvoir et l’argent aux mains d’une poignée de gens cupides… et irrationnels, car ce faisant ils provoquent les révoltes qui éclatent un peu partout et pourraient conduire à des guerres sanglantes. Il est vrai que la guerre est une activité économique que certains affectionnent…

Mais au lieu de dire cela, lorsqu’un internaute interroge (émission « C dans l’air » il y a quelques jours) : « Ce qui se passe n’est-il pas une crise du système capitaliste tout entier ? » la question pourtant importante est balayée en dix secondes : «  Depuis le temps qu’on annonce la mort du capitalisme, ce n’est pas demain la veille. « 

Chiche ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 13:29

 

Imaginons une voiture que l’on répare mille fois en y investissant beaucoup d’argent, que l’on essaie de conduire sans trop consommer, avec austérité dirais-je, et qui continue à tomber en panne malgré le recours aux meilleurs experts en mécanique et électronique automobile. Nul doute qu’on finirait par conclure que cette voiture est à mettre à la casse et qu’il faut d’urgence en inventer un modèle plus fiable. Imaginons un malade perfusé de toutes parts avec les médicaments les plus coûteux et un régime strict mais  dont l’état empirerait malgré tous les remèdes de cheval administrés : on dirait que ce malade est « en phase terminale » sans espoir de guérison.

capitalisme-malade.jpgLa dégradation de la note des Etats-Unis survenue cette nuit est l’ultime accès de fièvre, après la perte d’équilibre des budgets européens , la crise financière de 2008, la montée des inégalités et des souffrances sociales et la crise écologique : malgré des remèdes en milliards de dollars, malgré la sollicitude des experts économiques et financiers,  malgré des cures d’austérité drastiques et injustes car inégalitaires, le système capitaliste s’écroule et la croissance appelée à son secours ( croissance du reste pas forcément souhaitable dans un monde aux ressources limitées) n’est pas au rendez-vous.  Conclusion : puisqu’ il n’y a plus de remède possible, il faut changer de système,  changer de logique.

alternative« Comment ? diront certains, il n’y a pas d’autre alternative possible ! »  Ben  si, il y en a. Quantité d’économistes ont planché sur d’autres modèles et sur la sortie plus ou moins rapide d’un capitalisme à  bout de souffle au profit d’une société plus équilibrée et plus juste.  Mais depuis plus de 25 ans - ironiquement, cela a commencé quand la gauche était au pouvoir en France- on nous serine qu’il n’y a pas alternative3.jpgd’alternative au capitalisme.  Lisez « Il n’y a pas d’alternative possible : 30 ans de propagande économique » ou « La décennie : le cauchemar des années 80 » et vous saurez pourquoi je déteste ces années 80. Tout comme pendant des années il y avait des alternatives au pétrole, soigneusement occultées  par les pétroliers qui voulaient garder la haute main sur le marché de l’énergie, il y a des alternatives au capitalisme, des moyens de vivre et consommer autrement, des expériences ailleurs et qui marchent, mais que les medias dirigés par les financiers ont déconsidérées, traitées comme d’aimables marginalités pour encenser la pensée dominante d’une « droite décomplexée » comme disait l’autre.

En France, hélas- et dans quelques autres pays- on est plus enclin,  devant une proposition nouvelle, à chercher ce qui risque de la faire échouer que de chercher ce qui peut la faire réussir. Je l’ai expérimenté au sujet des « amours plurielles » : alors qu’en Belgique, en Suisse ou au Québec, on me disait : « C’est bien étrange ce que vous racontez, expliquez-nous comment vous faites pour que ça fonctionne », en France, on me disait : « Ce n’est pas possible !  (d’aimer plusieurs personnes, de ne pas être jaloux, de fonder une famille dans ces conditions, etc). Les années passant ont prouvé que non seulement c’est possible, mais que de plus en plus de personnes cherchent dans cette voie leur propre route amoureuse. 

imagination-au-pouvoir2.jpgMême constat il y a quelques jours alors que nous discutions avec un blogueur qui intervient souvent ici.  Chez lui, le confort moderne cohabite avec des toilettes peu consommatrices en eau et recyclant les matières solides, du chauffage solaire, de la colle naturelle sur les étiquettes des pots de confiture (du lait, tout simplement), un compost pour le potager, la récupération des eaux de pluie, et bien sûr une maison isolée et orientée pour consommer le moins d’énergie possible et se préserver des ondes électromagnétiques nuisibles tout en étant hyperconfortable, le monsieur est Suisse et ne lésine pas sur le bien-être comme nous l’ont prouvé sa fondue et le vin allant avec. Outre ce mode de vie sobre mais pas austère, il a concocté un projet de réforme fiscale qui, sans changer la face du monde, contribuerait néanmoins grandement à l’améliorer, nous en reparlerons bientôt ici et sur le site www.autresmondesdiffusion.fr .

jouer.jpgJe me suis amusée toute la soirée à écouter mon cher et tendre jouer les avocats du diable, c'est-à-dire énoncer les obstacles à la réussite de cette réforme plutôt que de chercher ce qui pourrait la faire réussir. Jusqu’à ce que notre ami lui réponde : « Bien sûr, il y a 50% de chances que ça ne marche pas, ou difficilement. Mais si on n’essaie pas, il y 100% de chances que ça échoue, et dans l’état actuel du monde, se donner un % de réussite pour améliorer les choses est quelque chose qu’il faut tenter. » Exactement ce que je disais à mes filles quand elles étaient petites et n’osaient pas se lancer : « Si tu essaies, tu peux échouer, mais si tu n’essaies pas, tu es sûre d’échouer. »  Oser et ne pas craindre l’échec, c'est-à-dire sortir de la propagande sécuritaire et du refus du moindre risque, c’est courir le risque de réussir à transformer ce monde dont tous les gens sensés s’accordent à reconnaître qu’il va mal.

revolution.jpg 

 

 

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 10:01

Un coucou de là où je suis. Rapide car les connexions Internet y sont volatiles et lentes comme du temps d'avant l'ADSL. Du coup, je délaisse le virtuel pour le réel, ce qui ne plaît pas à Fesse-bouc! "Vous n'êtes pas venue depuis plusieurs jours sur FB, et pendant ce temps il se passe des choses" me dit en substance le mail de rappel à l'ordre. Les choses? Un tel a posté sur le statut de Autretel, et  Quelquetel voudrait être mon ami(e). Est-ce si urgent de le savoir, et faut-il vraiment connaître à l'heure près tout ce que font les internautes de leur vie sur l'écran? ? Non, bien sûr,  mais quand la connection ADSL est à dispo, on a tendance- enfin, j'ai tendance et ne suis sans doute pas la seule- à cliquer pour aller voir, et ça prend un temps fou pour apprendre finalement que Untel a posté une vidéo et que autretelle est en vacances! Untel et autretelle que l'on ne connaît parfois que fort  peu.

Le temps gagné à ne pas surfer est converti en balades malgré la pluie, en apéros avec des potes, en lecture et en écoute des nouvelles du coin qui circulent aussi vite que sur le Net. Et comme le monde est petit- n'importe où sur la planète, on a une chance sur neuf de rencontrer quelqu'un qui connaît une de nos connaissances- on découvre les liens inattendus entre des personnes rencontrées ici ou là. La vie amoureuse  n'est simple nulle part, que l'on soit citadin ou campagnard, mais ceci est un autre sujet. La seule vie amoureuse simplissime, est celle à l'eau de rose des riches et puissants qui éprouvent aujourd'hui le curieux besoin de nous affirmer "C'est du sérieux" quand ils frayent avec une mannequine, comme s'ils voulaient, à 55 ans passés, se persuader qu'on les aime pour eux et non pour leur statut social. La vie amoureuse des riches et puissants relève du roman-photos, ou plutôt d'une niaise romance-video que beaucoup d'ados boutonneux n'oseraient pas poster sur le Net, car eux sont pudiques  lorsqu'ils sont amoureux.  

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Published by - dans Humeur
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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 15:52

pied bébéL’été est la saison où tout se dénude, et d’abord le pied. Ce ne sont que tongs, sandales, pieds nus, spartiates… qui montrent que, définitivement, le pied, s’il n’est pas toujours bot ni bête, est souvent laid. Hormis les bébés dont l’alignement des orteils, vu par en dessous, évoque irrésistiblement des petits pois dans leur cosse, hormis  quelques stars qui passent leur temps de pédicure en massage réflexologique et cajolent leur pieds dans des pompes coûtant plusieurs SMIC, la majorité de nos contemporains et contemporaines arborent des petons plus que patauds. Sincèrement, je ne comprends pas le fétichisme du pied et ce malheureux Georges Tron (qui, par parenthèse, doit en vouloir à mort à DSK, car sans lui jamais ses collaboratrices n’auraient porté plainte, et au final, DSK sera peut-être blanchi et Tron condamné !)  qui trouve son pied dans les pieds des autres, et son plaisir à les caresser entre les deux gros orteils…

hallux valgue2Le jeu du pied, que j’ai inauguré avec un ami sur un ferry grec rebaptisé aussitôt « Ferry-Botte » consiste à observer les pieds des passant(e)s dans  une foule : plage, passerelle de ferry, file d’attente. Chaque joueur choisit un modèle de prédilection : le pied dont les orteils, poussiéreux, secs et ronds, évoquent des têtes de tortues (les miens après une journée de marche dans le sable brûlant) les pieds grecs au 2ème orteil plus long, les pieds à Hallux valgus, gros orteil formant une bosse extérieure, les pieds osseux, etc… La suite est simple : chaque fois qu’un joueur aperçoit un pied de la catégorie choisie, il annonce 15, puis 30, 40 et jeu, comme au tennis. La partie se joue en trois, quatre ou cinq sets.  

pied en griffeAutre jeu : collectionner les photos de pieds à l’insu de leur propriétaire, et se faire le soir des projections. Plus complexe : arriver à photographier discrètement les pieds d’une part, le visage de l’autre. But du jeu : lors de la projection, chaque joueur projette ses clichés en désordre et les autres doivent deviner à quel visage appartient tel ou tel pied. Très amusant, car il n’est pas rare qu’une charmante jeune fille arbore des pieds déformés, ou qu’un maigrelet ait des petons de sumo.

Dernier jeu : se faire mutuellement des massages du pied. Jusqu’ici, c’était du bien-être, quasi paramédical, aujourd’hui ça devient subversif, c’est encore meilleur J

Décidément, les vacances, c’est le pied !

 amoureux.jpg

 

Et pour le prendre, voici que paraît aujourd'hui une compilation de trois de mes romans en un seul volume à petit prix.  

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Ce qui va me permettre de délaisser un peu ce blog, vous aurez de quoi lire :) 

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